Vigne

Publié le 23/05/2017

La traditionnelle badische Weinmesse à Offenbourg a réuni une centaine d’exposants et attiré près de 5 000 visiteurs. Un salon des vins badois très prisé des amateurs de cette région.

Malgré une météo pluvieuse et fraîche, les visiteurs sont venus nombreux à Offenbourg pour la badische Weinmesse, les 6 et 7 mai. Cette édition 2017 a réuni une centaine d’exposants au Baden Arena. 1 000 vins et spiritueux ont été offerts à la dégustation Un piano demi-queue jaune et son pianiste ont accueilli les visiteurs dans un des espaces de ce salon des vins badois, une entrée pour le moins originale et raffinée qui a donné le ton de ces rencontres viniques. C’est le millésime 2016, qui a été proposé en majorité à la découverte par les exposants, en particulier les spécialités de l’Ortenau, le Klingelberger et le Spätburgender, des rieslings. « On n’attend pas pour le mettre en vente, souligne Cecilia Schwörer, pour garder la fraîcheur du millésime. » Une différence avec les vins d’Alsace. Le millésime est d’ailleurs « plutôt réussi, sec, un peu moins concentré que le 2015 », mais déjà prometteur, comme le fait remarquer Rainer, un des vignerons du petit domaine familial de 4 hectares, Weingut Börsig à Oberkirch. Présent pour la seconde fois sur cette foire, il insiste sur l’opportunité, pour eux, de pouvoir toucher un aussi grand nombre d’amateurs, et de figurer au côté de « domaines plus importants ». La plupart des exposants viennent de la région, espérant séduire « une nouvelle clientèle de proximité ». Plusieurs coopératives étaient également de la partie, comme la Weinmanufaktur de Gengenbach qui compte quelque 500 membres et qui a mis en avant ses différents terroirs. Une présence nécessaire pour assurer « la visibilité de la coopérative ». Rosés de Provence et eaux-de-vie Chaque année, le salon des vins badois invite une autre région viticole : pour l’édition 2017, c’était la Provence avec sept domaines présents. « C’est un peu difficile d’attirer cette clientèle » venue principalement pour découvrir les domaines de sa région, souligne la viticultrice du domaine des Favards. Les retombées ne seront sans doute pas au rendez-vous, « ils nous auront oubliés même s’ils viennent en vacances dans le Sud », ajoute un autre vigneron. Les amateurs ont pu comparer les vins de Provence avec celui de la région, le Badisch Rotgold, un rosé couleur sombre, vinifié avec du pinot noir et pinot gris. Outre la découverte des Vacqueyras, Plan de Dieu ou Gigondas, les visiteurs ont aussi apprécié le clin d’œil « ambiance sud », avec chaise longue et parasol… Pour la première fois, le salon des vins badois était organisé parallèlement au Baden Spirits, où un large espace était consacré aux eaux-de-vie et spiritueux, agrémentés de nombreuses nouveautés. Les distillateurs allemands ont proposé notamment leurs gammes de gin et de whiskies, une tendance également notoire en Alsace. À côté des classiques eaux-de-vie de prune, de pomme ou de framboise, issues des vergers locaux, les amateurs se sont laissés séduire par des saveurs plus originales, comme cette eau-de-vie de kaki ou de kiwi. Le public a également pu profiter de conférences, de spécialités italiennes ou typiquement badoises, et des espaces assis permettant de deviser, de comparer ses impressions, ou de faire ses choix sur le catalogue. Chaque stand a visiblement soigné sa décoration, pour valoriser ses vins dans une mise en scène recherchée, induisant l’idée de la noblesse du produit, donnant un relief de luxe à l’ensemble de ce salon, et participant au succès de cette édition.

Bienvenue à la ferme chez Bernard Becht à Dorlisheim

Des vins précis et soignés pour le bonheur des visiteurs

Publié le 22/05/2017

Idéalement situé à l’entrée de Dorlisheim, le domaine Bernard Becht ouvrait ses portes dimanche dernier dans le cadre des opérations du réseau Bienvenue à la ferme.

Bernard Becht, retraité actif et très dynamique, avec sa fille Nathalie, son œnologue Igor Monge, et avec Michel Kraus qui vient de rejoindre l’équipe pour la partie viticulture, ont accueilli quelques centaines de visiteurs dominicaux. L’occasion de découvrir une gamme de vins au style rationnel et précis, avec « la typicité de cépage », à laquelle se montrent attachés les auteurs. Le tout se traduisant en deux gammes « authentique » et « exception », d’un côté des vins plutôt secs, sur le fruité du cépage, et de l’autre, des vins plus complexes, avec parfois plus de maturité et donc de sucres résiduels, tirés des terroirs Husarain, Finkenberg, ou le prolongement du coteau du Stierkopf. Œnologue formé à Changins en Suisse, qui a rejoint la famille il y a quatre ans, Igor Monge apprécie de ne pas trop bousculer les vins et préfère des filtrations douces sur plaque. Le domaine Bernard Becht propose pas moins de quatre crémants, rosé, chardonnay, blanc de noir et classique, aux styles particulièrement précis, et appréciés notamment en Belgique. Le domaine propose bon an mal an 40 000 bouteilles de vins d’Alsace. Elles sont écoulées en grande partie en vente directe sur une douzaine de salons dans l’hexagone. Estampillé Vigneron Indépendant, c’est néanmoins dans le cadre du réseau Bienvenue à la ferme qu’étaient proposées ces portes ouvertes avec pas mal d’animations : des promenades en calèche, de la restauration et sans oublier bien sûr la dégustation des vins du domaine. Tout le matériel viticole, récuré, rutilant et aligné dans la partie « vigne » donnait au domaine une fière allure de concessionnaire de machine viticole, avec Michel Kraus pour expliquer chaque usage.

Conférence « Les enjeux des médias sociaux »

« Les particuliers sont les nouveaux prescripteurs »

Publié le 21/05/2017

Clarifier la place du numérique dans le monde du vin, voici l’ambition de la conférence organisée le 10 mai à la confrérie Saint Étienne par le fabricant de bouteille en verre, Verallia et Ampélys, marque dédiée à la viticulture de la CAC. Les pratiques d’achat liées au vin sont en train d’évoluer. Arnaud Daphy, associé d’une agence de conseil en marketing du vin, expose ce que cela implique pour les vignerons.

« En 2016, 34 % des Français ont déjà acheté du vin sur internet, alors qu’ils n’étaient que 10 % il y a six ans ». C’est le constat dressé par Arnaud Daphy, de l’agence Sowine, d’après les études menées par cette dernière. « Ces achats se portent surtout sur des vins de moyenne et haute gamme. Pour 44 %, il s’agit de bouteilles vendues entre 11 et 20 euros. Ce qui est encourageant. Mais il est surprenant de constater que ces achats se font principalement sur les sites des producteurs (50 %), puis à 36 % sur des sites de vente privée, ensuite sur les sites des cavistes (32 %) et, enfin, sur les sites de la grande distribution (30 %) », énonce-t-il. « 49 % des acheteurs déclarent consulter le site internet du producteur de vin. C’est une bonne nouvelle si vous avez un bon site ! Je n’ai pas fait d’étude en Alsace, mais j’en ai réalisé une à la demande de l’interprofession des vins de Loire sur les sites des vignerons labellisés « Vignoble et découverte ». Il reste beaucoup de travail à faire les concernant. » 30 % des Français ont déjà acheté un vin conseillé par un blog Malgré la place grandissante du numérique dans l’acte d’achat de vin, l’entourage reste le premier conseil des Français (52 %). Il est suivi des cavistes et sommeliers (42 %) et d’internet (19 %). « Internet est donc devant la presse, qu’elle soit spécialisée ou généraliste », souligne-t-il. Un Français sur cinq lit des blogs liés au vin et y accorde du crédit. 30 % ont déjà acheté un vin ou un champagne recommandé par ce type de média. « Avant, les prescripteurs étaient quelques journalistes spécialisés et les guides. Désormais, les particuliers deviennent les nouveaux prescripteurs. Comme pour le cinéma, les critiques sont des spécialistes pointus, payés à regarder plusieurs films par jour, leurs goûts ne sont pas forcément ceux du grand public », compare Arnaud Daphy. La recherche d’avis et de conseils n’est pas une chose nouvelle : « L’achat d’une bouteille de vin est anxiogène, car c’est un objet social. 65 % des Français pensent qu’il faut avoir des connaissances pour acheter du vin, 85 % qu’il faut s’informer ». Les consommateurs vont chercher ces informations à travers l’avis d’autres consommateurs. Dans ce cadre-là, l’image du domaine viticole sur internet devient primordiale. « Lors d’une recherche sur Google, la première chose que l’internaute voit est votre « note ». Elle est récupérée par le moteur de recherche à partir d’autres sites. » Or le viticulteur ne peut pas laisser les seuls internautes s’emparer de son renom : « Si vous faites l’objet de commentaires négatifs, il faut toujours accuser réception et répondre de manière argumentée, cordiale, voire avec humour ». Le commerce électronique représentait 20 milliards d’euros en 2010. Il représente 70 milliards en 2016. En parallèle, le panier moyen a augmenté de 800 à 1 750 € par an. « Pourtant, il est souvent difficile de trouver la boutique en ligne sur les sites des producteurs. Regardons ce qui se fait ailleurs ». Arnaud Daphy présente le site internet d’un grand producteur de vin aux États-Unis. Il dispose d’un lien direct vers Amazon Wine. Il existe plus de 350 sites d’achat en ligne sur lesquels le domaine peut s’adosser. « Les viticulteurs américains proposent aussi des wine clubs : ils invitent les clients à souscrire un abonnement pour la livraison de six bouteilles tous les trois mois ». Penser son identité visuelle en fonction du digital Pour finir, Arnaud Daphy distille dix conseils qu’il suggère de mettre en place dès le lendemain : « Il est nécessaire de penser son identité visuelle pour le digital, c’est-à-dire, en carré (forme utilisée par les réseaux sociaux) et visible même en petite taille. Il faut être accessible à travers les informations que vous indiquez sur votre site en précisant ce que vous proposez : horaires d’ouverture, dégustation gratuite ou non… Répondre aux e-mails : ce conseil paraît évident, mais c’est incontournable. » Être référencé sur Google Business permet de rendre visibles les informations liées au domaine dans l’encart à droite lors d’une recherche sur Google. Il suggère également de traduire son site, au moins en anglais. Surveiller ce que l’on dit de son domaine sur internet est possible en créant une alerte Google (avec son nom de domaine entre guillemets). Enfin, pour ce qui est du contenu disponible sur son site : « Il est bon de parler des autres : viticulteurs, restaurateurs, lieux culturels. Cela peut paraître contre-productif. Or, rendre service comme le ferait un office du tourisme revêt un aspect sympathique et c’est utile pour un meilleur référencement du site par les moteurs de recherche ».

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