Vigne

Publié le 13/06/2016

Depuis bientôt deux ans, les adhérents du Synvira ont la possibilité d’échanger quasi instantanément sur tous les thèmes qui les intéressent sur le forum interne alsace-du-vin.com créé par le syndicat.

À l’heure des connexions multiples et variées, plus question d’exercer son métier seul dans son coin ! Encore faut-il être relié à des personnes qui sont confrontées aux mêmes préoccupations. Ce contexte est le point de départ du forum lancé par le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) en septembre 2014. « Ce projet était inscrit dans le programme de Pierre Bernhard quand il a été élu à la présidence du syndicat. La remarque d’un adhérent à la suite d’une vente qu’il avait mis du temps à apprendre l’a hâté » indique Clémence Wagner, en charge de la communication au Synvira. « Nous avions l’habitude d’envoyer une lettre d’information hebdomadaire aux adhérents, mais c’est de l’information qui « descend ». Nous souhaitions aussi collecter des remontées de nos adhérents, sur des thèmes professionnels comme par exemple la hiérarchisation. Le forum permet cet échange » poursuit-elle. Chaque adhérent du syndicat est un participant en puissance. Chacun a en effet obtenu son code d’accès en même que le message l’informant du démarrage du forum et de la possibilité d’y créer son compte. Le nombre de catégories a augmenté en même temps que l’activité. Elles sont aujourd’hui au nombre de quinze. Elles se partagent entre le côté pratique du métier, comme un choix technique à la vigne ou en cave, les cours du vrac et les débats d’idées. En fin d’année, les questions administratives prennent le dessus. « Économie », « événements » et « communication » cumulent le plus de sujets et de messages. « Toute information est diffusée très rapidement pour une réactivité immédiate. La règle est de fournir aux membres en manque de temps un moyen de s’informer en quelques clics tout en essayant de faire réagir » juge Clémence Wagner. Cet aspect est encore renforcé depuis l’apparition début 2016 de l’application Tapatalk qui permet de rester connecté en permanence via son portable. Le site est prévu pour s’adapter à toutes les tailles d’écran. Toutefois l’écrasante majorité des connexions a toujours lieu via un ordinateur. Un vaste éventail de thèmes Alsace-du-vin.com tourne avec un noyau de fidèles et un animateur aux manettes, missionné par les responsables du syndicat pour mettre en ligne des sujets « percutants pouvant intéresser » les vignerons indépendants. L’homme est indispensable. Car « pour faire vivre le forum, il faut l’alimenter ». La règle est de poster régulièrement des sujets au rythme d’environ cinq par semaine, voire plus en période de vendanges. L’éventail des thèmes est vaste. Ils ont déjà porté sur le prix du foncier, le calcul du fermage, le financement participatif qui débarque dans le monde du vin, etc... Ils parlent de l’actualité immédiate d’un salon, de tendances culturales et œnologiques. Il arrive que l’analyse devienne plus personnelle, plus engagée. Elle va parfois jusqu’à reprendre en son nom et avec ses mots les confidences d’un professionnel qui n’a pas trop envie d’apparaître pour s’exprimer. À Saint-Hippolyte, Auguste Klein, 51 ans, du domaine Georges Klein, est un utilisateur de la première heure. C’est un assidu. Il a installé une alerte qui lui signale toute nouvelle contribution ou message. Auguste consulte le soir depuis son ordinateur. « Tout m’intéresse, les nouveautés comme les sujets abordés ou les commentaires » dit-il. « Les articles postés sont pertinents, parfois provocateurs. J’ai réagi plusieurs fois. Dommage que tous mes collègues n’en fassent pas autant. Cela m’étonne qu’il n’y en ait pas davantage qui s’expriment. Ils ont peut-être peur de prendre position, notamment sur des sujets économiques. Parmi les autres thèmes, je suis stupéfait du manque d’échanges sur l’œnotourisme. C’est un sujet dont tout le monde parle, et les questions sont rares. Ce n’est pas logique ». À Wolxheim, Lucie Gross, 31 ans, du domaine Joseph Gross, salue « une bonne idée » à laquelle elle a adhéré de suite. Comme beaucoup de ses collègues, elle a démarré son utilisation du forum en échangeant sur la situation créée par la drosophile aux vendanges 2014. Lucie avoue une fréquentation saisonnière du site une fois que la végétation pousse et lors de la récolte. « La viticulture est mon thème favori. Comme il faut sans cesse se remettre en cause en fonction des aléas climatiques, j’apprécie de disposer de témoignages, d’avoir plusieurs avis, de confronter mes choix avec ceux de mes collègues » dit-elle. La viticultrice s’est aussi servie du forum pour rechercher un entrepositaire en Grande-Bretagne. Aujourd’hui, la réputation d’Alsace-du-vin.com dépasse le seul cercle des adhérents du Synvira. L’inscription a été refusée à des non adhérents et à l’un ou l’autre négociant qui en avaient fait la demande car le forum est « avant tout un service, un moyen de communiquer entre le syndicat et ses 450 membres ».

Le 12 juin au Cref de Colmar

13e Rendez-vous des vignerons bios d'Alsace

Publié le 12/06/2016

La 13e édition du Rendez-vous des vignerons bios d'Alsace aura lieu dimanche 12 juin au Cref de Colmar. Entre dégustations libres, conférences et accords mets vins, cette manifestation se veut une journée de « découverte » d'une viticulture biologique de plus en plus plébiscitée par les consommateurs.

Pour sa 13e édition qui aura lieu le dimanche 12 juin, le rendez-vous des vignerons bios d'Alsace investit le Cref de Colmar, en lieu et place du château de la confrérie Saint-Étienne, à Kientzheim. Un choix motivé par l'organisation, le lendemain au Parc des expositions de la ville, de la nouvelle édition du salon Millésimes Alsace, piloté lui par le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). « On voulait se rapprocher de cet événement pour créer une certaine dynamique. On verra bien si ça fonctionne », explique Martine Becker, vice-présidente de l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (Opaba), et viticultrice bio à Zellenberg.  Si le lieu change, la philosophie reste la même : faire découvrir la qualité et la diversité des vins bios et biodynamiques alsaciens. Un moment « d'échange » dénué de toute ambition commerciale (on ne peut que déguster, pas acheter) destiné aussi bien au grand public qu'aux professionnels de la vigne. « C'est une possibilité pour des vignerons conventionnels de venir découvrir ce qui se fait pour éventuellement se convertir », souligne le directeur de l'Opaba, Joseph Weissbart. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à franchir le pas dans la région. À la fin 2015, on comptait 280 viticulteurs bios en Alsace contre une cinquantaine seulement en 2003. Un phénomène qui est parti pour durer à en juger les études récentes sur l'agriculture biologique en France. « Sur tout le territoire, on observe une augmentation constante des achats en vin bio », poursuit le directeur de l'Opaba. « C'est même devenu un facteur d'attractivité sur la route des vins d'Alsace », complète Martine Becker. Des accords mets vins « surprenants » Un atout de plus pour les organisateurs de cette manifestation qui espèrent attirer au moins autant de personnes que l'an passé (plus de 500 avaient fait le déplacement). Un objectif qui devrait être atteint au vu du programme de la journée. Outre les dégustations libres des vins (130 références réparties en six espaces distincts) encadrées par la quarantaine de producteurs présents, les visiteurs pourront assister à 11 h 30 à une conférence sur « Les splendeurs viniques de l'Alsace à travers les âges », animée par l'historien passionné de vins, Claude Muller. L'occasion de découvrir douze vieux millésimes bios grâce à l'atelier de dégustation qui aura lieu en même temps. À 14 h, le spécialiste en connaissance des terroirs et dégustations, Jacky Rigaux, animera une conférence sur les « Vins et la géo-sensorialité ». À 15 h 30, l'atelier « Mets et vins » plébiscité les dernières années sera reconduit. Il sera animé par le Meilleur sommelier de France 2006, Pascal Léonetti, avec, au menu : un muscat d'Alsace 3 Châteaux 2014 accompagné d'une tartelette à la cerise et à la cébette ; un riesling grand cru Altenberg de Bergbieten 2010 accompagné d'un tartare d'asperges, d'oignons rouges et d'herbes fraîches ; un pinot gris Blosenberg 2008 avec un sablé aux noix, un confit d'échalotes et un fromage frais ; un gewurztraminer grand cru Zinnkœpflé 2004 et un cupcake tex-mex ; un riesling grand cru Schlossberg Vendanges tardives 2005 et un moelleux aux amandes, citron et safran ; et un pinot gris Rimelsberg VT 2008 et une tartelette à l'abricot et à l'amande. Cet atelier étant limité à 100 personnes, il faut préalablement réserver auprès de l'Opaba, soit par e-mail, soit par téléphone. Enfin, le vigneron Jean-Pierre Frick animera à 17 h l'atelier « Pinots blancs, d'où viennent-ils ». « L'idée est de comparer ce cépage qui n'a pas toujours bonne presse avec d'autres vins blancs français. On pourra se rendre compte qu'il a plus de potentiel qu'on ne croit au regard de ce qui se fait sur le marché », détaille Martine Becker.

Rumeurs de reprises dans le vignoble

Opérations de désamorçage en cours

Publié le 10/06/2016

Ces derniers mois, les rumeurs de reprise de négoce et opérations de fusions vont bon train, obligeant les dirigeants d’entreprise vinicole à les désamorcer pour ne pas entraver le cours des affaires en amont et en aval de la filière. 

La toute dernière rumeur en date a concerné Bestheim qui reprendrait un négoce alsacien. Thierry Schoepfer, le directeur, dément formellement. « Nous y sommes régulièrement confrontés hélas ! » Et son président, Pierre-Olivier Baffrey, déplore : « Nous avons même dû appeler le propriétaire négociant en question, le prévenir que nous déplorions ces rumeurs. Et j’ai fait part de ma désapprobation dernièrement à propos de la Une d’un quotidien régional », ajoute le président de Bestheim. La Une en question faisait état, au conditionnel, d’un rapprochement entre la maison Arthur Metz et un autre négoce familial : « Le quotidien a lancé une page de couverture un peu rapidement, sans aucune certitude, et en plongeant les gens dans l’embarras », explique le directeur d’Arthur Metz, Serge Fleischer. Vignerons, propriétaires négociants, viticulteurs coopérateurs ou indépendants, ou apporteurs de raisin, goûtent très mal le fait d’apprendre par voie de presse que les entreprises vinicoles avec lesquelles ils travaillent, fournissent du raisin ou du vin en vrac, seraient reprises par un tiers : « Les entreprises ont des obligations commerciales. Quant à ce genre de tractations, elles se font dans un cadre juridique précis. Je trouve donc l’attitude d’informer sans certitude négligente, voire incorrecte », commente Serge Fleischer. Si la volonté d’informer avant l’heure n’est pas nouvelle, il reste que le vignoble d’Alsace est actuellement confronté à une difficulté majeure qui alimente ces rumeurs : les trois années successives de petite récolte ont raréfié les vins en vrac et ont fait bondir leurs cours, obligeant nombre d’opérateurs négociants à envisager de revoir leur modèle économique. Certains s’approvisionnent en vin de cépage rhénan en provenance d’autres régions, pour continuer d’être présent sur les marchés d’entrée de gamme. D'autres, à l’image de marque familiale fortement ancrée à l’Alsace et à ses vins font le dos rond en attendant une meilleure récolte. Et les rumeurs sont assez souvent alimentées de déductions à partir des prix pratiqués en linéaires de supermarché et les cours du vrac, qui laissent trop peu de place à des marges bénéficiaires.

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