Technique

Publié le 24/12/2018

Siegwald matériels, dont le siège est situé à Logelbach-Wintzenheim, a organisé trois après-midi de démonstration en Alsace. L’occasion de découvrir les nouveautés parmi lesquelles un tracteur à chenilles et une prétailleuse.

Porte-outil idéal pour le palissage, le tracteur à chenilles Siegwald DMP, équipé d’un moteur Perkins, affiche une puissance de 50 cv. Il possède quatre distributeurs double effets et un distributeur cranté avec un régulateur. Le dévers de la machine est à plus ou moins 20 cm. Il possède une transmission hydrostatique avec frein négatif et, en option, un mât et un relevage avant. Il peut servir à tous types de travaux et s’adapte à tous les vignobles. L’encombrement dans chaque rang est très faible, avec un positionnement du portique double conférant une bonne ergonomie à l’ensemble. La position des palisseuses ou des autres machines à l’intérieur et sous le portique améliore l’équilibre de l’ensemble de l’enjambeur. Le poste de conduite, bas, est à proximité de la tête d’agrafage. La hauteur du siège est adaptée à la grande majorité de travaux. Ce qui apporte plus de sécurité et de visibilité. Le chenillard dispose de deux fixations à l’avant et de deux à l’arrière, pouvant recevoir soit un mât, soit un relevage hydraulique. Un gain de temps La démonstration organisée à Pfaffenheim a porté sur son utilisation avec une prétailleuse offrant un gain de temps de 40 %, grâce à une vitesse de travail de 5 à 7 km/h. La prétailleuse s’adapte à tous les mâts. Les différentes hauteurs de coupe sont de 300, 600, 900 et 1 200 mm. En option, des palpers permettent de détecter les piquets, évitant aux utilisateurs de manipuler la prétailleuse manuellement. Siegwald a également fait la promotion de son porte-outils à écartement hydraulique, d’une largeur de 94 à 134 cm et d’une longueur de 1,30 replié et 1,55 en action. Ses vérins sont équipés de clapets anti-retour. Il y a la possibilité d’adapter des roues de terrage. On y trouve une bride de fixation rollhacke réglable et une bride de fixation bineuse à doigts réglable. L’épaisseur de la structure en métal est de 8 mm. La machine est produite au sein de l’entreprise Siegwald, avec la possibilité d’adapter d’autres accessoires. À travers ses nouveautés et l’ensemble de sa gamme de matériels viticole, forestier et espaces verts, Siegwald s’inscrit dans sa politique de proximité avec ses clients en leur proposant des produits de qualité, conçus et réalisés localement.

Céréaliers - éleveurs ovins

Main dans la main

Publié le 14/12/2018

Faire pâturer les intercultures céréalières par des ovins. Une idée de partenariat gagnant-gagnant entre céréaliers et éleveurs que porte le syndicat ovin du Bas-Rhin et la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Les agriculteurs sont solidaires. Avec la sécheresse, ils ont l’occasion de le prouver. Il y a eu l’opération récolte de pailles de maïs à destination des éleveurs. Et, de manière plus anecdotique, quelques céréaliers ont noué des partenariats avec des éleveurs ovins pour faire pâturer des couverts d’interculture. L’idée n’est pas nouvelle. Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin, la porte depuis plusieurs années. Mais la sécheresse qui a sévi cet été a révélé la fragilité de l’autonomie fourragère des troupes ovines alsaciennes, assez intensives au regard de la surface disponible : « Nous enregistrons 30 à 40 % de déficit fourrager cette année. Certains éleveurs ont dû rentrer des brebis dès mi-juillet », illustre Hervé Wendling. À côté de cela, des parcelles céréalières qui, en hiver, sont au repos. Entre les deux, « il y a moyen de s’entraider », estime Hervé Wendling, qui a noué un tel partenariat avec son voisin, Marc Moser, pour accroître sa ressource fourragère. Un exemple que le syndicat ovin et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) aimeraient voir essaimer. Christian Schott, président de l’Adar de l’Alsace du Nord, déclare : « Nous voulons mettre en place de nouvelles synergies en recréant un lien plus fort entre productions animales et végétales, car il y a plus à y gagner qu’en travaillant chacun de son côté, tout en faisant de l’agronomie. » « Un mouton, c’est une barre de coupe à l’avant et un épandeur à l’arrière » En effet, implanter une Culture intermédiaire piège à nitrates (Cipan) apporte de nombreux bénéfices, que liste David Kraemer, conseiller agricole à la CAA : apport d’azote pour la culture qui suit, production de fourrage, lutte contre l’érosion, stockage du carbone, protection de la faune… Sans oublier que, d’un point de vue réglementaire, les Cipan entrent dans le calcul des SIE. Mais, pour qu’une Cipan ait réellement un effet positif sur la culture suivante, il faut la considérer comme une culture à part entière, en investissant dans des semences d’espèces adaptées, en soignant le semis, la destruction et l’incorporation. Justement, le pâturage d’une Cipan par les ovins règle la question de la destruction. « Un mouton, c’est une barre de coupe à l’avant et un épandeur à l’arrière », formule Jean-Pierre Saulet-Moes, technicien ovin à la CAA. Dans le cadre du réseau d’élevage du Grand Est, une étude a révélé que la récolte des Cipan en fourrage ne constitue pas une solution très cohérente : « La récolte coûte cher et la valeur alimentaire n’est pas top, limite à risques », résume le technicien. Le pâturage de la Cipan s’avère une solution plus économique, même si elle représente tout de même une certaine charge de travail : pose des filets… Un des autres avantages de cette pratique est qu’elle permet de couper le cycle parasitaire en sortant les moutons sur des parcelles céréalières saines. Un partenariat gagnant-gagnant Alors, le partenariat céréalier-éleveurs ovins, une panacée ? Pas totalement, Jean-Pierre Saulet-Moes prévient : « Il faut être conscient que ça ne fonctionne pas toujours, car la réussite de l’opération est tributaire du climat. Mais, en semant tôt la Cipan, on optimise les chances de réussite. » Les différentes parties prenantes ont imaginé une manière de construire un partenariat gagnant-gagnant : « Si l’éleveur prend en charge le coût de la semence, et que le céréalier économise les frais de broyage grâce au pâturage, on arrive à un équilibre », indique Jean-Pierre Saulet-Moes, qui précise que ces estimations ne prennent pas en compte les aménités agronomiques en matière de fumure organique, de désherbage mandibulaire… Dans le cas du partenariat entre Hervé Wendling et Marc Moser, le céréalier a passé le déchaumeur et l’éleveur a pris en charge le coût de la semence qu’il a implantée au combiné rotoherse-semoir. Les brebis ont jusqu’à début mars pour ingurgiter toute cette biomasse. Car après il faudra préparer la parcelle pour la culture qui suit. Si elles n’y parviennent pas, Hervé Wendling s’est engagé à effectuer le broyage.

Publié le 14/12/2018

Le colza est la tête de rotation de Patrick Kormann, agriculteur à Drusenheim. Il y tient, mais cherche à réduire le recours aux produits phytosanitaires sur cette culture. Colza associé, colza précoce, il a déjà mis au point un certain nombre de stratégies qui fonctionnent. Dernière expérimentation en date : donner le colza en pâture à des brebis. Explications.

Patrick Kormann fait partie du réseau de fermes Dephy et pratique l’agriculture de conservation. Il essaie donc tout à la fois d’utiliser moins de produits phytosanitaires, et de moins travailler le sol. Depuis plusieurs années, il sème son colza en association avec de la féverole, ce qui lui permet d’appliquer moins d’herbicide, et de détourner les insectes ravageurs. Il utilise aussi une variété de colza très précoce, ES alicia, qu’il sème tôt, début août, afin que le colza soit suffisamment développé lors des attaques de méligèthes pour y résister seul, ce qui lui permet d’économiser un traitement insecticide. Une technique qui présente cependant un risque : l’élongation du colza à l’automne, qui l’expose au risque de gel en cas de froid brutal. Une solution consiste à appliquer un régulateur de croissance. Mais, pour Patrick Kormann, remplacer une intervention chimique par une autre, « ce n’est pas le but ». Toujours à la recherche de nouvelles idées, il découvre la possibilité de faire pâturer le colza par des moutons. Ce qui revient à freiner leur élongation. Aussi, quand Grégory Lemercier, animateur du réseau Dephy dans le Bas-Rhin, lui propose de tester cette technique, saute-t-il sur l’occasion. C’est ainsi que, par l’intermédiaire de Grégory Lemercier, il rencontre Hervé Wendling. Ils se lancent dans l’aventure. « Après un faux-semis et un passage de strip-tiller avec du Super 45 et de la féverole - qui n’a pas levé - j’ai semé une parcelle de 18 hectares de colza au semoir monograine réglé à 75 cm d’écartement. » Pour remédier à la sécheresse et favoriser la levée du colza, il effectue deux passages d’irrigation. Comme les féveroles n’ont pas levé, il est obligé de faire un désherbage chimique des repousses de blé qui ont levé avec l’irrigation. Le 29 septembre, une soixantaine de brebis se déploient sur la parcelle. Et font le job : « Elles ont d’abord consommé les chénopodes », se félicite Patrick Kormann. Au départ, il avait quelques craintes : « Avant le passage des brebis le colza avait déjà bien poussé, il fermait le rang. Après leur passage, certains plants étaient broutés à ras. » Mais depuis les colzas ont repris du poil de la bête. Grégory Lemercier a effectué des pesées. Verdict : le 19 octobre il y avait 740 g/m2 de biomasse et le 28 novembre 820 g/m2, contre 1,4 kg/m2 en moyenne pour des colzas non pâturés. Au vu de ces données, et « comme le pivot est préservé, le colza va donc sans doute refermer le rang assez vite », estime Patrick Kormann. Pour l’instant, l’expérience est donc conforme à ses attentes. Et lui a même donné des idées en matière de désherbage - « Après le pâturage par les brebis, il serait possible d’effectuer un passage de bineuse pour nettoyer l’interrang » - et de gestion des repousses - « Les faire pâturer pourrait permettre de remplacer le glyphosate pour nettoyer les parcelles ». Reste à valider - ou pas - cette hypothèse sur le terrain. Et à ne pas perdre de vue que ces pratiques nécessitent une importante concertation et coordination entre les deux partenaires. Pour l’éleveur, notamment, il faut pouvoir anticiper le pâturage suffisamment en amont, car cela a un impact sur les agnelages, et sur l’effectif de la troupe, qui peut être augmenté en cas de ressource fourragère supplémentaire.

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