Vie professionnelle

Association pour la promotion des asperges d’Alsace

Situation compliquée sur le marché de gros

Publié le 10/05/2023

L’association pour la promotion des asperges d’Alsace organisait dernièrement un afterwork autour de l’asperge avec ses partenaires. L’occasion de faire un bilan de la saison à mi-campagne.

Si elle a démarré relativement tôt dans les secteurs précoces, la récolte des asperges a tardé à décoller en raison des températures fraîches de début avril. Au 25 avril, elle était bien lancée, selon Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion des asperges d’Alsace. « La vente directe est importante et prend de l’ampleur d’année en année. Le consommateur a pris le pli de venir acheter à la ferme et ça fonctionne très bien », rapporte-t-il. Sur le marché de gros, en revanche, la situation est plus compliquée. « Nous sommes régulièrement en concurrence avec l’asperge des Landes et la pression est de plus en plus forte », constate Jean-Charles Jost. Les coûts de production et les conditions météorologiques, cependant, ne sont pas les mêmes en Alsace que dans le sud, souligne le président de l’association. « Nous avons de plus petites structures, notre parcellaire est plus morcelé et nos rendements sont moindres. Avec des charges plus importantes au kilo, on ne peut pas vendre au même prix que les Landes. » L’Alsace n’est pas la seule région affectée par cette concurrence : d’autres bassins de production ont du mal à vendre leurs asperges, indique Jean-Charles Jost. Sans modération L’Association pour la promotion des asperges d’Alsace, quant à elle, ne ménage pas ses efforts pour faire connaître les atouts de la production locale : sa valeur gustative et sa fraîcheur en font un produit de choix pour les consommateurs alsaciens et du Grand Est. Dans ces conditions, pas besoin de faire venir des asperges des Landes. « C’est un non-sens écologique et économique de faire faire 1 000 km à une asperge », insiste Jean-Charles Jost, en invitant à consommer l’asperge d’Alsace « sans modération ». Un message reçu par la représentante de la Région Grand Est, Irène Weiss, et le conseiller d’Alsace Jean-Philippe Maurer, et repris par le président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.   Organisé au magasin de producteurs l’Ilot de la Meinau, à Strasbourg, l’afterwork s’est prolongé par une présentation des stands des partenaires de l’association et par une dégustation. De la salade d’asperges aux agrumes au cappuccino d’asperge verte et blanche à la tome en passant par les asperges au barbecue, celle-ci a permis à plusieurs chefs de faire la démonstration de leur créativité culinaire.

Publié le 07/05/2023

Le 26 avril, la Coordination rurale 67 a invité la préfète de la Région Grand Est Josiane Chevalier à la ferme Adam à Wahlenheim. À la fin de la visite de l’exploitation familiale, le syndicat a organisé une table ronde afin d’interpeller l’élue sur les problèmes auxquels les agriculteurs alsaciens sont confrontés.

Partager la richesse du patrimoine et du terroir alsacien. C’était l’objectif de la venue de Josiane Chevalier à la ferme Adam. La préfète a visité l’exploitation familiale de 150 hectares et 160 vaches, qui est engagée depuis près de 60 ans dans la production de lait. En plus des élus, plusieurs agriculteurs alsaciens, actifs ou retraités, se sont joints à ce moment. Car l’enjeu de cette journée n’était pas seulement de découvrir l’exploitation de Wahlenheim. Il s’agissait aussi de faire part des conditions de travail des agriculteurs alsaciens et de montrer la réalité du métier. C’est pourquoi un moment d’échange, mené par la Coordination rurale 67, s’est tenu dans le magasin de la ferme Adam. La parole était libre, ce qui a permis à chacun de partager ses revendications mais aussi de proposer des solutions. Une retraite plus « juste » Lors de cet échange, la question des retraites était au cœur des inquiétudes. Tous les participants, élus syndicaux comme agriculteurs, demandent une retraite qui « respecte » la profession. « La réforme proposée ne résout en rien la problématique des retraites agricoles. Le recul de l’âge pour valider une retraite pleine ne prend pas en compte la pénibilité et la dureté de notre travail. Et surtout le temps de travail, un agriculteur travaille en moyenne 55 heures par semaine, contre 35 heures habituellement pour un salarié », lance Paul Fritsch, président de la Coordination rurale 67. Face à Josiane Chevalier, le syndicat agricole alsacien a donc présenté plusieurs propositions. Il demande une retraite minimale équivalente à 100 % du Smic net, et la prise en compte de la pénibilité et du temps de travail du métier. Il évoque également une revendication qu’il porte « depuis de nombreuses années » : le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années. « Il faut le faire, car quand un jeune s’installe, on sait très bien qu’il n’a presque pas de revenus les 10 premières années à cause des investissements matériels », rappelle Paul Fritsch. « 50 % des agriculteurs ont plus de 50 ans » La ferme Adam est l’exemple même du développement d’une exploitation familiale. Crée en 1964, elle est transmise de génération en génération. Mais le renouvellement des générations est plus compliqué pour certaines exploitations, car il n’y a personne pour reprendre le flambeau, et la profession est de plus en plus vieillissante. « 50 % des agriculteurs ont plus de 50 ans », affirme Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace et président de la CAAA du Bas-Rhin. Par exemple, la production laitière est en déclin, et les chiffres sont plus qu’alarmants. « En 1984, nous avions 470 000 producteurs de lait en France. Aujourd’hui, nous sommes 50 000. Dans 10 à 15 ans, quand les plus de 55 ans auront pris leur retraite, il va rester qui ? Si on veut installer des jeunes, il faut réussir à dégager un revenu pour pouvoir faire vivre une famille, c’est fondamental », lance Francis Closquinet, président de la Coordination rurale des Ardennes. Avec une augmentation des coûts important, notamment l’électricité, l’agriculture est sous tension. Alors que certains agriculteurs avaient déjà « du mal à boucler les fins de mois », selon Paul Fritsch, qui évoque également l’après, lors de la retraite. « On n’a pas les moyens de cotiser. Car tout va dans l’achat de nouvelles machines, dans les bâtiments. Il faut être compétitif et productif, on nous l’a toujours dit. » Face à ce constat de précarité, Josiane Chevalier a rappelé la nécessité de travailler sur les conditions de travail. « Un agriculteur doit pouvoir vivre de son travail, c’est la base. Il y aura un accompagnement nécessaire. Nous avons beaucoup de travail à mener ensemble, l’agriculture fait face à des enjeux immenses. Et nous sommes dans un moment important pour le faire », dit la préfète de la Région Grand Est. En effet, une concertation sur le Pacte et projet de loi d’orientation et d’avenir agricoles a été lancée en début d’année. Le 2 mai dernier, le travail des groupes, pilotés par les Chambres d’agriculture, a été restitué.

À Ernolsheim- lès-Saverne

Perrine et son magasin

Publié le 28/04/2023

Agricultrice à Ernolsheim-lès-Saverne, Perrine Ludwig a ouvert un magasin de vente directe en novembre. Elle a organisé des portes ouvertes le dimanche 23 avril afin de faire découvrir un bel outil de travail qui est aussi l’aboutissement d’une installation réussie.

En bio depuis 1999, l’EARL Ludwig pratique la vente directe de ses produits carnés depuis un certain temps, sous forme de colis. La création du magasin de vente directe est le fruit de l’installation de Perrine Ludwig sur la ferme familiale, en 2021. « Mon objectif était de vendre 100 % de notre production en direct », indique la jeune femme. Un objectif en passe d’être atteint avec l’ouverture du point de vente, qui permet d’augmenter la part du volume qui part en filière courte. Il faut dire que le magasin de Perrine Ludwig a de quoi attirer le chaland : niché dans la verdure, bardé de bois, il s’intègre dans le cadre verdoyant d’Ernolsheim-lès-Saverne. Situé au bord de la route qui devient l’artère principale du village, il dispose de places de stationnement facilement accessibles. Dans le local de vente, Perrine Ludwig a soigné la déco, et choisi avec soin les produits partenaires. Les fruits et les jus de fruits sont issus des arbres haute-tige qui parsèment les 164 ha de prairie (pour 169 ha de SAU) de la ferme. Il y a aussi du miel d’apiculteurs d’Ernolsheim-lès-Saverne et de Romanswiller, des produits de la minoterie Burggraf Becker, des condiments des Jardins du Rottweg à Mertzwiller, des yaourts de la ferme Tiergarten à Bouxwiller, des fromages des Trésors de Célestine à Bubach, du vin du domaine Fleck à Soultzmat… Si cosy et gourmand soit-il, le local de vente n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car, derrière lui, se situe dans le sens de la marche en avant dicté par les normes sanitaires : un vestiaire, une salle de transformation, deux chambres froides, une pour la viande brute, une pour les produits transformés, un local de stockage, et une plonge. Dans cet outil de travail flambant neuf, Perrine, son père Jean-Michel et sa mère Lydie, s’activent, avec l’aide d’un boucher, pour découper et transformer la viande bovine, ovine et les poulets de chair bio produits par leurs soins. Perrine n’oublie pas de citer son époux, Christophe, et sa sœur, Marion, qui œuvrent aussi à la bonne marche de l’affaire familiale. Au final, les consommateurs trouvent un étal garni de morceaux de viande brute, mais aussi de transformations froides (merguez, saucisses à frire, poitrine de veau farcie…) Et des poulets. Il y a même de la « préparation de viande hachée », à ne pas confondre avec de la « viande hachée », « parce que je mets du sel dedans, pour la conservation, du coup il faut bien faire la distinction », précise Perrine Ludwig, qui vend aussi des steaks hachés et de la viande hachée, mais « ces produits sont fabriqués et surgelés par l’abattoir, et je les vends surgelés », précise-t-elle encore. Y aller Pour découvrir le magasin et la ferme de Perrine Ludwig et sa famille, rendez-vous  les trois premiers week-ends de chaque mois, les vendredis de 16 h 30 à 19 h 30, et les samedis de 9 h 30 à 12 h 30. Et, pour en savoir plus sur la ferme Ludwig, ses pratiques et productions, retrouvez un article plus complet dans le supplément Cultivar Élevage du mois de mai.    

Pages

Les vidéos