Vigne

VertigVineux à Ostheim

400 entrées pour une première

Publié le 17/05/2017

Les petits salons se multiplient dans le vignoble. Parmi eux VertigVineux à Ostheim attirait 400 visiteurs à la rencontre d’une vingtaine de vignerons bios, particulièrement nouveaux sur la place des vins naturels.

Si la mention « naturel » apposée sur les vins n’a toujours rien d’officiel et autorise pour l’heure beaucoup d’exploitation marketing, les vignerons du salon VertigVineux, qui se réclament tous de la mouvance « nature » en fort développement actuellement, ont en commun le souci de vinifier les vins sans sulfites et aucun autre intrant œnologique ajoutés au cours de la vinification. Exception faite pour quelques vins de 2 g de sulfites à la mise en bouteille. Si pour l’heure, aucun cadre œnologique n’est fixé par l’Inao, le fait est que ces vins attirent une foule nouvelle d’amateurs que l’on ne rencontre pas dans les autres manifestations viniques. À l’origine du salon VertigVineux, Jean Baltenweck et Yannick Mignot, du domaine Clé de Sol à Ribeauvillé, et les bénévoles qui les ont aidés, avaient le souci de proposer un panel de vignerons des quatre coins de France, relativement discrets, issus de terroirs très souvent pentus où la mécanisation s’avère difficilement envisageable. Des vignerons qui avaient à cœur chacun de raconter leur parcours singulier, comme ce couple, formé de Thierry de Marne, ex-vigneron aubois, qui a rejoint Sandrine Courjan, initialement dans le prêt-à-porter, pour fonder dans le Minervois le domaine de Ventajou. Ou encore Romuald Valot, du domaine éponyme en Beaujolais, par ailleurs chef de culture à Chambolle Musigny, qui travaille ses vignes au treuil pour éviter le tassement. Vu le succès du salon et la grande satisfaction de ses organisateurs, VertigVineux est appelé à devenir un salon annuel.

Fête du vin d’Andlau

Des premiers crus très républicains

Publié le 16/05/2017

Déjà bien fournis en grands crus avec le Kastelberg, le Mœnchberg et le Wiebelsberg, les vignerons d’Andlau ambitionnent de faire reconnaître, avec toute la diplomatie républicaine qui s’impose, pas moins de six premiers crus.

Les vignerons andlauviens n’oublient pas que si le vignoble alsacien se gère localement, c’est à Paris, à l’Inao, dans l’arène vigneronne de toutes les appellations françaises, que se font reconnaître les terroirs. En clin d’œil peut-être aux élections présidentielles qui se déroulaient ce dimanche, ils ont fait procéder à l’élection du grand cru préféré des festoyeurs qui ont répondu en nombre à l’invitation de l’association Anim’Andlau pour assister à la fête du vin et des plaisirs gastronomiques. À la géologie très tourmentée par les failles et l’activité volcanique, le ban d’Andlau recèle un concentré de diversité rarement égalé : des argiles sur grès rose sur le Duttenberg en haut du Mœnchberg, des éboulis gréseux sur le Gesetz à l’est du Wiebelsberg, du granite à deux micas sur le Rebbuehl qui, dans sa version recuite et comprimée en cornéenne donne du schiste de Steige sur le Kastelberg, du schiste de Villé sur le Rebberg qui, enrichi en alluvion à l’embouchure de la vallée donne le Saint André. Et enfin, de l’argilo-calcaire sur le Brandhof. Une occasion rare de comprendre l’influence de la géologie des terroirs sur le goût du vin avec des vignerons qui assument leurs choix viticoles. L’inauguration a été l’occasion d’un passage de présidence entre Raphaël Wach et Yann Durrmann à la tête d’une équipe de jeunes vignerons très dynamiques : Oscar Wohleber, Matthieu Schlosser, Hervé Klein et Pierre Wach. Raphaël Wach a été particulièrement félicité pour ses huit années de présidence, par Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, le député Antoine Herth, Alfred Becker et le premier édile Fabien Bonnet. Lesquels n’ont pas manqué également de rendre hommage à Michel Durand, président d’Anim’Andlau, et à Christelle Kern, humoriste et artiste locale, principale cheville ouvrière du réputé festival Clair de nuit. Quant à Raphaël Wach, il a simplement glissé en cette veille d’élection quelques messages d’appel au devoir civique… et républicain.

Salon des vins d’Alsace de Molsheim

De l’activité malgré la pluie

Publié le 15/05/2017

Le 1er mai est toujours synonyme de foire aux vins à Molsheim. Le salon a encore assuré son rôle de lieu de rencontre entre vignerons et consommateurs. Une bonne occasion de faire l’état des lieux de la filière et de revendiquer la cause viticole.

Après le gel, la pluie. Décidément, les aléas climatiques ne lâchent pas les vignerons alsaciens. La 77e édition de la foire de Molsheim s’est ouverte sous un ciel maussade. Mais le salon des vins s’était mis à l’abri, au premier étage de l’Hôtel de la Monnaie. Cet événement a été l’occasion de se retrouver entre vignerons et passionnés, et d’exposer au public certaines réalités de la filière. « On a été rappelé à l’ordre par dame Nature », constate Jérôme Bauer dans son discours de bienvenue. Le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) estime que 3 000 hectares de vignes sont touchés. Soit 20 % du vignoble ! Pire, 1 500 ha seraient complètement « foutus ». « Il va falloir faire preuve de souplesse et de solidarité », lance Henri Kaes, président du syndicat viticole de Molsheim. Mais selon les deux responsables, cela ne suffira pas sur le long terme. Volumes complémentaires individuels contre gel et grêle Leur salut pourrait passer par les volumes complémentaires individuels (VCI). Cette mesure vise à compenser les baisses de productions grâce à des réserves constituées en amont. En effet, elle donne le droit au viticulteur de créer un stock quand la récolte est bonne. Ce surplus est alors utilisé pour compenser les années difficiles, lorsque des aléas climatiques viennent perturber la production, comme cette année. Problème, les VCI sont ouverts aux vins blancs tranquilles, mais pas aux crémants ! Les deux millésimes étant produits sur les mêmes surfaces, on craint un déséquilibre dangereux. « Si on adopte les VCI pour les blancs tranquilles, on risque de siphonner la production de crémant », prévient Frédéric Bach, directeur de l’AVA. Les responsables de l’association ne veulent pas voir leurs confrères délaisser les vins effervescents pour se concentrer sur les surplus de blancs tranquilles. Revendications syndicales L’heure est donc à la revendication. Promis pour 2016, le décret étendant les VCI aux mousseux est resté lettre morte. « Depuis janvier, plus rien, silence radio, regrette Frédéric Bach. Avec le gel de ces dernières semaines, le sujet est redevenu d’actualité. » Le directeur espère que la mesure sera finalement promulguée cette année. Mais attention à ne pas se réjouir trop vite. « Pour constituer des volumes complémentaires, encore faut-il que le climat nous laisse produire un bon millésime ! » Le point météo fini, les responsables ont poussé un ultime coup de gueule avant de passer aux réjouissances. « La simplification administrative, ça ne peut pas durer », commence Jérôme Bauer. Selon lui, cette politique pousse l’administration à déléguer toujours plus de tâches aux producteurs. D’où un accroissement de la charge de travail et une perte d’identité des viticulteurs. « On n’est plus des gens de la terre mais des gens du papier », lance le président. Preuve que de nombreux professionnels partagent son opinion, une ovation vient clore son intervention. L’œnotourisme à l’honneur Après ces sujets difficiles, les orateurs ont laissé place à Mathilde Fleith, reine des vins d’Alsace. Après le traditionnel couper de ruban, sa majesté a concédé être fan de riesling et s’est lancée à la découverte des 208 crus présentés ce lundi. Très vite, dans la salle agrémentée d’une exposition du club photo de Bischoffsheim, le public se presse autour des tables. Henri Kaes, le principal organisateur, s’attend à « voir pas mal de touristes qui viennent spécialement visiter le salon ». Car il s’agit bien d’un événement touristique avant tout. En témoigne la présence de Marie-Reine Fischer, première vice-présidente de l’Agence d’attractivité d’Alsace (entité chargée de la promotion de la région à l’étranger). Elle souligne l’importance des vins dans le rayonnement de notre territoire. Et pour preuve, une trentaine de passionnés allemands avait fait le déplacement. Membres d’une confrérie basée à Bingen am Rhein, près de Mayence, ils ont fait l’ouverture du salon. À leur tête, rien de moins qu’un ancien président de l’association des œnologues allemands. Tous les ans, son groupe explore une région viticole de l’hexagone. Cette année, c’est l’Alsace qui a remporté leurs faveurs. Dans un très bon français, l’expert explique retrouver des similitudes entre les vins alsaciens et ceux d’outre-Rhin. D’après Henri Kaes, le salon est avant tout un moment convivial entre producteurs et passionnés. « Les gens viennent apprécier des vins, pas forcément dans l’optique de les acheter. » Une dégustation sans obligation d’achat qui a fait mouche en ce 1er mai. Près de 750 visiteurs ont défilé à la Monnaie. Une affluence en hausse, malgré le temps !

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