Vie professionnelle

Publié le 09/01/2023

Contrairement à l’écorégime, la conditionnalité revêt un caractère obligatoire. À défaut de respecter des points de contrôle, il sera appliqué un taux de pénalité sur toutes les aides. Les domaines visés sont toujours liés à l’environnement, aux productions végétales et animales, mais il y a un renforcement sur les BCAE (bonnes conditions agricoles et environnementales) et la création de la conditionnalité sociale. Par Céline Cunin, FRSEA Grand Est.

La majorité des points de contrôles dans les domaines environnement (eau : irrigation, protection des eaux, directive Nitrates, oiseaux et habitats…), production végétale (contrôle pulvérisateur, utilisation des produits, certiphyto…), bien-être animal, hygiène animale étaient déjà existants pour la conditionnalité 2022 et vont être reconduits ou quelque peu modifiés. Priorité dans cet article aux BCAE et à la conditionnalité sociale. BCAE « prairies/biodiversité » BCAE 1 : Maintien des PPH Mesure reconduite : ne pas dégrader chaque année le ratio régional Grand Est de prairies permanentes en lien avec l’année de référence qui sera 2018 à partir de la Pac 2024 (intégration des prairies bio). Si le ratio baisse de plus de 2 % par rapport à la référence il faudra obtenir une autorisation de retournement, avec compensation possible. Au-delà de 5 %, obligation de resemer les PPH retournées l’année précédente. BCAE 9 : Non-labour des prairies sensibles Natura 2 000 Mesure reconduite : labour interdit des PPH en zone Natura 2 000. La carte des prairies sensibles présente dans TéléPac est en cours de révision. Seul un travail superficiel du sol dans le but de restaurer le couvert de la prairie peut être réalisé. BCAE 8 : Biodiversité - protection des éléments favorables Pour respecter cette BCAE, il faudra répondre à trois obligations cumulatives dont certaines sont des reconductions : Maintenir les haies nouveau : inclus ceux Interdiction de tailler/couper des arbres isolés, alignés, haies, bosquets… du 16 mars au 15 août (période de nidification et reproduction des oiseaux). Hormis pour les exploitations qui répondent aux conditions d’exemption (lire en encadré), les autres devront justifier (à choisir lors de la déclaration Pac) d’au moins : A. 4 % de la surface en terres arables en jachère et/ou en IAE (infrastructures agroécologiques) OU B. 7 % de la surface en terres arables en jachère et/ou en IAE et/ou cultures dérobées, fixatrices d’azote DONT au moins 3 % de la surface en terres arables en jachère et/ou en IAE. Pac 2023 - Dérogation Ukraine : Cette obligation sera respectée facilement en requalifiant lors de la déclaration Pac des surfaces en cultures (hors maïs, soja, TCR) en « jachère-dérogation Ukraine » c’est-à-dire au moins 4 % de la surface en terres arables. BCAE « érosion, protection des sols et des eaux » BCAE 3 : non-brûlage des résidus de cultures Mesure reconduite : concerne les terres arables. BCAE 4 : bandes tampons le long des cours d’eau Mesure reconduite : bande enherbée obligatoire sans intrants d’au moins 5 m de large le long des cours d’eau BCAE (linéaires consultables sur TéléPac à l’ouverture du dossier 2023 = référentiel numérique). Nouveau : bande enherbée obligatoire sans intrants d’au moins 1 m de large (culture autorisée ou herbe) le long des fossés d’irrigation et des canaux dont les linéaires sont absents du référentiel numérique mais présents en trait plein sur la carte IGN. BCAE 5 : éviter la dégradation des sols en pente Mesure reconduite : pour limiter l’érosion si la pente > 10 % tout labour est interdit dans le sens de la pente entre le 1er décembre et le 15 février en l’absence d’une bande enherbée d’au moins 5 m de large en bas de pente. Interdiction de travailler les sols inondés ou gorgés d’eau. BCAE rotation des cultures et couverture des sols BCAE 6 : couverture des sols en ZV et hors ZV L’objectif est d’assurer la présence d’un couvert pendant la période sensible hivernale. Mesure reconduite en zone vulnérable (ZV) nitrates où des obligations sont déjà en vigueur. Obligation également reconduite hors ZV, avec présence au 31 mai d’un couvert semé ou spontané sur jachères et après arrachage de vergers, vignes ou houblonnières. Nouveau : Désormais, hors ZV, il sera obligatoire de justifier d’un couvert (semé, repousses suffisamment denses, mulch, cannes ou chaumes du précédent cultural) pour toute parcelle déclarée en terre arable en interculture longue (moisson N - > culture de printemps N + 1). Présence au moins 6 semaines, au choix de l’exploitant, entre le 1er septembre et le 30 novembre. Exemple hors ZV : si après la récolte du maïs ensilage les cannes sont laissées jusqu’au 15 octobre, la BCAE est respectée (il y a 6 semaines de maintien d’un couvert autorisé). En ZV : si le maïs ensilage est récolté à partir du 1er septembre il n’y a pas obligation de semer un couvert. BCAE 7 : rotation des cultures Pour l'Alsace, un dispositif particulier a été retenu dont les contours sont en cours de validation. Dans ce cas, l’obligation de rotation des cultures - BCAE 7 est remplacée par une obligation de diversification des cultures avec l’obtention d’au moins 3 points parmi les 4 grands blocs dans la grille de diversification des cultures de l’écorégime. Le cas général dans le Grand Est (sauf Alsace et autres zones déterminées) est le suivant : pour les exploitations qui ne répondent pas aux exemptions (lire en encadré), cette mesure oblige à assurer une rotation des cultures sur les terres arables cultivées (ne sont pas concernées les cultures pluriannuelles dans la limite de 5 ans dont les légumineuses/fourragères, prairies temporaires, jachères). Pour respecter cette BCAE il faudra répondre à deux obligations cumulatives : Annuellement à l’échelle de l’exploitation, sur au moins 35 % des terres arables, la culture principale de l’année N doit être différente de la culture principale N-1. Si l’objectif n’est pas respecté, une culture secondaire* devra obligatoirement être semée à l’automne N sur la surface manquante pour atteindre les 35 % requis. (Pac 2023 - Dérogation Ukraine : cette obligation ne sera pas vérifiée.) ET à partir de 2025, avoir assuré sur une période de quatre années glissantes (N, N-1, N-2, N-3) une rotation sur chaque parcelle de terres arables cultivées : A. en ayant au moins deux cultures principales différentes (pour une même variété le semis avant le 31 décembre = culture d’hiver, au-delà = culture de printemps) OU B. en monoculture culture de printemps (hors maïs semence), semer une culture secondaire* chaque année sans exception (semis de l’automne 2022 réputé acquis). Cette obligation ne sera vérifiée qu’à partir de 2025. Ici, la dérogation Ukraine ne s’applique pas ; l’assolement 2023 sera donc pris en compte. En cas d’échange ou reprise de parcelles en terres arables cultivées, l’obligation de rotation doit être assurée par le repreneur, il faudra donc se renseigner sur les cultures déclarées sur les trois années précédant sa propre déclaration. *Culture secondaire = dérobées : culture qui est forcément semée après la culture principale (ou semée sous couvert) ; les cannes de maïs ou chaumes, le mulching ou les repousses ne sont pas acceptés. Elle doit être a minima présente du 15 novembre au 15 février. Les intrants (minéral/organique/phyto) ainsi que la fauche et pâture sont autorisés dès lors que le couvert n’est pas détruit. Elle ne doit pas être la culture déclarée en N + 1. Elle sera déclarée dans le dossier Pac. BCAE avec application différée BCAE 2 : Protection des zones humides et tourbières Elle sera applicable à partir du 1er janvier 2024. Sur la base d’une cartographie qui est en cours d’élaboration. Des mesures non encore définies seront exigées pour éviter la dégradation de ces zones sensibles et fragiles. Nouveau : la conditionnalité sociale Elle est liée au respect des réglementations déjà en vigueur sur l’exploitation en matière de conditions de travail, de sécurité et de santé des travailleurs et d’utilisation d’équipements de travail. Les contrôles s’appuieront sur ceux réalisés annuellement par les inspecteurs du travail. Une sanction administrative et/ou pénale entraînera désormais en plus une pénalité au titre de la conditionnalité. Parmi les obligations il est essentiel de rappeler que le Duerp (Document unique d’évaluation des risques professionnels) est une obligation depuis 2001 pour toute exploitation et qu’il est prévu une pénalité de 3 % en son absence. Points de contrôle et taux Le ministère a récemment présenté les différents points de contrôle pour chaque domaine ainsi que le taux de pénalités encouru en cas de non-respect. Il faudra désormais attendre la parution des textes législatifs.

Publié le 05/01/2023

Des changements importants interviennent dès 2023 dans le système de paiements des aides Pac. Zoom sur l’éco-régime par la FRSEA Grand Est.

L’éco-régime, certes non obligatoire, prend la place du paiement vert et représentera 25 % des aides du 1er pilier. Pour pouvoir en bénéficier, l’exploitation doit engager l’ensemble de ses surfaces éligibles. Il existe plusieurs voies d’accès avec deux niveaux d’exigences (base et supérieur) débouchant chacun sur un montant forfaitaire différent. Si le niveau de base n’est pas atteint il n’y aura aucun paiement. Objectifs et voies d’accès Les éco-régimes visent à accompagner la transition agroécologique. Les principaux enjeux sont le changement climatique (atténuation et adaptation), l’eau, les sols (protection et qualité), la biodiversité, la protection et la qualité des paysages, ainsi que la réduction des produits phytosanitaires. Quelles sont les trois voies d’accès ? Elles sont à choisir chaque année au moment de la déclaration Pac parmi : La voie « Pratiques de gestion agroécologiques » ; La voie « Certification environnementale » ; La voie « Éléments favorables à la biodiversité ». La voie « Pratiques de gestion agroécologique des surfaces agricoles » Cette voie s’adresse à tout exploitant s’engageant sur l’ensemble de son exploitation à maintenir et à mettre en place des pratiques agroécologiques favorables. Les exigences en termes de pratiques sont différentes selon les couverts : terres arables (TA), prairies permanentes (PP) et cultures pérennes (CP*). Le niveau supérieur ne peut être atteint que si toutes les catégories concernées répondent à ce même niveau d’exigence. Ainsi, si une catégorie atteint le niveau de base et l’autre le niveau supérieur, le montant sera celui du niveau de base. Cette voie n’est pas cumulable avec les autres voies. N.B. : Si la surface concernée par l’exigence terres arables, prairies permanentes, cultures pérennes est inférieure à 5 % de la SAU, l’exigence est considérée comme respectée. Pour accéder à cette voie d’éco-régime, trois mesures sont à respecter, selon ses types de couverts. 1. Diversification des cultures L’objectif est l’incitation à diversifier les assolements. Il s’agit d’un système de points. Il existe six catégories de cultures dont chacune en fonction de leur niveau de présence dans l’assolement va apporter plus ou moins de points. Pour atteindre le niveau supérieur, il faudra justifier d’au moins 5 points, et 4 points pour le niveau de base. Dès lors que l’exploitation n’atteint pas au moins 4 points, elle ne pourra pas prétendre à utiliser cette voie pour répondre à l’éco-régime, hormis à s’adapter. 2. Maintien et rénovation possibles des prairies permanentes par le labour Le maintien d’une prairie permanente sans labour est un objectif qui sera vérifié chaque année. Mais dans le cadre de l’éco-régime, il sera autorisé dans certaines limites d’effectuer une rénovation par labour avec re-semis d’herbe (le travail superficiel reste possible). Le non-labour d’au moins 80 % de l’intégralité des surfaces en PP permet d’atteindre le niveau de base, et celui d’au moins 90 % le niveau supérieur. Les surfaces retournées correspondent aux prairies retournées sur la campagne culturale (1er septembre N-1 au 31 août N). 3. Couverture végétale de l’inter-rang des cultures pérennes (vignes, vergers, cassis…) L’atteinte des niveaux de base et supérieurs est appréciée sur la base du taux de couverture de l’inter-rang (enherbement ou mulch végétal), estimé à la parcelle en tenant compte du nombre d’inter-rangs couverts ou non. Pour atteindre le niveau supérieur, au moins 95 % des parcelles concernées devront avoir un inter-rang couvert, et au moins 75 % pour le niveau de base. Pour calculer vos points en fonction de votre assolement, n’hésitez pas à contacter votre FDSEA. La voie de la certification environnementale Il s’agit de reconnaître « en bloc » les services rendus par des systèmes de production engagés dans l’agriculture biologique, l’agroécologie ou encore l’agriculture de précision. Ces systèmes sont reconnus comme les plus favorables à la protection des ressources naturelles, en particulier l’eau, les sols et la biodiversité, via la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires et des fertilisants de synthèse. 1. Niveau spécifique à l’agriculture biologique Tout exploitant engagé en agriculture biologique sur la totalité de son exploitation et disposant d’une attestation individuelle de mise en œuvre sur l’ensemble de son exploitation accède au niveau spécifique AB. Cependant, les exploitants qui bénéficient de l’aide à la conversion sur l’ensemble de leur surface sont exclus de cette voie, ils peuvent toutefois accéder à l’éco-régime par une des deux autres voies. 2. Niveau supérieur Tout exploitant certifié de niveau 3 et donc HVE rénovée sur la totalité de l’exploitation, disposant d’une attestation individuelle accède au niveau supérieur. L’utilisation de la certification HVE comme moyen d’accès ne peut se faire qu’au travers des nouveaux certificats correspondant au référentiel rénové disponible depuis le 1er octobre 2022. 3. Niveau de base Tout exploitant engagé en certification environnementale niveau 2 et respectant les critères de base (définis par arrêté) sur la totalité de l’exploitation et disposant d’une attestation individuelle, accède au niveau de base. La voie « Éléments favorables à la biodiversité » - Infrastructures agroécologiques (IAE) Il s’agit de rémunérer la présence d’éléments ou surfaces favorables à la biodiversité et aux paysages sur la surface agricole des exploitations. 1. Niveau supérieur Tout exploitant disposant d’au moins 10 % d’éléments IAE ou de terres en jachère sur sa SAU dont 4 % sur ses terres arables accède au niveau supérieur. 2. Niveau de base Tout exploitant disposant d’au moins 7 % d’éléments IAE ou de terres en jachère sur sa SAU dont 4 % sur ses terres arables accède au niveau de base. Les types d’IAE et de terres en jachère pris en compte au titre de cette voie ainsi que les coefficients de conversion et de pondération associés sont disponibles auprès de votre FDSEA. 3. Bonus haie Tout bénéficiaire de l’éco-régime par la voie des pratiques de gestion agroécologique (A) ou par la voie de la certification environnementale (C) justifiant d’au moins 6 % de haie sur sa SAU admissible, dont 6 % sur sa terre arable et engagé dans un programme de gestion durable de la haie attesté par une certification individuelle, peut prétendre au versement de ce bonus de l’ordre de 7 €/ha.

Assemblée générale du Comptoir agricole. Table ronde et conférence

Des moyens pour produire

Publié le 03/01/2023

L’assemblée générale du Comptoir agricole a réuni Olivier Elissalt, auditeur certificateur à Control Union, Régis Anceaux, responsable du service qualité du Comptoir agricole et Gil Riviere-Wekstein, rédacteur en chef de la revue Agriculture et Environnement, autour d’une table ronde, que ce dernier a poursuivi en une conférence sur les perspectives concernant les moyens de production agricole. En conclusion : il va falloir ouvrir l’œil, et le bon !

L’eau, c’est la vie. Et c’est aussi un moyen de production agricole incontournable. Or, l’accès à la ressource est malmené par le dérèglement climatique. Un enjeu crucial qui a donné lieu au Varenne agricole de l’eau, dont il ressort notamment un délégué interministériel chargé du suivi du Varenne, Frédéric Veau. « Cela signifie que le ministère de l’Agriculture a son mot à dire au même titre que le ministère de l’Environnement », pointe Gil Riviere-Wekstein, qui se veut « assez optimiste » quant à la gestion de la question par le gouvernement, même si des ouvrages rencontrent « une opposition très forte, voire radicale, de la part des mouvements écologistes ». Autre moyen de production, les plantes elles-mêmes, et en particulier les plantes « améliorées », que ce soit par sélection classique, mutagenèse, transgenèse ou NBT. Toute la question est de savoir si les semenciers auront accès aux NBT pour le marché européen, a posé Gil Riviere-Wekstein. Et donc de savoir comment ces organismes doivent être réglementés. « La Commission annonce faire évoluer sa directive, car elle n’est plus valable. » Mais le temps que le texte soit discuté par les diverses instances européennes et États membres, il n’est pas raisonnable d’espérer une directive avant 2024, voire 2025. « Cela signifie pas de variété NBT avant 2030. Donc, il ne faut pas compter sur elles pour remplacer les outils actuels dans un avenir proche », a prévenu Gil Riviere-Wekstein. NBT contre produits phytosanitaires : un deal dangereux Pour lui, il est donc primordial de continuer à défendre l’accès aux produits phytosanitaires, d’autant plus qu’ils font l’objet d’une « pression sociétale forte » : « Les citoyens ne voient que les risques associés et pas les bénéfices. Ni que les producteurs bio en utilisent aussi ». Si les pouvoirs publics français essaient de ménager la chèvre et le chou, l’Europe, avec sa stratégie Farm to fork, a voulu répondre à « des objectifs louables », mais en passant par « une réduction drastique » du recours aux produits phytosanitaires, et autres intrants de synthèse, avec des impacts économiques « désastreux ». A Farm to fork s’ajoute le règlement SUR, pour Sustainable use of pesticides, sur l’utilisation durable des pesticides, dont Gil Riviere-Wekstein qualifie les objectifs d'« hors-sol », avec notamment une interdiction totale des produits phytosanitaires dans les zones dites sensibles, soit 100 % des Pays Bas. « Tous les pays membres ont émis des craintes sur ce projet, donc la bataille est ouverte, car la Commission a face à elle 20 États membres qui réfutent le texte. Rien n’est joué, mais la France et l’Allemagne doivent se positionner plus clairement », estime l’expert, qui met en garde contre un chantage « accès aux NBT » contre réduction des pesticides. « C’est un deal dangereux, car les NBT ne remplaceront pas les produits phytosanitaires de manière générale. »   Pour conclure, Gil Riviere-Wekstein partage ses prévisions : « Je pense qu’il va y avoir une nouvelle réglementation pour les NBT, avec des exigences telles que les semenciers renonceront à en faire en Europe. Je pense aussi que Farm to fork ne tiendra pas face au fait que les considérations économiques vont prendre le pas sur la transition écologique. »

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