Vigne

Publié le 11/05/2016

Le domaine Barthel à Albé ouvrait ses portes les 1er et 2 mai, pour faire découvrir ses nouvelles installations commerciales : un caveau de vente et de dégustation, avec gîte, appartement et bureau.

Le domaine Barthel à Albé connaît actuellement de grands changements. Christian Barthel cède progressivement les rênes de l’entreprise qu’il a fondée à ses deux fils Michel et Clément. L’installation de Clément était l’occasion de réaliser des investissements. Les Barthel ont entièrement réhabilité l’ancienne épicerie du village, devenue au rez-de-chaussée un caveau de dégustation-vente et des bureaux, et dans les étages un gîte et un appartement. Un nouvel outil au service de la promotion du terroir d’Albé. Christian Barthel et ses deux fils, ainsi que les vignerons du village, attendent de pied ferme la reconnaissance en appellation communale Rouge d’Albé. L’exigence des usages significatifs longtemps invoquée par l’ODG avait freiné les vignerons dans leur volonté d’initier une demande en reconnaissance d'appellation. Il est vrai qu’il y avait peu de metteurs en marché revendiquant la spécificité des pinots noirs sur schistes à Albé. Mais aujourd’hui, les vignerons affichent le terroir : il y a les maisons historiques Gilbert Beck et Barthel, et également Klein, Pettermann, Frey… De quoi constituer une belle œnothèque, d’autant qu’Albé dispose de superbes caves anciennes d’architecture remarquable, voûtées et avec piliers en pierre de taille. Il y a d’ailleurs la cave partagée de la maison commune du val de Villé qui pourrait accueillir les flacons. Achevant un remembrement entamé en 2001, Albé dispose par ailleurs d’une belle réserve foncière en appellation de 20 hectares. Reste à obtenir les fameux droits contingentés. Ces 1er et 2 mai, Michel et Clément ont donc présenté leurs nouvelles cuvées d’où il ressort qu’ils segmentent encore davantage leurs productions de pinot noir, pour dégager des climats dans un terroir très marqué par sa géologie, sa toponymie. Citons notamment le Sonnenbach, un clos de 7 ha sur schistes bruns. Mais également de multiples autres cuvées, dont un pinot noir nature apprécié.

Salon des vins libres à Strasbourg

Une nouvelle génération présente ses cuvées nature

Publié le 08/05/2016

Les 14 et 15 mai à Strasbourg se tiendra le 5e salon des vins libres. Ce salon des vins est l’occasion pour une nouvelle génération de vignerons de présenter ses cuvées de vins naturels, en vogue dans les milieux urbains.

Pour la 5e fois, le salon bisannuel des vins libres itinérant en Alsace, initié il y a dix ans, se tiendra les samedi 14 et dimanche 15 mai à Strasbourg. 41 vignerons français et 4 italiens exposants investiront la capitale alsacienne, à la Villa Sturm, près de la place de la République. Parallèlement, non loin de là, près de la place Broglie, 13 vignerons alsaciens feront de même au Salon Rouge. Avec en plus un « bar à vins des découvertes » pour les « cuvées libres » du vignoble alsacien, où des vignerons nouveaux venus qui s’essaient à une ou plusieurs cuvées sans soufre auront l’occasion de les faire déguster au grand public. « Potentiellement, il y a une vingtaine de vignerons », indique Julien Albertus, du domaine Kumpf et Meyer à Rosheim. « On souhaite présenter les vignerons impliqués dans une intention morale, leur montrer qu’il y a une ouverture très internationale pour ces vins », explique le vigneron agro-écologiste Patrick Meyer à Nothalten. « Beaucoup de jeunes n’osent pas franchir le pas, étant donné le contexte anxiogène. » De fait, les vins naturels font toujours débat au sein de l’appellation, qui cependant « se montre ouverte », estime Patrick Meyer. Un écho favorable parmi la clientèle urbaine Mais les vins dits naturels « contaminent-ils le vignoble alsacien » ? Christian Binner, l’un des organisateurs et initiateurs de ce « mouvement de fond », observe une véritable dynamique en marche parmi la jeune génération, le tout cohabitant en bonne intelligence avec le vignoble « dont 80 % des vins sont écoulés en filière longue » et ne peuvent donc raisonnablement pas envisager les processus sans soufre. Si les vins naturels se développent, c’est également parce qu’ils trouvent un écho très favorable parmi une clientèle urbaine, bobo, branchée. D’ailleurs, la veille du salon, le vendredi 13 mai au soir, cinq bars à vins et restaurants branchés de la capitale alsacienne proposeront une soirée dédiée, afin de rencontrer les vignerons du salon hors Alsace. « L’essentiel est que les vignerons aillent à la rencontre des amateurs et réciproquement, qu'ils passent une soirée conviviale, qu’il y ait des échanges. » Citons Au fil du vin libre, Entre deux verres, In vino veritas, Jour de fête, À bout de soufre et le Pont du Corbeau, cette winstub qui dernièrement avait accueilli le président de la République, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Le patron, Christophe Andt, est un inconditionnel des cuvées sans soufre ajouté. Sans compter un autre restaurateur, l’étoilé Thierry Schwartz du Bistro des saveurs à Obernai, qui proposera pour sa part deux repas gastronomiques, l’un le samedi soir et l’autre, un brunch le dimanche.

Publié le 07/05/2016

S’abonner pour réceptionner chaque mois un coffret de deux ou trois « bonnes bouteilles » sélectionnées par un professionnel est un mode de vente qui plaît de plus en plus. Il reste assez aléatoire pour le viticulteur, mais n’est pas sans intérêt.

Quel amateur de vin n’est pas à la recherche de bouteilles de bon rapport qualité-prix ? Son souci est plutôt de les dénicher au sein d’une offre foisonnante. Alors pourquoi ne pas laisser faire un professionnel qui défriche le terrain à sa place, repère deux ou trois (selon les cas) bouteilles originales et les envoie au domicile de chaque abonné à date fixe ? C’est le concept de la « box ». Un rapide tour sur la toile permet d’identifier une bonne trentaine de sites actifs pour le vin. La plupart sélectionnent des vins chaque mois, plus rarement trimestriellement. Ils proposent quasiment tous des abonnements sans engagement de trois à douze mois et parfois des offres de rachat de la bouteille appréciée avec un rabais. Et tous promettent de « sortir des sentiers battus ». Comment un vin qui part dans une box est-il référencé ? « Tous les contacts avec Vineabox ont eu lieu par courriel et téléphone. Dans mon cas, la demande portait sur du klevener. L’offre est donc automatiquement restreinte. Notre maison a bonne presse. J’ai expédié des échantillons du millésime 2011 » explique Hubert Heywang, vigneron indépendant à Heiligenstein. La commande est tombée quelques mois plus tard. « Une acheteuse de My viti box cherchait un gewurztraminer à bon rapport-qualité prix pour Noël. Nous avons expédié un « classique » et un « terroir ». Le second a été retenu, parce qu’il était plus complexe, plus rond. L’affaire a été conclue en quinze jours » raconte Nathalie Menotti, responsable commerciale du domaine François Schwach à Hunawihr. La prise de contact physique n’est pas exclue. Myriam Schmitt, du domaine François Schmitt à Orschwihr, a rencontré les dégustateurs de Trois fois vins sur un salon professionnel auquel elle participait en mai 2015 sur Paris. Deux commandes ont suivi pour du gewurztraminer et du pinot gris. Mélanie Pfister, du domaine Pfister à Dahlenheim, a pour sa part eu la bonne surprise d’avoir son pinot noir retenu par le sommelier du Petit ballon qui l’avait découvert incognito dans son caveau quelques temps auparavant. Enfin, certains vins se retrouvent dans des box sans que celui qui le produit le sache. Tout simplement parce que le site s’est fourni via un agent ou chez un grossiste ! Délais de paiement tenus Une commande est rarement négligeable. Chez les vignerons indépendants qui témoignent ici, elle varie entre 250 et 1 000 bouteilles. Pour la maison Gustave Lorentz à Bergheim, elle se monte à plusieurs milliers ! L’ennui, c’est que l’opération se limite quasiment toujours à un seul coup ! Mieux vaut donc ne pas l’envisager comme un circuit pérenne. « On le sait dès le départ » relativise Mélanie Pfister. Myriam Schmitt essaie cependant de nouer un relationnel durable au moyen d’échanges réguliers de courriels avec Trois fois vins. « On peut espérer apparaître deux fois par an » dit-elle. Ce caractère aléatoire est compensé par les bons côtés des sites proposant des box. Les metteurs en marché sortent leur tarif professionnel ; il est admis sans discuter. « Ces acheteurs recherchent des vins dans une certaine gamme de prix. Il leur suffit de consulter votre boutique internet pour savoir où ils vont » remarque Hubert Heywang. Les délais de paiement varient selon les sites entre quinze et quarante-cinq jours. Et ils sont tenus. Dominique Treiber, responsable commercial chez Gustave Lorentz, a réclamé et obtenu un pré-paiement avant expédition. Presque tous les metteurs en marché sont prêts à renouveler l’expérience, même si les retombées directes sont difficilement mesurables. Les uns comme les autres notent parfois de petites commandes concernant la référence que l’abonné a trouvée dans son coffret. Quelques abonnés se renseignent sur le reste de la gamme. Mais tout cela ne déclenche pas une vague d’achats. Le bénéfice est ailleurs. « C’est une bonne exposition. Elle fait parler. C’est diffusé. Cela peut pousser un abonné à commander une de nos bouteilles en restauration qui reste notre cœur de marché » analyse Dominique Treiber. « Ce genre de mise en avant fait parler de nos vins sur internet et beaucoup à travers les réseaux sociaux. Le nom du domaine ressort. Cela donne de la visibilité à notre offre, même si cela reste à un petit niveau » complètent Nathalie Menotti et Myriam Schmitt. Mélanie Pfister résume : « c’est une promotion et notre acheteur nous paye pour la faire. On sait que plusieurs centaines de personnes ont reçu un de nos vins. Et c’est beaucoup ! ».

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