Vie professionnelle

Mutualité sociale agricole d'Alsace

Agir quand l'aide financière ne suffit plus

Publié le 26/05/2016

La MSA d'Alsace a choisi de tenir sa traditionnelle conférence de presse à la ferme Malaitis de Jebsheim. Après un incendie et pour faire face à la crise agricole, le chef de cette exploitation a accepté le soutien de la MSA.

Le matin du 20 mai, dans une exploitation portant toujours les stigmates de l'incendie de l'été dernier, le président de la Mutualité sociale agricole d'Alsace, David Herrscher, ouvre la rencontre sur le thème de la crise agricole avec ce constat : « L'Alsace est une région diversifiée en termes de filières, ce qui nous permettait de maintenir des revenus décents. 2015 est la première année où les revenus ont chuté à tel point que beaucoup d'exploitants ont rencontré des difficultés. » Pour répondre à cette baisse de revenus, la MSA a mis en place plusieurs dispositifs : la modulation des cotisations, le changement d'assiette pour le calcul des cotisations (se baser sur l'année précédente plutôt que sur les trois dernières années) et des délais de paiement. Le gouvernement a annoncé en février dernier des mesures complémentaires pour les chefs d'exploitation : la baisse de 7 points de cotisation d'assurance maladie et maternité (Amexa) pour l'année 2016 et le report de cotisations. Un cyclone sur les revenus En termes d'aide financière, la prime d'activité, lancée le 1er janvier dernier, est malheureusement victime de son succès. Pascal Cormery, président de la Caisse centrale de la MSA qui prenait part à cette conférence de presse, s'en désole : « Les pouvoirs publics prévoyaient 60 000 demandes, nous en sommes à 140 000. Soit plus de 5 000 demandes par semaine en France. La prime est demandée à 40 % par des exploitants agricoles et 60 % par des salariés. Et ce, pour espérer seulement autour de 250 euros ! Même si je reste optimiste, actuellement, c'est un vrai cyclone en termes de revenu. » Parfois, le soutien financier ou l'étalement des cotisations ne suffisent plus. « L'isolement peut entraîner des catastrophes familiales, affirme David Herrscher. Nous avons 528 délégués sur toute l'Alsace, ils sont les oreilles de la MSA, un relais indispensable pour connaître au mieux les situations du terrain. Nos conseillers sociaux ont détecté 1 200 cas de personnes en souffrance. Depuis un mois, nous avons mis en place un numéro spécial* et déjà plus de 23 appels nous sont parvenus. » « Si j'avais refusé l'aide, l'une des issues aurait pu être le suicide » Alfred Ritzenthaler, en Gaec avec son fils Yves depuis deux ans, présente son exploitation : « Elle compte 160 bêtes dont 75 vaches laitières, on produit 2 tonnes de lait par jour. On cultive une centaine d'hectares : maïs, blé et prairie. La moitié pour nourrir le bétail, le reste vendu à un négociant. Le blé est vendu à Alsépi. C'était avant le désastre. » L'an dernier un incendie a ravagé une grande partie de son exploitation. « Suite à l'appel d'un délégué de la MSA, je me suis dit ou j'accepte le soutien ou je dis non, je m'enfonce et la seule issue serait le suicide. J'ai décidé de leur faire confiance. J'ai bénéficié avec ma famille d'une aide psychologique. Cela nous a permis de remonter la pente et de retrouver confiance. » Avec d'autres personnes touchées par un accident de la vie, Alfred Ritzenthaler suit le « Parcours confiance ». « Cela m'a permis d'avoir à nouveau le goût de travailler. Grâce à la MSA, nous sommes ici et nous croyons à l'avenir. » L'avenir est représenté par ses fils, Yves et Lucas, avec qui il projette de reconstruire une nouvelle exploitation. Yves a bénéficié du « Passeport avenir jeunes », une enveloppe de 2 000 € destinée aux jeunes qui s'installent pour l'aide au financement d'une formation, d'un salarié, d'une mutuelle, de vacances… Les présidents des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, Thomas Gillig et Christophe Bitsch, soulignent le rôle essentiel de la MSA lors de l'installation, notamment grâce à cette aide. « On ne pourra pas aider si les prix agricoles n'augmentent pas », alerte Pascal Cormery. Pour autant, « la priorité est la prévention et la détection. Si l'agriculteur refuse, on est dans l'incapacité d'intervenir. » Le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, salue le courage de ce témoignage et la capacité de l'agriculteur à rebondir. « On passe plus qu'une crise, c'est une mutation ». Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, s'accorde pour dire que l'agriculture est en mutation : « C'est un choc dans le monde agricole que nous ne pourrons pas gérer avec des pansements, il faut réorienter ».  Pas de bénévolat obligatoire pour les bénéficiaires du RSA affiliés à la MSA Éric Straumann, président du Conseil départemental, présente les liens entre le Département et la MSA : « Nous avons ensemble une convention de gestion du RSA : 200 bénéficiaires relèvent de la MSA, pour 20 000 bénéficiaires au total dans le Haut-Rhin et 30 000 dans le Bas-Rhin. Je précise que les heures de bénévolat ne les concerneront pas. Nous soutenons l'entreprise Germa qui met à disposition de l'agriculture du personnel en insertion. Nous menons des actions de prévention auprès des personnes âgées dans le secteur rural par un versement de 14 000 € à la MSA. Nous avons également des actions communes comme la protection maternelle et infantile et le service de remplacement du Haut-Rhin subventionné à hauteur de 8 000 €. La loi NOTRe ne nous permet plus d'effectuer des aides directes à l'agriculture, mais nous la soutenons à travers les Gerplan, les marchés paysans, l'abattoir départemental. Le Conseil départemental est à l'écoute du monde rural, avec les moyens dont il dispose, pour maintenir une agriculture de qualité. »

Publié le 23/05/2016

Afin de se mettre en conformité avec la fusion des régions, les Safer Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine ont décidé de procéder au regroupement des trois entités en une seule, et ce, au plus tard le 1er juillet 2017. Cette décision a été approuvée à l'unanimité des actionnaires présents de la Safer Alsace.

« La Safer Alsace est en train de vivre son dernier exercice sous la configuration actuelle », prévient le président Marc Moser. Mais il rassure : « Nos comités techniques resteront départementaux dans l'organisation de la Safer Grand Est. C'est la meilleure garantie pour répondre de manière adaptée aux enjeux locaux. » Avant de demander l'approbation de cette décision, la parole a été donnée aux invités de cette assemblée générale. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, confirme la nécessité d'un ancrage territorial : « La Safer est l'un des acteurs incontournables du territoire. Il faut que le travail fait ici soit au plus proche des attentes de l'économie et des citoyens. La Safer a un rôle politique aussi, en relation quotidienne avec les collectivités, les partenaires. La Safer doit pouvoir anticiper l'avenir, avoir une vision à long terme par son action et les compensations environnementales que l'on peut envisager dès aujourd'hui. Il faut qu'elle continue à donner de la compétitivité aux exploitations. Vous le faites beaucoup en viticulture, pourquoi ne pas aller plus loin en agriculture ? » « La régionalisation est complexe, mais pas insurmontable » Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, souligne la qualité historique de ce moment pour la Safer Alsace. Il balaie l'idée d'une baisse de pouvoir de l'Alsace : « Le poids de l'Alsace est celui que l'on veut lui donner. La grande région a un mérite : nous fédérer entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. L'identité alsacienne est en train de se renforcer dans cette grande région. La filière végétale est malmenée, la production animale est devenue complexe avec la fin des quotas laitiers. Il est important d'avoir auprès de nous une Safer dynamique. On peut définir des politiques régionales tout en gardant un ancrage territorial de proximité. La régionalisation est complexe, mais pas insurmontable. » Pour la directrice de la fédération nationale des Safer, Muriel Gozal, ce passage de 26 à 13 Safer dans notre pays est un « moment historique, surtout pas un enterrement. Il y a des perspectives intéressantes pour cette nouvelle échelle. Il faut en tirer le meilleur parti possible. Vous avez un marché qui se ferme, un parcellaire très atomisé, des transactions réalisées de manière complexe, on comprend l'importance de la dynamique de la Safer qui permet que les mutations aient lieu de manière coordonnée. Les missions de la Safer sont de donner accès au foncier aux porteurs de projet : pouvoir en devenir propriétaire ou le bénéficiaire, le renouvellement des générations, accompagner les stratégies des territoires et des filières. Les modèles agricoles sont divers. Il faut faire du sur-mesure. » Conserver la souveraineté alimentaire de la France Muriel Gozal a répondu à deux sujets abordés lors de l'assemblée générale. Concernant le portage de foncier, Franck Sander considère que « certains agriculteurs ne peuvent pas ou ne souhaitent plus acheter du foncier ». « La question du financement se pose dans tous les dossiers, estime Muriel Gozal. Des portages de court terme, de moyen terme et de long terme peuvent être proposés. On peut être agriculteur sans être propriétaire. Mais nous devons être attentifs : la prise de décision doit rester au chef d'exploitation. Pourquoi pas des apporteurs de capitaux, mais le centre de décision doit rester au chef d'exploitation. » Ceci est en lien avec le deuxième sujet plusieurs fois évoqué par les intervenants : l'acquisition par une société chinoise de nombreuses terres agricoles dans l'Indre : « En quatre à cinq transactions, 1 700 ha ont été acquis, sans aucune possibilité de contrôle. Le risque est de perdre notre souveraineté alimentaire. Il faut que nous gardions une cohérence tout en nous dotant d'outils d'intervention plus modernes. » Marc Moser conclut en précisant que « le législateur est en pleine réflexion pour faire évoluer les textes pour plus de transparence au niveau de ces pratiques ».

Chambre d'agriculture d'Alsace

SIA 2016 : l'heure du débriefing

Publié le 22/05/2016

Le 53e Salon international de l'agriculture a fermé ses portes le dimanche 6 mars à Paris Porte de Versailles après avoir accueilli 611 000 visiteurs, une fréquentation en baisse de 10 % suite à la vague d'attentats terroristes qui a frappé la capitale. Mardi 11 mai, l'heure était au débriefing pour les entreprises alsaciennes présentes dans le pavillon Régions de France.

C'est sur le plus ancien site brassicole français, la brasserie Meteor à Hochfelden, que les exposants alsaciens se sont réunis, à l'invitation de Stéphane Janus, responsable communication de la Chambre d'agriculture d'Alsace. Plusieurs représentants de la Région Grand Est se sont joints à eux, en particulier Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire de la Région Grand Est. Elle a exprimé la satisfaction des élus du Conseil régional, à commencer par le président Philippe Richert, de voir comment les exposants ont véritablement joué le jeu de la nouvelle région. « Quand je suis arrivée le samedi soir, j'ai été frappée par la bonne ambiance qui régnait entre vous, Alsaciens, Lorrains et Champenois, et ravie que vous ayez trouvé, pour certains d'entre vous, des complémentarités. » « Construire ensemble 2017 » Désormais, il faut « aller plus loin dans l'illustration de ce qu'est la région Grand Est », estime Pascale Gaillot. La région compte 2 000 entreprises agroalimentaires qui méritent d'être accompagnées, mises en avant, développées, à des échelons divers. « Cela fait partie de la stratégie du Conseil régional, et en particulier de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire. Le vice-président en charge de l'agriculture, Philippe Mangin, et tous les élus agricoles, Patrick Bastian, Laurent Wendlinger et Daniel Gremillet, sont animés de la même volonté de développer l'agroalimentaire. » Mélanie Rideau, directrice des ventes de Comexposium, organisateur de salons en France et Isabelle Seck, responsable commerciale pour les Régions de France et d'Outre-Mer, ont fait le bilan de cette édition 2016 qui a accueilli 1 050 exposants. Les treize pavillons des Régions de France ont regroupé 433 exposants, dont 19 exposants alsaciens. Le Salon international de l'agriculture 2016 se caractérise par d'énormes retombées de presse, une cinquantaine de visites officielles et une communication digitale accrue par rapport à 2015. Particularité de cette édition 2016, les Régions de France étaient réparties dans deux halls, le hall 3 et le hall 7.1. « En 2015, toutes les régions étaient réunies dans le hall 3, mais cela avait engendré des problèmes de circulation dans les allées. » Une partie des régions a donc été transférée dans le hall 7.1 qui était en travaux. « Des passages ont été aménagés entre les deux halls pour faciliter la circulation des visiteurs. » Mais apparemment, cela n'a pas suffi… Voir les animaux, se divertir, découvrir de nouveaux produits Dressant un profil des visiteurs, Isabelle Seck a indiqué que 59 % sont venus de la région Île de France, 39 % du reste de la France et 2 % de l'étranger. 50 % ont visité le salon en famille, 45 % d'entre eux étant accompagnés par des enfants. Fait intéressant, 53 % des visiteurs ont fait des achats pour un panier moyen de 91 €, en nette augmentation. Pour 41 % d'entre eux, c'était leur première visite au salon de l'agriculture. 39 % des visiteurs avaient préparé leur visite sur le site web du SIA. Le taux de satisfaction des visiteurs est élevé : 97 % se déclarent satisfaits, dont 55 % très satisfaits. 82 % d'entre eux pensent revenir visiter le salon en 2017. 86 % viennent pour voir les animaux, 84 % pour se distraire, 97 % sont satisfaits de l'ambiance générale. Avant de présenter les résultats de l'enquête de satisfaction des exposants, Isabelle Seck a précisé que la moitié des personnes ayant répondu au questionnaire sont des exposants des régions. 66 % sont satisfaits, dont 17 % très satisfaits. 75 % sont satisfaits de l'organisation et ont l'intention de revenir sur le salon. 80 % sont satisfaits de la qualité des visiteurs, mais seulement 57 % du nombre de visiteurs sur leur stand. Pourquoi participent-ils à ce salon ? Les exposants viennent globalement pour renforcer leur image, leur notoriété (70 %). 59 % des exposants communiquent sur leur participation au SIA à travers leur site internet, 47 % envoient des invitations au SIA à leurs clients. « L'an prochain, nous envisageons d'aménager une entrée spécifique pour les visiteurs professionnels et nous avons créé un fichier spécial pour eux, avec la possibilité de se faire enregistrer à l'avance », a indiqué Mélanie Rideau. L'organisation générale a respecté le nouveau découpage des régions, a souligné Stéphane Janus. « Tout en matérialisant le contour de la nouvelle région Grand Est, nous avons fait le choix de conserver des chartes graphiques distinctes pour chaque territoire. » La coordination a été assurée par les référents historiques des trois régions. Certains exposants ont cependant exprimé le souhait qu'une personne clairement identifiée soit chargée de la coordination, à l'avenir. Du fait de la répartition des exposants sur deux halls, les flux de visiteurs ont été revisités. Plusieurs faits marquants sont à souligner : la réalisation par Champagne-Ardenne d'une plaquette Région Grand Est avec l'ensemble des exposants des trois territoires, un restaurant aux Saveurs du Grand Est mariant les produits des trois terroirs et, sur le stand Alsace, la venue d'un nouvel exposant, la choucrouterie Claude de Chavannes-sur-l'Étang. En une série de photos, Stéphane Janus a fait un tour d'horizon de cette édition 2016 sur l'espace Grand Est. Le passage de la reine des vins d'Alsace sur l'ensemble des stands a suscité beaucoup d'intérêt. L'animation de l'espace a été assurée par un animateur micro secondé par trois professionnels, un vigneron sommelier champenois, un fromager vosgien et un restaurateur alsacien. Différentes animations ont été organisées : un parcours olfactif ouvert tout au long du salon, une découverte des bières pour présenter les savoir-faire brassicoles et la prestation du groupe folklorique de Berstett. Les élèves du lycée hôtelier Eiffel ont travaillé en tandem avec les animateurs, un partenariat très fructueux, a confirmé Stéphane Janus qui a souligné l'implication de l'équipe enseignante. Il était possible d'accueillir des prospects sur l'espace Prestige, avec des vins d'Alsace, des champagnes et des vins de Lorraine. Lors de la journée officielle, les allées du stand étaient noires de monde, avec les délégations des trois régions. Côté presse, « les nouveautés et les médailles ont été très bien perçues. » Une veille presse a permis de vérifier que 6 chaînes de télévision ont réalisé 29 reportages, 6 journaux 63 articles, 2 chaînes de radio 8 reportages, et 1 chaîne web 1 reportage. Au total, 101 reportages ont couvert la participation de l'Alsace au SIA. Préserver l'identité de chaque territoire 94 % des exposants alsaciens ont répondu à l'enquête de satisfaction réalisée par la Chambre d'agriculture d'Alsace. On constate une nette érosion de l'indice de satisfaction globale. 55 % des exposants sont moyennement satisfaits de cette édition 2016, alors qu'ils étaient plutôt satisfaits en 2015. 72 % d'entre eux n'ont pas atteint leur objectif de chiffre d'affaires. « L'emplacement des stands a eu une incidence forte, cette année » : les espaces au cœur des territoires ont eu plus de mal à avoir une bonne activité économique, ceux qui étaient situés en périphérie ont beaucoup mieux marché. Stéphane Janus a relevé le taux élevé de satisfaction concernant l'organisation : 89 % pour la Chambre d'agriculture, 83 % pour le montage Rhin'nove. « Quelques points d'amélioration ont été identifiés. » Pour 2017, les exposants ont été unanimes : les régions qui ont une proximité géographique devraient être situées l'une à côté de l'autre. Le fait de garder l'identité du terroir est primordial aux yeux de la grande majorité des exposants alsaciens (89 %). Il est important de garder cette identité pour un salon grand public, a insisté un exposant. Le soutien de la Région a été globalement bien apprécié, a conclu Stéphane Janus. Les exposants vont-ils participer au salon l'an prochain ? « 33 % ont confirmé leur participation, 1 a dit non, 61 % réservent leur réponse. » En attendant, tout le monde s'est donné rendez-vous pour cette édition 2017, qui aura lieu du 25 février au 5 mars.

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