Vigne

Publié le 20/05/2017

Jeudi 4 mai, à l’École de Management de Strasbourg, des experts ont partagé leurs recherches sur le thème du vin et du numérique. Leur propos ? L’avenir de l’industrie vinicole passera par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

« En 2025, la France ne sera plus sur le podium mondial de production et de consommation de vins, » commence Nadia Lelandais. Le constat de cette experte en stratégie est glaçant. Il lance en tout cas les débats, ce jeudi 4 mai, l’École de Management de Strasbourg (EM). Des spécialistes de la commercialisation des vins français s’étaient réunis pour réfléchir aux solutions qui nous éviteront le naufrage. D’après eux, l’industrie vinicole doit se tourner vers de nouvelles techniques de marketing et de vente. Il y va de sa survie ! Un contexte global en mouvement L’économie viticole française est en train de couler. La consommation domestique est en chute libre et les nouveaux marchés seront difficiles à séduire. C’est ce qui ressort d’une étude dirigée par Nadia Lelandais, intervenante professionnelle à l’EM. « En 30 ans, la consommation annuelle de vin des Français est passée de 80 à 30 litres par personne. » En parallèle, de nouveaux marchés émergent de par le monde. Selon la spécialiste, « d’ici dix ans, on comptera 90 millions de consommateurs réguliers aux États-Unis, sans compter la Chine qui progresse très vite ! » Dès lors, comment séduire ces publics porteurs ? Ultra-connectés, ils consomment moins mais exigent de la qualité et plus d’information sur les produits qu’ils achètent. Arnaud Tarry, fondateur d’une start-up de vente de vins en ligne, détaille les nouveaux usages. « Aujourd’hui on observe une tendance forte vers les circuits courts, la vente en ligne et sur smartphone, ainsi qu’une diminution des intermédiaires (la fameuse ubérisation des services). » Si l’industrie du vin veut sauver sa peau, elle doit s’adapter aux pratiques du XXIe siècle. Des initiatives… peu nombreuses Arnaud Tarry l’a bien compris. Wine Cluster, son tout nouveau site web, propose de mettre en relation le consommateur directement avec le vigneron. Afin d’éliminer des intermédiaires et de créer une relation plus authentique, de proximité. On vous l’a dit, l’ubérisation est en marche ! Toujours dans le domaine de l’authenticité, le site sommelierparticulier.com va plus loin. Mathieu Lasne-Villoing, son cofondateur, se présente au public de l’amphithéâtre. « On propose à nos clients des conseils téléphoniques personnalisés de la part de sommeliers reconnus. » Puisque la dégustation de vins en ligne n’existe pas encore, autant se faire conseiller par des pro. Comme au restaurant en somme. Pourtant, ces initiatives sont trop peu nombreuses. Selon le patron de Wine Cluster, il y aurait « seulement 70 projets innovants en France ». Ridicule, comparé aux milliers de start-up dédiées à la gastronomie et aux sorties qui voient le jour tous les ans. Autre comparaison non moins alarmante, les sommes investies. « Ici, personne ne se lance dans des innovations car la marge sur les vins est faible, explique Mathieu Lasne-Villoing. Aux États-Unis, un projet de plateforme de vente en ligne vient de recueillir près de 80 millions d’euros ! » Et c’est bien là que le bât blesse. La France se fait distancer par des concurrents plus réactifs. Il va falloir écoper, et vite ! Trois ans pour réagir Arnaud Tarry donne trois ans à l’industrie vinicole pour se mettre à niveau. Passé ce délai, il sera trop tard… « Les pays qui investissent massivement dans les nouvelles techniques de communication et de vente vont mettre en place des plateformes où se concentreront les marchés émergents, anticipe-t-il. Ne comptez pas sur eux pour vous inviter à participer. » Éviter que se créent des monopoles du commerce en ligne. Ne pas devenir inaudible et surtout invisible. Voila les vrais défis qui se posent aux professionnels du vin. Un retard insurmontable ? Pas selon Nadia Lelandais. Pour elle, la solution passera par la mutualisation des moyens. « Il faut se réunir et réfléchir ensemble à des projets innovants, afin de créer un écosystème favorable aux inventions », argumente-t-elle. Producteurs, chercheurs, institutions, fournisseurs… L’ensemble des maillons de la chaîne doit travailler main dans la main. Et à ce sujet, il y a des raisons d’être optimiste. « La filière est déjà organisée collectivement, via les associations de viticulteurs et les interprofessions », relève cette fine connaisseuse du monde des vins. Un atout capital, à condition d’être disposé à mettre des sous sur la table. Pour Arnaud Tarry, l’équation est simple. « Aujourd’hui il faut investir quelques dizaines de milliers d’euros, l’an prochain ce sera plusieurs centaines de milliers et dans deux ans, des millions. Passé 2020, ça ne servira plus à rien de s’affoler car notre retard sera devenu irrattrapable. » Alors, investir ou mourir ? Il va falloir se décider rapidement. Le compte à rebours a commencé…

Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira)

Des fêtes œnotouristiques pour valoriser l’image

Publié le 19/05/2017

La dégradation des ventes en vin d’Alsace s’accélère, et le vignoble peine, malgré ses disponibilités en vin, à retrouver les marchés. Le Synvira préconise de hiérarchiser l’offre. Et il poursuit ses efforts œnotouristiques avec les événements du printemps que sont le Pique-nique du vigneron et l’Apéro gourmand.

C’est à l’hôtel Sofitel de Strasbourg « où beaucoup de vignerons indépendants sont mis en avant » que le président du Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, a souhaité faire un point d’actualité syndicale et annoncer les opérations œnotouristiques à venir, que sont l’Apéro gourmand, le Pique-nique du Vigneron Indépendant. « Sur nos parcelles touchées - pour l’instant les contre-bourgeons n’ont pas redémarré -, il faut encore attendre les chaleurs pour voir si ça repousse, a introduit Pierre Bernhard. Et cela fait deux années de suite que nous avons des dégâts de boarmie. » Une situation qui fait augmenter le coût de la bouteille au vu de l’importance des charges fixes. « Ce qui est clair, c’est que beaucoup de domaines sont en difficultés suite à ces problèmes climatiques récurrents. Il risque d’y avoir des regroupements pour faire face à des situations de trésorerie difficiles. On a des phénomènes climatiques qu’on n’avait pas il y a 15 ans : sécheresses, grêles, gelées, vents, tempêtes. Tel que c’est parti aujourd’hui, avec des récoltes qui font le yo-yo, la situation devient compliquée. » 18 doléances Les vignerons craignent de se « retrouver dans la situation délicate que vivent d’autres filières de l’agriculture ». Ils viennent d’adresser aux pouvoirs publics un cahier de 18 doléances notamment sur le poids des réglementations et les successions, « pour permettre de pérenniser les domaines ». Et ils attendent toujours de l’Europe qu’ils puissent expédier librement du vin aux particuliers, sans démarches administratives douanières qui découragent tout commerce. Et ils souhaiteraient aussi ne pas être freinés dans leurs projets œnotouristiques, actuellement plafonnés à 50 000 € ou 30 % des bénéfices agricoles. Mais le Synvira dispose de forces vives en réserve, et notamment son groupe des Jeunes - une cinquantaine sur un potentiel de 90 -, « courageux, qui veulent avancer, et qui croient au succès des vins d’Alsace. Prenons garde de ne pas les écœurer ! », s’exclame Pierre Bernhard. Filière des vins d’Alsace : - 11 % de chiffre d’affaires Quand on regarde les chiffres du vignoble alsacien au 15 mai (- 7,1 % sur 12 mois, avec des disponibilités en progression de 12 %), « les baisses significatives de ventes affectent moins les vignerons indépendants », précise Pierre Bernhard. Mais plutôt certains gros marchés d’entrée de gammes, « confrontés à la concurrence des pays limitrophes qui ont des coûts de production moindre », analyse le Synvira. Explication : « J’ai vu à Prowein des pinots blancs en flûte rhénane, étiquetés pinot blanc en français. Nous ne sommes pas capables de vendre ces vins à 2,50 € la bouteille. » Clairement, la mise d’origine en flûte et la mention du cépage ne sont plus des éléments identitaires du vin d’Alsace. « Les derniers chiffres montrent que la filière des vins d’Alsace a perdu 11 % de chiffre d’affaires sur un an (NDLR : évalué en 2015 à 540 millions d’euros). Il semble que les vignerons indépendants sont moins affectés, car ils se situent sur des micromarchés. » Pour sortir de l’ornière, les Vignerons Indépendants comptent bien justifier leurs efforts de qualité et valoriser leurs vins avec la « hiérarchisation », c’est-à-dire l’obtention d’une reconnaissance des vins de terroirs, notamment en premier cru. « La notion de premier cru est déjà bien connue même à l’export, c’est très clair pour l’acheteur, ça va nous aider à mieux positionner nos vins, explique Pierre Bernhard. À la foire aux vins, nous faisons goûter les vins par terroir, ce qui attise la curiosité des consommateurs. » Premiers crus : éviter le cas Vallée noble Une première étape a été franchie avec le vote en assemblée générale de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). « Le schéma nous convient, mais des ajustements restent à faire, sur la strate communale et futur premier cru. Nous souhaitons que la différence du terroir soit reconnue et que ça ne dépende pas de divers critères de recevabilité, tels que le nombre minimal de vignerons, la surface minimale, le type de cépage autorisé sur le lieu, etc. La commission d’enquête a compris notre démarche », explique Bernard Jantet, directeur du Synvira. « On ne souhaiterait pas que des lieux-dits connaissent la même destinée que l’appellation communale Vallée noble (2004) : finalement aujourd’hui il n’y a pratiquement plus de maisons qui la revendiquent, parce que les critères définis sont trop restrictifs. » Il sera également important aux yeux des Vignerons Indépendants d’adapter « la communication à la strate et par rapport aux terroirs ». En attendant, le Synvira poursuit son activité en soutenant les opérations œnotouristiques que sont l’Apéro gourmand le 26 mai prochain, et le Pique-nique du Vigneron Indépendant, les 3, 4 et 5 juin, au même moment que le slowUp de la route des vins, de quoi passer un superbe week-end œnotouristique en Alsace.

Publié le 19/05/2017

La 3e édition d’Auto Rétro Vino se tiendra le 21 mai sur la place d’Ingersheim. La manifestation qui allie les belles carrosseries au vin d’Alsace prend son envol et s’inscrit durablement dans le paysage des belles manifestations viniques alsaciennes.

Le petit groupe d’étudiants du lycée d’Erstein désormais émancipé, à l’origine d’Auto Rétro Vino, propose la 3e édition de cet événement autour du vin d’Alsace et des voitures anciennes. Auto Rétro Vino devient itinérant et se tiendra le dimanche 21 mai sur la place d’Ingersheim, avec le soutien de vignerons. Tandis que la cave Jean Geiler ouvrira pour l’occasion son musée. Pas moins de 150 automobiles sont attendues, des Jaguar, Bugatti, Peugeot, un tacot, 2 cv, des 4 L, des Cox et Combi, Bentley, Rolls-Royce, Ford A… De quoi allier les courbes des belles carrosseries à celles du vin. Et ce d’autant que les étudiants réunis autour d’Adrien Faber ont prévu une journée particulièrement bien fournie en animations autour du vin et des voitures anciennes pour garantir une ambiance des plus distinguées. Au programme de 9 h 30 à 18 h : l’exposition des voitures anciennes, dégustations et visites guidées du Letzenberg et du Florimont, une balade en bus ancien, les expositions d’artistes dont les œuvres de Laurent Bessot et ses peintures au vin rouge, les photos aériennes de Tristan Vuano, des jeux, une tombola avec les étudiants de BTS et du CFA de Rouffach, des démonstrations de la tonnellerie Berger, sur les stands, des cours de mécanique, expositions et échanges de voitures miniatures, et toute la journée, buvette et restauration sur la place d’Ingersheim. Et du shooting photo pour voitures anciennes. Objectif pour Adrien Faber, le coordinateur, et son équipe : 2 000 visiteurs.

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