Vie professionnelle

Publié le 23/04/2022

Les acteurs économiques alsaciens ont annoncé par voie de communiqué la création d’un collectif pour la compétitivité de l’économie alsacienne (CCEA), afin de coordonner les positions du monde économique face à la multiplication de projets locaux impactant la rentabilité des entreprises.

Les acteurs économiques constatent la multiplication des dossiers portés par les collectivités alsaciennes qui impactent l’activité et la rentabilité des entreprises : Zones à Faibles Émissions (ZFE) ; Augmentation de la fiscalité locale des communautés de communes et agglomération ; Taxe poids lourds : R-Pass. Les chefs d’entreprises alsaciens sont engagés dans la transition énergétique et dans la modernisation de leurs entreprises. Ils subissent depuis deux ans des crises successives liés à la pandémie et maintenant la désorganisation économique mondiale provoquée par la guerre en Ukraine. L’économie alsacienne n’est pas protégée par une bulle. Elle est soumise à la compétition nationale et internationale. Par conséquent, ses acteurs ont décidé de s’organiser en collectif pour veiller à ce que la surtransposition de normes et des décisions locales, ne mettent pas en péril l’économie de notre territoire. L’Alsace est fière d’être une terre industrielle historique, une région d’innovation 5.0, de services reconnus, riche de son agriculture diversifiée, la « championne des circuits courts », une « terre promise de l’économie » et elle entend le rester. En l’absence d’alternatives multimodales, la circulation de poids lourd est aussi le prix de cette réussite. Une des premières tâches de ce collectif sera de coordonner l’analyse du projet de taxe poids lourd (R-Pass), son impact sur l’économie alsacienne et le pouvoir d’achat des Alsaciens. Ses membres rappellent leur opposition de principe à la taxation du trafic qui dessert l’économie locale. Ses membres fondateurs appellent tous les syndicats et associations économiques désireux de partager leurs objectifs à les rejoindre. Membres fondateurs Le transport : Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Alsace Union des entreprises Transport et logistique de France (TLF) Est Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra) Organisation des transports routiers européens (Otre) Association des chargeurs et utilisateurs de transport en Alsace (Acuta) Le Medef Alsace et ses branches : Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alsace France Chimie Grand Est Planète CSCA Syndicat des courtiers d’assurance Grand Est Chambre syndicale du commerce de gros (CSCG) Chambre professionnelle du conseil (CPC) Grand Est Union des industries textiles (UIT) Alsace L’agriculture et l’agroalimentaire Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Bas-Rhin Jeunes Agriculteurs (JA) du Bas-Rhin Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Haut-Rhin Jeunes Agriculteurs (JA) du Haut-Rhin Association des viticulteurs d'Alsace (Ava) La Coopération agricole Grand Est Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace

Publié le 22/04/2022

Le CER France Alsace a vécu un exercice 2020-2021 difficile. L’association de gestion et de comptabilité (AGC) a accompagné ses adhérents pendant la crise sanitaire en leur proposant un dispositif d’aide personnalisé et de proximité. De nombreux chantiers sont en cours. À commencer par l’arrivée de la facture électronique.

Le président du CER France Alsace Paul Deguille a présidé le 8 avril sa onzième assemblée générale. Le contexte reste particulier avec une crise sanitaire qui s’éternise. Pour autant, le centre de comptabilité, fort de son réseau national, poursuit ses missions avec un résultat comptable de 34 792 €, une trésorerie de 472 185 € et un budget prévisionnel qui prévoit un excédent de plus de 20 000 €. « Malgré le contexte sanitaire, nous avons répondu présents. On a bien travaillé », se félicite Paul Deguille. Le CER France Alsace a en effet proposé de nombreux outils à ses adhérents comme un « kit » d’aide pour passer sereinement cette période, la production de documents de travail, l’ouverture d’un intranet, des mails d’informations, une lettre d’employeur mensuelle. « Nous avons tout fait pour être réactif par rapport à l’actualité. Nous avons voulu poursuivre nos missions, en proximité avec l’ensemble de nos adhérents », confirme la directrice du CER France Alsace, Blandine Coutelas. Au 31 août 2021, le centre de comptabilité gérait 583 dossiers en Alsace. « Malgré des mouvements d’adhérents, le CER France Alsace observe une hausse du nombre des dossiers. Si le portefeuille agricole baisse de 1,7 %, il augmente pour les artisans et les commerçants de 7,5 %, tout comme pour les professions agricoles de 5,9 %. Des dossiers gérés par les 23 collaborateurs salariés du CER France Alsace qui travaillent en étroite collaboration avec leurs collègues situés en Moselle et dans les Vosges. Un partage des responsabilités entre les trois secteurs qui va s’intensifier. « Nous avons identifié cinq axes de travail majeurs : la convergence des schémas d’actions et d’investissements communs, le déploiement d’offres de services identiques dédiés aux différents marchés agricoles (BIC, BNC, SCI ou encore particuliers), la convergence des pôles « paie et conseil social », la valorisation des données à des fins d’analyses de groupes internes pour les adhérents et externes pour la diffusion à l’échelle du Grand Est ou national via le conseil national, ou encore la mutualisation d’expertises. Sachant que sur l’informatique, un nouvel opérateur réseau et téléphonie, Linkt, a été choisi. » Une opportunité Le CER France Alsace a également développé une application, « Ma Gestion By Cerfrance » qui permet de valoriser différentes données à des fins d’analyses de groupes internes pour ses adhérents et externes. Avec cette application, il est possible de bénéficier d’un pilotage de l’activité de l’adhérent qui lui permet ainsi de savoir où il va en termes de résultat financier et de trésorerie. Elle offre un accompagnement personnalisé en agence qui a pour but d’aider à faire les bons choix en termes d’optimisation fiscale. « L’adhérent n’est pas seul pour savoir comment il peut optimiser le fonctionnement de son entreprise libérale. En outre, il s’agit d’un outil collaboratif numérique qui lui permet de communiquer avec nous, que cela soit dans son cabinet ou en mobilité grâce à une appli dédiée », précise Blandine Coutelas. Une aide bienvenue dans un contexte où plusieurs dispositifs vont s’arrêter comme, par exemple, l’examen périodique de sincérité (EPS) remplacé depuis janvier 2021 par l’examen de conformité fiscale (ECF).     Après avoir renouvelé le conseil d’administration, Paul Deguille a ensuite rappelé la raison d’être du CER France Alsace dans un monde en mouvement : « Nous sommes également là pour inspirer les acteurs de nos territoires. Nous sommes là pour les accompagner, faciliter et développer leurs activités. Nous sommes là pour les aider à anticiper et à décider afin de contribuer à leur réussite. Nous devons anticiper les différentes évolutions comptables et financières. C’est par exemple le cas de la facture électronique. Elle est une opportunité si elle est maîtrisée. Ce changement doit être perçu comme une chance pour nous tous. J’ai confiance en nos structures. » L’obligation pour les entreprises d’émettre la totalité des factures électroniques débutera entre le 1er juillet 2024 et le 1er janvier 2026 selon la taille des entreprises. La signature électronique sera alors de vigueur puisqu’elle est fondée sur un certificat électronique qualifié. Elle permettra donc une lecture par ordinateur et pourra être traitée de manière univoque pour l’échange de données informatisées, répondant aux normes prévues par le code général des impôts. « D’ici là, l’État va mettre en place une plateforme pour émettre, collecter, traiter et conserver vos factures. Nous serons à vos côtés dans cette période transitoire », a conclu Blandine Coutelas.

Publié le 31/03/2022

Vendredi 25 mars, l’assemblée générale du Syndicat ovin du Bas-Rhin (SO 67) a rassemblé une quarantaine d’éleveurs et de représentants politiques, et syndicaux. La coopérative MOS-Laine, qui cherche encore des adhérents, a fait forte impression. La jeune éleveuse Virginie Ebner remplace Hervé Wendling à la présidence de l’organisation départementale.

Un vent de fraîcheur souffle sur le SO 67 : Virginie Ebner, jeune éleveuse des environs de Sélestat, succède à Hervé Wendling, de Kurtzenhouse, à la présidence du syndicat. Les novices Louis Frischinger, Pierre et Yvan Stoffel, et Florian Huchot, notamment, qui avaient déjà intégré le conseil d’administration (CA) l’an passé, lui prêteront main-forte, ainsi que Jeoffrey Frauel, tout nouvel « entrant ». L’assemblée générale (AG) du vendredi 25 mars 2022 était donc la dernière présidée par Hervé Wendling, qui a assuré cette fonction deux ans durant, à la suite de Stéphane Huchot ; le temps que Virginie soit disponible. Pour ce bilan de 2021 et ces orientations de 2022, le SO 67 a brillé. Sont intervenus, après les rapports d’activité et de direction, dans l’ordre : le Parc naturel régional (PNR) des Vosges du Nord, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) MOS-Laine et la fédération nationale ovine. De la transformation locale de laine La coopérative mosellane a particulièrement tenu l’auditoire en haleine, puisqu’elle cherche encore des adhérents ; parmi lesquels le SO 67, qui met en relation les éleveurs et MOS-Laine, en Alsace. Son objectif : valoriser au mieux la laine de mouton locale, en matériaux isolants, articles en feutre et produits dérivés, et ce, localement. Stéphane Ermann, le président de MOS-Laine, a présenté les différents débouchés, outils et actions, qui permettront bientôt à une soixantaine d’éleveurs, entrés au capital de la coop (qu’ils détiendront au moins à 51 %), de gagner jusqu’à 2,50 € HT/kg de laine, assure-t-il, contre 40 ct€ aujourd’hui. En 2023, a priori, les premiers achats-ventes de laine collectée aux adhérents alimenteront le marché de l’isolation des bâtiments et du vrac. En attendant, l’unité de transformation MOS-Laine s’installe à Bataville, au cœur du bassin ovin de la Moselle Sud, près de Sarrebourg, sur un ancien site industriel. 90 t de laine brute devraient être collectés (soit 25 % de la production lorraine) au lancement de l’activité, pour la production de 30 t de feutre et de 20 t de panneaux d’isolation. « Demain, ce seront 250 t de laine qui seront traités par MOS-Laine », espère Stéphane Ermann. Seront créés trois emplois non délocalisables, pour commencer. Le chiffre d’affaires est estimé à 1,4 million d’euros, pour la première année d’activité. À part les éleveurs, sont aussi actionnaires : trois syndicats ovins du Grand Est, la Chambre d’agriculture de la Moselle, l’association des éleveurs Est à laine mérinos, le PNR de Lorraine, les communautés de communes, où est implantée l’usine, et le bailleur social du lieu. La Région Grand Est, l’État et l’Europe financent le projet à hauteur de plus d’un million d’euros. L’investissement total se chiffre à 3,4 millions d’euros ; le capital social à 510 000 €, dont plus de la moitié donc, détenue par les éleveurs.     Moins de subventions en 2023 Si Stéphane Ermann a apporté de bonnes perspectives pour les syndiqués, il n’en a pas tout à fait été de même du PNR des Vosges du Nord. Les éleveurs retiennent surtout qu’au niveau des Maec « herbe », les aides baissent, en 2023. Pourtant, elles avaient été reconduites à l’identique de 2021, en 2022. La défense de l’herbe nécessite des moyens, a-t-il été déploré. Meilleure nouvelle : pour les projets agro-environnementaux (Paec) 2023-2027, pour le maintien des espèces sauvages et de leur habitat, plus d’un million d’euros seront mobilisés. Le PNR des Vosges du Nord, chef de file dans le Bas-Rhin, avec la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), compte déjà 2 000 ha contractualisés, dont 1 000 ha de six éleveurs ovins. Début juin 2022, les éleveurs seront sollicités pour des réunions publiques, à Lembach, Diemeringen et Ingwiller. Autre information heureuse : un groupe technique d’une dizaine d’éleveurs du PNR se concertera pour la mise en place d’un atelier de transformation de viande collectif, cette année 2022. Il sera multi-espèces et pourra traiter en AB. 30 éleveurs sont concernés. Aussi, des fermes pilotes, dont celle de Manon Schwarz qui est au conseil d’administration du SO 67, travaillent à optimiser la ressource fourragère, avec le PNR. Sébastien Morelle et Lucile Figuière sont les interlocuteurs privilégiés des agriculteurs au pôle « Nature et agriculture » du parc. Les éleveurs ont retrouvé du mordant, lorsque Patrick Soury, vice-président de la Fédération nationale ovine (FNO) et président de la section ovine d’Interbev, a pris la parole en fin d’AG. Si les modalités d’attribution des aides restent inchangées, l’enveloppe de la Pac 2023-2027 baisse. Comment être sûr qu’en 2027 chaque éleveur touchera encore autant qu’aujourd’hui ? La députée européenne Anne Sander, invitée, est intervenue : « Ce sont les États membres qui ont décidé de baisser le budget. » Les députés se sont battus en vain. La contractualisation obligatoire pour l’amont, qui vise à sécuriser le revenu de l’éleveur, a aussi été abordée. « Même si les charges augmentent depuis quelques mois (l’indice Ipampa ovin viande ayant augmenté de 14,2 % en un an, selon le chiffre de janvier 2022, NDLR), on a un prix de l’agneau qu’on a jamais connu (plus de 8 €/kg carcasse, fin 2021, NDLR). C’est positif », souligne Patrick Soury. En Alsace, la contractualisation a déjà cours, avec plusieurs opérateurs, a rappelé Hervé Wendling. Par ailleurs, la FNO s’interroge : l’agrivoltaïsme ovin serait-il une opportunité ? Une charte « évolutive » est en préparation. Le SO 67 a rebondi sur la question de la prédation, à peine survolée, pour annoncer que cinq nouvelles communes bas-rhinoises, dont Dieffenbach-au-Val, Gommersdorf et Preuschdorf, entraient dans le cercle 2, où les éleveurs seront donc éligibles aux aides pour les chiens, et le matériel de protection des troupeaux. Le retour de la fête des bergers En 2021, rares sont les manifestations publiques qui ont été maintenues, a souligné Simon Maier, le secrétaire général du SO 67, dans son rapport d’activité. « Heureusement, à la Foire européenne, le 4 septembre dernier, nous avons mobilisé nos équipes sur une journée spéciale ovins, avec une nocturne. Un menu burger du berger et yaourt de brebis a été proposé toute la journée. Une animation de tonte de mouton a complété notre action. Les animations ont été très appréciées et nous ont permis de faire part au grand public de notre passion qui est l’élevage », a-t-il dit. Le même mois, le SO 67 fêtait le renouvellement de la charte ovine, qui permet de faciliter les installations dans la filière grâce à des partenariats avec : l’association Agneau terroir d’Alsace (Ata) qui s’engage à promouvoir le produit et à assister les nouveaux éleveurs installés dans leur système de commercialisation des agneaux et des brebis de réforme, la CAA pour l’accompagnement technique des élevages, la Safer pour le maintien des surfaces pour la production ovine, le Crédit Mutuel pour un accompagnement financier pour le syndicat, pour les jeunes installés, mais également pour les éleveurs qui souhaitent développer la génétique dans les élevages, la coopérative Cobevim pour la mise en place de cheptel, du matériel ainsi que l’aliment, et les lycées agricoles d’Obernai et de Rouffach qui s’engagent à promouvoir la filière ovine auprès des élèves. Auparavant, une journée conviviale avait eu lieu chez Manon Schwartz. Ont aussi été évoquées les Ovinpiades des jeunes bergers. Hervé Wendling a démarré, lui, le rapport d’orientation par une pique à Patrick Soury. « Au niveau de l’aide ovine, où est passée la prime à la productivité ? Alors qu’aujourd’hui, la production française de viande ovine ne permet pas de couvrir les besoins de consommation alimentaire intérieure, qui dépendent, pour moitié des quantités consommées, des importations », a-t-il interrogé. Il espère que, sur l’aide de 400 millions d’euros pour l’élevage, du gouvernement, face à la hausse des charges alimentaires, la filière ovine ne sera pas mise sur le banc de touche. Ces messages passés au national, le président sortant de la section bas-rhinoise a remercié l’association Ata, qui aide à valoriser la viande localement. Il a appelé de ses vœux à des partenariats éleveurs-céréaliers aussi, afin de garantir l’autonomie fourragère des élevages alsaciens. Virginie Ebner a enchaîné. « La prédation est un sujet qui revient sur la table. Après une année sans attaque, en voici deux, en l’espace de deux mois. Le loup, comme le lynx, s’est installé sur notre territoire. Nous allons suivre ce dossier de près, afin que nos élevages ne soient pas la proie incessante de ces prédateurs, qui peuvent mettre à mal nos exploitations », a-t-elle précisé. La jeune nouvelle présidente a conclu sur une note éminemment positive : la fête des bergers. Elle aura lieu le 7 août.    

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