Vie professionnelle

Pacte et loi d’orientation et d’avenir agricole (PLOAA)

60 fermes pilotes, et le renouvellement des générations avant tout

Publié le 16/05/2023

Mardi 2 mai a eu lieu la réunion de clôture de la concertation régionale pour construire le Pacte et la loi d’orientation et d’avenir agricole (PLOAA). Objectifs : relever le défi du renouvellement des générations, et se doter d’outils pour réaliser les transitions nécessaires à l’agriculture de demain.

Suite à l’impulsion du ministère de l’Agriculture, a eu lieu le 17 décembre 2022, une réunion plénière de lancement du PLOAA pour la Région Grand Est. Y étaient conviés l’ensemble des membres de la Commission régionale de l’économie agricole et du monde rural, ainsi que les acteurs de la formation et de l’agroécologie. Pour faire remonter des propositions de mesures opérationnelles, trois groupes de travail ont été créés : orientation et formation ; installation et transmission ; adaptation et transition face au changement climatique. Ces groupes de travail se sont ensuite réunis à deux reprises, et une consultation écrite d’une durée de trois semaines a été lancée. Un travail qui a engendré 210 propositions, qui ont ensuite été analysées par les services de l’État, de la Région et de la Chambre d'agriculture Grand Est (Crage), pour n’en retenir que cinq par thématique, donc quinze au total. Ces quinze propositions ont été présentées le 2 mai, lors d’une session de « clôture », qui avait plutôt des airs de lancement d’un grand projet. Béatrice Moreau, vice-présidente de la Région Grand Est, a qualifié ces propositions de « feuille de route » pour « emmener le monde agricole vers une vision » et « consolider l’agriculture du Grand Est ». Plusieurs défis surplombent ces propositions, qui en découlent. Le premier est le renouvellement des générations. C’est pourquoi « les jeunes ont été très présents dans les groupes de travail », souligne Franck Leroy, président de la Région Grand Est. Le second est le maintien du modèle de polyculture élevage, parce qu’il est dominant dans la Région (une exploitation sur deux), caractéristique du territoire et force motrice de l’économie. « Si ce modèle est prépondérant, c’est qu’il est équilibré pour notre territoire. Notamment parce qu’il permet de valoriser des territoires plus fragiles. Nous devons donc nous donner les moyens pour qu’il perdure », pointe Béatrice Moreau.   Maximin Charpentier, président de la Crage, a affirmé sa volonté de « faire vivre » le groupe né du portage du PLOAA, qu’il a proposé de rebaptiser « groupe Agriculture 2030 ». Il s’agira de « suivre l’actualité de la loi », mais « sans attendre sa promulgation pour agir », et de poursuivre les échanges pour se fixer des objectifs, un calendrier, des moyens. Pour cela, Maximin Charpentier souhaite que les trois groupes de travail se réunissent trois fois par an, et que les filières soient davantage associées aux travaux. Une volonté saluée par Josiane Chevalier, préfète de la Région Grand Est, qui a souhaité qu’au-delà des quinze propositions retenues, « la richesse de la méthode de travail » le soit également et que « ce travail se poursuive en parallèle du parcours législatif », notamment en faisant en sorte que l’agriculture trouve « toute sa place dans le dispositif France 2030 ». Fermes pilotes La concrétisation opérationnelle de ces travaux va se traduire par l’identification de 60 fermes pilotes. Un appel à manifestation d’intérêt va être lancé par la Crage à cette fin. « Début septembre, cinq à six fermes par département devraient ainsi être identifiées », précise Maximin Charpentier. Elles seront accompagnées durant trois ans, en lien avec les filières et les entreprises qui œuvrent dans les nouvelles technologies, pour être diagnostiquées sur leurs performances en matière de carbone, d’eau, d’énergie, et pour identifier les leviers à actionner afin d’améliorer ces performances. Elles devront ensuite servir de modèles à toutes les exploitations du Grand Est. « S’adapter à tous ces défis en même temps, cela revient presque à s’installer une deuxième fois. On va vers l’inconnu, et ça peut faire peur », souligne le président de la Crage. L’idée est donc d’accompagner quelques premiers agriculteurs dans cette prise de risque, pour qu’elle soit plus facile à prendre pour les suivants. Le renouvellement des générations en dépend car, pour qu’une ferme soit transmissible, il faut qu’elle soit compétitive et attractive. Il est également important que ces fermes pilotes soient représentatives de leurs territoires, car les bonnes gestions de l’eau, de l’énergie, des déchets et des bioressources passent par des projets de territoire, pointe Maximim Charpentier. Pour lui, l’adaptation des exploitations agricoles passera par celle du système d’attribution des aides de l’État, de la Région. À l’heure actuelle, elles sont généralement liées à un projet, à une acquisition. Demain, elles devraient être davantage fléchées vers des démarches globales d’adaptation. Formation La formation, notamment au numérique et aux nouvelles technologies, se situe au cœur de ces enjeux. Il est en effet crucial que les agriculteurs prennent en main ces outils, au risque d’en devenir des victimes consentantes, ou pire, des victimes de la cybercriminalité. Cela passera par l’adaptation de la formation initiale et continue. On pense bien sûr aux GPS, aux applications et autres outils d’aides à la décision. Mais comme le souligne Franck Leroy, il y a aussi des démarches émergentes, comme les crédits carbone, qui requièrent des connaissances nouvelles pour être utilisées à bon escient. Enfin, si l’agriculture peut beaucoup, elle ne fera pas tout. Franck Leroy a évoqué des dossiers transversaux, comme la nécessaire préservation des sols, qui passe par une réduction drastique de leur « artificialisation anarchique ». Or, l’objectif « zéro artificialisation nette », qui vise à préserver les sols est encore perçu comme un obstacle et un frein au développement économique.

Lancement de la campagne de fleurissement 2023

« Fleurissons, soyons heureux »

Publié le 15/05/2023

La campagne de fleurissement a été lancée le 4 mai dernier à la Chambre d’agriculture Alsace. Cette année, l’objectif est de mettre le végétal en avant, pour faire face aux changements climatiques et garder une Alsace « belle, fleurie et si agréable à vivre ».

« Excellente saison fleurie à tous ! » a lancé Nathalie Kaltenbach, présidente d’Alsace Destination Tourisme, pour démarrer comme il se doit la campagne de fleurissement 2023. Alors préparez vos pots, les mains vertes alsaciennes seront bientôt récompensées pour leur dur labeur. Et ceci, dans des conditions « made in Alsace ». Car, pour rappel, la CEA, la Région Grand Est et l’ADT ont signé une convention de coopération « Fleurissement » en 2021. Une simplification qui a permis la création d’un jury unique et « l’harmonisation » du label au niveau alsacien, mais sans oublier les règles et grilles nationales. Des fleurs devenues essentielles La campagne de fleurissement prend tout son sens aujourd’hui. En effet, tous les acteurs du label présents à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) ont tenu à rappeler que les plantes sont devenues indispensables pour faire face aux grosses chaleurs estivales. « Le végétal ne doit pas être une variable d’ajustement, il est au cœur des solutions. Le réchauffement climatique et les îlots de chaleur sont des phénomènes qui peuvent être atténués, voire résolu, grâce au végétal dans toute sa diversité. La ville peut pleinement compter sur les arbres, arbustes ou fleurs, qui apportent beaucoup de bénéfices », affirme Paul-André Keller, président du Groupement des horticulteurs d’Alsace. En plus de donner un peu de fraîcheur lors des canicules, les fleurs, comme le géranium, ont d’autres bienfaits. « Cette plante a beaucoup de vertus, et pas seulement par son ornement, elle nous protège aussi des moustiques », lance Denis Nass, président de la CAA. La présence de végétal dans nos villes et villages a également un impact sur notre bien-être. « Selon une enquête d’Ipsos, plus les communes sont fleuries, plus les gens sont heureux. Alors fleurissons, soyons heureux ! » s’enthousiasme Nathalie Kaltenbach. La campagne de fleurissement n’est pas prise à la légère par l’Alsace. Elle est connue de tous pour ses villes et villages fleuris, et notamment pour ses célèbres géraniums. « Quand le touriste vient en Alsace, il s’attend à voir des balcons fleuris, des villages fleuris, il s’attend à une qualité d’accueil, qui se fait aussi par le fleurissement. On fait l’effort pour nous, mais aussi pour le tourisme », affirme Nathalie Kaltenbach. Un concours pour tous Pour les communes qui ont « fait des efforts », elles seront récompensées par le label Villes et Villages fleuris. Elles peuvent d’ailleurs s’inscrire dès aujourd’hui auprès d’Alsace Destination Tourisme. Des membres du fleurissement d’Alsace viendront visiter les communes en juillet prochain et pourront remettre jusqu’à trois fleurs. « Ce fleurissement d’alsace va se faire à travers six équipes de jury, trois dans Bas-Rhin et trois dans le Haut-Rhin. Elles sont composées d’élus, de conseillers d’alsace, qui sont accompagnés par des professionnels de l’horticulture, du paysage et des espaces verts qui font la beauté de l’Alsace », pointe Vincent Debes, coprésident du jury fleurissement d’Alsace. Pour les communes qui ne se sentent pas prêtes à candidater pour la première fleur, elles peuvent concourir au prix de l’aménagement paysager. En 2022, 344 villes et villages alsaciens ont été labellisés de 1 à 4 fleurs. Mais il n’y a pas seulement les communes qui prennent part au fleurissement de l’Alsace. Les particuliers, eux aussi, embellissent le cadre de vie alsacien avec leur balcon fleuri, leurs façades, jardin ou encore potager. Neuf candidats par communes peuvent participer à l’une des neuf catégories du concours des maisons fleuries.

Association pour la promotion des asperges d’Alsace

Situation compliquée sur le marché de gros

Publié le 10/05/2023

L’association pour la promotion des asperges d’Alsace organisait dernièrement un afterwork autour de l’asperge avec ses partenaires. L’occasion de faire un bilan de la saison à mi-campagne.

Si elle a démarré relativement tôt dans les secteurs précoces, la récolte des asperges a tardé à décoller en raison des températures fraîches de début avril. Au 25 avril, elle était bien lancée, selon Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion des asperges d’Alsace. « La vente directe est importante et prend de l’ampleur d’année en année. Le consommateur a pris le pli de venir acheter à la ferme et ça fonctionne très bien », rapporte-t-il. Sur le marché de gros, en revanche, la situation est plus compliquée. « Nous sommes régulièrement en concurrence avec l’asperge des Landes et la pression est de plus en plus forte », constate Jean-Charles Jost. Les coûts de production et les conditions météorologiques, cependant, ne sont pas les mêmes en Alsace que dans le sud, souligne le président de l’association. « Nous avons de plus petites structures, notre parcellaire est plus morcelé et nos rendements sont moindres. Avec des charges plus importantes au kilo, on ne peut pas vendre au même prix que les Landes. » L’Alsace n’est pas la seule région affectée par cette concurrence : d’autres bassins de production ont du mal à vendre leurs asperges, indique Jean-Charles Jost. Sans modération L’Association pour la promotion des asperges d’Alsace, quant à elle, ne ménage pas ses efforts pour faire connaître les atouts de la production locale : sa valeur gustative et sa fraîcheur en font un produit de choix pour les consommateurs alsaciens et du Grand Est. Dans ces conditions, pas besoin de faire venir des asperges des Landes. « C’est un non-sens écologique et économique de faire faire 1 000 km à une asperge », insiste Jean-Charles Jost, en invitant à consommer l’asperge d’Alsace « sans modération ». Un message reçu par la représentante de la Région Grand Est, Irène Weiss, et le conseiller d’Alsace Jean-Philippe Maurer, et repris par le président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.   Organisé au magasin de producteurs l’Ilot de la Meinau, à Strasbourg, l’afterwork s’est prolongé par une présentation des stands des partenaires de l’association et par une dégustation. De la salade d’asperges aux agrumes au cappuccino d’asperge verte et blanche à la tome en passant par les asperges au barbecue, celle-ci a permis à plusieurs chefs de faire la démonstration de leur créativité culinaire.

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