Vigne

Domaine Émile Beyer à Eguisheim

L'art de la viticulture

Publié le 16/05/2016

Pour la première fois, le domaine Émile Beyer a ouvert ses portes à ses clients professionnels. Une démarche qui vise à expliquer la politique de l'entreprise et qui rentre dans le cadre d'une action de solidarité.

Les origines de la famille Beyer à Eguisheim se confondent avec l'histoire de la viticulture alsacienne. Les archives de la maison attestent de sa présence dès la fin du 16e siècle dans la commune viticole. Aujourd’hui, Christian Beyer, 14e génération de la famille veille aux destinées de la maison. « Nous avons la chance de pouvoir travailler plus de 17 hectares dont deux grands crus et deux lieux-dits. Transcrire cette diversité de sols dans chacun de nos vins est toute notre conviction. Avec mon épouse, Valérie, qui a rejoint l'entreprise en janvier dernier, je m'inscris dans cette nouvelle génération de viticulteurs alsaciens en quête du grand vin. Nous sommes entrés dans une démarche de biodynamie. On commence avec les vins de cette année 2016 et avec les conseils de Christophe Erhart que je connais depuis quelques années. Nous avons encore une marge de progrès à réaliser pour exprimer pleinement le potentiel de nos parcelles », explique Christian Beyer qui n'avait pas encore communiqué sur cette évolution professionnelle. Pour autant, il soigne depuis toujours la qualité de ses vins. Il est désireux de le faire savoir plus largement. D'où l'organisation de ces premières portes ouvertes. « Là également, c'est mon épouse qui est à l'initiative de cette journée. L'idée est de s'adresser aux professionnels, aux sommeliers, aux prescripteurs en général. Nous leur montrons nos terroirs. Nous leur faisons visiter l'entreprise. Et nous leur présentons nos vins. Aujourd'hui, nous nous sommes spécifiquement intéressés aux millésimes 1993, 1997 et 2000. L'idée est de montrer comment nos vins vieillissent et d'échanger en toute convivialité », ajoute Christian Beyer. La journée a été une belle réussite avec la venue de nombreux visiteurs intéressés par le travail du domaine. « Cette journée sera renouvelée tout comme d'autres actions ouvertes à un plus large public. Ce seront des opérations ponctuelles et très ciblées », conclut Christian Beyer. L'art à l'hôpital La manifestation s'est déroulée en partenariat avec l'association ArtAile fondée il y a treize ans par Caroline Lesage. Cette dernière était présente lors de cette journée portes ouvertes. « L'association a été créée pour faire rentrer l'art à l'hôpital. J'ai personnellement une formation dans l'art. Ici, on parle de peinture. L'idée est de projeter des œuvres d'art sur les murs dans les unités Alzheimer pour faire rentrer la lumière. Nous intervenons également dans les accueils de jour et les Ehpad. Nous proposons aux personnes de découvrir les tableaux puis, immédiatement, de s'en inspirer en bossant dessus. Cela stimule leur mémoire. C'est un travail spontané, libérateur et reconstructeur. Nous avons également une classe de CM2 qui nous suit sur l'année scolaire pour tisser des liens avec les personnes hospitalisées. Notre présence ici ? Je connais Valérie Beyer. L'idée est de communiquer sur nos actions », explique Caroline Lesage.

Publié le 15/05/2016

Chaque 8 mai, les viticulteurs de Blienschwiller invitent des chefs à marier dans leur cour d’exploitation des mets à l’un de leurs vins. Les coulisses d’une formule qui fait marcher dans le village.

Le double rendez-vous des saveurs invite pour 13 h. Mais les premiers fans déambulent dans les rues de Blienschwiller à peine midi passé. Un peu plus tard, à l’ombre de l’avancée procurée par la Metzig, l’ancienne boucherie du village, Emeline, la secrétaire du syndicat d’initiative local, pointe les inscrits qui commencent à faire la queue. Quatre viticultrices assurent les arrières en remettant porte-verre, verre et fascicule comportant le « plan de route ». Chaque cour y est indiquée par une lettre attribuée de façon aléatoire afin que les participants partent dans les deux rues principales du village sans a priori. « Chacun commence où il veut » complète Jérôme Meyer, vigneron indépendant et président du syndicat d’initiative, organisateur de la manifestation. « La dispersion est rapide » commente sobrement André Kientz, situé aux premières loges, sa cave étant installée dans la Metzig. Comme les quatre premières, cette cinquième édition fait le plein. Les gens ont réservé sur le site www.blienschwiller-alsace.fr et ont payé en ligne afin de fluidifier les opérations à leur arrivée. « Le nombre de places est volontairement limité pour ne pas verser du gastronomique dans le traiteur. Nous offrons 350 places payantes parce que c’est le nombre d’habitants du village en temps normal » précise Jérôme. L’initiative de créer le double rendez-vous des saveurs est venue de Michèle Metz, épouse d’Hubert et viticultrice. Cette version courte du sentier gourmand est conçue comme une opération de promotion collective d’un village, de ses viticulteurs et de ses vins. Un cahier des charges fixe quelques règles communes comme proposer un fruit différent dans chaque cour aux enfants, une animation culturelle, telle une exposition de tableaux ou la prestation d’un caricaturiste. Ce cadre accorde assez de souplesse à chacun pour organiser comme il l’entend la réception des visiteurs avec par exemple une mini basse-cour au centre de la cour ou un livre d’or. Chaque viticulteur invite bien entendu le restaurateur de son choix. Certains tandems se reforment chaque année mais pour Jérôme Meyer, « l’idéal est de changer de partenaire à chaque édition ». Le plus souvent, le viticulteur choisit le vin qu’il veut mettre en avant et le restaurateur cale l’amuse-bouche qui se marie avec. Mais l’inverse ou un échange entre les deux acteurs sont également possibles. « Nous nous sommes vus deux fois et mis à table pendant près de deux heures avant de nous décider pour une volaille qui convient bien à notre muscat Belle amie 2015 » confie Peggy Kremer, du domaine du Racème. Pour éviter que les participants ne dégustent dix rieslings dans autant de cours, les viticulteurs mentionnent dans un tableau en ligne, dès qu’ils ont décidé, le vin qu’ils ont retenu, selon le principe « premier inscrit, premier servi ». La variété des cépages et des vinifications doit primer. Céline Metz a par exemple sélectionné un rosé de presse non macéré pour accompagner du porc laqué et sa choucroute. « Etre nombreux est une force » Le prix demandé au visiteur n’a d’autre ambition que de couvrir le coût des matières premières servies. Pour la première fois cette année, les viticulteurs sont indemnisés pour les bouteilles ouvertes. L’aspect commercial n’est pas prioritaire même si ici ou là, des bouteilles sont proposées en libre dégustation en cave. « Les retombées directes sont difficilement mesurables » reconnaît Jérôme Meyer. La formule entend plutôt enclencher un rapport gagnant-gagnant entre le viticulteur et le restaurateur, leurs deux clientèles pouvant s’additionner. L’essentiel est dans la manière de communiquer et l’impression qu’en garde le public. « Ici, je suis au contact de mes clients. Dans ma cuisine, ils ne me voient pas. Cela rajeunit notre image » évalue Didier Roeckel, du restaurant à La Couronne, à Scherwiller, occupé à cuisiner du canard et à adresser les visiteurs à Jean-Marie Straub qui les attend prêt à leur servir un pinot noir barriqué 2012. « Notre chance, c’est d’être nombreux. C’est une force. Les gens osent pousser la porte des caves et y rester » enchaîne-t-il. Au sein des petits groupes, on entend parler beaucoup français, pas mal allemand, voire russe ! Sébastien vient la quatrième fois pour « savourer cuisines et vins différents » et rompre avec « l’habitude de toujours fréquenter les mêmes tables ». Nicolas s’est laissé tenter il y a trois ans après avoir entendu une annonce à la radio. Il est là en famille et « apprécie l’association des mets et vins du terroir ». Sylvio est Autrichien. Il revient après une pause de trois ans avec deux amies néerlandaises. Ils sont quasiment certains de ne pas repartir le coffre vide. Denise et Katrin ont exprès fait la route depuis Stuttgart. Le 8 mai est leur seule escapade dans le vignoble alsacien de l’année. Comme pour la majorité des participants, il y a certes « les vins et les amuse-bouches » mais aussi, « l’architecture du village et la manière de le découvrir en s’y baladant de cour en cour ». Un impact total pour le double rendez-vous des saveurs !

Portes ouvertes au domaine Josmeyer à Wintzenheim

Biodynamique et forcément dynamique

Publié le 13/05/2016

Difficile d’échapper aux références artistiques, quand il est question de déguster les vins du domaine Josmeyer à Wintzenheim, avec Céline et Isabelle Meyer.

Pour leurs portes ouvertes, le 2 mai dernier, Isabelle et Céline Meyer ont placé leur dégustation sous le thème « Les ailes du désir », avec un caveau redécoré pour l’occasion. Et un thème presque récurrent dans les références artistiques choisies, celui du mouvement, de la dynamique et la beauté du geste, de l’envol, de la danse : le Boléro de Ravel, la victoire de Samothrace, le livre Une Confession de Maxime Gorki, des citations de Saint-Exupéry, ou encore la photo de Christopher Mac Candless embrassant l’immensité devant un océan d’oiseaux, dans le film Into the wild de Sean Penn. Avec, pour chaque œuvre artistique, une série de vins choisis, alternant entre tensions et détentes, jouant sur les perceptions sensori-motrices, censées stimuler les représentations émotionnelles. Mais chez Isabelle et Céline Meyer, le vin sert de support à l’œuvre artistique… « Nous ne saisissions pas d’abord le sens de la chose, puis nous en avons compris l’esprit », est-il écrit dans le programme proposé par les deux sœurs, reprenant les propos du musicologue Henri de Curzon, spectateur de la première représentation du Boléro de Ravel. C'était en 1928. Pour parfaire la présentation de leurs vins, Isabelle et Céline ont concocté des recettes très personnelles, totalement créatives, et des accords mets - vins selon une certaine harmonie anthroposophique basée sur les quatre éléments. Par exemple, un accord à la tonalité tellurique très apprécié entre un pinot gris Brand 2014 et une terrine de lapin, patate douce, carottes et pruneaux ; et un soupçon de caramel d’érable pour rappeler l’épopée dans l’immensité du grand nord de Christopher Mac Candless. Ou encore, un pinot gris Sélection de grains nobles 2010 avec un duo de nougats catalans pour accompagner un Boléro de Ravel dansé dans une posada espagnole, et raconté par Henri de Curzon.

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