Vie professionnelle

Publié le 12/06/2023

Une année 2022 « hors norme » et des résultats « XXXL » pour la betterave. Cette idée a découlé tout au long de l’assemblée générale de Cristal Union du 12 mai dernier au complexe sportif d’Oberhausbergen. Avec un regain de planteurs et des surfaces qui se développent à Erstein, la filière respire à nouveau et espère une campagne 2023 exceptionnelle, malgré une interdiction plus avancée que prévu des néonicotinoïdes.

Même si le rendement 2022 a été impacté par la sécheresse, l’année a été plus que bonne pour la betterave. L’Alsace atteint un rendement de 79,4 t/ha, dépassant une nouvelle fois la moyenne nationale (76,9 t/ha). Le prix de la tonne de betterave, lui, a explosé. « L’an dernier, à la même tribune, nous évoquions un objectif de 30 €. Finalement, notre rémunération a largement dépassé l’objectif », affirme Gérard Lorber, président de la section Erstein de Cristal Union. En effet, le prix a atteint un score historique de 43 €. Anne Sander, députée européenne, et Josiane Chevalier, préfète de la région Grand Est, ont tenu à être présentes pour féliciter la filière. « Je me réjouis que les indicateurs soient positifs. Après cinq années de décroissance et des prix anormalement bas suite à la suppression des quotas, la betterave redevient compétitive avec un niveau économique qui a enfin du sens », dit Josiane Chevalier. 462 planteurs alsaciens en 2023 « Un nouveau vent de confiance dans la production betteravière souffle sur la plaine d’Alsace. Le site d’Erstein connaît la plus grosse augmentation de surface, en passant à 5 720 ha », se réjouit Gérard Lorber. En deux ans, environ 70 planteurs alsaciens ont rejoint la filière, pour un total de 462 en 2023. Il s’agit d’une excellente nouvelle, puisque la culture betteravière a connu une dynamique de baisse de surface ces dernières années. « Après 2017, les cours ont chuté et Erstein était touché par la cercosporiose, la baisse des prix et parfois la jaunisse, donc certains planteurs ont décidé de jeter l’éponge. En 2022-2023, on repasse enfin à la hausse, on est très satisfaits et heureux », lance Joseph Behr, directeur de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) d’Alsace. Pour réussir à garder cette dynamique de croissance, le secteur ne se repose pas sur ses lauriers et appelle toujours à augmenter les cultures betteravières. « Notre objectif est de développer encore plus en proposant d’octroyer des surfaces pour 2024 à tous ceux qui n’ont pas osé franchir le pas de la betterave cette année », dit Gérard Lorber. Optimistes mais aussi vigilants Avec ces résultats positifs, la campagne 2023 s’annonce plutôt bien. Elle est en tout cas dans une bonne voie. « Aujourd’hui, notre plaine betteravière se présente sous de bonnes perspectives. Les désherbages, avec toute l’humidité que l’on connaît, sont pour l’instant réussis. À noter que, sur notre périmètre, nous avons implanté 7,5 % de surfaces avec la technique conviso smart, qui permet de produire des betteraves avec un désherbage plus simple », continue Gérard Lorber. La coopérative sucrière a également annoncé son objectif de rémunération à atteindre en 2023 : 45 €/t de betterave. « Sincèrement, je pense que nous serons capables de faire encore mieux. Mais vous savez que nous connaissons des semis tardifs, que les rendements restent incertains, ma prudence m’incite donc à dire qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », souligne Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. La jaunisse au cœur des préoccupations Lors de cette campagne, d’autres défis seront à relever, comme le sujet des néonicotinoïdes, qui était sur toutes les lèvres. En effet, le 19 janvier dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a interdit les dérogations à l’utilisation de ces insecticides, ce qui a condamné toute perspective de dérogation française pour 2023. Une décision jugée « inattendue et brutale » par l’ensemble des acteurs de Cristal Union. « L’Alsace est certes moins exposée aux conséquences de cette décision, mais avec les semis tardifs et la présence déjà observée des pucerons, le risque de jaunisse sur les jeunes plants est à surveiller de très près », affirme Josiane Chevalier. La préfète a rappelé qu’un dispositif d’indemnisation en cas de pertes de production était en cours de discussion. Cristal Union se dit mobilisé sur le sujet de la jaunisse et a donné plusieurs outils pour y faire face. Bruno Labilloy, directeur agricole du groupe, a notamment présenté l’application Cristal Vigie Pucerons. Le principe est simple : lorsque les planteurs sont confrontés à la présence de pucerons, ils les prennent en photo et partagent sur l’application. « Le bon réflexe est : je détecte, je photographie et je partage. Les cartes de présence de pucerons seront mises à jour quotidiennement pour mieux prévenir l’apparition des nuisibles et nous permettre d’intervenir le plus tôt possible », explique Bruno Labilloy. La profession préparait déjà cette sortie des néonicotinoïdes pour 2024. Le calendrier a été certes avancé d’un an, mais Cristal Union est confiant pour la suite. « Dès 2025-2026 de nouvelles variétés résistantes à la jaunisse seront disponibles, la recherche avance vite. D’ici deux à trois ans, la jaunisse ne sera plus qu’un mauvais souvenir », lance Olivier de Bohan, président de Cristal Union.

Foire européenne de Strasbourg

2023 confirme le renouveau de la manifestation

Publié le 01/06/2023

« Identitaire », « populaire », « bonnes affaires », « vert » : l’événement Foire européenne de Strasbourg 2023 surfe sur sa bonne relancée de 2022, l’édition post-Covid. Ce nouveau souffle dynamise aussi l’espace agricole… de plus en plus pédagogique et orienté sur le bien-être animal.

Trois grandes nouveautés, cette année, à l’Espace agricole de la Foire européenne de Strasbourg : le stand Graines d’Alsace, avec les nouvelles productions végétales, type pois chiches et lentilles ; les circuits courts, promus sur un week-end par Bienvenue à la Ferme, et le partenariat renforcé avec le lycée agricole d’Obernai. Chaque heure, un ou plusieurs élèves, futurs agriculteurs, présenteront une race sur le ring, et/ou parleront fumier et compost (ce qui fera écho aux citadins chargés de trier leurs petits déchets ménagers verts depuis cette année), et/ou aborderont différents thèmes sur l’élevage, dont en partenariat avec Alsace Lait, celui du lait de pâturage. Les grands classiques seront de mise aussi. Comme à l’accoutumée, l’ensemble des filières seront présentes à l’Espace agricole (sur 2 500 m2) ; des planchettes de dégustation de produits locaux seront servies de 11 h à 14 h tous les jours, sauf les week-ends, durant lesquels les filières ovine et bovine seront à l’honneur, avec leurs repas à thème. Consommer local « Nos paysages, grâce à nos professionnels paysagistes, mettent en valeur nos stands. Et au-delà de l’alimentation, l’énergie, sa production par nos agriculteurs, sera expliquée », a pointé Denis Ramspacher, premier vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), lors de la conférence de presse du 30 mai. Il a rappelé que l’Alsace est le territoire français, où les consommateurs sont les plus enclins à acheter local. Ici, la confiance règne : un bon point pour les agriculteurs et la Foire européenne. Les médaillés du Concours général agricole de Paris seront donc mis en valeur aussi, durant cette édition 2023 ; de quoi renforcer le lien. Proche de la scène musicale locale, l’espace agricole, au sud du Parc des expositions, sera ouvert chaque jour comme la Foire, de 10 h à 20 h du 1er au 10 septembre 2023.    

Collectivité européenne d’Alsace (CEA)

Le collège Gustave Doré d’Hochfelden décroche son étoile

Publié le 27/05/2023

La grande finale du concours culinaire « Décroche ton étoile », organisée par la CEA, s’est tenue le mercredi 17 mai au CEFPPA Adrien Zeller d’Illkirch. Sept collèges ont relevé le défi de réaliser un dessert à la fraise. L’établissement Gustave Doré d’Hochfelden a remporté la victoire !

Après les épreuves de l’entrée et du plat, la première édition de la compétition « Décroche ton étoile » s’est terminée le 17 mai dernier avec la partie dessert. Pour cet ultime challenge, sept collèges alsaciens étaient en course. Chaque brigade, épaulée par un chef étoilé, était composée de deux élèves volontaires, d’un chef et d’un second de cuisine du collège, et un autre personnel de l’établissement. Lors de cette finale, tous étaient plongés dans les conditions réelles de la cuisine, tout en apportant la touche personnelle du collège dans l’assiette. L’objectif était de concocter dix portions de dessert sur la thématique des fraises, avec des produits locaux, bien sûr. « De magnifiques choses ont été présentées, certains desserts auraient même pu être mis dans des restaurants étoilés », a lancé Nicolas Stamm, parrain du concours et chef du restaurant doublement étoilé La Fourchette des Ducs à Obernai. Le podium Après dégustation et délibération du jury, le verdict est tombé. Le collège Gustave Doré d’Hochfelden est arrivé en première position avec son dessert « douceurs florales ». L’établissement a reçu un chèque de 15 000 euros, qui permettra de financer du nouveau matériel de cuisine pour la cantine. Le collège Léonard de Vinci à Marmoutier, avec son dessert « l’heureux meschung entre la fraise et la rhubarbe », finit en deuxième position et remporte 5 000 euros. À la troisième marche, le collège de la Largue à Seppois-le-Bas repart avec la somme de 1 000 euros. Pour Maïté Loos, gestionnaire du collège d’Hochfelden, il était important de participer à cette compétition. « On a à cœur de valoriser le restaurant scolaire qui a une mauvaise image auprès du grand public et surtout des collégiens. On essaye de réaliser plein de projets pour lui donner un côté plus attrayant ». Samuel et Jules, élèves gagnants, ont eu des étoiles plein les yeux en étant coachés par la cheffe Anne Ernwein. « Quand on passe au self, on ne voit que la moitié de la cantine. On ne voit pas ce qu’il y a derrière, les personnes se lèvent très tôt et travaillent toute la journée pour nous préparer à manger », dit Jules. Les deux élèves de 6e sont membre de la commission restauration du collège et rêvent de devenir des futurs chefs. La relève est assurée !

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