Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira)
Structurer l’offre, les prix, la distribution et la communication
Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira)
Publié le 05/04/2016
Il ne suffit pas de décréter de vendre plus cher un vin, mais il faut accompagner la démarche économique de prémiumisation d’une structuration de l’offre et des circuits de distribution, d’une structuration de la communication et de la politique de prix. C’était le propos central de l'assemblée générale 2016 du Synvira avec plusieurs intervenants notoires, Jean HansMaennel, Thomas Montagne, et des vignerons indépendants, adhérents et acteurs du Synvira.
Le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) tenait son assemblée générale le 23 mars dernier à Châtenois, avec un ordre du jour chargé sur des dossiers récurrents et des sujets d’actualité : notamment la hiérarchisation, la prémiumisation de l’offre en vins d’Alsace, l’arrivée des VSIG cépages rhénans en linéaire, la signature de la convention A Cœur avec la Région… En toile de fond des débats de cette journée, la mise en marché tonitruante d’un vin (VSIG) ostensiblement étiqueté pinot blanc en flûte et originaire d’Afrique du Sud, au prix de 1,33 € la bouteille, par un opérateur alsacien. Chassez les VSIG cépages rhénans du foncier, ils arrivent par les linéaires en masse. « Les politiques de protectionnisme, la limitation des plantations et la protection des cépages, ont échoué », analyse le jeune vice-président du Synvira, Florian Beck-Hartweg. « Quand on monte des lignes Maginot, ça ne dure qu’un temps, ajoute Thomas Montagne, président national des Vignerons indépendants de France. Vous vous êtes battus pour que vos monocépages soient interdits ailleurs en France, mais les VSIG arrivent de l’extérieur. Le boomerang est revenu. » La situation n’inquiéterait pas outre mesure les vignerons si l’offre des alsaces était bien structurée. Mais tel n’est pas le cas, estiment les vignerons indépendants. La politique de prix n’est pas claire : des grands crus autour de 5 €, des offres promotionnelles d’AOC cépages autour de 3 €. Mais pour Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d'Alsace, « cela ne va pas massacrer la consommation des vins d’Alsace, car nous ne pourrons jamais jouer dans cette cour des 1,33 € de vins italiens, ou sud-africains. » Hiérarchisation Structurer l’offre, c’est ce que réclament à cor et à cri les vignerons indépendants avec la hiérarchisation et le classement des lieux-dits : « Cette banalisation des cépages que nous avons vu arriver comme une menace est désormais réalité. Ne cédons pas au catastrophisme, mais nous avons le devoir de réagir. Le Synvira réfléchit à une sortie par le haut, avec des vins à forte personnalité portés par la bannière collective du terroir », explique Florian Beck-Hartweg. Aujourd’hui, les vignerons de 160 lieux-dits ne demandent qu’à baisser leurs rendements à 57 hl/ha pour monter en gamme, gagner en personnalité. Hélas, déplore-t-il, « nous avons la preuve que l’ampleur du dossier proposé à l’Inao pour la valorisation de nos terroirs, est bien trop faible. A-t-on le droit de leur dire non ? Selon nos informations, il n’y en aurait que 25, avec tel ou tel cépage, peu ou pas d’assemblage. » Jérôme Bauer s'est voulu rassurant : « Ce ne sont pas les seuls dossiers qui seront présentés à une commission d’enquête. Cette première série de dossiers sera présentée pour ouvrir le chantier. Donc ce ne sont pas 20 dossiers qui seront présentés, mais j’ose espérer que ce sera beaucoup plus. Par contre, en faire aboutir dès demain 170, je ne suis pas sûr que cela soit possible. Ce n’est pas nous qui avons la main, c’est l’Inao qui nous dira, là on est bon, là on ne l’est pas. On n’a pas le droit de se louper sur ce dossier, donc soyons efficaces, ne partons pas en ordre dispersé. » « La transition est mûre » Le Synvira continuera pour sa part « à encourager les vignerons motivés à aller dans le sens de la valorisation de nos terroirs, à construire des projets ambitieux, d’ampleur bien plus large et immédiate ». Pour Florian Beck-Hartweg, « la transition est mûre, les projets sont prêts. Il faut les lancer et les appliquer. Mais aurons-nous la place politique pour le faire ? » Face à cette situation Thomas Montagne propose également de « s’élever par l’excellence, plutôt que de se fixer des barrières réglementaires ». Quels outils et leviers pour s’en sortir, interroge Pierre Bernhard, le président du Synvira ? Appliquer les trois valeurs : « le partage, l’engagement et le respect ». Mais encore ? Certes les grands crus – 3 % de l’offre, le haut de la pyramide - devraient afficher des prix de 50 €, estime-t-il. Et donc « avoir du courage et de l’ambition », mais trop de clichés négatifs collent encore aux vins d’Alsace : « Les gewurztraminers et rieslings ont toujours des soucis d’image. L’on entend encore sur Paris qu’ils font mal à la tête », déplore le président du Synvira. « Il nous manque ce côté sexy pour passer le cap, les Allemands et Autrichiens ont réussi. Je suis convaincu qu’il nous faut peu de chose pour réussir. » Reste que la structuration ne doit pas se limiter à la production et aux prix, mais doit également s’appliquer à la communication et aux circuits de distribution. C’est pourquoi, Pierre Bernhard a invité Jean HansMaennel, vice-président des brasseries Kronenbourg jusqu'en 2016. Il a expliqué comment en dix ans la marque alsacienne est sortie de l'image du « pack de kro » pour reprendre le chemin de la croissance.












