Vie professionnelle

Chambre d'agriculture d'Alsace

SIA 2016 : l'heure du débriefing

Publié le 22/05/2016

Le 53e Salon international de l'agriculture a fermé ses portes le dimanche 6 mars à Paris Porte de Versailles après avoir accueilli 611 000 visiteurs, une fréquentation en baisse de 10 % suite à la vague d'attentats terroristes qui a frappé la capitale. Mardi 11 mai, l'heure était au débriefing pour les entreprises alsaciennes présentes dans le pavillon Régions de France.

C'est sur le plus ancien site brassicole français, la brasserie Meteor à Hochfelden, que les exposants alsaciens se sont réunis, à l'invitation de Stéphane Janus, responsable communication de la Chambre d'agriculture d'Alsace. Plusieurs représentants de la Région Grand Est se sont joints à eux, en particulier Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire de la Région Grand Est. Elle a exprimé la satisfaction des élus du Conseil régional, à commencer par le président Philippe Richert, de voir comment les exposants ont véritablement joué le jeu de la nouvelle région. « Quand je suis arrivée le samedi soir, j'ai été frappée par la bonne ambiance qui régnait entre vous, Alsaciens, Lorrains et Champenois, et ravie que vous ayez trouvé, pour certains d'entre vous, des complémentarités. » « Construire ensemble 2017 » Désormais, il faut « aller plus loin dans l'illustration de ce qu'est la région Grand Est », estime Pascale Gaillot. La région compte 2 000 entreprises agroalimentaires qui méritent d'être accompagnées, mises en avant, développées, à des échelons divers. « Cela fait partie de la stratégie du Conseil régional, et en particulier de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire. Le vice-président en charge de l'agriculture, Philippe Mangin, et tous les élus agricoles, Patrick Bastian, Laurent Wendlinger et Daniel Gremillet, sont animés de la même volonté de développer l'agroalimentaire. » Mélanie Rideau, directrice des ventes de Comexposium, organisateur de salons en France et Isabelle Seck, responsable commerciale pour les Régions de France et d'Outre-Mer, ont fait le bilan de cette édition 2016 qui a accueilli 1 050 exposants. Les treize pavillons des Régions de France ont regroupé 433 exposants, dont 19 exposants alsaciens. Le Salon international de l'agriculture 2016 se caractérise par d'énormes retombées de presse, une cinquantaine de visites officielles et une communication digitale accrue par rapport à 2015. Particularité de cette édition 2016, les Régions de France étaient réparties dans deux halls, le hall 3 et le hall 7.1. « En 2015, toutes les régions étaient réunies dans le hall 3, mais cela avait engendré des problèmes de circulation dans les allées. » Une partie des régions a donc été transférée dans le hall 7.1 qui était en travaux. « Des passages ont été aménagés entre les deux halls pour faciliter la circulation des visiteurs. » Mais apparemment, cela n'a pas suffi… Voir les animaux, se divertir, découvrir de nouveaux produits Dressant un profil des visiteurs, Isabelle Seck a indiqué que 59 % sont venus de la région Île de France, 39 % du reste de la France et 2 % de l'étranger. 50 % ont visité le salon en famille, 45 % d'entre eux étant accompagnés par des enfants. Fait intéressant, 53 % des visiteurs ont fait des achats pour un panier moyen de 91 €, en nette augmentation. Pour 41 % d'entre eux, c'était leur première visite au salon de l'agriculture. 39 % des visiteurs avaient préparé leur visite sur le site web du SIA. Le taux de satisfaction des visiteurs est élevé : 97 % se déclarent satisfaits, dont 55 % très satisfaits. 82 % d'entre eux pensent revenir visiter le salon en 2017. 86 % viennent pour voir les animaux, 84 % pour se distraire, 97 % sont satisfaits de l'ambiance générale. Avant de présenter les résultats de l'enquête de satisfaction des exposants, Isabelle Seck a précisé que la moitié des personnes ayant répondu au questionnaire sont des exposants des régions. 66 % sont satisfaits, dont 17 % très satisfaits. 75 % sont satisfaits de l'organisation et ont l'intention de revenir sur le salon. 80 % sont satisfaits de la qualité des visiteurs, mais seulement 57 % du nombre de visiteurs sur leur stand. Pourquoi participent-ils à ce salon ? Les exposants viennent globalement pour renforcer leur image, leur notoriété (70 %). 59 % des exposants communiquent sur leur participation au SIA à travers leur site internet, 47 % envoient des invitations au SIA à leurs clients. « L'an prochain, nous envisageons d'aménager une entrée spécifique pour les visiteurs professionnels et nous avons créé un fichier spécial pour eux, avec la possibilité de se faire enregistrer à l'avance », a indiqué Mélanie Rideau. L'organisation générale a respecté le nouveau découpage des régions, a souligné Stéphane Janus. « Tout en matérialisant le contour de la nouvelle région Grand Est, nous avons fait le choix de conserver des chartes graphiques distinctes pour chaque territoire. » La coordination a été assurée par les référents historiques des trois régions. Certains exposants ont cependant exprimé le souhait qu'une personne clairement identifiée soit chargée de la coordination, à l'avenir. Du fait de la répartition des exposants sur deux halls, les flux de visiteurs ont été revisités. Plusieurs faits marquants sont à souligner : la réalisation par Champagne-Ardenne d'une plaquette Région Grand Est avec l'ensemble des exposants des trois territoires, un restaurant aux Saveurs du Grand Est mariant les produits des trois terroirs et, sur le stand Alsace, la venue d'un nouvel exposant, la choucrouterie Claude de Chavannes-sur-l'Étang. En une série de photos, Stéphane Janus a fait un tour d'horizon de cette édition 2016 sur l'espace Grand Est. Le passage de la reine des vins d'Alsace sur l'ensemble des stands a suscité beaucoup d'intérêt. L'animation de l'espace a été assurée par un animateur micro secondé par trois professionnels, un vigneron sommelier champenois, un fromager vosgien et un restaurateur alsacien. Différentes animations ont été organisées : un parcours olfactif ouvert tout au long du salon, une découverte des bières pour présenter les savoir-faire brassicoles et la prestation du groupe folklorique de Berstett. Les élèves du lycée hôtelier Eiffel ont travaillé en tandem avec les animateurs, un partenariat très fructueux, a confirmé Stéphane Janus qui a souligné l'implication de l'équipe enseignante. Il était possible d'accueillir des prospects sur l'espace Prestige, avec des vins d'Alsace, des champagnes et des vins de Lorraine. Lors de la journée officielle, les allées du stand étaient noires de monde, avec les délégations des trois régions. Côté presse, « les nouveautés et les médailles ont été très bien perçues. » Une veille presse a permis de vérifier que 6 chaînes de télévision ont réalisé 29 reportages, 6 journaux 63 articles, 2 chaînes de radio 8 reportages, et 1 chaîne web 1 reportage. Au total, 101 reportages ont couvert la participation de l'Alsace au SIA. Préserver l'identité de chaque territoire 94 % des exposants alsaciens ont répondu à l'enquête de satisfaction réalisée par la Chambre d'agriculture d'Alsace. On constate une nette érosion de l'indice de satisfaction globale. 55 % des exposants sont moyennement satisfaits de cette édition 2016, alors qu'ils étaient plutôt satisfaits en 2015. 72 % d'entre eux n'ont pas atteint leur objectif de chiffre d'affaires. « L'emplacement des stands a eu une incidence forte, cette année » : les espaces au cœur des territoires ont eu plus de mal à avoir une bonne activité économique, ceux qui étaient situés en périphérie ont beaucoup mieux marché. Stéphane Janus a relevé le taux élevé de satisfaction concernant l'organisation : 89 % pour la Chambre d'agriculture, 83 % pour le montage Rhin'nove. « Quelques points d'amélioration ont été identifiés. » Pour 2017, les exposants ont été unanimes : les régions qui ont une proximité géographique devraient être situées l'une à côté de l'autre. Le fait de garder l'identité du terroir est primordial aux yeux de la grande majorité des exposants alsaciens (89 %). Il est important de garder cette identité pour un salon grand public, a insisté un exposant. Le soutien de la Région a été globalement bien apprécié, a conclu Stéphane Janus. Les exposants vont-ils participer au salon l'an prochain ? « 33 % ont confirmé leur participation, 1 a dit non, 61 % réservent leur réponse. » En attendant, tout le monde s'est donné rendez-vous pour cette édition 2017, qui aura lieu du 25 février au 5 mars.

Horticulture Schwarz à Geudertheim

Des fleurs pour le député

Publié le 22/05/2016

Le printemps est la saison idéale pour partir à la découverte de l'horticulture alsacienne. Dans le but de mieux connaître les producteurs de sa circonscription, le député Claude Sturni s'est invité dans les serres de la famille Schwarz à Geudertheim.

C'était l'effervescence, vendredi 6 mai, dans les serres de l'horticulture Schwarz à Geudertheim. Elles bruissaient comme une ruche, en cette belle journée printanière. Profitant du pont de l'Ascension, les passionnés de fleurissement étaient venus nombreux pour faire le plein de végétaux en vue de fleurir leurs jardins et leurs terrasses. « Nous réalisons 50 % de notre chiffre d'affaires en deux mois, au printemps », explique le patron de l'entreprise, Stéphane Schwarz, au député Claude Sturni, venu visiter les lieux en compagnie de son attachée parlementaire, Aurélia Drif, et de plusieurs élus, Christiane Wolfhugel, conseillère départementale, Denis Riedinger, maire de Hœrdt et président de la communauté de communes de la Basse-Zorn, Pierre Gross, maire de Geudertheim, et Étienne Wolff, maire de Brumath. Créée en 1949 par le grand-père de l'actuel dirigeant, l'entreprise fournit 32 communes pour le fleurissement estival, dont une commune « 4 fleurs » et une dizaine de communes « 3 fleurs ». Un grand motif de fierté pour Stéphane Schwarz : « Nous préparons 5 000 vasques pour les collectivités », indique-t-il. La vente aux collectivités représente 40 % de son chiffre d'affaires, 50 % provenant de la vente au détail et 10 % de la vente en gros. Du géranium à la décoration de Noël Au total, quelque 600 références sont proposées par l'horticulteur tout au long de l'année. « 90 % des végétaux que nous vendons sont produits par nos soins, y compris les sapins de Noël. » Les décorations de Noël sont une autre spécialité de la maison Schwarz. « Nous fournissons de nombreuses collectivités, notamment la ville de Strasbourg, mais aussi des particuliers. » Dans la famille Schwarz, la passion de l'horticulture se transmet de père en fils. « Lorsque j'ai repris l'entreprise en 1999, mon père avait 1 000 m2 de serres. Aujourd'hui, il y en a 10 000 m2. » Neuf personnes travaillent toute l'année sur ce site de 2 hectares, certains depuis fort longtemps, à l'image d'Ernest qui va prendre sa retraite après 46 ans d'activité. « J'ai déjà formé une vingtaine d'apprentis », explique Stéphane Schwarz, avec une certaine fierté. Rien ne se perd… Le chauffage des serres est assuré par une chaudière bois, alimentée par toutes sortes de déchets : vieux bois, bois de démolition, palettes, sapins de Noël, à raison de 2 000 m3 par an. Quant aux déchets végétaux, ils sont broyés et stérilisés, puis mélangés au terreau, un terreau venu tout droit des tourbières de Finlande. « Nous en utilisons 500 m3 par an. » L'eau, quant à elle, était puisée dans la Zorn jusque dans les années 1990, mais la présence d'une bactérie nuisible pour les solanacées a entraîné une interdiction de pompage, ce qui a poussé l'entreprise à forer un puits. Mais tout ceci risque bien de changer. Une querelle de voisinage oppose en effet le dirigeant de l'entreprise à sa voisine, Doris Glassen, qui a saisi le tribunal de grande instance de Strasbourg. Outre des dédommagements financiers, elle demande la démolition des serres de vente qui ont pourtant fait l'objet d'une demande de permis de construire dans les règles de l'art. Le TGI de Strasbourg n'a pas accepté la demande de la voisine, mais l'affaire a été portée devant le tribunal de grande instance de Colmar. « Si je suis amené à démonter mes serres, je me verrai dans l'obligation de licencier une partie du personnel, voire de fermer définitivement l'entreprise », car celle-ci ne serait plus viable.

Prévention des risques

Avoir l’esprit critique

Publié le 17/05/2016

Les élèves de 1re bac pro du lycée agricole d'Obernai avaient une séance de travaux pratiques en prévention des risques au travail sur l’exploitation de Gérard Lorber à Scherwiller.

« C’est un enseignement optionnel que nous avons rendu obligatoire », explique Gilles Cadieu, directeur adjoint du lycée agricole d’Obernai. Le 10 mai dernier, les élèves de 1re bac pro avaient rendez-vous sur l’exploitation de polyculture-élevage de Gérard Lorber à Scherwiller, avec les conseillers prévention de la Caisse d'assurance-accidents agricoles (CAAA), pour un exercice d’analyse des risques au travail et de réalisation du « Document unique d’évaluation des risques sur l’exploitation ». Une opération menée en partenariat avec Groupama. La prévention des risques ne doit pas être prise à la légère : « Il est inconcevable d’envoyer les élèves en stage sans les sensibiliser à ces aspects du danger au travail. Très souvent, on recherche la faille dans l’accident pour faire porter la responsabilité juridique et financière à celui qui est responsable dans la chaîne de l’événement qui a conduit à l’accident. Prudence, vigilance et observation sont donc requises », ajoute Gilles Cadieu. Des accidents moins nombreux, mais plus graves Accompagnés de leur professeure Marie-Laure Couvet, de Sébastien Rohmer et Denis Litt, conseillers prévention à la CAAA, les élèves ont donc passé en revue toute l’exploitation : les bâtiments, l’atelier, le stockage et le matériel, les machines, les tracteurs, le matériel d'affouragement, la herse lourde et l’atelier lait. « L’objectif est de les faire réfléchir et trouver par eux-mêmes des solutions techniquement réalisables pour prévenir les risques, soulager la pénibilité, en intégrant le rapport bénéfice/contrainte de sécurité (gain de temps, moins de pénibilité/contrainte sécurité) », explique Sébastien Rohmer. Un rapport pas toujours bien évalué dans les exploitations, si l’on en juge les propos de Thomas Blum, président de la commission prévention de la CAAA : « Les accidents sont moins nombreux, mais plus graves, et parfois liés à des choses anodines. Sur les quatre derniers mois, six accidents ont donné lieu à des sectionnements de membre. Le plus souvent à cause d’intervention sur des engins en rotation. Ça ne coûte rien d’arrêter et de redémarrer… » La formation de 40 heures de ces élèves de bac pro touchait également à des thématiques telles que les troubles musculo-squelettiques, les maladies à zoonoses (brucellose, Lyme, teigne). Les élèves ont dû, dans ce cadre, rédiger le Document unique d’évaluation des risques sur l’exploitation de Gérard Lorber. Globalement, si le groupe d’élèves n’était pas tout à fait au point pour la partie rédactionnelle, il a en revanche fait preuve de compétence sur le terrain, a résumé Marie-Laure Couvet.

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