Vie professionnelle

Caisse d'assurance-accidents agricole du Bas-Rhin

Ne jamais relâcher les efforts de prévention

Publié le 30/04/2016

La Caisse d'assurance-accidents agricole du Bas-Rhin affiche une belle santé financière, ce qui lui permet d'envisager une nouvelle baisse des cotisations foncières. Pour autant, elle ne compte pas se reposer sur ses lauriers : la survenue, ces dernières semaines, de six accidents ayant entraîné l'amputation d'un membre ou d'un doigt l'incite à redoubler ses efforts de prévention des risques.

« La mission première de notre Caisse est d'indemniser les accidents du travail et les maladies professionnelles, tant des salariés que des non-salariés du régime agricole », a déclaré le président, Jean-Marie Sander, en ouvrant l'assemblée générale de la Caisse d'assurance-accidents agricole du Bas-Rhin, lundi 25 avril. Après une baisse quasi historique en 2013, la Caisse enregistre, pour la deuxième année consécutive, une augmentation des déclarations d'accidents : elles s'élèvent à 1 333, contre 1 312 en 2014, soit une hausse de 1,6 %. C'est chez les salariés qu'il faut rechercher l'origine de cette augmentation : il y a eu 15 dossiers supplémentaires, essentiellement liés aux accidents de trajet. Chez les non-salariés, la tendance est à la stabilité.  Quatre accidents mortels sont à déplorer, trois non-salariés et un salarié, une hausse que le président a qualifiée de préoccupante. Autre motif de préoccupation, la gravité des accidents depuis le début de l'année : « Nous avons enregistré six accidents ayant entraîné l'amputation d'un membre ou d'un doigt, tous liés à la manipulation d'un appareil en marche. » Le comité directeur a chargé la commission de sécurité de mener une action de sensibilisation à ces risques. Une bonne maîtrise des charges La Caisse voit ses charges d'exploitation baisser de plus de 5 %. Quant aux cotisations, elles sont en croissance de 8 % malgré la baisse du taux de cotisation sur le foncier de 4 %, décidée l'an dernier. Cette progression est due aux cotisations sur salaires, le salariat agricole étant en forte augmentation. « Seule ombre au tableau, mais elle est de taille, une refonte du mode de calcul de la compensation de l'État ampute les recettes 2015 de notre Caisse de 900 000 €. » Malgré cette mauvaise nouvelle, le comité directeur a décidé une nouvelle baisse des cotisations foncières, limitée cependant à 2 %. « Les cotisations foncières de notre Caisse ont baissé ces dix dernières années de 12,5 % en euros constants, démontrant une saine gestion. Peu de régimes sociaux peuvent afficher des baisses répétées. » Jean-Marie Sander a évoqué la dématérialisation des flux via la carte Sesam Vitale : « Un tiers de nos dépenses en nature est liquidé via cet outil en 2015. Nous aimerions que l'utilisation de la carte Vitale se développe pour les accidents de travail. » « La plupart des clignotants sont au vert » Les 1 333 déclarations d'accidents du travail et de maladies professionnelles enregistrées l'an dernier se répartissent comme suit : 1 018 pour les salariés, 278 pour les non-salariés et 37 pour les élèves des lycées agricoles. « Même si ce chiffre traduit une augmentation de 1,6 %, nous sommes sur une tendance baissière, car il y a quelques années nous étions plutôt autour de 1 400 dossiers. Cela signifie que l'effort de prévention ne doit jamais être relâché », a indiqué le directeur, Pascal Jan. Les quatre cas ayant entraîné le décès des victimes concernent trois non-salariés et un salarié. « Cela continue à être un véritable point noir. » Chez les non-salariés, les secteurs les plus accidentogènes sont l'agriculture et l'élevage avec 158 cas, et la viticulture avec 52 cas. Parmi les causes d'accidents, les accidents de plain-pied arrivent largement en tête, avec près d'un tiers des déclarations, suivis des accidents liés aux animaux, un risque en hausse de 27 % en 2015, et des accidents de tracteurs et de machines. La taille des machines et l'automatisation constituent des facteurs d'aggravation des risques. Chez les salariés, c'est le secteur des coopératives qui paie le plus lourd tribut avec 221 cas, soit un dossier sur cinq. Le secteur du débardage paysagisme dépasse celui de la forêt avec 203 cas contre 173. Les accidents de plain-pied sont à l'origine de 363 dossiers, contre 120 pour les objets en mouvement accidentel, 105 pour les maladies professionnelles et 70 pour les accidents de trajet. « Les maladies professionnelles sont en augmentation année après année, les affections périarticulaires arrivant largement en tête. » En 2015, 213 accidents du travail et maladies professionnelles ont donné lieu à l'attribution d'une rente, un chiffre en augmentation de 12,7 %. Le bénéficiaire le plus âgé d'une rente est une femme de près de 100 ans. La rente la plus ancienne est servie depuis 1934, soit 81 ans, à un assuré né en 1919. « Les rentes n'ont pas été revalorisées en 2015, mais une revalorisation sera appliquée au 1er avril 2016 », a indiqué Pascal Jan. 12,13 M€ de prestations ont été versées en 2015, en diminution de 2,4 %. Chez les non-salariés, 5,70 M€ ont été versés, essentiellement sous forme de rentes, pour 5 M€, les prestations en nature représentant 410 000 € et les indemnités journalières 300 000 €. Chez les salariés aussi, la part prépondérante incombe aux rentes, avec près de 4 M€. Les indemnités journalières s'élèvent à 1,87 M€, les prestations en nature à 565 492 €. La Caisse a disposé de 14,62 M€ de ressource en 2015, contre 15,42 M€ en 2014. Le financement professionnel se taille la part du lion, avec 12 M€. Les cotisations foncières constituent la moitié de ce financement, avec 5,90 M€ prélevés sur la base de 358 000 ha, les cotisations sur salaires l'autre moitié. La compensation de l'État représente 1,20 M€. « Cette compensation, qui a pour but de remédier au déséquilibre démographique entre le régime général et le régime agricole, a significativement baissé en 2015 suite à un nouveau mode de calcul qui est voué à être pérenne. Notre Caisse devra donc apprendre à fonctionner avec une compensation amputée de 900 000 €. » Les recours contre tiers ont rapporté 453 000 €. Les produits financiers ont subi une nette érosion, du fait des taux bas. Malgré tout, le résultat comptable est positif, à 380 000 €. En attendant l'embellie… Au nom des organisations professionnelles, Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, a souligné la rigueur de gestion, l'efficacité et la proximité du terrain de la Caisse d'assurance-accidents agricole et la réactivité de l'ensemble du personnel. « Nous sommes dans un système particulièrement mouvant. Nous n'avons jamais connu de telles perturbations, et ce à tous les niveaux : regroupement des cantons et des régions, évolution des missions de la Chambre d'agriculture, des compétences des collectivités territoriales, dans un contexte difficile de réduction des moyens. » Un exemple parmi d'autres : la réforme du Conseil départemental a un impact majeur sur l'agriculture, car les compétences économiques lui sont retirées au profit de la Région. Il faut surveiller de près ce qui se passe au niveau du droit local. Car la tutelle peut imposer son point de vue, comme le prouve le regroupement des Safer au sein de la grande région. Le droit de préemption dépendant de l'État, ce dernier est en mesure d'imposer cette réforme. « Le pire, ce n'est pas que l'État réduise ses moyens financiers, mais qu'il se mêle de notre fonctionnement. » L'agriculture traverse une période difficile, dans un contexte mondial d'excédents de produits agricoles. Un climat favorable a entraîné des récoltes records de céréales, tandis que la consommation mondiale a tendance à stagner, voire à régresser dans certains pays, la baisse du prix du pétrole ayant entraîné un recul du pouvoir d'achat dans les pays pétroliers. « L'embellie des prix agricoles viendra lorsque les marchés mondiaux retourneront à l'équilibre. » Sur le plan européen, on constate enfin une prise de conscience de l'ampleur de la crise de l'élevage, particulièrement dans le secteur du lait, et de la nécessité de réinventer des outils de gestion des crises. Même les professionnels allemands, pourtant très libéraux, sont en train de changer leur façon de penser. « En France, nous devons travailler sur tout ce qui plombe la compétitivité. Au-delà des prix, les mauvais rendements que nous avons connus ces dernières années plombent les revenus des exploitations agricoles et viticoles. Et comme aucune embellie n'est annoncée, il faut actionner tous les leviers pour passer au mieux cette crise. » Objectif : passer le cap pour être en position de force quand l'embellie viendra.

Conseil d’administration du réseau RI2 en Sarre

Dynamiser les échanges 

Publié le 28/04/2016

Le réseau RI2 apporte sa contribution à la dynamisation des échanges transfrontaliers, qu'il s'agisse d'articles entre journaux agricoles français, allemands et suisses, ou entre élèves, apprentis et enseignants de part et d'autre du Rhin.

Le conseil d’administration du Réseau interrégional et international (RI2) a eu lieu mi-avril à Sarrwellingen dans la Sarre (Allemagne). Toutes les régions membres (Rhénanie-Palatinat, Sarre, Bade-Wurtemberg et Alsace) étaient représentées. Le président de RI2, Paul Schiellein, a salué plus particulièrement le président de la Chambre d’agriculture de la Sarre, Richard Schreiner, la vice-présidente de la Chambre d’agriculture Alsace, Danielle Bras, le président de la division agricole du Regiungspräsidium Freiburg, Dieter Blaeβ, les directeurs des Chambres d’agriculture de la Sarre et de la Rhénanie Palatinat, Robert Zimmer et Alfons Schnabel, ainsi que les autres membres représentant les organisations professionnelles agricoles. En début de séance, le président de la Chambre d’agriculture de la Sarre a présenté la situation actuelle de l’agriculture de sa région, et notamment les difficultés du secteur laitier, ainsi que les problèmes actuels de la PAC : le verdissement, le paiement des aides et les contrôles. Pour l’Alsace, c’est Marthe Jacky de la Chambre d’agriculture Alsace qui a présenté les nouvelles fonctionnalités de Télépac 2016, par rapport à la mise en place de nouvelles couches d’informations liées aux SNA et aux ZDH. Elle a également évoqué les investissements demandés aux élevages pour répondre aux normes de stockage des effluents. Danielle Bras a présenté la nouvelle organisation de la Chambre d’agriculture de la région Grand Est. Le bilan des actions transfrontalières de l’année 2015 a été passé en revue : onze activités ont bénéficié d’une participation financière pour l’organisation de rencontres transfrontalières entre agriculteurs, conseillers agricoles ou responsables agricoles émanant des régions membres. Pour l’année en cours plusieurs projets ont déjà été déposés et validés par le Conseil après discussion. Deux thèmes phares sont à noter. Ainsi, une rencontre et des échanges entre les journaux agricoles spécialisés des quatre régions, ainsi que de la Suisse et de la Lorraine : création d’une bourse aux articles alimentée tous les débuts de mois, où chaque région pourra puiser et publier après traduction en s’inspirant des textes innovants pour faire profiter les partenaires des expériences et événements des autres. Cette thématique se fera sous la responsabilité de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.Il a aussi été décidé de redynamiser les échanges entre établissements scolaires agricoles pour les enseignants, les élèves et les apprentis, concernant les thèmes agronomiques, la recherche, la pédagogie, les expérimentations et les stages. Pour réaliser ce projet, un groupe de réflexion a été créé sous la responsabilité de Danièle Utard de la Draaf Grand Est qui fera des propositions pour le prochain conseil. La séance s’est terminée par une présentation de Synhortus, groupement européen d’intérêt économique, et par une visite de l’entreprise Saargärtner, une coopérative horticole de production, mais aussi d’importation de plantes, de fleurs et d’aromates au service du marché horticole de toute l’Allemagne. En fin de journée, le président Paul Schiellein a remercié tous les participants à cette journée instructive et surtout la Chambre d’agriculture de la Sarre pour l’organisation et le choix des thèmes abordés. Il a également informé les membres qu’au prochain conseil du réseau, le 10 novembre en Alsace, il ne présentera plus sa candidature pour la présidence. Il souhaite, après plus de vingt ans de présence, se retirer et laisser sa place à une personne plus jeune, plus engagée pour donner une dimension nouvelle aux collaborations transfrontalières.

Élections chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Thomas Gillig réélu président

Publié le 05/04/2016

Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé leurs élections le mardi 29 mars à la Maison de l’Agriculture à Schiltigheim. Des élections qui s’inscrivent dans la continuité avec la reconduction du mandat de Thomas Gillig en tant que président.

Comme à l’accoutumée, c’est le doyen du Conseil d’administration qui a présidé la première partie des élections et c’est une nouvelle fois Ludovic Pracht qui en a eu l’honneur. Les Jeunes Agriculteurs ont d’abord procédé à l’élection de leur Conseil d’administration, quelque peu renouvelé avec l’entrée de nouvelles recrues : Clément Fend de Marlenheim, Christophe Haas de Reimerswiller, Étienne Losser de Mussig, Jérémy Lux de Schnersheim, Nicolas Pernet Clog de Dambach la Ville. Ils remplacent Emmanuel Dollinger de Hoerdt et Sébastien Hager de Rumersheim, tous deux administrateurs depuis 2013 et responsables du groupe fruits et légumes, ainsi que Mathieu Lortz de Seebach, Mathieu Trauttmann de Batzendorf et Clément Heckmann d’Odratzheim. Ce dernier était rentré au Conseil d’administration en 2013 et avait repris dans la foulée le poste de responsable du groupe vin JA. L’année suivante, il est entré au bureau en tant que vice-président. Clément Heckmann est également président de la section cantonale JA de Wasselonne depuis 2011. Président de la section cantonale JA de Wissembourg de 2009 à 2013, Mathieu Lortz était rentré au bureau JA en 2012 en tant que trésorier adjoint, puis a accédé au poste de trésorier en 2015. En charge notamment du dossier Pac et de l’emploi, il a qualifié son expérience au sein des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin de « bonne école de la vie, qui permet de connaître les nombreux acteurs du territoire ». Enfin, administrateur JA depuis 2010 et vice-président du bureau depuis 2012, Mathieu Trauttmann est un grand habitué de la structure JA. Président cantonal JA de Haguenau de 2007 à 2012, il était entré au Conseil d’administration en 2010 avant d'accéder au poste de vice-président du bureau en 2012. Responsable du groupe lait il avait également en charge la partie organisation événementielle. « Les JA était une très belle expérience. Même si je ne suis plus au bureau, vous pouvez encore compter sur moi ! » a-t-il assuré. Les Jeunes Agriculteurs ont ensuite procédé à l’élection de leur bureau. Thomas Gillig est réélu pour un deuxième mandat en tant que président, tout comme Julien Koegler, en tant que secrétaire général. Côté membres, quelques petits changements sont à noter avec l’arrivée de Clément Fend et Anthony Carbiener aux postes de vice-présidents. Mathieu Schneider accède au poste de trésorier adjoint aux côtés de Julien Jacob, trésorier. Thomas Gillig, président et Julien Koegler, secrétaire général, ont remercié chaleureusement les membres sortants pour l’ensemble de leur parcours au sein des JA. Thomas Gillig a souligné « leur engagement qui a permis de contribuer à la dynamique de la structure Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ». Ils ont également remercié les membres du Conseil d’administration et les présidents cantonaux présents pour leur implication et ont souhaité la bienvenue aux nouvelles recrues. Pour cette nouvelle année qui débute, les Jeunes Agriculteurs seront donc menés par un conseil d’administration mêlant expérience et renouveau, mais surtout par les valeurs d’engagement, de dynamisme et de proposition que le syndicat s’est toujours fixées. « Aujourd’hui, nous avons élu une équipe qui s'engage pour demain, dans la lignée des objectifs fixés lors de notre assemblée générale. Nous entendons rester force de proposition face aux perspectives européennes et nationales grâce à une unité syndicale forte », a lancé Thomas Gillig.

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