Vigne

Publié le 09/03/2021

La Cave Jean Geiler tente à son tour le pari du Bag-in-Box, ou BIB, avec son « P’tit blanc ». Un mélange « sec » et « fruité » de quatre cépages, et deux millésimes, qui veut séduire une nouvelle frange de consommateurs, tout en ne faisant jamais référence à sa région de production et son appellation très réglementée.

C’est ce qu’on appelle un numéro d’équilibriste. La Cave Jean Geiler se lance à son tour dans le créneau du Bag-in-Box, ou BIB, avec son « P’tit blanc de Jean », un délicat assemblage de plusieurs cépages du cru : du pinot auxerrois, du muscat, du chasselas et un quatrième que la réglementation empêche de citer ici. Tous les quatre sont issus des millésimes 2019 et 2020. « Aucune mention à la région de production, à une commune viticole, à l’un des trois cépages emblématiques de la région, ou tout autre élément en lien avec notre appellation n’est autorisée sur le packaging », souligne l’œnologue de la maison Nicolas Garde. C’est lui qui a chapeauté la partie réglementaire du projet, histoire de pouvoir sortir ce nouveau produit « en toute confiance ». « Sinon, on prendrait le risque d’induire les consommateurs en erreur. On ne doit pas pouvoir faire le lien avec nos AOC », précise-t-il. Sur ce BIB de trois litres, la seule indication géographique est l’adresse de la cave, écrite en petit. Une mention obligatoire qu’on soit dans l’appellation ou non. Pour le reste, c’est un vin de France qui mise sur la convivialité pour séduire le consommateur : une couleur dominante qui rappelle l’ardoise des bistrots, des mots-clés (apéro, piscine, raclette, fête, barbecue, etc.) et des qualificatifs (sec, fruité, blanc, frais) qui permettent de savoir immédiatement à quel type de vin on a affaire. Un « complément » à la gamme Ce BIB, vendu pour l’instant à 2 000 exemplaires dans les grandes surfaces environnantes et au sein de la cave, est le fruit d’une longue réflexion. Pour la Cave Jean Geiler, le constat était simple : 48 % des ventes de vin en France se font sous ce format. Un chiffre qui dépasse même les 60 % en Scandinavie. « En étant absent sur le format BIB, c’est tout ce marché potentiel qu’on rate », observe simplement le directeur commercial de la cave, Gilles Meyer. Et puis, la crise du Covid-19 est arrivée. Lors du premier confinement, les ventes de BIB ont « explosé » dans les magasins. « On s’est dit que c’était le moment pour nous lancer, tout en étant conscient des limites de l’exercice », poursuit-il. Avec l’appui du conseil d’administration de la cave, le projet peut enfin se concrétiser. Première question à se poser : quel est le public visé ? Et avec quel message ? « Tout le monde n’est pas connaisseur en vin, notamment parmi les plus jeunes consommateurs. Il fallait donc simplifier le discours, changer d’optique. Plutôt que parler technique, de terroir ou de caractéristiques du cépage, on parle d’instant de consommation, d’un vin facile pour les moments conviviaux. On veut toucher les personnes qui n’auraient pas forcément acheté des bouteilles. Le BIB n’est qu’un complément à la gamme, rien plus », développe le directeur commercial. « Rien à voir » avec le cubi En se lançant sur ce créneau, il fallait réussir à « casser » l’idée reçue assimilant le BIB et le cubi en plastique. « J’ai moi-même le souvenir de cubis qui contenaient de la piquette. Le BIB n’a rien à voir. C’est un produit bien plus qualitatif, avec une durée de conservation du vin qui est sans commune mesure », précise-t-il encore. Une fois ouvert et mis au frais, le P’tit blanc de Jean peut se boire sans problème pendant quatre semaines. « C’est tout l’intérêt de ce format : on peut consommer le vin plus longtemps, plus facilement, qu’on soit en petit comité ou à plusieurs. De ce point de vue, la bouteille est bien plus contraignante. » Pour assurer la conservation optimale du vin en BIB, il faut beaucoup travailler sur la partie de CO2 résiduel. « On doit veiller à bien le dégazer », indique Nicolas Garde. Il faut aussi sulfiter plus fort au tirage. « Une poche ne remplace pas une bouteille. Le vin y est plus fragile. On peut le consommer plus longtemps une fois qu’il est ouvert car la poche fait ce qu’il faut. Mais il faut néanmoins le boire dans l’année où il a été produit. On n’est pas du tout sur un vin de conservation », insiste l’œnologue. La cave n’étant pas équipée pour le conditionnement en BIB, elle a sous-traité cette prestation à une entreprise externe mais mobile. « Elle exerce déjà en Bourgogne, entre autres, et fait cela très bien. Elle est venue ici avec son unité mobile, ce qui nous permet d’indiquer que le conditionnement a bien été fait chez nous », explique Nicolas Garde. Premiers retours positifs Pour son premier BIB (deux autres sont déjà au programme, lire en encadré), la Cave Jean Geiler s’est appuyée sur l’assemblage d’un « très bel edelzwicker » et l’a retravaillé pour obtenir un vin qui ne contient que 2 % de sucre résiduel. « Au final, on a un vin qui est juste partout, sans excès de personnalité », commente Nicolas Garde. Un savant mélange qui a déjà séduit plusieurs GMS du secteur. « Au début, certains n’étaient pas trop emballés par le concept du BIB qu’on proposait. Après dégustation, ils étaient prêts à tenter le coup », se remémore Gilles Meyer. Dans les rayons de supermarchés, le P’tit Blanc de Jean ne peut évidemment pas être vendu à proximité des vins AOC produits le long des collines sous-vosgiennes. Une contrainte qui ne semble pas pénalisante pour l’instant au niveau des ventes. « Même si on ne pourra faire un vrai bilan chiffré que d’ici six mois, on peut néanmoins être optimistes. Les premiers retours sont positifs et certaines enseignes nous ont déjà demandé des réapprovisionnements », se félicite Gilles Meyer. Vendu 13,95 euros, le P’tit Blanc de Jean n’a pas vocation à se développer dans le reste de la France. « Ici, on peut vendre sous la marque Jean Geiler qui est relativement bien connue et identifiée. Ailleurs, ça serait déjà bien plus compliqué dans la mesure où on ne peut pas faire la moindre mention à notre AOC, comme peuvent le faire des confrères d’autres régions », regrette le directeur général de la cave, Pascal Keller. Il est d’ailleurs persuadé que l’ouverture du BIB sur des appellations classiques « ferait un carton ». Gilles Meyer complète : « C’est ce qu’ils font en Bourgogne. Ils ne se privent pas pour faire du BIB avec du chardonnay ou du pinot noir. En aucun cas, cela ne fait de l’ombre aux bouteilles. C’est destiné à une cible différente et c’est une alternative supplémentaire pour liquider les volumes. »

Publié le 03/03/2021

Dans son numéro de février, la RVF (Revue du vin de France) aborde le sujet de la biodynamie vue par « cinq fins palais ». Un amalgame douteux est fait entre la biodynamie, l’Alsace, l’Allemagne et la doctrine nazie. Le Civa exprime son indignation.

L’article en question, paru en février dans la RVF, est titré « Ce qu’ils en disent : cinq fins palais racontent leur biodynamie ». Pierre Citerne, l’un des cinq intervenants, membre du comité de dégustation de la RVF, se livre à une analyse douteuse, dont les amalgames indignent le vignoble alsacien. Il y est écrit, à propos donc de la biodynamie : « Je suis également gêné par cette idée de pureté. C’est très germanique cette idée de pureté. Et la biodynamie a essaimé en France à partir de l’Alsace. Puis-je être provocateur ? Si l’Allemagne nazie avait gagné la guerre, la biodynamie ne serait-elle pas plus développée aujourd’hui ? » Historiquement, s’il est vrai que Rudolf Hess s’est intéressé à la biodynamie, l’inverse est faux. D’ailleurs, des anthroposophes - dont les idéaux sont à l’origine de la biodynamie - ont été persécutés par les nazis pour leurs idées. Et « Rudolf Steiner, le fondateur de la biodynamie, s’est opposé à la pensée nationaliste, raciste, antisémite et européenne émergente », rappelle la section Agriculture du Goetheanum à Dornach (Suisse). Quant à la question de la pureté, Rudolf Steiner a écrit en 1917 que « l’impulsion raciale est en réalité le début d’un déclin des êtres humains et de l’humanité » (Rudolf Steiner : La chute des esprits des ténèbres. Edition Triades. P. 204 et suivantes. 1995). Aujourd’hui encore le mouvement d’agriculture biodynamique réaffirme son opposition contre toutes tendances xénophobes. La réaction du Civa En tout état, le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) s’est fendu d’une missive signée du président Didier Pettermann, adressée à Denis Saverot, le directeur de rédaction de la RVF. « Lire que ce membre du comité de dégustation de la RVF se sent gêné par l’idée de nostalgie de la pureté, que cette idée de la pureté soit très germanique, que « justement » la biodynamie ait essaimé en France à partir de l’Alsace et qu’il ose s’interroger sur un développement probablement plus important de la biodynamie si l’Allemagne nazie avait gagné la guerre, relèvent littéralement d’une atteinte à la mémoire de l’Alsace. » Et de continuer : « L’Alsace est certainement le territoire français qui a été le plus confronté à des guerres et des tragédies. Une terre déchirée par des conflits et des annexions qui ont profondément blessé et marqué l’âme de générations d’hommes et de femmes. La dernière guerre provoquée par l’Allemagne nazie est certainement la plus abjecte. Elle reste profondément ancrée dans nos mémoires et nous ne pouvons tolérer ces sous-entendus ignobles prêtant à l’Alsace d’être le symbole d’un étendard germanique et encore plus nazi, et demandons que vous réagissiez. L’Alsace s’est de tout temps battue, relevée, reconstruite, guidée par l’espérance, la tolérance, le respect et l’exemplarité. Des valeurs que portent effectivement aujourd’hui encore les vignerons alsaciens. Grâce à ces valeurs, l’Alsace a effectivement souvent été en avance sur son temps : la bio et la biodynamie en sont un exemple. Nous sommes fiers de ce que nous sommes et aurions préféré que M. Citerne fasse cette même lecture de l’Alsace », conclut la lettre du Civa, signée du président Didier Pettermann.

Publié le 02/03/2021

À Landersheim, l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), une école privée, forme depuis 2018 des professionnels capables d’exercer différents métiers liés au commerce et à la prescription des vins.

À l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), février est un mois charnière : les étudiants qui ont commencé leur cursus en septembre - les plus nombreux - sont partis en immersion dans l’entreprise de leur choix, après cinq mois de formation initiale ; les autres s’apprêtent à faire leur rentrée en mars. L’année est particulière, reconnaît Lucas Destouches, qui dirige l’établissement fondé par son père. La crise sanitaire a empêché la venue d’une partie des étudiants étrangers, qui représentaient jusqu’ici 15 à 20 % des effectifs. Elle a aussi obligé l’Aiva à revoir l’organisation pratique des enseignements, et à repousser l’ouverture du restaurant brasserie qui devait ouvrir ses portes sur le site en 2020. Installée dans les locaux de l’ancien siège social d’Adidas, à Landersheim, village situé à 15 km de Saverne, l’Aiva a ouvert ses portes en 2018. Elle a été créée à l’initiative de Dominique Destouches, dirigeant de la société de négoce VPCF (Vins de propriétés et de châteaux de France), implantée près de Saverne. Avec le soutien de l’entrepreneur Marc Rinaldi (domaine Kirrenbourg, Kaysersberg), il a rallié au projet de nombreuses entreprises du monde vitivinicole, bien au-delà de l’Alsace, et des universités, dont celles de Haute-Alsace et de Lorraine. Du diplôme universitaire de sommelier-caviste au MBA (master of business administration) marketing et commerce international en vin et spiritueux, sept formations post-bac d’une année y sont proposées (lire encadré). Elles ouvrent à un vaste éventail de métiers : sommelier, chef de rayon vin, responsable de caveau, responsable marketing, directeur import-export, directeur des ventes, consultant en vins, responsable logistique… « Le vin offre énormément de possibilités et encore plus avec le développement des spiritueux et des bières. C’est un marché porteur où l’on peut faire de très belles carrières », promet Lucas Destouches. La volonté du fondateur a été « de créer une école où l’on forme des gens de métier », grâce à un cursus professionnalisant qui accorde une large place à la pratique. À l’Aiva, le verre à vin est un instrument de travail couramment utilisé. Durant les quelques mois qu’ils passent sur place, les étudiants dégustent 200 à 350 vins, selon le cursus choisi. Des vins de toutes les régions, de tous les pays, mais aussi des spiritueux et des bières, précise Lucas Destouches. L’école possède plusieurs salles de dégustation, dont les murs s’ornent d’une impressionnante collection de flacons vides, ainsi qu’un bar à bières. « La connaissance du produit, c’est fondamental, quel que soit le métier qu’ils vont exercer plus tard », assure le directeur de l’établissement.       La rentrée de mars, c'est pour bientôt ! ? Formez-vous dans les métiers du vin à l'Académie Internationale des Vins ! ... Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mercredi 27 janvier 2021     Un magasin pour apprendre L’Aiva a également ouvert son propre magasin d’application. Ouvert au public, l’Anthocyane - c’est son nom - propose 1 500 références de vins, bières et spiritueux. Justin Levêque, lui-même diplômé de l’Aiva, y forme les étudiants aux différentes facettes du métier de caviste. Grâce aux ateliers qu’il met en place, il les initie aussi bien à la recherche de références, qu’à la négociation de tarifs avec les fournisseurs, à la réception des marchandises, à la gestion des stocks, à la vente et au conseil. Fort des compétences acquises lors de ses expériences professionnelles antérieures et durant sa formation à l’Aiva, il les sensibilise aux qualités requises pour être un bon caviste : « être souriant, serviable, toujours à l’affût des nouveautés » pour tenir compte des évolutions du marché et fidéliser la clientèle. Soucieuse de placer ses recrues « au plus près des réalités du monde professionnel », l’Aiva fait appel, pour la partie pratique des enseignements, à des intervenants du monde vitivinicole possédant pour la plupart une longue expérience dans leur domaine. Les enseignements théoriques - gestion, marketing, management… - sont confiés à des enseignants-chercheurs issus du monde universitaire. La plupart des cursus comprennent un module de professionnalisation incluant visites de vignoble, d’entreprises, et séminaires professionnels. L’immersion en entreprise est la règle : elle est au minimum de 22 semaines et vient conclure les 300 à 600 heures de cours magistraux et de travaux dirigés reçus à l’Aiva. Les étudiants ont même la possibilité de réaliser un projet professionnel durant leur scolarité tout en bénéficiant d’un suivi par l’équipe pédagogique. Une façon pour l’école d’« inculquer la fibre entrepreneuriale » à ses étudiants.       Le savoir faire Alsacien à l'honneur au Caveau l'anthocyane . Venez découvrir les eaux de vie & les whiskies 100% Alsace de la distillerie artisanale Bertrand . ? Publiée par Cave AIVA L'Anthocyane sur Vendredi 19 février 2021    

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