Vie professionnelle

CFG Alsace

Passage de relais

Publié le 29/12/2022

Le CFG Alsace est l’association de gestion et de comptabilité des agriculteurs par excellence. En témoignent les trois quarts des comptabilités agricoles suivies. Sa transition informatique se poursuit, cette année, sous la direction de Philippe Gervais, qui succède à Rémy Uffler. L’assemblée générale 2022 a été l’occasion d’officialiser ce changement de direction.

Plus de 3 500 comptabilités et quelque 120 collaborateurs relèvent du CFG Alsace. L’assemblée générale, qui s’est tenue le 5 décembre dernier, a permis d’accueillir son nouveau directeur, Philippe Gervais, qui prend la relève de Rémy Uffler, chaudement remercié. Si ce dernier reste au CFG Alsace, après quarante ans de service, son successeur vient de rejoindre l’association. Expert-comptable, Philippe Gervais était en charge des finances et des ressources humaines d’un groupe familial alsacien. Il devra accompagner la suite de la transition informatique, un coût pour l’association, car nécessitant de forts investissements en matière de licences, de logiciels et de matériel informatique. La chaîne de production comptable Isacompta (le nouveau logiciel) est aujourd’hui fonctionnelle, 1 150 dossiers ont été migrés à ce jour. Près de 55 % des adhérents qui saisissent avec le logiciel du CFG devront utiliser le nouveau logiciel en mode « collaboratif », permettant ainsi les échanges avec leur comptable. La formation des adhérents est en cours et devra se terminer d’ici fin 2023. Joseph Behr, directeur adjoint du CFG Alsace, invite d’ailleurs les concernés à réserver leur créneau de formation auprès de leur comptable dès à présent. La pratique se fera sur leur propre dossier. La formation permettra donc de s’avancer. Le but est d’arriver à une dématérialisation progressive, et à terme de « supprimer le papier ». Concernant la facturation, « MEG Facturation » est un logiciel 100 % en ligne, conseillé par le CFG Alsace, qui le mettra à disposition des adhérents à un tarif concurrentiel. En vue de l’avènement de la facture électronique, bien sûr ! Toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées. Les exploitations et entreprises devront pouvoir recevoir des factures électroniques à partir du 1er juillet 2024 et par ailleurs en émettre au plus tard le 1er janvier 2026. Ce sera la fin de la facture papier à cette date. Outre la dématérialisation et la simplification, à terme, le but recherché est aussi l’extraction des données pour la DGFIP, ce qui n’a pas manqué de faire sourire l’assistance, consciente des enjeux pour l’administration fiscale. Outre le logiciel pour émettre des factures, le CFG Alsace proposera une Plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) pour recevoir les e-factures, dans un premier temps. Pour le CFG, l’enjeu est que les factures soient intégrées directement dans le logiciel comptable. Des aides multiples en 2022 L’année 2022 a aussi été marquée par les dispositifs d’aides multiples, pour lesquelles les comptables du CFG Alsace se sont démenés. Ainsi, les aides d’urgence à la filière porcine ont été attribuées, pour le volet 1, c’est-à-dire l’aide forfaitaire à la trésorerie de 15 000 € par exploitation en cas de difficulté, à 24 exploitations dans le Bas-Rhin, soit 360 000 €. Pour le volet 2, c’est-à-dire l’aide forfaitaire, selon le taux de spécialisation et le nombre d’animaux, à 19 exploitations. L’aide à l’alimentation animale FranceAgriMer, toutes productions confondues, pour compenser la hausse de son coût, en fonction du taux de dépendance, a été distribuée à plus de 500 exploitations : 60 % ont reçu un forfait de 1 000 €, et 40 % une aide proportionnelle aux achats d’un plafond de 35 000 €. Estimation de l’opération : 2,70 M€, versés dans le département. Enfin près de 1 500 dossiers de demande ont été déposés à l’échelle du CFG Alsace dans le cadre du dispositif PEC Ukraine hausse de charges, doté d’une enveloppe nationale de 150 M€. Ce dispositif vise à compenser 30 % des surcoûts observés entre 2021 et 2022 sur divers postes (engrais, GNR, énergie, emballage, alimentation animale dans la mesure où il n’y a pas eu d’aide FranceAgriMer). La forme de l’aide est une prise en charge de cotisations sociales MSA, dont le montant moyen devrait atteindre 1 500 € et au maximum 5 000 €. Tous ces dossiers ont été déposés en un temps record, avant le 12 octobre 2022. Le travail des comptables, réalisé en quinze jours, a été applaudi. Face à la spirale inflationniste Franck Sander, le président du CFG Alsace, est revenu sur le contexte économique global déstabilisé par la guerre en Ukraine et l’explosion du coût de l’énergie. Si le secteur agricole bénéficie depuis quelques mois maintenant de prix rémunérateurs, il doit aussi faire face aux conséquences de la sécheresse de cet été et surtout de l’explosion de certaines charges. Le contexte est devenu tellement incertain que se pose même la question de la disponibilité de certains engrais sans parler des éventuelles coupures de gaz ou d’électricité. Dans cet environnement très fluctuant, il est d’autant plus important de bien connaître ses coûts de production et savoir actionner les bons leviers. « Optimiser la fiscalité, investir pour préparer l’avenir et rendre nos exploitations plus résilientes, épargner pour se constituer un volant de sécurité, autant de pistes que les conseillers du CFG se proposent d’analyser avec vous », a insisté Franck Sander. Jean-Louis Chandellier, directeur général adjoint de la FNSEA, directeur du département entreprise et territoires, a conclu l’assemblée générale 2022 du CFG Alsace sur les défis économiques, climatiques, sociétaux et le renouvellement des générations, qui challengent d’ores et déjà les agriculteurs. « Notre ADN, c’est accompagner les femmes et les hommes qui ont le goût d’entreprendre sur des territoires vivants et dynamiques », a-t-il dégainé. Le CFG Alsace est fier de procurer les outils pour gérer leurs projets.

Publié le 28/12/2022

Par Yannis Baltzer, président, ainsi que l’ensemble des membres du conseil d’administration des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin.

Chers tous, L’année 2022 touchant à sa fin et celle de 2023 se profilant déjà, en quelques mots, voici le bilan de ces douze derniers mois. En décembre dernier, lors de ses vœux, notre ami et ancien président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, Julien Koegler, nous souhaitait une année de réussite et de rencontres après une longue période inaccoutumée et restrictive. Chose promise, chose due ! Journée de l’installation et de la transmission, concours de pointage lors du Festival de l’élevage de Brumath, tournées cantonales, Tour de France des femmes, dix Fermes ouvertes et autres événements conviviaux ont, en effet, rythmé l’année 2022 des JA du Bas-Rhin. Enfin, le franc succès qu’a connu la 68e Finale départementale de labour le 28 août à Mussig, ayant rassemblé près de 12 000 visiteurs, n’a pu que confirmer le dynamisme de nos membres. Par ailleurs, et en gage de leur envie de renouveau, les Jeunes Agriculteurs ont su gagner en visibilité au travers de la websérie vulgarisant la production agricole, « Oh Mon Grain », lancée en avril. Cependant, cette année, également ternie par la sécheresse et les canicules historiques, a été violemment marquée par la hausse du coût de l’énergie à la suite des événements dramatiques se tenant sur le sol ukrainien. Concernés par ces problématiques conséquentes, les Jeunes Agriculteurs se sont ainsi mobilisés pour revendiquer leurs intérêts lors de l’assemblée générale de mars, par exemple. Aussi, et en réponse à la dévalorisation de leurs productions par les grandes surfaces, une centaine d’agriculteurs issus des JA et de la FDSEA, ont réalisé une action coup de poing et bâché plusieurs rayons du Leclerc Rivetoile de Strasbourg, le 9 février. Forces vives de l’agriculture, en témoigne l’augmentation croissante des installés depuis 2019, nous devons continuer à militer pour le renouvellement des générations afin d’atteindre notre objectif « un départ, une installation ». La pérennisation de notre métier est primordiale et notre professionnalisation est essentielle. Nous sommes conscients que 2023 nous réserve encore bien des défis à relever pour que notre agriculture reste performante, économiquement viable et socialement vivable. Pour que notre voix soit entendue et notre métier défendu, nous avons plus que jamais besoin de personnes passionnées qui ne craignent pas de s’engager. Au nom de Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année à vous et à vos proches, et surtout, que 2023 soit une année agricole à la hauteur de vos espérances. Soyez fiers de votre métier : vous nourrissez les Hommes !

Coopérative agricole de céréales

Des valeurs « fortes » en guise de boussole

Publié le 25/12/2022

La Coopérative agricole de céréales peut avoir le sourire : elle a clôturé l’exercice 2021-2022 avec des résultats financiers records malgré un contexte économique et géopolitique chahuté. Une « performance » saluée lors de l’assemblée générale du 9 décembre, qui n’occulte cependant pas les difficultés et incertitudes croissantes présentes en amont et aval de la filière.

Pour ses 75 ans, la Coopérative agricole de céréales (CAC) a démontré sa faculté d’adaptation. Au fil d’une année 2022 « qui aura marqué les esprits » aux yeux de son président, Jean-Michel Habig, l’entreprise haut-rhinoise s’est appuyée sur ses valeurs « historiques » - équité, efficience, transparence, respect, confiance, appartenance, audace - pour garder le cap et protéger ses adhérents dans un contexte économique et géopolitique très tendu. Au cours de l’exercice écoulé, la coopérative a atteint un résultat record (lire en encadré), le tout sans dégrader les prix payés aux associés coopérateurs. « Ceci nous permet de redistribuer cette année encore du résultat », se félicite-t-il à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 9 décembre au Parc des expositions de Colmar.     Un chiffre historique lié à plusieurs facteurs : une récolte abondante malgré les conditions climatiques, et une explosion du prix du maïs sur le marché mondial, ce qui a fait bondir de 75 euros les prix acomptes moissons maïs payés aux coopérateurs, passant de 206 euros la tonne en 2021 à 281 euros en tonne en 2022. « Aucun d’entre nous n’a jamais connu des prix aussi élevés. Nous pouvons évidemment nous féliciter de cette bonne performance, mais cela ne doit pas occulter le fait que cela pose question. Dans cet environnement mondialisé, tout évènement à des conséquences fortes. Ainsi, la hausse des prix de nos céréales, combinée avec l’explosion des coûts de l’énergie, impacte les industries de transformation. Certaines baissent leur production quand d’autres arrêtent complètement leurs activités. » Pour la CAC, tout l’enjeu était justement de permettre à ses adhérents de continuer à produire tout au long de 2022 alors que le prix des intrants s’envolait lui aussi. Pour y arriver, elle a dû anticiper et arbitrer au quotidien entre le risque prix et le risque disponibilité afin de répondre aux besoins de chaque exploitation. « Nous avons réussi grâce à la mobilisation de toute notre organisation. Mais cela a été difficile, et cela n’est malheureusement pas fini. La campagne prochaine s’annonce encore plus compliquée pour les engrais, mais aussi pour les semences et les produits phytosanitaires. Sans oublier les risques de disponibilité et de prix pour le gaz et l’électricité. Les défis à venir sont de taille. Mais nous réussirons à nous adapter comme nous le faisons depuis 75 ans », poursuit le président. Plus d’achat sans anticipation Pour y arriver, la Coopérative agricole de céréales entend plus que jamais s’appuyer sur sa philosophie première : « Pour voir loin, il faut voir collectif. » Après la création, il y a trois ans, de l’union de commercialisation franco-allemande ECU, le groupe CAC s’est uni avec la Coopérative de Sundhouse pour former l’union d’achats Rhénalliance au cours de l’exercice 2021-2022. Cette nouvelle structure effectue ses achats auprès de l’union des coopératives Aréa, créée en 2011, qui regroupe 18 membres sur la grosse moitié est de la France, et représente 15 % du marché national des agrofournitures pour les agriculteurs et les viticulteurs. Son directeur, Stéphane Wilhelm, porte un regard lucide sur la situation actuelle. « Cette année, l’achat des engrais a coûté 527 millions d’euros, soit la quasi-intégralité de notre chiffre d’affaires d’il y a deux ans. Et malheureusement, on commence seulement à rentrer dans le dur. » Il pointe les principales firmes phytosanitaires qui ont progressivement délocalisé leur production en Chine pour des questions budgétaires et qui sont confrontées, aujourd’hui, à de gros retards de fabrication liés à la crise sanitaire. « À cela s’ajoutent les tensions sur le transport maritime ainsi que le conflit russo-ukrainien qui nous impacte sur plusieurs niveaux comme l’approvisionnement en ammonitrate, dont une bonne partie venait de Russie. » Ce contexte inédit a obligé Robert Grosshans, responsable des achats pour le groupe CAC et Rhénalliance, à revoir sa façon de travailler au quotidien. Fini le temps où il pouvait prendre son temps avant d’acheter au meilleur prix et comparer les offres sur le marché. Place désormais à l’anticipation permanente et à la réactivité instantanée. « On fait en sorte de savoir ce qu’on veut précisément avant de recevoir les offres. Et quand elles arrivent, on sait jusqu’où on veut aller ou pas. On sait rapidement si on prend ou on ne prend pas. » Il observe avec un certain soulagement la force commerciale offerte par l’union des coopératives Aréa. « Si on s’en est bien sortis durant la campagne précédente, c’est parce qu’on a travaillé avec d’autres qui nous ont apporté des moyens logistiques supplémentaires, par la mer en l’occurrence. Sans cela, on aurait été incapable d’avoir la marchandise qu’il nous fallait. » Stéphane Wilhelm complète : « C’est la richesse de notre groupe : nous avons des portes d’entrée sur tout le territoire, ce qui nous permet d’avoir de l’agilité sur l’achat de toutes les formes d’azote. » Cette souplesse va être primordiale en 2023 aux yeux des deux spécialistes. Pour Robert Grosshans, il faut oublier le « monde d’avant ». « On n’y retournera pas. Il faut plutôt se projeter dans un contexte où la question énergétique va être déterminante, en plus des aspects logistiques de plus en plus difficiles à gérer. Nous avons un nouvel équilibre à créer. À nous de projeter notre intelligence collective, c’est notre grande force. Cela m’incite à rester confiant pour les achats de nos approvisionnements futurs. » Un marché aval plus incertain Sur les marchés avals, la situation est tout aussi imprévisible et incertaine. Depuis la pandémie Covid-19, puis le conflit ukrainien, les « fondamentaux » ont là aussi disparu pour laisser la place à une ère de questions permanentes : Quelle sera la suite de la guerre ? Quels prix pour le gaz, le pétrole, l’électricité ? Quel sera le visage de la récession qui se profile ? « Et qui dit récession, dit baisse de production, désindustrialisation. Je n’ai pas de réponse à ces questions, que des avis. Nous avons perdu tous nos repères. Clairement, les challenges sont devant nous », annonce Mariana Svolinkova, courtière « céréales » chez Bloch et Rehs. Elle se veut néanmoins très confiante pour la production céréalière alsacienne, située au cœur de l’industrie de quatre pays : « Vous avez un avantage logistique avec le Rhin et la proximité avec vos acheteurs. Cela sera toujours un atout sur les marchés. » La directrice d’ECU, Michèle Waegele, observe avec un certain désarroi les dégâts collatéraux du conflit ukrainien sur la filière céréalière rhénane. Depuis l’ouverture du corridor humanitaire en mer Noire, ce sont 11 millions de tonnes de céréales supplémentaires qui sont arrivées sur le marché, en plus des 10 déjà exportées. « Auparavant, l’Ukraine avait des quotas à l’export. Aujourd’hui, ils sont supprimés. Le pays bénéficie d’un appui politique quasi mondial et d’une aide au niveau logistique et transport. Ce qui fait que nous sommes désormais noyés sous les céréales ukrainiennes », souligne Michèle Waegele. Il faut ajouter à cela 6 millions de tonnes de maïs en provenance du Brésil, et 6 millions de plus déjà prévus pour la prochaine campagne.     On observe en parallèle une baisse de la consommation de céréales, estimée entre 15 et 20 % pour l’alimentation humaine, et à plus de 20 % pour l’alimentation animale. « On est en train de tuer la demande. Quoi qu’on fasse, elle ne reviendra pas du jour au lendemain », avertit la directrice d’ECU, qui alerte aussi sur la santé financière de certains clients contraints d’acheter du maïs plus cher que ce qu’ils avaient prévu suite au déclenchement du conflit russo-ukrainien. « Et puis il y a un dernier impact, et non des moindres : c’est la rentabilité de nos clients. Des usines d’éthanol ont même fermé à cause de la hausse du prix de l’énergie et des céréales. » Comme Mariana Svolinkova, Michèle Waegele ne peut que constater la disparition des repères historiques du marché céréalier. « Les fondamentaux - chiffres de production et de consommation - restent les mêmes. À part cela, on ne peut plus se fier à ce qu’il s’est passé hier. Chaque jour est un nouveau jour, avec de nouvelles informations. »

Pages

Les vidéos