Technique

Publié le 06/11/2018

Les vergers hautes tiges constituent un marqueur des territoires d’Alsace Bossue et des Vosges du Nord. Mais le manque de solutions de valorisation des fruits issus de vergers dont le potentiel de production est disproportionné au regard des besoins locaux, menace leur pérennité. Une piste pour préserver ces vergers serait de progressivement modifier leur usage, pour passer de la production de fruits à celle de bois d’œuvre.

Les prés-vergers qui façonnent les paysages d’Alsace Bossue et des Vosges du Nord sont un vestige de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1870. « Pour l’Allemagne, l’Alsace c’est un peu le Sud, alors que pour la France c’est un peu la Sibérie », compare Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Dès lors, les autorités allemandes ont dévolu ce nouveau territoire à la production de fruits. Les vergers familiaux, autrefois situés au cœur des villages, ont été transférés en périphérie, et développés. À cette évolution s’est greffée une économie du fruit, qui a bien fonctionné jusque dans les années 1970, mais qui périclite depuis : « Le manque de débouchés pour les fruits remet en cause le fonctionnement du système », constate Claude Hoh. Les agriculteurs qui essaient encore de commercialiser cette production n’arrivent pas à la valoriser correctement : à peine 12 cts/kg pour des pommes bios, 20 cts/kg pour les quetsches, témoignent-ils. Du coup les fruits ne sont plus guère ramassés et constituent un danger pour les animaux qui pâturent dans les prés. L’excès de quetsche n’est pas très bon pour leur transit. Pire, une pomme mal engagée peut étouffer une vache. « La conservation des vergers traditionnels est inscrite dans la charte du territoire du Parc naturel régional des Vosges du Nord », note Cécile Bayeur, responsable agriculture et gestion des espaces ouverts. Une volonté politique qui a donné lieu à différentes actions : plantations d’arbres, cours de taille et d’entretien, commandes groupées d’arbres organisées par les associations arboricoles. Plusieurs leviers de valorisation des récoltes existent, comme un pressoir à jus de pommes, un atelier de pressage de noix en huile, des plateformes de collecte de fruits… Mais ça ne suffit pas à rééquilibrer l’important différentiel entre le potentiel de production et les besoins. Rien que sur le ban de Butten, « il y a plus d’arbres que d’habitants », indique Claude Hoh. Très précisément 4 042, surtout des quetschiers, pruniers, pommiers, mais aussi des mirabelliers, cerisiers, poiriers, noyers. Qui produisent quelque 342 tonnes de fruits, estime Claude Hoh, ce qui représente « 120 000 litres de jus de pomme ou 500 l d’eau-de-vie ou encore 180 000 tartes ». De quoi nourrir plusieurs fois tous les habitants de Butten, même convertis au régime frugivore… Faire évoluer les prés-vergers Dommage, car le concept de pré-verger est plutôt intéressant d’un point de vue agronomique. En effet, il permet de maximiser la production agricole, en exploitant au mieux l’espace aérien et souterrain : les précipitations, l’ensoleillement, les réserves nutritives, tout est optimisé. Alors, plutôt que de laisser ces vergers péricliter et pénaliser les performances d’élevage, Claude Hoh propose de faire évoluer progressivement ces prés-vergers. Première étape : sortir les quetschiers qui arrivent en bout de course et qui produisent les fruits les plus difficiles à valoriser. Les remplacer par d’autres espèces, soit d’arbres fruitiers plus adaptés à la demande, par exemple des pommiers précoces, soit des essences destinées à la production de bois, comme l’alisier, le cormier, l’érable champêtre, le tilleul, le noyer… Il restera alors à organiser des chantiers de récolte concertés, pour valoriser au mieux ces nouveaux produits. Mais pas avant plusieurs décennies, ce qui laisse le temps aux producteurs de s’organiser ! Pour Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace et éleveuse en Alsace Bossue, le modèle des prés-vergers doit perdurer : « Nous sommes nombreux à pratiquer l’agriculture biologique, ce qui implique l’obligation de faire pâturer nos troupeaux. Or avec le dérèglement climatique, les épisodes de fortes chaleurs estivales risquent de se répéter, et nous devons pouvoir procurer de l’ombre aux animaux. Sans oublier que les arbres constituent des puits de carbone et contribuent donc à atténuer le changement climatique. »

Journée de démonstration Baehrel Agri au Gaec Schaeffer

Le Väderstad Rapid 300 pour attaquer la campagne de semis

Publié le 02/11/2018

La maison Baehrel Agri à Marlenheim, organisatrice d’une matinée de démonstration dimanche dernier, espérait que le semoir Väderstad Rapid 300 puisse faire étalage de ses performances. Hélas, le mauvais temps ne l’a pas permis.

Qu’importe ! Avec la complicité des Jeunes Agriculteurs du canton de Marlenheim, de nombreux agriculteurs sont venus s’entretenir avec l’équipe Baehrel Agri et boire un vin chaud. Au grand temps bleu du matin a très vite succédé la pluie. Le Rapid 300 est donc resté en exposition sur les terres du Gaec Schaeffer. C’est l’inspecteur commercial Grand Est de Väderstad, Jérémie Guilleminot, qui a fourni les explications techniques. Un « rapide » coup d’œil sur les disques semeurs montre que ce semoir est un concept de semis à lui tout seul. Le terrage est contrôlé à chaque binôme de disque semeur depuis la cabine. Le principe de semis repose sur un système disque-coutre relativement agressif, avec jusqu’à 245 kg de pression de pénétration. Ce Rapid 300 se décompose en cinq phases. Un packer pivot sur la flèche soulage le tassement du tracteur et libère au besoin son relevage avant. Le lit de semences est proposé ici avec un crossboard à doubles disques, là encore assuré par un terrage réglé hydrauliquement depuis la cabine. Ensuite, l’élément semeur, dont la profondeur est contrôlée par les roues de consolidation, est suspendu sur un silentbloc caoutchouc qui évite le pianotage de l’ensemble en terrains irréguliers. Le coutre place la graine juste sous la zone travaillée. Enfin, deux rangées décalées de roues de consolidation indépendantes assurent chacune le rappui de deux lignes de semis et de la ligne de fertilisation. À noter ce détail d’importance qui est le décalage alterné des roues (OffSet) pour éviter la double contre-pression latérale sur la ligne de semis, améliorant grandement les conditions et la régularité de germination au final. Bien sûr, le Rapid 300 dispose d’un combiné pour fertilisants. Väderstad a fait le choix d’incorporer l’engrais entre deux lignes de semis. Quant à la semence, elle est alimentée par voie hydraulique et c’est un radar de vitesse d’avancement qui la dose précisément. Väderstad a veillé à la facilité d’étalonnage et de réglage. Le Rapid 300 et son grand frère le 400C/S admettent un deuxième semoir, le BioDrill pour des microgranulés par exemple. Et pour les férus d’e-technologies, Väderstad a développé l’E-Control sur iPad, permettant une configuration et un étalonnage à distance du semoir. Bref, ce Rapid 300 s’inscrit dans la lignée des semoirs Väderstad qui bénéficient d’une grande aura sur le Grand Est avec des semoirs pionniers en TCS.

Publié le 18/10/2018

La Serma organisait sa traditionnelle démonstration d’automne, dimanche 14 octobre entre Hochstett et Huttendorf.

Pour sa traditionnelle démonstration d’automne, qui a eu lieu dimanche 14 octobre, la Serma a bénéficié d’une météo vraiment estivale : près de 26 °C, une température exceptionnelle qui a alimenté les conversations des agriculteurs venus nombreux assister à la présentation et aux démonstrations de matériels des marques Fendt et Lemken, dont Serma est concessionnaire. Pour Freddy Jung, directeur commercial de Serma, cette « journée aux champs » reste un moment de convivialité privilégié pour rencontrer les clients, d’autant que cette année, les travaux dans les champs se sont achevés particulièrement tôt. Quelles méthodes de travail adopter en période de sécheresse prolongée ? Avec quels matériels ? Quand va-t-on pouvoir semer les céréales d’hiver et dans quelles conditions ? Ces questions étaient au cœur des échanges ce jour-là, au bord des parcelles ou autour de la buvette, tenue par les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau. Fendt : et maintenant, la fenaison Serma présentait toute la gamme des tracteurs Fendt Vario, du petit fruitier à la série 1 000, la plus puissante. Mais aussi la presse à balles rondes et l’autochargeuse Fendt qui se sont ajoutées au catalogue de la marque en cours d’année 2018. En effet, le groupe Agco a acquis les activités fourrages de la marque Lely il y a près d’un an, ce qui permet à Fendt de commercialiser sous ses propres couleurs du matériel de fenaison. Ce rachat s’inscrit dans la tendance qui consiste, pour les constructeurs, à rechercher des gammes longues. Serma, qui a formé son personnel à ces nouveaux matériels pour pouvoir assurer le service après-vente, avait déjà eu l’occasion de les présenter lors d’une journée de démonstration organisée à titre privé. Si les presses à balles rondes font partie du parc de matériel habituel chez les éleveurs de la région, les autochargeuses trouvent un regain d’intérêt avec le développement des unités de méthanisation. « C’est l’outil idéal pour récupérer les cannes de maïs destinées aux méthaniseurs », souligne Freddy Jung. Partenaire de cette journée, la marque Lemken était représentée par son inspecteur commercial, Nicolas Soehnlen. Pour cette journée, alliant présentation en statique et démonstration sur le terrain, deux groupes de produits ont été mis en avant, les charrues et les déchaumeurs à disques. Du côté des charrues, Lemken présentait une monoroue 8 corps, la Diamant 16, et deux modèles portés, les Juwel 7 et 8. Pour les déchaumeurs à disques, trois modèles étaient en démonstration : l’Héliodor 9 avec des disques de petite dimension (510 mm de diamètre) et les modèles Rubin 9 et Rubin 12, ayant des disques de respectivement 520 mm et 736 mm de diamètre. Plus particulièrement destiné au travail simplifié avec de gros résidus végétaux de maïs, le Rubin 12 constituait l’attraction de la journée. Il permet de travailler de façon intensive sur 20 cm de profondeur et 5 m de large. Pour Nicolas Soehnlen, malgré un sol sec et dur, les outils en démonstration ont fait la preuve de leur efficacité à bien mélanger terre et résidus végétaux. Un combiné de semis Lemken, le vibroculteur Korund, bien connu en Alsace, et le pulvérisateur porté Sirius étaient également en présentation.

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