Vigne

Publié le 16/02/2022

À Colmar, la vigne et le vin ont toute leur place dans les collections du musée Unterlinden. Des visites guidées sur ce thème et des événements œnoculturels y sont organisés.

À Colmar, le vin est partout. Caroline Claude-Bronner, guide-conférencière indépendante, le dit avec d’autant plus de conviction qu’elle propose depuis plusieurs années des visites guidées de la ville aux touristes de passage dans la région. Avec « Colmar, capitale des vins d’Alsace », elle fait découvrir la richesse du patrimoine vitivinicole de la ville et les liens forts que Colmar a tissés avec le vignoble alsacien. « L’Art, la vigne et le vin au musée Unterlinden » renouvelle l’approche en mettant en lumière tout ce qui, dans les collections de l’emblématique musée, a trait à la vigne et au vin. Conçue par la guide-conférencière pendant la pandémie, cette visite thématique chemine à travers les siècles et les différents espaces d’exposition du musée. Première étape dans le cloître médiéval dédié aux arts du Moyen-Âge et de la Renaissance, où les collections d’art décoratif et d’art populaire englobent une série d’objets d’orfèvrerie en lien avec le vin, parmi lesquels des hanaps. Quand elles n’avaient pas un usage récréatif, ces coupes à boire dotées d’un couvercle, étaient offertes en cadeau par les grands seigneurs, souligne Caroline Claude-Bronner. Fabriquées en métal précieux, parfois ornées de grappes de raisin, elles témoignent d’un certain art de vivre. Un art de vivre qu’appréciaient sans aucun doute les membres du wagkeller, une sorte de club patricien qui se réunissait pour manger, boire, entretenir l’amitié et se baigner. Ce qu’on pourrait appeller le « boire ensemble », évoqué par la cheminée du wagkeller, reconstituée dans une des pièces du musée. Gobelets en bois, taste-vin, verres gravés ou incrustés servent à déguster ou à grumer le vin. À l’époque, deux types de vin cohabitent, précise la guide : « Les vins du quotidien, souvent mélangés à de l’eau, provenant des nombreux domaines viticoles situés autour de Colmar, et les grands crus issus des weinbergen, qui étaient exportés par leurs riches propriétaires vers la Suisse et le nord de l’Europe ». Le vin qui soigne Avec le retable d’Issenheim, pièce majeure exposée dans la chapelle attenante au cloître, c’est une autre conception du vin qui se donne à voir. Tout juste restauré, ce polyptyque monumental a été peint par Matthias Grünewald et sculpté par Nicolas de Haguenau entre 1512 et 1516 pour répondre à une commande des Antonins d’Issenheim. Composé de panneaux et de sculptures illustrant des épisodes de la vie du Christ et de saint Antoine, il est comparable à « un livre d’images ». Les Antonins y exposent les malades atteints d’ergotisme - ou feu de saint Antoine, maladie mystérieuse dont on saura bien plus tard qu’elle est causée par l’ergot du seigle. La force qui se dégage de ces images saintes est supposée les aider à guérir. En renfort de cette thérapie par la foi, les Antonins administrent à leurs malades le « saint vinage », un breuvage à base de vin et de plantes médicinales, mises au contact des reliques de saint Antoine, à qui sont prêtés des pouvoirs de guérison. « Glauben durch heilen und heilen durch glauben », résume Caroline Claude-Bronner. La cave du musée, réhabilitée lors des travaux d’extension du musée, abrite quant à elle la collection de matériel viticole constituée durant l’entre-deux-guerres par l’artiste Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, qui fut conservateur du musée Unterlinden. « Suite à la crise du phylloxéra, toute une partie du patrimoine viticole avait été détruite. Il s’est inquiété de cette disparition. » Plusieurs pressoirs, dont un pressoir fabriqué avec 12 essences de bois différentes, des comportes, des outils de travail de la vigne et des foudres composent la collection. S’il n’est pas le plus imposant, le tonneau du Fasselritter réalisé par un maître tonnelier de Traenheim en 1781, étonne par sa façade, qui représente un bonhomme nu et ventru chevauchant un tonneau avec dans une main un cruchon et dans l’autre, un verre. La collection d’art moderne, installée dans l’Ackerhof, l’aile la plus récente du musée, abrite l’une des pièces maîtresses d’Unterlinden : la tapisserie créée d’après un des plus célèbres tableaux de Picasso. On serait bien en peine de trouver un lien avec le vin dans cette œuvre où s’empilent les corps désarticulés des victimes du bombardement de la ville espagnole de Guernica en 1937. Et pourtant… C’est avec l’argent de cette tapisserie que son auteur, l’artiste Jacqueline de la Baume-Dürrbach, a acheté le domaine de Trévallon, en Provence, rapporte Caroline Claude-Bronner. Un domaine que son fils, le vigneron Éloi Dürrbach, disparu en novembre dernier, a porté au plus haut niveau de renommée.

Publié le 08/02/2022

La Cave de Ribeauvillé lance ses deux premières cuvées de vin désalcoolisé. Davantage que les consommateurs de vins, elle cible ceux qui n’en consomment pas mais veulent pouvoir trinquer malgré tout.

Entre 100 et 150 millions de bouteilles aux États-Unis, 40 millions de bouteilles en Allemagne : le marché du vin désalcoolisé représente, depuis quelques années, un peu plus qu’une goutte dans l’océan des boissons. Pourtant, rares sont encore les opérateurs qui s’y lancent, en France tout au moins. « On s’est posé la question d’y aller ou pas », admet Yves Baltenweck, président de la Cave de Ribeauvillé, qui vient de lancer ses deux premières cuvées de vin désalcoolisé*. À force de s’entendre demander si la cave en proposait, l’idée a fini par faire son chemin, complète David Jaeglé, directeur commercial et responsable export de la coopérative, qui fait état d’une demande émanant surtout des pays du nord de l’Europe, d’Allemagne, des USA et du Canada. Encore fallait-il être en mesure de proposer des produits dignes de la réputation de la cave, qui commercialise ses vins dans 42 pays à travers le monde. Or, au départ, les dégustations auxquelles s’astreignent les responsables de l’entreprise alsacienne sont peu convaincantes. « Franchement, ce que nous avons goûté au début ne nous plaisait pas du tout. Cela n’avait rien à voir avec du vin. C’était plus proche de la tisane ou du jus de fruit. Il manquait les aromatiques du vin », détaille David Jaeglé. Jusqu’au jour où… Frédéric Chouquet-Stringer, un agent basé en Allemagne, leur fait goûter des vins désalcoolisés outre-Rhin. « Ceux-ci nous paraissaient très proches du goût du vin tel que nous le connaissons. » S’ensuivent quelques allers-retours entre l’Alsace et l’Allemagne. Les responsables de la Cave de Ribeauvillé, accompagnés de l’œnologue Évelyne Bléger-Cognacq, visitent plusieurs sites spécialisés dans la désalcoolisation des vins, goûtent et regoûtent. Ils essayent d’imaginer lequel ou lesquels de leurs produits pourraient se prêter à une distillation sous vide à froid, à - 33 bars. « C’est un procédé qui génère une évaporation de 17 % du volume, donc tout le reste se concentre, aussi bien l’acidité que l’amertume, voire les défauts s’il y en a. Il nous fallait donc des vins relativement neutres, nets, francs, précis, sans trop d’acidité au départ et peu de SO2, donc peu de sucres résiduels », rapportent Yves Baltenweck et David Jaeglé, précisant qu’une infime fraction d’alcool - moins de 0,5 % - est réinjectée à l’issue du processus. Un assemblage et un mousseux 100 % muscat Compte tenu du volume minimum requis par Trautwein, le prestataire choisi, les responsables de la Cave de Ribeauvillé partent sur une grosse centaine d’hectolitres. Envoyés sous forme de vrac, ils donnent, une fois désalcoolisés et embouteillés dans le Palatinat, 6 500 bouteilles d’un assemblage de sylvaner et de muscat, et autant de mousseux 100 % muscat. « Bien que nous n’ayons pas eu la possibilité de goûter d’autres cépages alsaciens désalcoolisés, car il n’en existait pas, nous avions notre idée de ce que nous recherchions : quelque chose d’aromatique, de floral et sans défaut », précise Yves Baltenweck. S’il juge le résultat « satisfaisant pour un premier essai », reste à savoir quel type de clientèle peut se laisser tenter. « C’est un produit pour de nouveaux consommateurs », postule le président de la Cave de Ribeauvillé qui se réjouit de pouvoir approcher « une clientèle qu’on ne touchait pas jusqu’ici : les non-consommateurs volontaires ». Et d’énumérer les femmes enceintes, les personnes qui suivent un traitement médical, les gens en surpoids, ceux qui veulent prendre le volant… « C’est quand même plus sympa d’ouvrir une bouteille comme celle-là qu’une bouteille de soda qui contient quatre fois plus de calories. » Yves Baltenweck reconnaît qu’il s’agit d’« un marché de niche ». L’objectif, pour la cave, n’est pas tant de faire des profits que « de satisfaire nos clients pour qu’ils n’aillent pas chercher ailleurs ce qu’ils peuvent trouver ici », ajoute-t-il. Il était donc important d’être les premiers en Alsace à se positionner sur ce marché. « Cela rejoint la philosophie de la cave. Nous avons voulu faire des produits de qualité. Les raisins utilisés répondent strictement à notre charte qualité, ils sont produits en HVE3 et issus de vendanges manuelles. À 8,50 € et 9,50 € la bouteille, ils ne sont pas dévalorisés. » Pour l’habillage, le choix a été fait de rompre avec les codes habituels, les deux cuvées ne bénéficiant pas de l’appellation Alsace : bouteille transparente, étiquette ronde, capsule bleu azur (pour l’assemblage) et un petit nom « Ribo » dont la dernière lettre évoque de manière quasi subliminale l’absence d’alcool dans la bouteille. Effet de nouveauté ou pas, en un mois, 20 % du volume produit a déjà été vendu. Sur le même sujet : La nouvelle PAC officialise les « vins désalcoolisés » en suivant le cadre adopté par l’OIV

Communiqué des Pépiniéristes viticoles d’Alsace

Anticipez vos commandes pour planter en 2023 !

Publié le 07/02/2022

Par Simone Gilg, présidente des Pépiniéristes Viticoles d'Alsace.

Suite à la crise viticole de 2020, les commandes de plants de vigne ont sensiblement diminué. De nombreux invendus ont obligé les pépiniéristes alsaciens à réduire les quantités de plants de vigne greffées. L’année 2021, qui fut très humide avec une forte pression cryptogamique, a favorisé les maladies et augmenté fortement la mortalité des pieds dans le vignoble. Après deux années assez calmes, le niveau de commandes en plants de vigne s’intensifie, tant pour les complants que pour les plantations. Par ailleurs, l’excès d’eau, le printemps et l’été maussade ont également influé négativement sur nos pépinières. Il en résulte une baisse de nos réussites pouvant être conséquente. Toutes les commandes ne pourront pas être honorées en 2022, nous le regrettons bien et vous remercions d’avance pour votre compréhension. La pénurie en plants est nationale et même européenne ! Nous nous approvisionnons déjà en matériel végétal pour vos futures plantations de 2023 et allons entrer en période de greffage. Le risque d’un marché déséquilibré entre l’offre et la demande persiste pour 2023 puisque la qualité du matériel végétal prélevé dans les parcelles de vignes-mères, impactées par le mildiou, peut également influencer les résultats des pépinières de la prochaine saison. C’est maintenant qu’il faut commander Afin de mettre toutes les chances de notre côté pour vous servir au mieux, nous vous conseillons dès à présent d’anticiper vos commandes pour 2023. En ce qui concerne les complantations, prévoyez 80 % de vos besoins de l’année d’avant, quant à vos nouvelles plantations, elles doivent d’ores et déjà être envisagées. Ceci nous permettra d’ajuster nos greffages à vos besoins et de cette façon pouvoir vous servir les assemblages que vous désirez.

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