Vie professionnelle

Publié le 13/06/2023

La MSA d’Alsace a réalisé une réunion d’information sur le réseau sentinelles le 31 mai dernier à Schiltigheim. L’objectif était de présenter ce dispositif de lutte contre le suicide en milieu agricole et de recruter des bénévoles anonymes, qui pourront alerter lorsqu’un agriculteur est en souffrance psychologique.

Le suicide représente la troisième cause de décès chez les agriculteurs, selon une étude de la MSA. « En 2015, il y a eu 605 suicides dans le monde agricole, soit deux par jour. Les chiffres sont anciens, mais ils sont tout de même parlants », souligne Claire De Meeus, sous directrice de la MSA d’Alsace. En démarrant la réunion par ce constat, la mutualité agricole souhaitait montrer aux acteurs présents que le mal-être est bien réel dans la profession. La MSA est confrontée depuis de nombreuses années, de manière régulière, à des situations où la santé mentale des agriculteurs est au plus bas. « Un exploitant d’élevage laitier de 58 ans avait subi un accident du travail. Une collègue de la CAAA nous a appelés car elle ne le trouvait pas bien, il était stressé, isolé, surinvesti, avec troubles de l’humeur, voire de l’agressivité. Il était dans une situation de détresse, on l’a reçu, accompagné, et pris en charge », explique Pascale Herbercht, médecin du travail à la MSA. Une formation pour mieux prévenir Dans cet exemple, la personne de la CAAA qui a lancé l’alerte pourrait être considérée comme une sentinelle. Car souvent, ce sont des personnes extérieures qui appellent à l’aide. « Ce n’est pas la personne qui en a besoin qui demande. Ils sont parfois dans une posture de déni, et réticents à demander de l’aide. Après, nous n’intervenons jamais sans l’accord de la personne », dit Nathalie Vaudeville, responsable des travailleurs sociaux à la MSA d’Alsace, en charge de la ligne téléphonique de détresse. La création du dispositif sentinelle en Alsace permettra à ces lanceurs d’alerte d’être dans un réseau officiel, mais surtout de suivre une formation avec le Groupement d’études et de prévention du suicide (GEPS). « L’objectif c’est l’acculturation à la question du suicide : en informant, en sensibilisant et en donnant des outils de repérage et d’évaluation du risque suicidaire. Renforcer l’empathie de chaque sentinelle, en vue de faciliter l’accès aux soins des personnes en souffrance psychologique. Car plus on parlera du suicide, moins ça sera tabou », lance Claire De Meeus. Par la suite, seules les sentinelles pourront alerter s’ils estiment qu’un agriculteur est confronté au mal-être. La MSA souhaite avoir une centaine de sentinelles en Alsace pour 2024. La mutualité agricole a lancé un appel pour trouver ses premiers bénévoles. La seule condition est d’être majeur, et en contact avec des agriculteurs. « Ça peut être aussi bien un assureur, un banquier, un élu, un retraité », énumère Pascale Herbercht. Si vous êtes intéressés pour rejoindre les sentinelles, vous pouvez vous inscrire en contactant secretariatdirection.blf@alsace.msa.fr. Une formation d’une journée aura lieu à la fin du second semestre de 2023 à Strasbourg, Sélestat ou Colmar.

Publié le 12/06/2023

Après l’assemblée générale de Cristal Union, c’était au tour de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB) d’Alsace de prendre la parole. Le syndicat s’est félicité des résultats de la filière betteravière et des développements des surfaces et producteurs à Erstein, mais il a surtout insisté sur le fait que le syndicalisme est aujourd’hui indispensable pour faire face aux problèmes actuels et à l’incertitude de l’avenir.

« La question que l’on pourrait se poser, les uns et les autres, c’est : pourquoi a-t-on besoin du syndicalisme ? » a lancé Frank Sander, président de la CGB, pour lancer comme il se doit l’assemblée générale du syndicat à Oberhausbergen. Il n’a pas manqué de rappeler l’importance de la CGB, qui permet d’avoir une complémentarité afin d’avancer dans les meilleures conditions possibles pour défendre la betterave et ses usines. « Le rôle du syndicalisme est aujourd’hui d’autant plus nécessaire étant donné le contexte politique qui nous entoure. C’est vrai que quand on fait le constat, quand on parle de la compétitivité, quand on regarde la balance commerciale de notre pays mais aussi de l’Union européenne, il y a de quoi s’inquiéter », continue Franck Sander, qui s’est notamment entretenu avec Emmanuel Macron lors du dernier salon de l’Agriculture au sujet de la filière betteravière. « Un marché en vert » à surveiller La CGB est revenue fièrement sur les résultats XXXL de la betterave évoqués par Cristal Union, tout en restant prudente. Car aujourd’hui, il y a plusieurs défis à relever si la filière souhaite garder cette dynamique. « Les voyants sont au vert pour les marchés, mais pas pour nos charges, pour nos moyens de production, et le marché se retournera un jour. C’est un marché qui est cyclique, soyons prêts à affronter ces cycles qui pourraient être à un moment donné difficiles », dit Franck Sander. La sécheresse et les moyens de production, deux grands enjeux Globalement, le rendement progresse (79,4 t/ha en Alsace). Mais celui-ci pourrait être encore plus élevé, selon le syndicat, car il a été fortement impacté. Déjà, la sécheresse n’a pas épargné la betterave. « Quand on regarde la courbe de la pluviométrie en 2022, on se rend compte qu’il y a eu un fort déficit de précipitations durant les mois de mai, juillet et août. Forcément il y a un manque. La sécheresse de l’été dernier a pénalisé les cultures de printemps, et pas que la betterave. Les incidents climatiques sont de plus en plus fréquents, on va devoir y faire face », explique Joseph Behr, directeur de la CGB Alsace. La deuxième raison, ce sont les moyens de production. La suppression des néonicotinoïdes en enrobage des semences illustre bien cette situation selon le syndicat. « Des solutions efficaces seront trouvées à terme, mais en attendant, s’il devait y avoir une forte pression de pucerons, nous ne disposons que de peu de moyens de lutte contre la jaunisse, ce qui risque d’entraîner des baisses de rendement. Le manque de moyens de production empêche donc la betterave d’exprimer pleinement son potentiel de rendement », lance Joseph Behr. Le syndicat s’est engagé face à ce sujet, notamment lors d’une manifestation le 8 février dernier à Paris. Il compte en tout cas trouver une solution à travers l’innovation, la génétique et les nouvelles variétés de betteraves. Préserver la filière et ses planteurs La culture betteravière alsacienne est dans une forme olympique avec ses 462 planteurs et 5 270 ha. « On doit être la seule usine de France à augmenter nos surfaces en 2023, on est plus que satisfait », rappelle Joseph Behr. Pour continuer à attirer les planteurs, la CGB se dit mobilisée. « Il est nécessaire d’apporter de la sécurité, de permettre l’indemnisation la plus juste des producteurs », affirme Nicolas Rialland, directeur général de la CGB. Pour sécuriser le revenu des planteurs, le syndicat s’est penché sur la question de la gestion des risques, devenue indispensable au vu du contexte actuel. La CGB a notamment œuvré pour réformer l’assurance récolte 2023, qui comporte désormais trois niveaux. Les aléas courants, la multirisque climatique (MCR), et enfin la solidarité de l’État. « Ce nouveau dispositif à trois étages permet d’être plus complet lorsqu’il y a un aléa exceptionnel. Après les assurances, l’État prend le relais. Il y a une incitation à être assuré. Car pour cette partie, l’État indemnise à 100 % l’agriculteur s’il est assuré MCR, et à 45 % s’il ne l’est pas », énonce Joseph Behr. À la fin de cette assemblée générale de la CGB, tous avaient la même volonté : augmenter encore plus les surfaces. « Nos producteurs sont dynamiques, ils méritent d’être encouragés et préservés. Puisqu’on est dans un contexte de renouvellement de générations, j’espère que nos jeunes agriculteurs s’intéressent de plus en plus à cette diversité. Il faut préserver la filière betteravière, car elle a tellement d’atouts », conclut Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture Alsace.

Publié le 12/06/2023

Une année 2022 « hors norme » et des résultats « XXXL » pour la betterave. Cette idée a découlé tout au long de l’assemblée générale de Cristal Union du 12 mai dernier au complexe sportif d’Oberhausbergen. Avec un regain de planteurs et des surfaces qui se développent à Erstein, la filière respire à nouveau et espère une campagne 2023 exceptionnelle, malgré une interdiction plus avancée que prévu des néonicotinoïdes.

Même si le rendement 2022 a été impacté par la sécheresse, l’année a été plus que bonne pour la betterave. L’Alsace atteint un rendement de 79,4 t/ha, dépassant une nouvelle fois la moyenne nationale (76,9 t/ha). Le prix de la tonne de betterave, lui, a explosé. « L’an dernier, à la même tribune, nous évoquions un objectif de 30 €. Finalement, notre rémunération a largement dépassé l’objectif », affirme Gérard Lorber, président de la section Erstein de Cristal Union. En effet, le prix a atteint un score historique de 43 €. Anne Sander, députée européenne, et Josiane Chevalier, préfète de la région Grand Est, ont tenu à être présentes pour féliciter la filière. « Je me réjouis que les indicateurs soient positifs. Après cinq années de décroissance et des prix anormalement bas suite à la suppression des quotas, la betterave redevient compétitive avec un niveau économique qui a enfin du sens », dit Josiane Chevalier. 462 planteurs alsaciens en 2023 « Un nouveau vent de confiance dans la production betteravière souffle sur la plaine d’Alsace. Le site d’Erstein connaît la plus grosse augmentation de surface, en passant à 5 720 ha », se réjouit Gérard Lorber. En deux ans, environ 70 planteurs alsaciens ont rejoint la filière, pour un total de 462 en 2023. Il s’agit d’une excellente nouvelle, puisque la culture betteravière a connu une dynamique de baisse de surface ces dernières années. « Après 2017, les cours ont chuté et Erstein était touché par la cercosporiose, la baisse des prix et parfois la jaunisse, donc certains planteurs ont décidé de jeter l’éponge. En 2022-2023, on repasse enfin à la hausse, on est très satisfaits et heureux », lance Joseph Behr, directeur de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) d’Alsace. Pour réussir à garder cette dynamique de croissance, le secteur ne se repose pas sur ses lauriers et appelle toujours à augmenter les cultures betteravières. « Notre objectif est de développer encore plus en proposant d’octroyer des surfaces pour 2024 à tous ceux qui n’ont pas osé franchir le pas de la betterave cette année », dit Gérard Lorber. Optimistes mais aussi vigilants Avec ces résultats positifs, la campagne 2023 s’annonce plutôt bien. Elle est en tout cas dans une bonne voie. « Aujourd’hui, notre plaine betteravière se présente sous de bonnes perspectives. Les désherbages, avec toute l’humidité que l’on connaît, sont pour l’instant réussis. À noter que, sur notre périmètre, nous avons implanté 7,5 % de surfaces avec la technique conviso smart, qui permet de produire des betteraves avec un désherbage plus simple », continue Gérard Lorber. La coopérative sucrière a également annoncé son objectif de rémunération à atteindre en 2023 : 45 €/t de betterave. « Sincèrement, je pense que nous serons capables de faire encore mieux. Mais vous savez que nous connaissons des semis tardifs, que les rendements restent incertains, ma prudence m’incite donc à dire qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », souligne Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. La jaunisse au cœur des préoccupations Lors de cette campagne, d’autres défis seront à relever, comme le sujet des néonicotinoïdes, qui était sur toutes les lèvres. En effet, le 19 janvier dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a interdit les dérogations à l’utilisation de ces insecticides, ce qui a condamné toute perspective de dérogation française pour 2023. Une décision jugée « inattendue et brutale » par l’ensemble des acteurs de Cristal Union. « L’Alsace est certes moins exposée aux conséquences de cette décision, mais avec les semis tardifs et la présence déjà observée des pucerons, le risque de jaunisse sur les jeunes plants est à surveiller de très près », affirme Josiane Chevalier. La préfète a rappelé qu’un dispositif d’indemnisation en cas de pertes de production était en cours de discussion. Cristal Union se dit mobilisé sur le sujet de la jaunisse et a donné plusieurs outils pour y faire face. Bruno Labilloy, directeur agricole du groupe, a notamment présenté l’application Cristal Vigie Pucerons. Le principe est simple : lorsque les planteurs sont confrontés à la présence de pucerons, ils les prennent en photo et partagent sur l’application. « Le bon réflexe est : je détecte, je photographie et je partage. Les cartes de présence de pucerons seront mises à jour quotidiennement pour mieux prévenir l’apparition des nuisibles et nous permettre d’intervenir le plus tôt possible », explique Bruno Labilloy. La profession préparait déjà cette sortie des néonicotinoïdes pour 2024. Le calendrier a été certes avancé d’un an, mais Cristal Union est confiant pour la suite. « Dès 2025-2026 de nouvelles variétés résistantes à la jaunisse seront disponibles, la recherche avance vite. D’ici deux à trois ans, la jaunisse ne sera plus qu’un mauvais souvenir », lance Olivier de Bohan, président de Cristal Union.

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