Vie professionnelle

Rencontres annuelles Groupama

Mieux vaut prévenir que guérir

Publié le 09/05/2016

Malgré sa restructuration à l'échelle Grand Est et sa diversification métier, Groupama tient à garder le contact avec le marché professionnel alsacien et notamment l'agriculture, son métier de base. L'assureur organise chaque année une rencontre avec les représentants du marché pro pour entretenir le lien.

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, est revenu en préambule sur les résultats du groupe (lire en page 7 de notre édition du 1er avril), qui conforte actuellement ses positions stratégiques par son partenariat entre Orange et Groupama banque. Cette opération devrait porter le nombre de clients de Groupama banque de 500 000 à environ 2 millions. « Groupama va devoir investir pour accompagner le développement de cette structure et va bénéficier de la technologie Orange sur les moyens de paiement », notamment sur le marché international. Au niveau régional, Groupama Grand Est recense 405 000 clients et 189 agences. C'est un acteur important de l'économie locale qui réinjecte par l'accompagnement des sinistres chaque année 400 millions d'euros, qui retournent vers les entreprises et les artisans. Leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans Pour un assureur, les meilleurs sinistres sont ceux qui sont évités. La prévention est un enjeu essentiel, comme l'a rappelé Olivier Larcher, directeur général, à travers quelques chiffres. 3 500 personnes meurent chaque année sur les routes en France : ce sont pas moins de 2 500 sinistres corporels par an dans le Grand Est. 11 millions d'accidents domestiques sont répertoriés chaque année et sont à l'origine de 20 000 décès par an, soit la troisième cause de décès : c'est un sujet sous-estimé « auquel on doit s'attaquer notamment auprès des jeunes ». Enfin, on recense 270 000 incendies par an, à l'origine soit de travaux (soudure, meulage), de cigarettes ou de défauts d'installation. Sébastien Court, responsable de la prévention, a rappelé que Groupama était leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans. Précurseur sur les opérations de sensibilisation à la conduite responsable dans les écoles avec l'opération 10 de conduite jeunes en partenariat avec la gendarmerie qui permet de former 2 000 élèves par an sur les 12 départements de Grand Est. Dans les lycées agricoles et les maisons familiales, Groupama organise depuis 40 ans le 10 de conduite rurale. Fort de cette expérience, l'assureur organise également des stages de conduite à l'attention des jeunes, des seniors, des entreprises et des collectivités. Ce sont des formations théoriques et pratiques pour préparer à la conduite en conditions difficiles mais également pour favoriser les réflexes d'écoconduite. Les conseillers de Groupama sont également présents sur site en entreprises et collectivités pour faire de l'analyse de risque en prévention sur les questions d'incendies, de protection contre le vol et la malveillance, les risques environnementaux et sur des nouvelles problématiques, notamment en agriculture comme les installations photovoltaïques et de méthanisation. En Alsace, la prévention est une priorité. Rémy Losser a rappelé que les Caisses locales organisaient de nombreuses réunions de formation et d'information, notamment sur l'utilisation des extincteurs, car « ce n'est pas tout d'en avoir, encore faut-il savoir s'en servir en cas de besoin ! » Groupama a mis en place les jokers de la route, pour convoyer notamment au retour de manifestations les personnes en toute sécurité. Enfin Joseph Ehrhart signale une initiative pilote expérimentée dans le Haut-Rhin avec la Caisse d'assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin : la création de bâche clignotante à apposer sur les remorques pour sécuriser les convois agricoles contraints de circuler sur des axes dangereux en période de récolte. Cette bâche a un coût de 150 € ; la CAAA du Haut-Rhin et Groupama rembourseront 50 € aux 200 premiers acquéreurs. Enfin Groupama soutient avec le SDIS l'opération de prise en charge de dix jours de service de remplacement pour tout agriculteur engagé comme sapeur-pompier volontaire. Les objets connectés, les nouveaux amis de la prévention La prévention bénéficie des apports technologiques des objets connectés. Et là tout reste à faire et à inventer… mais déjà dans l'automobile, il est désormais possible de détecter les pannes, de localiser les voitures volées et d'analyser les pratiques des conducteurs. Ainsi la Caisse régionale est pilote sur le projet « Groupama on board », une assurance pour jeune conducteur qui, par une application, enregistre les pratiques au volant, génère un score, propose des modifications de comportements à adopter pour améliorer sa conduite et se traduit par une réduction de prime jusqu'à 35 % sur la cotisation.  Dans les maisons, ces petits objets peuvent prévenir du vol mais aussi des incendies. Ainsi la « box habitat » de Groupama permet de sécuriser son domicile. Et pour la santé des personnes, ces objets permettent d'observer le bon suivi d'un traitement, d'alerter en cas de problème et ainsi de favoriser le maintien à domicile : Groupama propose d'ores et déjà une montre connectée pour les seniors et les travailleurs isolés qui fonctionne comme une balise de détresse. Les nouvelles technologies doivent aussi faciliter la vie. Ainsi Groupama teste une assurance ultra-simple destinée aux étudiants, à souscrire sur smartphone en quelques clics pour assurer son habitat. Ou encore pour les exploitants agricoles, la perte de production d'herbe peut être assurée en ligne en identifiant les parcelles avec les données satellites. 

Semaine des alternatives aux pesticides

Produits phytosanitaires, agriculture, santé, débat

Publié le 05/05/2016

Trois tables rondes étaient proposées par la Mutualité sociale agricole d’Alsace, mardi 26 avril à Kintzheim, dans le cadre de la semaine des alternatives aux pesticides : la santé des agriculteurs et des consommateurs, la prévention des usages, et leur évolution par la mobilisation de la recherche agronomique et des acteurs. Du débat, animé par Lionel Augier, il ressort que les pesticides ne sont pas un problème agricolo-agricole, mais bien global de choix de société où les agriculteurs sont coincés entre une demande sociétale de prix de la nourriture bas et le risque de santé que font courir ces produits.

La première table ronde sur le thème « La santé des agriculteurs et des consommateurs » faisait notamment intervenir le Dr Isabelle Koscinski, spécialiste des problèmes de fertilité, dont les pesticides peuvent être responsables. Dans un rapport de l’Inserm corédigé, les pesticides DBCP (dibromochloropropane), et les insecticides chlorpyrifos, pyréthrines, organophosphorés sont bien identifiés comme responsables ou facteurs aggravant le risque. Selon l’étude Agrican, certains cancers sont plus fréquents en milieu agricole : le mélanome de la peau, le myélome multiple, les lymphomes qui sont des cancers hématologiques. Des études étrangères ajoutent des cancers de la prostate, de l’estomac et du système nerveux central. Les cancers du poumon, du sein et du rectum chez la femme, du colon, de la vessie, du foie, pancréas, œsophage et larynx sont moins fréquents. Les lymphomes de Hodgkin, non hodgkiniens et les cancers des lèvres seraient plus fréquents, informations à confirmer. Le Dr Isabelle Koscinski insiste sur l'urgence à réagir.  Pour Arnaud Issenhuth, agriculteur, administrateur à la Mutualité sociale agricole, « on est conscient. L’exposition ne concerne que certaines périodes d’application. Et il y a le délai avant récolte, comme protection. » Philippe Bunner, viticulteur, dit ne pas ignorer l’effet perturbateur endocrinien des pesticides. « On attend des solutions pour traiter moins. Mais quel prix sommes-nous prêts à payer par exemple pour avoir des eaux du réseau propres ? », sous-entendu totalement exemptes de traces de cocktails de résidus de pesticides, interroge le Dr Isabelle Koscinski. Prévention et usages : réglementation et état des lieux Le système d’homologation des produits phytosanitaires a évolué, puisque l’évaluation est effectuée par l’Agence européenne de santé (Efsa), indique Odile Rochigneux, de la Draaf. Alfred Klinghammer, animateur Écophyto à la Chambre d'agriculture d'Alsace, souligne pour sa part que les produits phytosanitaires servent à protéger les plantes et donc à nourrir la population. Problème, le budget consacré à l’alimentation est passé de 40 % à 12 %. Il faut donc produire le moins cher possible, observe-t-il. Quelques chiffres, la France consomme 60 000 tonnes de substances actives, dont 10 % vendues en jardinerie. En Alsace, c’est 900 t, dont 13 % en jardinerie. Un tiers du glyphosate est vendu en jardinerie. En ramenant ces chiffres à l’hectare, la France se situe au huitième rang en Europe. La réglementation a fortement évolué, ajoute Odile Rochigneux avec le Certiphyto. En 2017, les collectivités ne pourront plus utiliser de pesticides dans les lieux publics. Pour Alfred Klinghammer, Écophyto représente un vaste travail, reposant sur trois piliers : la formation, la surveillance en réseau d’observation et les fermes Dephy pour expérimenter et démontrer des systèmes économes en intrants. « Les choses ne sont pas faciles, il faut du temps. » Et puis on se heurte à la demande sociétale, ajoute-t-il : des pommes sans tavelure, des feuilles de radis sans perforation d’altise… De son côté, Denis Litt, conseiller prévention à la Caisse d'assurance-accidents agricole du Bas-Rhin, souligne l’implication de la Caisse qui cofinance les protections individuelles et incite à utiliser les produits les moins dangereux. « Mais réduire, c’est du stress, témoigne Arnaud Issenhuth. Il y a deux ans, j’ai supprimé un fongicide, avec à la clé, le risque mycotoxine, et un déclassement de la récolte. » Et le bio ? Maurice Meyer, maraîcher bio à Valff, dit qu’il ne voyait pas « l’intérêt de polluer plus pour manger » quand il s'est installé, d'où son choix. Mais le passage en bio suppose de tout changer : les rotations, les techniques, les circuits de ventes, les clients. « Ce n’est pas simple ! » Quant aux produits phytosanitaires de biocontrôle, ils visent à fortifier la plante. Ce ne sont pas des biocides. « Mais si vous mettez beaucoup d’azote, la plante est fragilisée par rapport aux maladies. » Donc la bio suppose aussi de baisser les rendements. « Une étude doit sortir. Elle indique que le coût global, et donc sociétal aussi, des produits phytosanitaires est plus cher que les bénéfices qu’ils apportent. » Mobilisation de la recherche agronomique et des acteurs Selon Nicolas Munier-Jolain, de l’Inra, l’agriculture est dépendante des pesticides. Mais il faut y regarder de plus près. Par exemple, la culture du maïs est beaucoup moins nécessiteuse en pesticides. Mais en Alsace, l’Indice de fréquence des traitements (IFT) du maïs est de 2,5, contre 1,5 au niveau national, ceci en raison de l’aspect monocultural. Mais peut-on changer de culture aussi facilement en plaine d’Alsace sans mettre en péril l’équilibre économique des exploitations ? L’Inra observe que les systèmes culturaux de polyculture élevage consomment deux fois moins de pesticides. Et que d’une manière générale, le retour à la rotation des cultures peut singulièrement diminuer les pressions en ravageurs et en adventices. Toute la difficulté est économique, et de trouver des filières et débouchés quand on est en rotation. La diversification des rotations doit donc être accompagnée en filière. Le problème « pesticide » est donc plus vaste qu'il n'y paraît. En viticulture, le projet de recherche participative Pep’sVi, 1 million d’euros de budget, a pour but d’expérimenter, de concevoir des systèmes innovants à bas intrants, d’évaluer et de proposer, explique Marie Scholtus de l’Inra. Les agriculteurs ne sont pas hostiles au changement, témoigne Arnaud Issenhuth, mais il faut être sûr du résultat. Il compte sur la robotique et la génétique. Et le bio, une voie d’innovation ? Un observateur de la salle pointe une faille du cahier des charges bio avec un produit perturbateur endocrinien notoire. Maurice Meyer objecte : « Si on est ici en débat, c’est bien qu’il y a un problème. Comprenez que les gens ne sont pas contre les paysans, mais contre les pesticides de synthèse. Certains phytosanitaires bios sont certes toxiques, mais ne sont pas rémanents dans l’environnement, à la différence des produits de synthèse. » Dans la salle, quelques agriculteurs retraités font remarquer qu’il y a une évolution notoire par rapport à leur époque, « où l’on mélangeait la bouillie à mains nues ». Alfred Klinghammer confirme : « On a évolué, mais on a mal communiqué ». La conclusion revient au président de la MSA, David Herrscher : « Il faut avoir conscience qu’on a le ventre plein. Souvenons-nous en 2006, la crise alimentaire. Le paysage va changer d’ici dix ans. On va avoir des robots dans les champs. » Mais le président de la MSA met en garde : certains veulent de l’électricité verte, mais ne veulent pas d’éolienne. Il ne faudrait pas que ce soit pareil avec les robots. Par ailleurs, il a réitéré son souhait de ne pas se fermer sur les OGM pour remplacer les produits phytosanitaires.

Publié le 03/05/2016

Dans la nuit du 22 au 23 avril, la ferme Clarisse à Sigolsheim a été vandalisée. Vitres, façades et panneau des producteurs ont été tagués à la bombe aérosol noire.

« On n'a pas le choix, on va continuer d'avancer. » Clarisse Sibler accuse le coup. Elle a porté plainte contre X auprès de la gendarmerie et lui a remis un enregistrement capté par l'une de ses caméras de surveillance. On y voit, de loin, un homme d'une cinquantaine d'années et chauve. « Au départ je pensais qu'il s'agissait d'une connerie de gamins de 13-14 ans. Et puis j'ai vu la vidéo… Cela m'aurait moins peinée honnêtement. Il s'agit là d'un adulte conscient de ses actes. Visiblement, il en a après nous, parce qu'à côté des vitres et murs, il a également tagué le panneau des producteurs en barrant chaque visage de peinture. » Elle regrette des actes qui s'accumulent. « Cela devient de pire en pire. Cette fois, j'ai porté plainte, mais je ne le fais pas pour chaque petite bricole sinon je passerais mes journées au poste ! ». Elle a récemment dû remplacer pour la cinquième fois consécutive la bâche qui lui sert à couvrir la paille qu'elle stocke en bout de champ pour le paillage des rangs de fraises. « Il s'agit d'une bâche de 8 m de large. Elle peut leur servir à quoi ? Couvrir du bois ? » Son équipe s'active depuis lors pour remettre le local en état. S'ils ont réussi à nettoyer les vitres, ils devront repeindre les murs. Dans son malheur, elle constate néanmoins la bienveillance et l'empathie autour d'elle : « On va le prendre de façon positive. Il nous a fait de la pub sans le vouloir. » Au lendemain de cet acte de malveillance, Clarisse et Pauline signaient un post sur leur page Facebook La Ferme Clarisse, la publication est rapidement devenue virale. Elle a été partagée 344 fois, a suscité près de 200 commentaires au moment de la rédaction de ces lignes et a été « likée » par plus de 400 personnes.

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