Vie professionnelle

Ferme Saint-Blaise à Valff

Laura Wioland, de conseillère à fermière

Publié le 27/04/2023

Le 1er février dernier, Laura Wioland a rejoint la ferme Saint-Blaise à Valff en tant qu’associée. Un nouveau départ pour la jeune agricultrice de 30 ans, qui a déjà plein de projets en tête. Elle souhaite notamment ajouter de la vie à la ferme en aménageant un poulailler bio dans le courant de l’été.

Originaire de Buhl dans le Haut-Rhin, Laura Wioland a passé son enfance à s’aventurer dans la forêt et à jardiner avec son grand-père. Devenue adulte, la jeune femme s’est dirigée sans hésitation dans un cursus en lien avec l’agriculture. Elle a suivi des études en agronomie à l’Ensaia de Nancy, pour ensuite devenir conseillère territoriale à la Chambre d’agriculture de Schiltigheim. Même s’il s’agit d’un début de carrière professionnelle enrichissant à ses yeux, Laura Wioland a alors besoin de quelque chose de plus pour être à 100 % épanouie : le lien avec l’extérieur. « Je me sentais déconnectée de la nature. Je voulais mettre les mains dans la terre et être dans la campagne, pas rester derrière un bureau. Il fallait que je change, j’en avais besoin », lance Laura Wioland. Elle décide donc de changer de métier. Mais avant de se consacrer pleinement à sa passion pour l’agriculture, Laura Wioland a un suivi pendant 2 ans un BPREA (brevet professionnel responsable d’entreprise agricole) en agriculture biodynamique au CFA d’Obernai. Une formation qui lui a permis de réaliser deux stages de huit mois, un à la ferme de Truttenhausen à Heiligenstein et un à la ferme Saint-Blaise à Valff. L’agriculture de A à Z Par la suite, Laura Wioland a décidé de revenir à la ferme Saint-Blaise de Valff, cette fois-ci, de manière définitive. Après un deuxième stage d’un an de parrainage réussi, la jeune femme s’est installée sur l’exploitation en février dernier. « On voulait tous que ça continue ! Je ne voulais pas m’installer seule, je voulais être dans un collectif, où l’on partage les mêmes valeurs », affirme-t-elle. Désormais, Laura Wioland est associée à Maurice Meyer, Thibault Mengin et Louis Rivoire. La ferme Saint-Blaise, certifiée biologique et biodynamique, compte 20 hectares dont une dizaine d’hectares de plantations. La jeune agricultrice y trouve sa place, et elle prend du plaisir à être polyvalente. « Je ne m’ennuie jamais. Je m’occupe aussi bien de la communication, de la pépinière, des récoltes, de la production, du magasin et de la vente. Ici, on part de la graine jusqu’au ticket de caisse du client. C’est juste incroyable, et ça a du sens », sourit Laura Wioland. Apporter une présence animale à la ferme Dès son arrivée à la ferme Saint-Blaise, Laura Wioland avait une idée en tête : créer un poulailler afin de développer l’activité de la ferme et de proposer des œufs frais en vente directe. L’Alsacienne passionnée de volailles assure actuellement la gestion du projet qui devrait voir le jour dans le courant de l’été. Laura Wioland espère accueillir entre 200 et 250 poules pondeuses. Tout a été pensé au mieux pour ce futur cheptel. « L’objectif principal est d’avoir des œufs de la manière la plus respectueuse possible de l’environnement et du bien-être animal », affirme Laura Wioland. Et pour cela, la jeune agricultrice a imaginé un poulailler fixe de 60 m2 avec deux grands parcours extérieurs de 2 000 m2. Les poules pourront profiter pleinement d’une grande surface d’herbe mais aussi des céréales produites par la ferme pour se nourrir. Un broyeur mélangeur, des pondoirs, des mangeoires, des abreuvoirs, des perchoirs ou encore des clôtures accompagneront ce poulailler flambant neuf. Il est possible de donner un coup de pouce à Laura Wioland dans son installation et dans la concrétisation de ce projet. Elle a lancé une collecte de financement participatif sur la plateforme Miimosa. La cagnotte est ouverte jusqu’au 15 mai. À partir de 75 euros, la contrepartie est pour le moins originale : parrainer une poule et l’adopter après sa vie à la ferme.

Publié le 20/04/2023

Pour la première fois, l’association de promotion commune des marques alimentaires Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir a tenu une assemblée générale le 12 avril à la Maison de l’Agriculture à Schiltigheim. Au programme : rapport des actions menées et retour sur la performance des marques locales.

« Malgré les crises de ces dernières années, un élément ressort, c’est le consommer local. Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir, c’est consommer des produits de nos entreprises alsaciennes et si possible avec des matières premières agricoles alsaciennes », lance Sébastien Muller, coprésident de l’Aria Alsace. Depuis près de dix ans, les deux marques alimentaires ont la même volonté : valoriser l’Alsace. Leur célèbre logo permet d’augmenter la visibilité des produits locaux alsaciens et de les assimiler à un gage de qualité. Mais ce n’est pas tout. Les marques participent à de nombreux événements, notamment au Salon international de l’agriculture à Paris, qui a été un succès promotionnel. « C’est une opération réussie, une vraie place à l’Alsace a été donnée. Je ferai en sorte que la CEA ait le même budget pour l’année prochaine. On peut anticiper davantage pour que l’Alsace soit encore plus rayonnante au salon », affirme Catherine Graef-Eckert, vice-présidente de la Collectivité européenne d’Alsace. L’Alsace, championne de France du consommer local Les pâtes Grand’Mère, les cafés Sati ou encore l’eau Carola : les Alsaciens sont attachés à leurs marques et produits locaux. « L’Alsace est une région très identitaire, elle est la championne de France du consommer local », lance Emily Mayer, directrice des études Circana. Dans le Bas-Rhin, 8,2 % des ventes dans les supermarchés sont des produits locaux, contre 7,1 % dans le Haut-Rhin. La moyenne nationale atteint quant à elle les 2,1 %. L’association Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir se félicite de ce score, mais elle ne manque pas de relativiser. « Plus de la moitié des catégories en grandes surfaces en Alsace ont une réponse locale. C’est une fierté, mais il faut faire attention aux risques éventuels de désindustrialisation et d’abandon. Je pense notamment à la brasserie Fischer de Schiltigheim qui a disparu », explique Philippe Goetzmann, expert commerce de détail et alimentaire. « On peut faire encore mieux » Pour rester dans cette belle lancée, l’association de promotion des marques alimentaires compte bien mettre les bouchées doubles l’année à venir. « Notre ambition, c’est toujours plus de visibilité, augmenter notre nombre d’adhérents et de produits alsaciens accrédités. Et bien sûr, on accompagnera toujours les entreprises à la mise en avant des marques et des logos », dit Régis Huss, directeur d’Alsace Qualité et vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace. Lors de cette assemblée générale, les membres ont vu encore plus loin. « On peut faire encore mieux, je le sais. Aujourd’hui, on fait le maximum pour promouvoir la marque en Alsace mais il faut aussi la promouvoir hors Alsace. C’est un vrai pas à faire, il faut porter l’Alsace en dehors des frontières », conclut Catherine Graef-Eckert.

Dégâts de gibier sur prairie

2022 : une année historiquement calme

Publié le 19/04/2023

Du nord au sud de l’Alsace, les dégâts de sangliers sur prairie ont été bien moins conséquents, en 2022, qu’en 2021 et 2020. Ils ont été divisés par cinq, en 2022, par rapport à l’année d’avant. Les causes seraient multifactorielles.

Dans le Bas-Rhin, en 2022, sur 654 ha de cultures détruites par le gibier, 84 ha étaient des prairies. En 2021, 535 ha de prairies sur 982 ha de cultures, au total, ont été saccagés. En 2020, 215 ha de prairies sur 1 208 ha de cultures. Plus de cinq fois moins d’hectares de prés ont subi des dégâts de gibier, dans le Bas-Rhin, en 2022, par rapport à 2021 : exceptionnel ! Les principales communes touchées, en 2022, étaient Ingwiller avec 9,5 ha de prairies détruites, Wingen avec 6,5 ha, Wissembourg avec 5 ha, Lichtenberg avec 4 ha et le secteur de Reipertswiller avec 3,5 ha, partage Pascal Perrotey, directeur du Fonds départemental d’indemnisation des dégâts de sangliers du Bas-Rhin (FIDS 67). Les cinq bans totalisent plus de 20 % des dégâts de sangliers, dans le département nord de l’Alsace, l’an dernier. « Si 18 000 sangliers ont été tirés, dont le quart de nuit (une première), il faut aussi noter que, par chance, il y avait peu de larves de hannetons, dans les prés, en 2022 », constate Pascal Perrotey, expliquant, ainsi, la baisse significative des dégâts de sangliers sur les prairies, l’an passé. Le directeur du FIDS 67 prévient : il n’y a pas de science infuse. L’avenir est donc difficile à prévoir. « 2023 sera sûrement identique à 2022 », estime, tout de même, Pascal Perrotey. « On commence à entendre, ici ou là, que les dégâts reprennent mais dans des proportions limitées. Reste quelques zones récurrentes compliquées », abonde Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. « Il suffit que deux ou trois locataires de chasse laissent filer… Nous sommes tous égaux, face aux sangliers », lâche Pascal Perrotey. Le directeur du FIDS 67 donne une astuce pour contenir les sangliers. « Dans quatre zones, qui sont le secteur Lembach, Grendelbruch, Obernai - Muhlbach et Gresswiller, Albé - Breitenbach, celui d’Harskirchen - Sarre-Union, celui du Val de Villé et celui de la Vallée de la Bruche, les chasseurs agrainent avec des pois protéagineux, que les sangliers assimilent comme des protéines animales. C’est comme s’ils mangeaient des larves donc ils ne se cassent plus le groin à creuser le sol, et les prairies sont préservées », détaille Pascal Perrotey. Des études de l’Office français de la biodiversité (OFB) montrent que l’agrainage n’aide pas la fécondité, ni donc la prolifération des sangliers, car les quantités d’agrainage restent toujours moindres par rapport aux profusions qu’offre la nature, les bonnes années, d’après le directeur de la FIDS 67. « Dans le Haut-Rhin, au col du Bonhomme, un essai a déjà été réalisé, à savoir que l’agrainage avait été arrêté et cela avait été une catastrophe », sait Pascal Perrotey. S’appuyant sur les chiffres de 2022, il remarque que les dégâts en montagne sont insignifiants, cette année. Au sud Dans le Haut-Rhin, en 2022, sur 957 ha de cultures détruites par le gibier, 206 ha étaient des prairies. « Des chiffres qui restent néanmoins à affiner, précise Marie-Joëlle Bellicam, conseillère Montagne à la Chambre d'agriculture Alsace. Des déclarations d’agriculteurs de montagne n’ont pas encore été effectuées. » En 2021, 1 018 ha de prairies sur 1 640 ha de cultures, au total, ont été saccagés. En 2020, 484 ha de prairies sur 1 614 ha de cultures. Plus de cinq fois moins d’hectares de prés ont subi des dégâts de gibier, dans le Haut-Rhin, en 2022, par rapport à 2021, tout comme dans le Bas-Rhin : une « baisse spectaculaire », admet Alexandre Bosserelle, le directeur du FIDS 68. Les principales communes touchées, en 2022, étaient Sainte-Croix-aux-Mines avec 20 ha de prairies détruites, Le Bonhomme avec 15 ha, Soppe-le-Bas avec 13,8 ha, Orbey avec 9,7 ha et Fellering avec 7,5 ha, partage le directeur du FIDS 68. Ces cinq bans avec ceux d’Oderen, de Kruth, de Soppe-le-Haut, de Pfetterhouse, de Breitenbach (dans le Haut-Rhin), de Kirchberg et d’Heimersdorf totalisent près de 50 % des dégâts de sangliers, dans le département sud de l’Alsace, soit 102,5 ha, l’an passé. « Il semblerait qu’il y a eu, en 2022, moins de sangliers que les années précédentes et la sécheresse, dès le printemps, a probablement joué. Mais les causes principales de la baisse des dégâts de sangliers sur prairies sont difficilement identifiables, d’autant plus que les dégâts en plaine n’ont, eux, que peu diminué. Météo, taux de reproduction, mortalité hivernale des jeunes, prélèvements par la chasse, etc., l’augmentation ou la diminution des dégâts est multifactorielle », énumère Alexandre Bosserelle. D’après lui, dans le Haut-Rhin, les dégâts démarrent calmement, en 2023. « Pour le moment, il n’y a pas d’alerte majeure mais tout peut aller très vite », poursuit-il. Claude Schoeffel, éleveur à Fellering, confirme : « Les dégâts ont recommencé il y a trois semaines, en l’espace de deux nuits seulement. J’ai sollicité immédiatement les lieutenants de louveterie qui sont intervenus rapidement. Pour nous, l’embellie constatée en 2022 ne se confirmera probablement pas cette année. »

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