Vie professionnelle

50e congrès de Jeunes Agriculteurs

Fiers d’être paysans !

Publié le 05/06/2016

Un œil dans le rétro, mais le regard fixé vers l’avenir, tel a été le credo du réseau Jeunes Agriculteurs lors de son 50e congrès qui se tenait du 31 mai au 2 juin à Mâcon.

« Ce 50e congrès est une belle preuve de longévité ! », a lancé le président de Jeunes Agriculteurs, Thomas Diemer, dans son discours d’ouverture. Pour lui, « il est sain pour une société d’avoir une jeunesse exigeante ! ». Et à en croire le rapport d’activité présenté lors de la première après-midi de travail, cette exigence s’est bel et bien appliquée à plusieurs niveaux. Pour une communication positive et offensive Thomas Diemer est revenu sur les grands axes de travail du syndicat national qui ont jalonné l’année 2015, comme l’environnement, l’installation, l’instauration de produits locaux en restauration hors domicile et bien d’autres sujets encore. « Nous avons maintenu la pression et nous avons pu proposer des voies de sortie de crise », a-t-il insisté. Il a notamment dressé le constat d’un syndicat fort et légitime qui a su orchestrer une « communication positive et offensive ». La conjoncture agricole particulièrement difficile a permis de prouver une nouvelle fois que la jeune génération d’agriculteurs ne compte pas se laisser abattre mais bien être les acteurs de leur avenir. Fidèle à ses habitudes, le syndicat Jeunes Agriculteurs a su une nouvelle fois faire entendre sa voix de manière non conventionnelle. Après avoir interpellé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, l’année passée accordéon à la main et phrase cinglante, Florent Dornier, secrétaire général JA, a remis le couvert avec une nouvelle chanson. Musique entraînante sur des airs de rock, Florent Dornier a cette fois-ci interpellé l’ensemble des politiques et la société française sur les maux de l’agriculture à travers un clip musical. Plus qu’un simple discours, avec simplicité mais avec force, plus qu’une simple chanson, c’est une nouvelle fois un cri du cœur qui a pu retentir dans l’hémicycle avec ce refrain percutant : « Nous sommes fiers d’être paysans ! ». L’engagement ! Cette première partie de congrès a laissé une grande place au débat et à la voix des régions. L’inquiétude a pu se faire sentir sur les nombreuses thématiques d’actualité évoquées. Malgré cette teinte morose, le maître mot a été celui de l’engagement. L’engagement, utile et plus que nécessaire en réponse à la conjoncture. Preuve en a été avec les 800 congressistes présents et particulièrement impliqués dans les débats. D’ailleurs, la délégation bas-rhinoise est venue comme à son habitude en force avec 13 participants. L’engagement a été particulièrement salué lors du remerciement des administrateurs sortants. Pour une grande partie des membres du conseil d’administration, il s’agissait de leur dernier congrès. Tout comme pour le duo de tête, Thomas Diemer et Florent Dornier, qui, après deux années passées respectivement à la présidence et au poste de secrétaire général, qui cèdent leur place. Pour Thomas Diemer il ne s’agit nullement d’une finalité mais plutôt d’une continuité. « Il est sain pour une structure de renouveler ses cadres. J’ai confiance en mes successeurs pour faire fructifier les fruits de notre travail ».

En marge de la rencontre à Bruxelles

Les élus alsaciens rencontrent Anne Sander

Publié le 04/06/2016

En marge de la réunion de la Commission européenne à Bruxelles, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont souhaité échanger avec l’eurodéputée Anne Sander pour avoir son ressenti après cette rencontre de crise, mais aussi lui faire parvenir leurs revendications.

Denis Ramspacher, membre du bureau de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), et Nicolas Urban, pour les Jeunes Agriculteurs, ont échangé pendant plus d’une heure avec Anne Sander, deux jours après l’audition par les parlementaires européens de plusieurs responsables laitiers européens. Anne Sander a déploré que Phil Hogan « renvoie la balle aux États membres », le commissaire européen à l’Agriculture reconnaît bien qu’il y a une crise du fait d’un déséquilibre offre-demande, mais n’est pas favorable à ce que la Commission européenne finance des mesures, alors que l’enveloppe de 420 millions d’euros, mise en place après la mobilisation du 7 septembre, n’est pas entièrement consommée. Pour Anne Sander, il ne faut surtout pas prendre le risque de diminuer notre production de manière individuelle, mais bien de le faire collectivement, d’où la nécessité d’une politique européenne. De plus, « bien que les coûts et les charges soient inégaux selon les pays, la situation est difficile dans tous les pays », a-t-elle insisté. C’est bien au niveau européen que la FNPL cherche la solution, a rappelé Denis Ramspacher. D’ailleurs plusieurs rencontres ont eu lieu à Bruxelles pour travailler à une réduction de la production laitière. Seulement la FNPL fait le constat que les pays qui utilisent la politique de stockage d’intervention sont les mêmes qui continuent de surproduire massivement, ce n’est pas normal. La FNPL a donc lancé un manifeste européen dans lequel elle exhorte les États membres et la Commission européenne à réagir : « L’orientation par les marchés ne peut constituer la base unique d’une politique ou une finalité politique en elle-même. La croissance, la préservation et le développement des emplois, la gestion des territoires sont les ressorts sur lesquels se bâtissent des politiques européennes responsables et ambitieuses. Quand les marchés dysfonctionnent, il est du devoir des politiques d’intervenir. C’est un des fondements de l’Europe depuis plus de 60 ans. Le marché, rien que le marché, comme seule issue est un suicide collectif. » Outre ce sujet central, cet échange a permis d’évoquer d’autres thèmes tel que l’étiquetage des produits, le Traité transatlantique et l’accord négocié avec la Nouvelle-Zélande. Pour ce dernier, la députée assure qu’il existe un réel risque de concurrence sur nos marchés actuels.

Publié le 01/06/2016

Après s'être retiré de la scène parisienne, Jean-Marie Sander vient de faire ses adieux au monde économique alsacien. Président de la Caisse régionale de Crédit Agricole depuis 23 ans, il a cédé sa place à Henri Buecher en mars dernier. Des adieux ? Pas tout à fait…

On le sait, les « retraités » ont un calendrier très chargé. Si bien qu'il a fallu attendre fin mai pour pouvoir organiser une cérémonie en l'honneur du président sortant de la Caisse de Crédit Agricole Alsace Vosges… Fidélité au monde agricole, solidarité, engagement, ce sont les trois qualités qu'Henri Buecher a utilisées pour décrire son prédécesseur. Alsacien de naissance et de cœur, Jean-Marie Sander n'est « pas du tout alsacien par son caractère. Il est tout le contraire du Hans im Schnokeloch. » Son parcours exceptionnel prouve, effectivement, qu'il sait ce qu'il veut… Depuis 1971, cette marche en avant n'a jamais cessé : Jean-Marie Sander gravit tous les échelons du syndicalisme agricole pour devenir président de la FDSEA en 1987. En 1989, il est élu président de la Chambre régionale d'agriculture d'Alsace. Au côté des grandes figures de l'agriculture alsacienne, Joseph Daul, Eugène Schaeffer et Jean-Paul Bastian, il est de tous les combats (on les surnomme d'ailleurs « les Mousquetaires alsaciens »). Pionnier de la relance de la production de houblon en Alsace, il s'investit pour la modernisation et la structuration de la filière. « Ta réussite ne doit rien au hasard » Même parcours au sein du Crédit Agricole : président de la Caisse locale de Bischwiller en 1984, il entre au conseil d'administration de la Caisse régionale en 1991, avant d'en prendre la présidence deux ans plus tard. Jean-Marie Sander est l'artisan de la fusion avec les Vosges, une belle réussite. « Sous ta longue présidence, la Caisse régionale s'est renforcée pour devenir un acteur bancaire majeur dans la région. » L'énergie qu'il déploie, sa détermination, lui valent d'accéder à de grandes responsabilités nationales. Il accède à la présidence de la Fédération nationale du Crédit Agricole en 2003, avant de devenir président du conseil d'administration de CASA en 2010, poste qu'il occupe jusqu'en 2015. Une période difficile, marquée par la crise de la Grèce et des dettes souveraines. « Ton rôle a été déterminant pour remettre le groupe sur la bonne voie, grâce à ton courage et ta diplomatie. » Henri Buecher a poursuivi : « Ta réussite ne doit rien au hasard, mais à ta volonté et ton engagement au service de tes valeurs. Simple et facile d'accès, tu es un président attentif et respectueux des autres, humaniste de culture rhénane par tes valeurs et tes actions. » Sera-t-il un peu plus disponible pour sa famille ? Rien n'est moins sûr : il préside la Confédération internationale du Crédit Agricole, ainsi que la Fondation Grameen Crédit Agricole, et vient de prendre la présidence du Crédit foncier de Monaco… Une famille qui l'a toujours soutenu dans son engagement professionnel et mutualiste : son épouse Angèle, ses enfants, Anne et Franck. Des enfants « qui sont source de fierté et de bonheur », puisque l'une est députée européenne, l'autre président de la FDSEA du Bas-Rhin, et qu'ils leur ont apporté de nombreux petits-enfants. « La saga des Sander ne fait que commencer », a prédit Henri Buecher. « Des propos aussi élogieux sont généralement prononcés quand l'intéressé ne les entend plus, a souligné Jean-Marie Sander avec sa modestie habituelle. J'ai eu beaucoup de chance : j'étais au bon endroit au bon moment. » Sous la houlette de Mariette Siefert, Jean-Paul Hammann, André Wicker, « nos prédécesseurs aux JA », une équipe de jeunes agriculteurs s'est formée et s'est retrouvée aux postes clés… Jusqu’à aujourd'hui. « Notre organisation agricole a toujours été admirée, et même enviée, par les autres structures économiques, une organisation pyramidale permettant de former une génération de jeunes dirigeants et de procéder à une répartition intelligente des responsabilités. » De cette longue expérience, il tire un adage : « Dans le département, on discute, au niveau régional on se met d'accord, au niveau national on parle d'une seule voix et au niveau européen on est solidaire de l'Alsace ». Avis à ses successeurs ! Jean-Marie Sander a adoré son « épisode Cesa ». « Président de cette assemblée pendant dix ans, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur tous les sujets, de chercher le consensus, de travailler auprès des présidents du Conseil régional, Adrien Zeller d'abord puis Philippe Richert. C'était un plaisir de fédérer les agriculteurs et les écologistes, le Medef et la CGT, preuve que l'eau et le feu peuvent se conjuguer. » « Même en rêve, je n'aurais pu y croire ! » « Mes responsabilités au Crédit Agricole, même en rêve je n'aurais pu y croire ! En 1993, j'ai pris la présidence d'une Caisse fragilisée par la crise immobilière. Puis j'ai poussé à la fusion avec les Vosges à laquelle personne ne croyait et qui est une réussite. Merci au conseil, au bureau et aux directeurs généraux successifs de m'avoir soutenu. Je suis ensuite « monté à Paris », comme on dit en Alsace, pour prendre la présidence de la FNCA. Une période magique, pleine d'expansion, d'acquisitions. Quels magnifiques projets et quelles belles bagarres, avec par exemple l'ouverture du livret A à toutes les banques ! » Autre responsabilité qu'il a assumée, faire l'unité sur le projet des 39 Caisses régionales. « En 2010, je pensais que le moment était propice de m'engager, car le Crédit Agricole était en pleine crise, au fond du gouffre, pensions-nous. » Après la crise des subprimes, il y a la crise économique puis la crise des États. « Il a fallu se séparer de certaines acquisitions, remettre le navire à flot, changer de modèle. J'ai le sentiment d'avoir fait mon job. » Jean-Marie Sander est fier de son métier d'agriculteur. « Malgré les difficultés, j'encourage toujours ceux qui ont envie de s'installer, d'entreprendre. » Il a remercié son épouse Angèle, « souvent seule comptable et seule à table ». Ses enfants, aussi : « Nous pensions qu'ils ne voulaient pas de cette vie-là, nous nous sommes trompés. Le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre… » Il n'a pas oublié ses cinq petits-enfants, « une grande satisfaction ». Et de conclure : « Pour ce qui est probablement ma dernière intervention, j'ai été un peu long… » Pour Philippe Richert, président du Conseil régional du Grand Est, le parcours de Jean-Marie Sander est une vraie success story. « C'est l'histoire de la réussite d'un homme, de ses talents et de ses compétences, une histoire de solidarité agricole. C'est aussi l'histoire de la réussite d'une grande institution bancaire qui a su garder ses racines mutualistes, avec un président issu du monde agricole. » Lorsque Jean-Marie Sander a pris la présidence du groupe, la situation était très compliquée. « Cela semble loin aujourd'hui, mais à l'époque, on nous prédisait l'effondrement du système bancaire français, à l'image de ce qui s'est passé dans d'autres pays européens. C'est dans ce contexte que tu as pris la barre. Les pouvoirs publics ont pris les bonnes décisions, la France et l'Allemagne se sont serré les coudes, les dirigeants de banques étaient de qualité », a souligné Philippe Richert. Il a ajouté : « Nous avons encore besoin de toi dans la région pour donner de l'avenir au bon sens ».

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