Vigne

Concours des Grands vins blancs du monde

L’Alsace, terre d’or !

Publié le 20/04/2017

Avec plus de 900 échantillons de vins présentés et seize pays en compétition, la 8e édition du concours des grands vins blancs du monde, organisée les 9 et 10 avril au palais des congrès de Strasbourg, a montré une belle qualité des vins, l’Alsace en tête.

Le palais des congrès de Strasbourg a accueilli les 70 membres du jury international des concours des Grands vins blancs du monde, organisé par Strasbourg Événements du 9 au 10 avril, en partenariat avec l’Union française de la sommellerie et sous le prestigieux patronage de l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin). Pour cette 8e édition, un 6e concours a fait son apparition, celui des Vins blancs de cépages et d’assemblages. Le jury, originaire de 19 pays différents, a dégusté 923 échantillons de vins des maisons en lice. Viticulteurs, œnologues ou sommeliers, ces personnalités du monde du vin leur ont attribué des notes selon des critères visuels et olfactifs, en prenant compte l’impression donnée au palais, celle d’ensemble et la typicité du produit. Rieslings 2015, hétérogènes Dans une ambiance studieuse, la première session de dégustations a démarré le dimanche matin, donnant lieu parfois à de grandes différences entre les tables sur un même cépage, le riesling notamment. La présidente de l’OIV, la Prof. Dr Monika Chritsmann, a trouvé la série d’une dizaine de rieslings 2015 « très agréables en bouche, d’excellente qualité », avec déjà quatre médailles d’or attribuées à sa table. Le sommelier Serge Dubs, sur une série de rieslings génériques de 2016, a souligné « la diversité de leurs origines et des conditions climatiques » sur ce cépage exigeant, « complexe ». Le jury recherche « l’expression du terroir », avec une bonne cohésion à la table, malgré « les habitudes de goût différentes ». Le dégustateur allemand Ralf Anselmann s’est dit charmé par le millésime 2015 et sa qualité, « plus gourmand que le 2014 », a noté Yann Juban, adjoint au directeur général de l’OIV. Ce dernier n’a pas trouvé de défauts majeurs sur ses séries, très diverses, avec « une belle expressivité ». Le viticulteur alsacien Francis Klee a souligné « l’unanimité sur le très bon », lié à la minéralité, une notion difficilement exprimable, « mystérieuse », la notion « de fraîcheur étant le fil conducteur de ces dégustations ». Pour sa part, le président de la Fédération mondiale des vins et spiritueux (Vinofed), le Canadien Ghislain K. Laflamme, a dégusté « des vins bien faits, avec une bonne longueur en bouche ». Pascal Léonetti, meilleur sommelier du monde 2006, a souligné que « le meilleur a côtoyé le pire », sur ces rieslings grand cru 2015, certains péchant « par manque de maturité ». Ce même cépage, millésime 2015, a occasionné quelques déceptions, soulignées d’un « banal » par le Master of Wine, John Salvi. L’œnologue Jean Michel Speich n’a pas trouvé « de perles ». Des vins bien faits, certes, mais « pas exaltants », selon Sabine Merdinoglu, « une minéralité peu présente », souligne le dégustateur italien Martin Stefanatto. Bernard Martin, grand maître de la confrérie des Rieslinger de Scherwiller, s’est dit « déçu » des pinots gris dégustés à sa table, des millésimes 2014 et 2015. « Ils n’avaient pas assez de maturation », une suite logique, selon lui, « du manque de maturité » au moment des vendanges, « très compliquées » dans son vignoble. Trois grands prix pour l’Alsace À l’issue de ces trois sessions de dégustation, l’impression d’ensemble reste « d’une excellente qualité » dans la diversité, a indiqué la présidente de l’OIV. Elle a salué « l’organisation parfaite » de ce concours, avec une mention spéciale pour l’accueil que les vignerons de Dambach-la-Ville ont réservé au jury. Christine Collins, de Strasbourg Événements, a relevé « leur beau cadeau », une dégustation de vins médaillés d’or depuis vingt ans. Josiane Hoffmann, directrice des salons à Strasbourg Événements, a remercié les membres du jury pour leur présence et leur travail. Le sommelier Serge Dubs les a félicités pour « le sérieux et la qualité de leurs dégustations », avant d’annoncer les six grands prix du jury qui ont obtenu un minimum de 85 points sur 100. Pour le concours Gewurztraminer du monde, c’est la sélection de grains nobles 2013 de la maison Aimé Stentz de Wettolsheim qui décroche le grand prix du jury. C’est encore l’Alsace qui est distinguée pour le Pinot gris du monde, le grand prix étant remporté par la maison Lucien Albrecht (Wolfberger - Eguisheim) pour son pinot gris, réserve 2016. C’est l’œnologue de la maison, Émilie Lejour, très émue, qui a reçu le prix en soulignant que c’était peut-être « la touche abricotée de ce vin » qui a séduit le jury. Pour le Pinot blanc du monde, c’est le Rulandské Bilé-Pozdnisber 2016 de la maison Znovin Znojmo As à Satov en République Tchèque qui décroche l’or. Ce pays se distingue également sur la nouvelle catégorie Vins blancs de cépages et d’assemblages du monde avec le Ryzlink Vlassky 2009 selection of grapes, de Vinselekt Micholvsky à Rakvice. Pour le Sylvaner du monde, le grand prix du jury 2017 est décerné à la maison Anselmann Werner & Gebrüder à Edesheim en Allemagne. Pour le Riesling du monde, l’Alsace est à nouveau à l’honneur avec le grand cru Frankstein 2015 de la maison Jean Hauller et fils de Dambach, à ajouter à la collection or du village ! Cette édition s’est achevée par le gâteau d’anniversaire des 20 ans du concours et la découverte pour les membres du jury de l’ensemble des vins qu’ils ont dégustés.

Attention gelées

Le vignoble en alerte

Publié le 19/04/2017

Des gelées sont annoncées cette semaine, probablement dans la nuit de ce jeudi à vendredi.

Déjà des vignobles comme le Jura annoncent des récoltes atteintes par les gelées. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a été relevé -6 °C en Haute-Loire et les Monts d’Ardèche. Il n’existe pour l’heure qu’une solution biochimique qui a été présentée, le produit Elicityl, commercialisé par Jouffray-Drillaud, réservé cependant à une utilisation confidentielle. D’autres voies de lutte ? - Favoriser l’écoulement de l’air, et donc faucher la parcelle, - les bougies STOPGEL à base de cire, qui réchauffent l’air de 2 à 7 °C selon les paramètres, - les chaufferettes, - ou encore les tours de brassage, dont la tour mobile Schillinger que nous avons présenté suite à la démonstration du WeinInstitut de Blankenhornberger. À la 6e minute Et brûler un cierge à l’église...   Des vignerons ont avancé que le fait de ne pas arquer dans les zones sensibles, retarderait également le gel, mais cela pose la question de la mise en œuvre du liage tardif. Et enfin la mycorhization de la vigne renforcerait significativement celle-ci contre le gel. C’est du moins ce que pensent des biologistes, (Plenchette) et c’est ce qui explique par exemple qu’une plante comme le poireau, très mycorhizée, résiste au gel. Enfin une actu de Vitisphère qui souligne l’inquiétude en Champagne et Chablisien…  

Hervé Schwendenmann succède à Jacques Cattin à la présidence des crémants d’Alsace

Un pragmatique face aux enjeux d’une concurrence forte

Publié le 19/04/2017

Le viticulteur Hervé Schwendenmann succède à Jacques Cattin à la présidence du Syndicat des producteurs et élaborateurs de crémant d’Alsace. Avec comme nouvel objectif de renforcer le marketing des crémants d’Alsace, dans une concurrence globale sur le marché des effervescents qui s’annonce féroce.

Aspirant à de nouvelles fonctions politiques en se présentant comme candidat aux élections législatives sur la circonscription de Ribeauvillé, le vigneron négociant de Voegtlinshoffen, Jacques Cattin, a fait savoir aux producteurs et élaborateurs de crémant d’Alsace qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat. Hervé Schwendenmann a été choisi par le conseil d’administration pour lui succéder à la présidence de la plus grande région à crémants de France. Les crémants d’Alsace pèsent près de 35 millions de cols, près de la moitié des crémants de France, et représentent bon an mal an entre le quart et le tiers des vins d’Alsace, tout volume confondu. « Je tiens à saluer l’œuvre de mon prédécesseur Jacques Cattin qui a tenu pendant 8 ans le syndicat dans une ambiance constructive et sympathique. On va tâcher de perpétuer cet esprit. Il nous laisse une bonne situation. Je lui souhaite bonne chance dans ses nouvelles aspirations. » « Nos capacités de production au taquet » Viticulteur à Wuenheim et Vieux-Thann, président du groupe Wolfberger, président de Coop de France Alsace, Hervé Schwendenmann connaît bien la question des crémants d’Alsace. La moitié de la production du groupe Wolfberger, premier opérateur alsacien en chiffre d’affaires à 60 M€, est du crémant d’Alsace. « À 35 millions de cols en rythme de croisière, nous pressentons que nous arrivons au taquet en termes de capacités de production. Et donc le nouveau challenge, c’est la valorisation. » Pour relever ce défi qui fait consensus dans la profession, le nouveau président estime que la solution « passe plus par de l’investissement commercial de la part des entreprises que par le rajout de couches dans les cahiers des charges ». Suivant ainsi la ligne champenoise… « Les efforts qualitatifs sont là. C’est la partie commerciale, le positionnement produit qu’il faut désormais travailler. » Hervé Schwendenmann compte avoir sur ce sujet l’appui de la nouvelle équipe interprofessionnelle, et espère que le « crémant d’Alsace aura sa part dans le nouveau dispositif interprofessionnel. C’est un chantier en cours ! » Des crémants exposés à la concurrence Une volonté de booster le marketing des entreprises, d’autant que les crémants d’Alsace et plus largement de France restent exposés à une forte concurrence. Sur le plan réglementaire, avec des régions bien décidées à exploiter les failles et les faiblesses de la réglementation des crémants, qui oscille entre « simple recette à appliquer » pour obtenir la mention, et véritable produit attaché à un territoire. Mais aussi sur le plan économique, avec de nouvelles régions qui lorgnent sur le succès des effervescents dans leur ensemble. « Regardons les choses en face » « Regardons les choses en face. Il y a une faiblesse par rapport à la défense du terme crémant, et c’est une opportunité pour d’autres régions d’en faire », prévient Hervé Schwendenmann. Arrivent sur le marché, suite notamment aux décisions du Conseil d’État, de nouvelles régions d’IGP productrices de mousseux. Sans compter la force des proseccos italiens « dont les volumes dépassent ceux du champagne, désormais, et qui ont massivement investi sur le commerce ». Et le potentiel de développement en crémants des autres régions que sont la Bourgogne, la Loire et le Bordelais, analyse le président. Des signaux qui pourraient « diluer le terme crémant ». « La meilleure défense, c’est l’attaque » Face à cette situation, « la meilleure défense, c’est l’attaque ». Fort heureusement, « en innovation marketing dans le crémant, on est plutôt plus libre qu’ailleurs », observe-t-il. « Aujourd’hui, il faut apporter du service et de la valeur immatérielle. Ce que font très bien les Champenois, où la valeur se construit surtout sur l’investissement dans l’image. » Cependant, si quelques grandes maisons et quelques domaines alsaciens savent aujourd’hui construire leur image de marque, tous n’ont cependant pas encore acquis, comme en Champagne, les rudiments du marketing. « Le souci qu’il faudra régler, c’est la contractualisation. Il n’y a pas de vases communicants en Champagne comme chez nous. Ce serait bien que les vignerons produisent ce qu’ils arrivent à commercialiser, soit en bouteille, soit en vin de base », estime Hervé Schwendenmann, pour qui le travail marketing et le positionnement produit commencent à la vigne. « Lisser l’offre pour bien préparer le commercial » À ce point, « un système de réserve serait le bienvenu pour lisser l’offre, ce qui laisse alors les moyens de bien préparer la partie commerciale. À partir du moment où l’on a des volumes stables, on peut attaquer les marchés ». La profession viticole alsacienne ne s’est, à ce jour, pas encore accordée sur le type de modèle de mise en réserve qu’elle souhaite mettre en place. Contractualiser sur le long terme, voire dédier des vignes sur plusieurs années sont des questions qui se poseront face aux exigences du marketing pour lutter contre une concurrence des vins effervescents qui s’annonce féroce. Même si l’opportunisme de production du crémant peut se comprendre en raison des aléas climatiques, comme des rieslings en 2016. Face à ce contexte, Hervé Schwendenmann se dit pragmatique : « Je ne suis certainement pas calculateur politique. S’il faut dire les choses, même si elles ne sont pas plaisantes, je le dis. Il faut essayer de prévoir et au moins se poser les bonnes questions. »

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