Vigne

Publié le 05/11/2016

À Blienschwiller, le domaine du Racème partage ses ventes entre la bouteille, le vrac et les raisins. Serge Schwartz multiplie les salons pour jouer sur l’envie de découvrir des consommateurs et faire évoluer ces proportions au profit de la première.

Sur La porte du caveau du domaine du Racème deux macarons témoignent encore de l’époque de Charles Schwartz et de l’obtention d’une médaille d’or au concours de Mâcon en 1979 et d’une autre en bronze en 1981. Ils voisinent avec deux diplômes décernés en 2016 au muscat Belle amie 2015 et au sylvaner Jardin d’eden 2015 par le jury du concours « un vin presque parfait ». « J’ai présenté ces deux vins sur un coup de tête. Les deux ont été sélectionnés. Je ne m’y attendais pas » lance Serge Schwartz. Le viticulteur qui est actif sur l’exploitation depuis 1999 mais seul aux commandes du domaine depuis janvier 2015, ne dédaigne pas ce petit coup de pouce qui peut participer à son objectif de remonter le niveau de ses ventes en bouteilles. En 2000, le changement de comportement d’achats avait contribué à diviser les ventes historiques par près de cinq. « Je suis content quand j’entends la sonnette du caveau, mais pour vendre il faut sortir de chez soi » déclare Serge. Serge s’occupe de la conduite des vignes et de la vinification sans oublier d’être, comme il dit, « son propre commercial ». Il a inscrit dix-huit salons, associatifs ou marchés de Noël à son calendrier 2016, contre encore seulement sept il y a deux ans. Trois sont inédits pour lui. Il les a dénichés sur le web. Il se rend seul sur la majorité d’entre eux. Pour pouvoir faire patienter les amateurs en cas d’affluence, il emmène toujours un classeur avec les fiches techniques de ses vins et un chevalet qui présente l’offre du domaine comme le ferait un restaurateur affichant son menu à l’extérieur de son établissement. Peggy, son épouse, l’accompagne seulement sur deux événements. Salariée à l’extérieur à 90 % de son temps, elle rempile sur l’exploitation dès qu’elle peut. C’est elle qui lance les deux courriers annuels à la clientèle en mars et en août, qui enregistre les données laissées par les acheteurs et tient les statistiques précises de chaque déplacement. « Nous limitons les frais d’exposant. Aucun emplacement ne coûte plus de 110 € par jour » signale-t-elle. Serge s’est forgé ses expériences. « Il faut trois ans minimum avant de juger un salon. La première participation, ce n’est que de la prospection. La deuxième année, on peut espérer placer 250 à 300 cols grâce au rachat de ceux qui ont acheté une ou deux bouteilles pour goûter. La troisième année, il faut atteindre la rentabilité. Vendre entre 500 et 1 000 bouteilles, c’est bien ! Avec le temps, des particuliers commandent à réception du courrier. Ce sont toujours de 200 à 350 bouteilles réservées ». Des vins qui se marient avec les plats Bien qu’il en ait dans sa gamme « parce qu’il en faut », Serge « ne court pas après les vins sucrés ». Il s’essaie certes à des vins qui « sortent de l’ordinaire » comme un rosé vieilles vignes ou le muscat ottonel Belle Amie rentré à 14,3°, mais il privilégie surtout des produits « charpentés avec du fruit parce qu’ils doivent se marier avec un plat ». À l’instar de Peggy, qui aime comme lui passer du temps en cuisine, il joue à trouver celui de ses vins qui ira le mieux avec un plat qu’il découvre en dernière minute. « C’est un exercice auquel je me livre souvent. Je le propose aussi dans les zones où je me déplace aux particuliers qui veulent réaliser un accord mets-vins entre les plats de leur région et les Alsace. S’ils invitent de vingt à vingt-cinq personnes, c’est l’idéal. Il faut profiter du souhait que partagent une grande majorité de consommateurs de toujours avoir envie de découvrir ». En reprenant le flambeau de Charles, Serge a donné une nouvelle identité au domaine. Le nom latin « racemus » (inflorescence) l’a inspiré pour se démarquer. « Je ne suis pas le seul à m’appeler Schwartz dans le village. Je me suis aperçu que ce nouveau nom suscite de la curiosité. Cela déclenche l’échange » remarque-t-il. Depuis août, le domaine a ouvert son site internet afin de « communiquer au maximum ». Serge et Peggy révisent leurs tarifs chaque année en s’orientant sur les prix pratiqués par les autres metteurs en marché. Ils augmentent progressivement et en premier leurs prix qui ne sont pas dans la moyenne. Ils constatent qu’ils vendent le mieux les vins au tarif le plus élevé. Tous deux visent l’objectif de 80 % d’une récolte vendue en bouteille. Serge est conscient que ce processus demandera du temps. « Il nous faudra sans doute dix ans avant d’y être » glisse-t-il.

Publié le 04/11/2016

Depuis le 1er septembre, Christophe Botté a pris la succession de Bernard Schaal à la direction de la cave du Roi Dagobert, ce dernier ayant fait valoir ses droits à la retraite. Le nouveau directeur connaît bien la cave puisqu’il en a été le directeur adjoint de 2005 à 2008.

Avant de présenter le successeur, dressons le bilan de son prédécesseur. Issu du monde agricole, Bernard Schaal est arrivé à la cave du Roi Dagobert en 2003, avec pour mission de développer la vente de vin en bouteilles au sein d’une coopérative jusqu’alors axée sur la vente en vrac. Bernard Schaal prend alors son bâton de pèlerin pour faire la promotion des vins de la coopérative auprès de la grande distribution. En 2004, il est la cheville ouvrière d’une vaste opération de communication : dans 45 Super U d’Alsace a lieu en simultané une animation sur l’accord asperges et vins d’Alsace, animée par 45 viticulteurs adhérant à la cave. « Depuis, nous nous sommes pris au jeu et nous en faisons trois à quatre par an », indique Claude Jung, vice-président de la cave du Roi Dagobert et président de l’Union Alliance Alsace. À l’issue de sa 14e année passée à la direction de la cave du Roi Dagobert, il n’est donc pas exagéré de dire que Bernard Schaal a brillamment rempli la principale mission qui lui avait été confiée puisque les ventes en vrac et en bouteille sont rééquilibrées. Une évolution qui est passée par un travail mené avec les viticulteurs pour élaborer des vins de qualité, et par un travail sur l’image, quasiment inexistant jusqu’alors, et qui s’est notamment traduit par un renouvellement du packaging des vins de la cave. L’union fait la force - de vente Bernard Schaal a aussi été l’homme des investissements : dans un nouveau vendangeoir en 2006, dans un nouveau caveau en 2010, dans une nouvelle unité dédiée à l’élaboration des crémants : « Nous produisions 1,5 million de cols de crémant, désormais nous en produisons 2 millions. La nouvelle unité de production de crémant est donc déjà saturée. En effet, cet objectif, que nous nous étions fixé à cinq ans, nous l’avons atteint en un an et demi », commente Lionel Lécuyer, directeur de l’Union Alliance Alsace. Transition toute trouvée pour évoquer une autre facette de la carrière de Bernard Schaal : celle de rassembleur. En cherchant à développer la vente de vins en bouteilles, il s’aperçoit rapidement qu’il entre en concurrence avec des partenaires et clients, notamment la cave de Turckheim, qu’elle approvisionne en vrac. En 2006 débute une période de fiançailles entre les deux entités qui s’achève en 2012 par la création du GIE Union Alliance Alsace. L’objectif : « Vendre ensemble au lieu de nous concurrencer, profiter d’une force de frappe commune pour placer les bons vins aux bons endroits », résume Claude Jung. Le GIE consiste donc en une mise en commun de moyens, les deux coopératives restant indépendantes : les investissements sur chaque site sont financés par chaque coopérative. C’est l’outil de production qui est financé par l’Union, à raison de 5 M€ et 3 M€ injectés dernièrement respectivement à Traenheim et à Turckheim. Désormais, l’Union Alliance Alsace est le plus gros metteur en marché de vins d’Alsace à avoir le statut de récoltant, ce qui lui interdit d’acheter du raisin de l’extérieur pour combler un éventuel manque de volume. D’ailleurs, l’Union est labellisée AgriConfiance, les coopérateurs sont donc également engagés dans la démarche, ce qui est vérifié par des audits internes et externes. Développer les marques, conquérir Strasbourg Après avoir été le bras droit de Bernard Schaal et après un interlude jurassien de huit années, Christophe Botté (lire notre portrait en page 2) retrouve donc une cave du Roi Dagobert métamorphosée : « En huit ans, les équipes n’ont pas chômé. Je découvre une entité qui a changé de dimension, avec un nouveau caveau, une spécialisation des sites de production, grâce à des investissements significatifs de près de 15 M€. Ce que je retrouve, ce sont les valeurs humaines, tant au niveau des sociétaires que des salariés de la cave, où règne une véritable culture d’entreprise », commente Christophe Botté. Ce dernier inscrit ses orientations dans la continuité de celles de son prédécesseur : faire tourner les outils de production, que ce soit en crémant ou en vin tranquille, le caveau, travailler les marques qui sont « l’avenir de l’entreprise ». Et puis la cave du Roi Dagobert ambitionne de se saisir d’un « marché d’envergure qui nous tend les bras », c’est-à-dire celui de Strasbourg. Certes, l’Union Alliance Alsace y est déjà représentée puisque les vins de la cave du Roi Dagobert sont référencés à la Nouvelle Douane. Mais d’autres canaux sont envisageables et envisagés, comme l’ouverture d’un magasin.

Chez Henri Schoepfer-Muller à Wettolsheim

Dernière vendange avant Intervitis

Publié le 25/10/2016

La vendangeuse Hoffmann CH500 d’Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, effectuait sa dernière récolte 2016 samedi dernier, avant d’être expédiée à Stuttgart. L’innovation de Marcus Hoffmann, présentée en 2015, a reçu la médaille d’or du salon Intervitis.

Marcus Hoffmann et son père, Peter, de Piersport en Moselle allemande, ont conçu une machine capable de vendanger dans des pentes à 70 %, c’est-à-dire 70 cm de dénivelé pour 1 m de plat, grâce à un ensemble treuillé optionnel. La machine intéressait Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, qui l’avait essayée en 2015. Depuis, la machine a connu des évolutions notables. Henri Schoepfer-Muller l’a acquise sans l’option de treuillage et se montre particulièrement satisfait de son usage.     La tête de récolte de la CH500 est montée sur une chenillette Andreoli de 100 ch, qui peut admettre par ailleurs d’autres outils, tels que des appareils à traiter. Le développement a commencé avec Andreoli il y a cinq ans. Peter Hoffmann avait d’abord adapté une technique de récolte mécanique propre aux olives avec une tête de récolte sans fléaux secoueurs donc, mais un ensemble de roues étoilées vibrantes qui prennent le cep et le font vibrer dans le sens du plan de palissage. Puis il est revenu aux classiques bras secoueurs qui font vibrer le cep dans une direction perpendiculaire au plan de palissage. La maison Hoffmann avait d’abord jugé que le mode de battage longitudinal préserve mieux l’intégrité des baies et des grappes avant de revenir au battage classique à fléaux. Au total, l’ensemble pèse 4 tonnes, cependant le poids étant bien réparti grâce à de larges et longues chenilles, la pression au cm2 est réduite à celle des pieds d’un homme. Depuis, quatre machines tournent actuellement en Allemagne. L’équipement complet - à savoir le tracteur à chenilles, la tête de récolte, le treuil et la remorque adaptée pour gérer le treuillage de manière télécommandée, et le cuvon de déchargement - représente la coquette somme de plus de 200 000 €. Rappelons que les cahiers des charges des grands crus et lieux-dits n’admettent pas la vendange mécanique. Mais Henri Schoepfer insiste particulièrement sur l’usage à façon que permet sa vendangeuse, au gré des caprices météorologiques et phénologiques de la maturité de ce millésime 2016 qui s’est fait attendre.

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