Vigne

Pique-nique entre vignerons chez Sylvie Spielmann

L’œnothèque : la base pour comprendre un terroir

Publié le 12/07/2017

C’est chez Sylvie Spielmann à Bergheim que se tenait cette année le pique-nique du Synvira. Une vigneronne qui a conservé quelque 15 000 bouteilles pour son œnothèque personnelle.

Cela fait quatre ans que le Synvira, sous la présidence de Pierre Bernhard, organise son pique-nique entre vignerons chez un vigneron qui fait découvrir son exploitation. Une façon de ressouder les liens entre vignerons, d’accueillir les nouveaux venus ; et ils sont 70 cette année à avoir répondu présent. C’est Sylvie Spielmann qui accueillait l’événement. Elle et son compagnon, le vigneron bourguignon Jean-Claude Rateau, ne ménagent pas leurs efforts pour valoriser les terroirs locaux. Le syndicat viticole de Bergheim dispose de deux grands crus, l’Altenberg et le Kanzlerberg, et compte revendiquer pas moins de 11 premiers crus. La soirée a commencé par une petite visite du vignoble autour du Kanzlerberg, terroir gypseux où la famille Spielmann exploitait d’ailleurs une carrière pour en extraire ce matériau de base au stuc rhénan, entre autres. Puis visite de la cave où, là, les convives ont été particulièrement surpris de découvrir l’œnothèque que la vigneronne s’est confectionnée en 32 millésimes vinifiés : un véritable outil pour comprendre chaque terroir.

Les 21, 22 et 23 juillet à Ribeauvillé

On fête le vin et la gastronomie

Publié le 12/07/2017

La 89e édition de la fête du vin de Ribeauvillé, associée pour la dixième année consécutive, avec la gastronomie, proposera pas moins de 255 vins à la dégustation.

La plus ancienne fête du vin d’Alsace célèbre également les dix ans de l’association entre la fête du vin et de la gastronomie. Dix années déjà que les vignerons, distillateurs, restaurateurs, pâtissiers et fromagers de Ribeauvillé et des alentours se sont associés pour faire naître des accords mets et vins. 255 vins AOC, Grands Crus et Crémants d’Alsace seront proposés à la dégustation dans la salle du Parc, principalement issus du millésime 2016. 23 vignerons, un distillateur, huit restaurateurs, deux pâtissiers et un fromager feront vivre aux visiteurs trois jours durant une expérience gourmande atypique, dans un cadre festif et convivial. Serge Dubs, le bien connu chef sommelier de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, animera une dégustation commentée sur le Riesling, un cépage de prédilection des Grands Crus de Ribeauvillé et de ses environs. Une formule qui plaît À noter également que de nombreuses animations sont également prévues pendant ces trois journées. Des soirées musicales avec des orchestres folkloriques, une fête foraine, sans oublier les « Cook Show » en présence de Daniel Zenner (chroniqueur gastronomique), Joseph Leiser (auberge Au Zahnacker), Jacky Danner (restaurant La Bacchante) et Philippe Traber (maison distillerie Metté). « Nous proposons un programme diversifié qui attire toujours davantage de monde. Il y a dix ans, cette foire et cette fête de la gastronomie se déroulaient à la salle de la mairie. C’était une foire aux vins classique, touristique essentiellement. Depuis, des vignerons ont œuvré pour promouvoir leurs produits. Nous proposons désormais une formule qui plaît », se félicite Francis Fischer, président du syndicat viticole de Ribeauvillé qui organise la manifestation. L’inauguration de la manifestation se déroulera le vendredi 21 juillet à 17 h en présence d’André Reichardt, président de l’agence de l’attractivité de l’Alsace. Des contacts positifs L’année passée, le syndicat viticole de Ribeauvillé avait enregistré la participation de 1 200 personnes aux dégustations. « C’est d’autant plus intéressant que ces dégustations, ce n’est pas simplement boire du vin. Il y a un dialogue avec les vignerons. Ces derniers parlent de leurs vins, de leur métier. Ils ne sont pas seulement là pour servir. Ce dialogue permet de nouer des relations. Deux tiers des gens qui viennent déguster découvrent les produits. Ce sont des amateurs intéressés. On constate dans les semaines et les mois suivants qu’ils sont nombreux à reprendre contact avec les viticulteurs pour leur acheter du vin, et passer des commandes. C’est aussi cela l’intérêt de cette manifestation qui reste un lieu de promotion, de qualité, de convivialité », observe Nicole Bott du syndicat viticole de Ribeauvillé et membre du bureau du Civa.

1er congrès de la viticulture française

Au nom des vignerons français

Publié le 12/07/2017

Le symbole était fort : Bordeaux, capitale mondiale du vin accueillait le 6 juillet dernier le premier congrès unitaire de la viticulture française.

Ils étaient tous là : représentants des Coopératives (CCVF), des Vignerons indépendants (VIF), des AOC (Cnaoc) et des IGP (Vin IGP). Et le moment était choisi alors que le cycle électoral se termine en France et que l’Union Européenne aborde une période de négociation importante avec le Brexit et la réforme de la Pac. Stéphane Héraud, président de l’Association générale de la production viticole (AGPV) a porté un message unitaire, « au nom des vignerons français ». En présence du commissaire Phil Hogan, les préoccupations se sont concentrées sur les enjeux européens. La filière viticole tient à conserver une OCM Vin, avec un système de régulation des plantations alors que le dispositif d’autorisation a été arraché de haute lutte lors de la dernière réforme. En Italie, sans la limitation à 1 %, le pays aurait vu son potentiel viticole augmenter de 10 % l’an passé, de quoi déstabiliser sérieusement le marché. La filière souhaite également conserver des aides aux investissements structurantes pour la filière et ne veut pas entendre parler d’aides à l’hectare. L’Europe doit néanmoins assurer un cadre juridique stable pour les opérateurs et simplifier la mise en œuvre de ces aides, jugée trop contraignante, pour être plus efficientes, estime Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Phil Hogan s’est dit favorable à un dispositif qui a fait ses preuves. Depuis 2008, les exportations européennes progressent de 10 milliards d’euros par an. La viticulture apporte un excédent commercial à l’Union et assure 3 millions d’emplois directs « dans des zones rurales où les emplois de qualité sont rares ». Sur le montant du budget global, le Commissaire ne s’est pas engagé à la place des États : « si nous voulons garder la même enveloppe budgétaire, soit le Brexit n’aura pas lieu, soit les États membres devront contribuer plus… » Les producteurs français revendiquent également le maintien de la réglementation spécifique des IGP vins qui garantit l’origine à 100 % des raisins alors que la réglementation horizontale des IGP permet d’intégrer une part de matière première venant de l’extérieur de la zone. La réglementation étiquetage doit être maintenue pour « garantir l’origine des produits au consommateur », estime Michel Servage, président de Vin IGP. Toutefois, l’inquiétude est palpable sur la fin de l’exemption possible de la liste d’ingrédients à faire figurer sur l’étiquette. Cette nouvelle obligation laisse présager des analyses coûteuses et des contraintes d’étiquetage importantes pour les producteurs qui ne font que « noyer le consommateur dans un flot de surinformation dont il n’a que faire », estime Thomas Montagne, Président des Vif. L’assurance, une voie de progrès pour les agriculteurs européens Avec la multiplication des aléas climatiques, la profession met la priorité sur l’amélioration de l’outil assurantiel, dans le cadre du prochain règlement omnibus. Elle propose une baisse de la franchise de 30 à 20 % et le remplacement du principe de moyenne olympique par une référence de rendement maximal. Le commissaire s’y est déclaré favorable mais l’analyse financière est en cours pour en estimer la faisabilité. Michel Dantin, député européen, estime que pour y parvenir, il faut convaincre les autres états européens que l’assurance est « une voie de progrès pour les agriculteurs européens ». Afin de mieux anticiper les aléas et assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, la filière préconise la mise en place d’un observatoire du marché européen. « On ne peut plus continuer à naviguer à vue », constate Thierry Coste, président du groupe vin du Copa-Cogeca. La viticulture est prête à répondre aux attentes sociétales notamment en matière de réduction des intrants. Pour Bernard Farges, président de la CNAOC, « la mutualisation des moyens permettra de nous adapter le plus vite possible. Nous avons besoin d’innovations sur le matériel viticole mais aussi sur le matériel végétal ». L’intégration de cépages résistants dans les cahiers des charges doit être facilitée et la reconnaissance de la certification française Haute Valeur Environnementale par l’Union Européenne serait un plus. Enfin, un grand plan européen, comparable au plan de lutte français contre le dépérissement de la vigne serait également une avancée. Boris Calmette, président de la CCVF, estime qu’il serait judicieux de pouvoir mobiliser les moyens du fond de mutualisation sanitaire et environnemental sur la prospection préventive dans le vignoble car, notamment en matière de flavescence dorée, c’est encore la prévention qui reste le moyen de lutte le plus efficace.

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