Vigne

Publié le 06/06/2016

La réputation d’un domaine, les mentions et signes figurant sur l’étiquette incitent à l’achat et expliquent le niveau de prix qu’un consommateur consent à payer pour s’offrir une bouteille de vin. Illustration à travers deux études présentées au 23e colloque Enométrics de Colmar des 25, 26 et 27 mai 2016.

Les points décernés au guide Gault & Millau valent de l’argent ! Bernd Frick, de l’université de Paderborn en Allemagne, a précisément chiffré la chose. Cet économiste a analysé 100 000 bouteilles de rieslings de la vallée de la Moselle d’une valeur unitaire de 12 à 13 € plus ou moins bien cotés. Résultat ? Un point en plus au guide correspond à un prix supérieur d’environ 14 % soit un peu plus d’1 € par col. Il a appliqué la même grille en tenant compte de l’adhésion ou non de l’opérateur à VDP (Verband deutscher Prädikatsweine) une association qui regroupe des domaines revendiquant un haut niveau qualitatif de leur production. « Un certain nombre d’acheteurs qui ne sont pas assez connaisseurs pour décider tout seul de l’achat d’une bouteille, sont prêts à payer ce surcoût en contrepartie de la garantie qu’apporte le sigle VDP. C’est leur repère » note Bernd Frick. Ainsi, le metteur en marché qui adhère à VDP, peut espérer vendre sa bouteille 10 % plus cher que le non-membre. Les « bonus » guide et VDP peuvent se cumuler jusqu’à obtenir un écart de prix supérieur de 20 à 25 % à la moyenne. Histoire de vérifier si son constat se confirme, Bernd Frick va renouveler son étude dans un autre vignoble allemand. Il s’attend à des « résultats similaires ». La connaissance de cette perspective de valorisation potentielle supérieure peut évidemment susciter l’ambition de monter en gamme afin de gagner en réputation car comme l’estime Bernd Frick « les maisons réputées ont toujours plus de chances de mieux s’en sortir ». Mais le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle. « Les investissements nécessaires qu’ils soient techniques ou humains, sont très élevés. Ils sont inaccessibles à la majorité des domaines, trop petits pour les supporter. Les opérateurs qui les consentent ne doivent pas oublier qu’ils devront très rapidement assumer des coûts fixes plus élevés tout en ayant les moyens d’attendre que la qualité produite leur soit payée à un meilleur prix » poursuit-il. Toutefois, quelle que soit sa réputation, un domaine ne peut pas se permettre une hausse débridée de ses tarifs car « sa production reste en concurrence avec d’autres opérateurs qui sont présents sur le même segment de marché » complète Bernd Frick. Le chercheur rappelle aussi que tous les clients n’ont pas un pouvoir d’achat démesuré et que le marché est susceptible d’offrir des opportunités à des vins de toutes les gammes de prix. Une étude sur les vins d’Alsace Sylvie Rivot et Laurent Grimal, deux enseignants-chercheurs du Bureau d’études théorique et appliquée (BETA) de Strasbourg, ont démarré en novembre 2015 dans la région, une étude sur la disposition de consommateurs « lambda » et « experts » (professionnels du vin, œnophiles, dégustateurs, journalistes…) à payer les vins d’Alsace. Les résultats actuels portent sur 86 participants. Il en manque au moins 34 afin de valider statistiquement les premières tendances résultant du protocole établi (voir encadré). « En dégustation à l’aveugle, tous les consommateurs préfèrent le plus et le moins les deux mêmes vins. Les consommateurs lambda sont en moyenne disposés à payer 20 % de moins que les « experts ». Nous l’expliquons par le fait que ces derniers semblent avoir conscience que le travail de l’élaborateur doit être rémunéré » indique Laurent Grimal. Globalement, le prix moyen des vins dégustés à l’aveugle est supérieur quand le consommateur est uniquement confronté aux informations communiquées sur le vin, comparé à ce qu’il est prêt à donner quand il le déguste à l’aveugle. Une fois qu’il a sous les yeux les informations et le vin, sa disposition à payer faiblit à nouveau. Les deux groupes se différencient sur un autre point. Confronté à la seule information concernant un vin (donc sans le déguster) « le consommateur lambda est prêt à payer plus que « l’expert » si la bouteille présente une distinction. C’est surtout vrai pour la médaille d’or à un concours, ensuite pour la citation à un guide. La seule mention « Vigneron indépendant » provoque une toute petite augmentation de la disposition à payer plus. L’information minimum du type « Pinot blanc 2014 » diminue fortement le prix qu’on est prêt à mettre à moins de 3 € la bouteille ». Pour espérer mieux vendre, faut-il donc multiplier les signes distinctifs sur les bouteilles à l’intention de ce public ? « Non », répond Laurent Grimal. « Des études déjà publiées montrent que l’ajout d’une deuxième mention relève à peine la disposition à payer. À partir de trois, l’effet est nul ». Ce langage des signes est à manier avec précaution envers un public « d’experts ». S’ils sont sensibles à la mention « vigneron indépendant » et à la citation, ils sont totalement réfractaires à la médaille qui leur apparaît comme « dévalorisante ».

Concours des vins d’Alsace de Colmar

1 113 vins d’Alsace en lice

Publié le 05/06/2016

1 113 vins d’Alsace très exactement étaient à goûter et à noter mercredi 25 mai lors de la dégustation de sélection des vins qui seront présentés à la foire aux vins d’Alsace.

D’entre toutes les grandes confrontations viniques, la dégustation de sélection des vins d’Alsace pour la foire aux vins d’Alsace est celle qui offre le plus large panorama de ce qu’élabore le vignoble d’Alsace en AOC cépages. 1 113 vins étaient à déguster cette année, des millésimes 2014 et 2015 pour les AOC cépages et 2014, 2013 et 2012 pour les crémants d’Alsace. Le tout réparti en 58 tables de 4 jurés. Le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa) et l’Association des viticulteurs d'Alsace (Ava), organisateurs de ce 45e concours, avaient, comme à l'accoutumée, réservé le grand hall du Parc des expositions de Colmar, pour cette grande confrontation. Environ 200 dégustateurs ont été accueillis par Jean-Louis Vézien et Frédéric Bach, les directeurs respectifs des deux institutions du vignoble. Après avoir souhaité la bienvenue, Frédéric Bach s’est appesanti sur le dernier épisode de gelées noires, certes moins destructeur qu’en Bourgogne, qui n’a pas épargné le vignoble touchant certains secteurs comme Obernai, Goxwiller, Herrlisheim, Dambach. Quant à Jean-Louis Vézien, il a rappelé les nouvelles obligations réglementaires qui entourent le déroulement du concours, depuis un arrêté paru en 2013, mais qui vont nécessiter quelques ajustements. Un tiers approximativement des vins recevront une médaille d’or ou d’argent et auront ainsi le privilège d’être dégustés lors de la foire aux vins d’Alsace, qui se tiendra du 5 au 15 août prochains. Notons que le concours offre la possibilité aux vins de contenir des sucres résiduels. Jusqu’à 4 grammes par litre pour le sylvaner, 7 g/l pour le riesling, 16 g/l pour le pinot gris et le gewurztraminer ou 20 g/l s’ils ne sont pas chaptalisés. 16 g/l pour ces deux cépages signifie que les sucres résiduels peuvent provenir de sucres de betterave ajoutés s’ils n’ont pas été fermentés. Notons également que l’acidité totale est exprimée en méq/l, c’est-à-dire en milli équivalent d’acide sulfurique. 1 gramme d’équivalent acide sulfurique correspond à 20,5 meq.

4e édition du slowUp Alsace

Vague blanche attendue dans le vignoble !

Publié le 04/06/2016

Entre Châtenois, Bergheim et Sélestat, la 4e édition du slowUp Alsace propose un programme d'animations étoffé et des nouveautés sur le parcours de 31 kilomètres, à découvrir dimanche 5 juin.

Fort du succès rencontré depuis sa création en 2013, avec 36 000 participants l'année dernière, le slowUp Alsace revient avec une 4e édition, dont le programme a été présenté sur un bateau de Batorama, par le président de l'Agence de développement touristique (ADT), conseiller départemental du Bas-Rhin, Vincent Debès, en présence de Marc Lévy, directeur, Max Delmond, président de l'ADT du Haut-Rhin, Jean Klinkert, directeur de l'ADT de Haute Alsace, et Pierre Bihl, maire de Bergheim. « Nous sommes fiers d'être partenaire de cette édition », a déclaré en introduction Yann Quiquandon, directeur de Batorama, une entreprise qui depuis 2016 est une filiale du Port autonome de Strasbourg, ce qui lui offre « une nouvelle dynamique » à l'aube de ses 90 ans. Un parcours piéton supplémentaire Vincent Debès a rappelé que la première édition du slowUp s'était inscrite dans le cadre des festivités des 60 ans de la route des vins d'Alsace, et que sa particularité - le code vestimentaire blanc - était un « clin d'œil au vin d'Alsace ». Cette manifestation, qui devait être unique, a perduré avec des animations de plus en plus nombreuses sur ce parcours de 31 km, fermé à la circulation de 10 h à 18 h, situé dans le vignoble entre Bergheim, Sélestat et Châtenois, les trois communes d'accueil. Le président a salué l'engagement des associations qui « jouent le jeu des animations, des dégustations ». Une édition organisée en collaboration avec l'ADT 68 et en partenariat avec le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace. « C'est le savoir-faire alsacien qui est mis en avant sur le slowUp, a déclaré Marie-Jo Simon, chargé de développement à l'ADT 67. Il participe à l'attractivité du territoire et permet de se réapproprier cette route des vins de façon bucolique. » Neuf communes vont animer cette édition. Une navette de bus depuis Strasbourg et Colmar sera proposée au public, et de nombreux parkings seront mis à disposition à proximité du parcours. Cette année, un parcours piéton a été ajouté dans les vignes le long de la véloroute du vignoble entre Bergheim et Kinztheim. Les participants ont la possibilité de rejoindre ce circuit en train « spécial slowUp » depuis Strasbourg, train « sans limitation d'emplacements pour les vélos ». Les participants pourront louer des vélos et des vélos électriques à la demi-journée ou pour la journée. Œnotourisme, cyclotourisme et solidarité Une trentaine d'exposants sera présente sur le parcours, dans les villages, sur les douze places festives, qui seront agrémentés de dégustations, restauration, animations musicales et de nombreux jeux pour les enfants. Les villages d'accueil proposeront des stands sur les thèmes du tourisme, de la route des vins notamment. Autre nouveauté, les gobelets réutilisables et consignés à 1 € seront l'occasion de participer à une action de solidarité en faisant don de cette somme à la fondation Groupama pour la santé, qui œuvre en faveur des maladies rares. La somme récoltée sera doublée par la fondation à concurrence de 15 000 €, a précisé Martine Knaebel, déléguée régionale de cette fondation. Elle servira à soutenir le projet « Mieux vivre avec sa maladie chronique », des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Cette édition verra également le lancement de la campagne de financement participatif dans l'investissement de ces gobelets, « l'objectif étant d'arriver pour le slowUp à 50 % de fonds publics et privés, contre 80 % et 20 % actuellement », précise Vincent Debès. Pierre Bihl a salué les efforts de ces communes qui offriront la découverte de l'œnotourisme et de la palette de leurs vins, avec les confréries Saint Urbain et des Rieslinger de Scherwiller entre autres. Au total près de 800 bénévoles sont engagés dans cette édition qui fait la part belle aux vélos. « Ce segment touristique est important pour la région », a indiqué Max Delmond. L'Alsace est la première région de France avec 2 500 km de pistes et trois eurovéloroutes qui « attirent des touristes étrangers qui restent entre trois et cinq nuits, un chiffre non négligeable ». Le slowUp, « c'est l'émanation et le fruit du travail réalisé ensemble par les deux ADT, pour parler d'une seule voix », a-t-il ajouté. Les organisateurs espèrent attirer 40 000 participants cette année, pour le plaisir de se déplacer dans la nature, en découvrant ce vignoble, ses villages fleuris, à pied, à vélo ou en roller… Rendez-vous le 5 juin. En blanc !

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