Vigne

Publié le 17/04/2017

Lundi 27 mars, avec quelques jours d’avance sur le calendrier - elle est née le 1er avril 1996 -, Louise-Anne Ruhlmann s’est offert un beau cadeau d’anniversaire en remportant le Trophée Mumm des élèves sommeliers. C’était à Reims où la finale de ce concours sur la connaissance du champagne réunissait cinq candidats dans la catégorie sommellerie et autant chez les élèves en formation bar. Tous avaient été retenus à l’issue d’une sélection organisée à l’échelle nationale en début d’année.

Si elle portait les couleurs du lycée hôtelier de La Rochelle, Louise-Anne Ruhlmann affiche avec fierté ses origines alsaciennes. Elle a grandi à Dambach-la-Ville au sein de l’exploitation viticole familiale, le domaine Ruhlmann-Schutz, et a suivi la même voie que Laurence, sa maman, en rejoignant le lycée professionnel hôtelier d’Illkirch-Graffenstaden. « Mais après un bac technologique, j’ai opté pour un BTS option gestion hôtelière et marketing à La Rochelle et une fois sur place j’ai enchaîné avec une mention complémentaire sommellerie qui s’achèvera dans quelques semaines », explique la jeune étudiante. Cette passion pour l’univers de l’hôtellerie-restauration, elle la doit à ses grands-parents qui exploitaient un restaurant à Dambach-la-Ville. Celle pour le vin est venue tout aussi naturellement. « Même enfant, mes parents m’ont toujours permis de goûter un peu de vin. Mais c’est au cours de ma formation que je me suis prise d’intérêt pour le vin… » Plutôt riesling et pinot noir Bien entendu, les vins d’Alsace occupent une place à part dans son cœur. « J’ai une petite préférence pour le riesling. C’est un cépage avec lequel on peut produire une gamme très large de vins aux caractères et aux expressions différents : on peut aller du sec au très doux tout comme du minéral au fruité. » Un argument commercial qu’elle a pu exprimer le temps d’un été lorsqu’elle a travaillé au caveau de vente du domaine familial. Louise-Anne apprécie également le pinot noir et son expression sur le terroir de Chambolle-Musigny, en Bourgogne. « Un vrai coup de foudre ! Il faut dire que pendant cette année de mention complémentaire, nous avons travaillé sur toutes les régions viticoles françaises et nous avons même pu déguster des vins étrangers régulièrement. » L’élargissement du champ des connaissances de la future sommelière sera peut-être très utile à la fin de mois de mai. « En effet, j’ai été également retenue pour représenter le lycée hôtelier de La Rochelle au concours Chapoutier du Meilleur élève sommelier en vins de France. Après ma victoire à Reims, cette épreuve est un objectif pour lequel je suis très motivée… » Et pour cause, au-delà du titre lui-même, le vainqueur et les cinq finalistes partiront quelques mois plus tard en Australie pour découvrir le vignoble. Le rêve américain avant un projet alsacien Les voyages, Louise-Anne aime cela. En France d’abord, pour retrouver son frère Jacques-Émile qui gère depuis un an le domaine racheté par les familles Ruhlmann et Schutz dans les Corbières, en Languedoc. « Mais j’ai prévu aussi d’aller beaucoup plus loin. En septembre, je partirai m’installer à New York pour améliorer mon anglais en travaillant pendant un an à la Brasserie Ruhlmann. Nous n’avons aucun lien, mais ils servent nos vins et nous avons établi des contacts amicaux. » D’ici-là, elle va achever son stage en entreprise qui lui permet de vivre au rythme du restaurant trois étoiles Michelin de Michel Guérard, à Eugénie-les-Bains dans les Landes. « Une belle expérience humaine et professionnelle. » À son retour des États-Unis, elle retrouvera l’ambiance du domaine viticole. « La phase de vinification fait partie des aspects du métier qui m’intéressent. » Un retour aux sources auquel elle voudrait à moyen terme donner un sens tout particulier. « Je me suis fixé pour objectif de créer mon propre restaurant, le plus proche possible des vignes familiales… »

Gault & Millau

Neuf domaines primés

Publié le 11/04/2017

Pour sa première édition, le Wine Tour Alsace du guide Gault & Millau a mis en avant les talents alsaciens du monde du vin, cavistes, sommeliers et vignerons, récompensés par une remise de trophées, le 3 avril à l’hôtel Sofitel à Strasbourg.

Chaque année le Wine Tour du guide Gault & Millau met à l’honneur cinq régions viticoles, à travers cinq étapes. Pour sa quatrième étape, le Wine Tour Alsace a été accueilli à Strasbourg à l’hôtel Sofitel Strasbourg Grande Ile, le seul qui possède des vignes, installées dans son patio. C’est dans cet espace un brin viticole, que les organisateurs ont accueilli les participants à cet événement inédit marqué par la remise des trophées des talents du vin et des prix décernés par les partenaires de ce Wine Tour. Le guide a mis en avant l’ensemble des acteurs qui concourent à faire connaître et apprécier les vins d’Alsace, sommeliers, cavistes ou vignerons. Ils ont souhaité, durant cette journée, favoriser les échanges entre les restaurateurs et les professionnels du vin, avec des ateliers dégustations proposés par les partenaires du guide et les domaines alsaciens primés. Au verre, sur la carte, des passionnés de vin Figure emblématique du vignoble, Serge Dubs, qui officie comme sommelier à l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, s’est vu décerner le trophée de la meilleure carte des vins, avec « de belles choses à découvrir », souligne-t-il. La qualité des vins est importante, mais une carte se doit d’être « fonctionnelle pour le client, vivante, renouvelée ». Il ajoute que chaque sommelier doit être fier de sa région et défendre ses vins. Le trophée de la sélection de vins au verre a été remporté par Emmanuel Ruiz, de La Quille à Metz, et par Stéphane Knecht, de l’Atelier du sommelier à Niederbronn-les-Bains. Il s’agit de « faire plaisir et de choyer le client, estime Stéphane Knecht. Toute goutte de vin est un rêve et un nectar, et nécessite le même travail que pour une bouteille. » Avec ses 700 références, il veut défendre « les minorités aromatiques pour que les vignerons fassent ce qu’ils veulent ». Christophe Dufossé, de la Citadelle à Metz, a gagné le trophée de la carte découverte. Marilyn Girardin, du restaurant la Maison des Têtes à Colmar, le trophée du sommelier Wine Tour Alsace. Celui du jeune talent sommelier Alsace a été remporté par François Lhermitte, du restaurant Julien Binz à Ammerschwihr, qui salue « la beauté du Kæfferkopf ». Dans la nouvelle catégorie des cavistes, le guide a récompensé Michel Falck, d’Au Millésime, qui propose uniquement des vins français parmi ses 2 500 références. Ainsi que Jean Kientzler, de Jean Dénicheur de crus à Mutzig, qui souligne son rôle de « trait d’union entre les vignerons et les amateurs ». Éric Demange, à Strasbourg, a obtenu le trophée bar à vin avec Terres à vins des villes, qui fêtait ses 20 ans ce jour-là. Du caractère, du naturel, des expressions terroirs Après les vins de Loire, de Bordeaux, du Languedoc, le Wine Tour a exploré ceux d’Alsace, en privilégiant la découverte de « domaines moins connus », dans une volonté de mettre en avant de jeunes talents, « l’ADN du guide », précise Marc Esquerré, rédacteur en chef du guide Gault & Millau. Serge Dubs a décerné le trophée du vin naturel-bio-biodynamie à Marie Zusslin, du domaine Zusslin à Orschwihr. « Ces vins sont plus proches de la réalité », déclare-t-il en saluant « l’apport dynamique des femmes dans le vignoble ». Marie Zusslin a dédié ce trophée à son père, disparu l’année dernière, en précisant qu’elle codirige le domaine avec son frère, Jean-Paul, « un beau duo » qui en est à son 17e millésime. Le trophée du vigneron de caractère a été remporté par Guillaume Mochel de Traenheim, un domaine en bio depuis longtemps avec « des vins qui parlent du terroir ». Le trophée vin plaisir a été décerné à Pierre Wach, du domaine Guy Wach à Andlau, ravi de la reconnaissance de cet esprit « de partage du vin et du faire plaisir ». Enfin, six domaines ont reçu le trophée pépites d’Alsace : le domaine de la Clé de sol à Ribeauvillé décerné à Yannick Mignot, ancien exploitant agricole reconverti dans le vin depuis 2001 ; Félix Meyer du domaine Meyer-Fonné à Katzenthal ; Caroline Rominger, de Westhalten, en biodynamie depuis 2000, qui souligne son envie « d’exprimer un lieu à travers ses vins » ; Sébastien Mann d’Eguisheim, en biodynamie depuis 2009, « très touché par ce trophée », adepte « des vins qui laissent une mémoire et qui nous ressemblent » ; le domaine Martin Schaetzel by Kirrenbourg à Ammerschwihr, repris par Marc Rinaldi en 2015, qui devrait obtenir la certification Demeter en biodynamie l’année prochaine ; Frédéric Mallo, cinquième génération sur le domaine à Hunawihr, attaché à « produire des vins secs » issus notamment de son grand cru Rosacker. Les professionnels, restaurateurs, chefs ont pu découvrir ces vins phares, qui ont séduit les ambassadeurs du guide, un bel aperçu de la diversité talentueuse du vignoble alsacien.

Wolfberger. Soirée « Au cœur des métiers de bouche »

Résolument moderniste et décomplexé

Publié le 11/04/2017

Plusieurs centaines de professionnels de la restauration ont répondu présents à l’invitation de Wolfberger pour sa 8e soirée « Au cœur des métiers de bouche ». Wolfberger qui donne un coup de jeune sur les codes de consommation des appellations.

« On souhaite décomplexer le monde du vin. En France, on a toujours du mal à l’entendre. Mais la majorité des clients et des consommateurs veulent entendre ça. Il y a besoin de rajeunir les AOP », explique Bertrand Dufour, directeur de Wolfberger. Wolfberger veut donner un coup de jeune aux manières de consommer le vin d’Alsace et surprendre par ses innovations… Tel était le message donné à sa clientèle professionnelle de la restauration, venue en nombre pour la 8e soirée « Au cœur des métiers de bouche ». Elle se déroulait lundi 3 avril dans l’ambiance insolite de la distillerie, chemin de la Fecht à Colmar, en deux temps : une partie dégustation découverte du millésime 2016 et en soirée, gastronomie et cocktails concoctés avec des bases spiritueuses Wolfberger. Les 4 000 bouteilles de crémants double-slivées #W40, cinq ans sur lattes non dosé, se sont très rapidement écoulées cet hiver. Même avec un prix de 24 €/col : « Quand il y a le marketing et la qualité - l’un ne va pas sans l’autre -, ça marche. On démontre notre potentiel. Et il faut reconnaître le travail créatif de Katia Kaszak », observe Bertrand Dufour. Wolfberger compte bien rééditer le succès. Il a dans ses cartons de nouvelles cuvées crémants, dont l’une dédiée au 115e anniversaire de la maison « dans le top 10 des effervescents du monde avec 300 000 cols ». En 2016, Wolfberger a lancé le crémant Ice Papillon. « Ça marche très bien ; même notre génération s’y met. Donc on lance la version rosé. » Le crémant Ice Papillon rosé était servi frappé sur glaçons, pour accueillir les professionnels des métiers de bouche : « Sur ces deux bases, innovation et qualité, et si on répond à la demande de la clientèle, nos perspectives sont énormes, affirme Bertrand Dufour. Le glaçon, il y a peu, était une hérésie en France. On part juste du principe qu’il n’est pas là pour occulter la qualité qui est un préalable. D’ailleurs, on n’a pas d’autre choix que de monter en qualité. » Spiritueux, l’innovation aussi est de mise Comme dans le vin, la politique de la maison pour les spiritueux consiste aussi à miser sur l’innovation. « Avec nos liqueurs, on souhaite casser les codes de la dégustation. Les eaux-de-vie se consomment traditionnellement à un moment donné du repas, observe le maître distillateur, Régis Syda. L’eau-de-vie de poire Williams en cocktail, c’est très inhabituel. Dans le monde de la mixologie, on travaille avec des barmans emblématiques. » D’ailleurs, au cours de la soirée, les organisateurs ont pris un malin plaisir, avec quelques chefs, à élaborer des recettes à base de spiritueux Wolfberger : blanc de cabillaud et moules de bouchot à la Fleur de bière, épaule d’agneau de lait confite au Kéva, tourte des bouchers charcutiers d’Alsace à la liqueur d’épices Wolfberger. Et avec les élèves et professeurs du Centre de formation d’apprentis d’Eschau : cake à la Fleur de bière, tarte citron Kéva, entremets praline poire Williams et bonbon praliné ganache-framboise, eau-de-vie de framboise. Le tout proposé dans une ambiance nocturne résolument décomplexée et jeune. Pour 2016, Wolfberger affiche 2 % de croissance en volumes et 8 % en chiffre d’affaires. Si les chiffres sont importants, « on a le souci de faire progresser la marque, prévient Bertrand Dufour. On est définitivement sortis de la MDD pour les crémants, et il reste globalement 5 % de vins tranquilles. » Après trois années de petite récolte, la clientèle restauratrice est restée fidèle notamment grâce à la gamme des spiritueux qui sert de point d’ancrage. Mais aussi grâce à une équipe de commerciaux qui couvre le territoire.

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