Technique

Thomas Debes, vice-champion du monde de labour 2018

Honneur au laboureur

Publié le 12/12/2018

Samedi 24 novembre, Thomas Debes, sacré vice-champion du monde de labour 2018 invitait ses amis et partenaires à fêter avec lui cette consécration.

Un vice-champion du monde, ça se fête ! Thomas Debes a organisé une réception pour savourer sa victoire avec ses proches et ses partenaires, qu’il a chaleureusement remerciés. Kuhn d’abord, avec qui il collabore depuis 15 ans, et sans qui il ne « serait pas là aujourd’hui ». L’entreprise Diss, ensuite, qui l’a aidé à modifier sa charrue. Et Baehrel Agri, qui lui a prêté un tracteur, ainsi que Freddy Bohr et Éric Burger qui l’ont coaché. Sans oublier Francis Meyer, qui l’a secondé dans le réglage de la charrue. France Labour, pour la sélection des candidats, Samuel Capelle, son coéquipier, les Jeunes Agriculteurs (JA) du canton de Marmoutier, pour l’organisation des concours cantonaux de labour, et plus spécifiquement ce jour-là, pour leur participation en cuisine au côté de La Ferme de Louise, à la confection des tartes flambées. Thomas Debes a également remercié son épouse, Élodie, son fils, Louis, sa famille et sa belle-famille ainsi que ses autres partenaires : Alsace Lait, Groupama, le Crédit Agricole, L’Est Agricole et Viticole, la Chambre d'agriculture d’Alsace, Adam Robert, son pédicure bovin. « Cette coupe, ce n’est pas la mienne, mais celle des vice-champions du monde de labour. Elle symbolise la reconnaissance d’un savoir-faire, sa transmission, et la paix entre les peuples », a-t-il déclaré. Labourer pour semer Pour participer à cet événement, Thomas Debes a bénéficié de soutiens financiers qu’il n’a pas intégralement consommés, étant donné la proximité du concours, qui se déroulait cette année à Stuttgart. Il a donc fait don du surplus, 4 000 €, à l’association Les Enfants de Marthe. « J’espère que le labour de ce petit bout de terrain permettra de semer des étoiles dans les yeux de tes enfants », a-t-il déclaré à Marthe Kehren, président de l’association, qui l’a remercié pour son geste : « Les paysans savent ce que veut dire semer pour récolter. » Muriel Ann, responsable de secteur Molsheim, Obernai Barr et Schirmeck à Groupama, a indiqué que sponsoriser Thomas Debes correspondait parfaitement aux fondamentaux de l’entreprise, « proximité et solidarité ». Quant à Sonia Richert, présidente de la Caisse locale du Crédit Agricole, elle a déclaré : « Thomas a du talent, et nous prouve qu’on peut faire quelque chose quand on en a envie. Je lui souhaite de réaliser son vœu de devenir champion du monde, pour qu’il ait encore plus d’étoiles dans les yeux. » Christian Fischer, directeur commercial de Kuhn, a salué la « force de persuasion, le caractère bien trempé » du lauréat, en faisant un digne successeur de Freddy Bohr. L’entreprise Kuhn a accompagné Thomas Debes au fil des étapes qui l’ont conduit sur le podium mondial : « Nous avons pu constater qu’il porte en lui les valeurs du monde agricole. » Une délégation de l’entreprise est même allée le soutenir à Stuttgart, où il a fait preuve de « sa persévérance, sa concentration… Nous sommes très fiers que Thomas Debes porte les couleurs de notre entreprise », a-t-il conclu. Labour, labeur, travail Michel Debes était invité à s’exprimer à double titre : il est le président d’Alsace Lait, sponsor de Thomas Debes, et son père : « Le labour et le semis sont les deux grands gestes du monde agricole ». Labour, labeur, travail… Des valeurs que Michel Debes et son épouse se sont attaché à transmettre à leurs enfants. « Mais ce n’est pas moi qui lui ai appris à labourer », s’amuse Michel Debes, qui rappelle que la laiterie sponsorise fidèlement tous les candidats alsaciens producteurs de lait. Denis Ramspacher a félicité Thomas Debes pour son geste envers l’association Les Enfants de Marthe. Il souligne l’esprit d’équipe qui a sous-tendu cette aventure. Et remercie les Jeunes Agriculteurs, pour l’organisation des concours de labour, « dont nous avons tant besoin pour soigner l’image de l’agriculture, car ils permettent de montrer son évolution, ses innovations ». Il conclut, espiègle : « La prochaine fois, tu enlèveras le « vice », on n’en a pas besoin ! » Paul Guyonneau, président de France Labour, a parcouru 800 km pour assister à cette cérémonie. Il a félicité Thomas Debes pour sa performance : « La deuxième place, c’est très bien, l’Irlandais n’était pas facile à battre ! » Il l’a également remercié pour sa « transparence » dans la gestion des subventions, pour son comportement vis-à-vis de son coéquipier Samuel Capelle. Et a rappelé que, lors du prochain concours mondial de labour, la France sera encore une fois représentée par un Alsacien : Bertrand Rott. Patrick Bastian, président de la commission agriculture de la Région Grand Est, a félicité Thomas Debes pour sa réussite et pour l’exemple qu’il donne aux jeunes. Le député Patrick Hetzel a salué sa performance, « fuit d’un dur labeur » qui fait « la fierté d’un territoire ». Car, estime-t-il, ce qui est aussi en jeu, c’est « la valorisation du monde agricole et de la ruralité, pour rappeler au reste de la société, que sans agriculteurs, on ne mange pas ». Il conclut : « Vous avez le souci quotidien de la terre, ce qui fait de vous les plus grands protecteurs de l’environnement ». Retrouvez notre précédent article réalisé suite à la victoire de Thomas Debes.  

Publié le 11/12/2018

En plus de proposer différents types de compost destinés aux parcelles des vignes, la société Agrivalor entend faciliter la mise en œuvre de l’épandage avec une solution « clé en main ». Une démonstration a été organisée le 30 novembre à Sigolsheim.

Vouloir épandre du compost dans ses parcelles de vigne est une chose. Le mettre en œuvre concrètement en est une autre. C’est en partant de ce postulat que la société Agrivalor, spécialisée dans le compostage et la valorisation des déchets organiques, a créé une prestation « clé en main » à l’attention des viticulteurs. « Beaucoup de professionnels sont intéressés par l’apport de matière organique dans leurs parcelles. Mais étant donné qu’il faut charrier des volumes importants à l’hectare dans les vignes, cela peut vite devenir compliqué et lourd à gérer », explique Guy Meinrad, responsable de la gamme « viticulture » chez Agrivalor. Dans le cas présent, pas besoin de se déplacer dans l’un des points de vente de l’entreprise (Bergheim, Sainte-Croix-en-Plaine, Wittenheim, Hirsingue) pour récupérer le compost, et pas de tas posé en vrac en bord de champ. « En fait, tout dépend si le viticulteur est équipé ou non pour l’épandage de compost, et tout dépend de la disposition de ses parcelles. Si elles sont éparpillées, ça peut devenir contraignant, poursuit Guy Meinrad. En proposant à la fois la vente du compost, le transport et l’épandage, on réalise des chantiers propres et on gagne en flexibilité, en pouvant déplacer l’ensemble du volume à épandre d’une parcelle à l’autre. » Financièrement, il faut compter entre 700 et 800 euros par hectare pour cette prestation « complète » d’épandage d’entretien. Une prestation « polyvalente » Le travail est réalisé assez rapidement. C’est ce qu’a pu constater la trentaine de viticulteurs présents lors d’une démonstration organisée le 30 novembre dans une parcelle située entre Sigolsheim et Bennwihr-Gare. Concrètement, la benne à fond poussant d’une capacité de 30 m3 est déposée en bordure de parcelle. Elle a été adaptée par Berger Machines Agricoles, à Saint-Hippolyte, afin de pouvoir remplir automatiquement le réservoir de l’épandeur grâce à un système de tremplin. Une optimisation qui n’existait pas au début et qui a permis de sécuriser le système, d’augmenter le débit de remplissage. Deux tracteurs viticoles à pneumatiques basse pression et équipés d’épandeurs portés sont ensuite utilisés par l’entreprise Vitisol, d’Ostheim, pour réaliser l’épandage dans les vignes. En une journée, elle peut couvrir une surface d’environ 4 hectares, en plaine ou sur les coteaux. « Concrètement, partout où un tracteur passe, je passe aussi », résume Christophe Ketterer, gérant de l’entreprise Vitisol. De plus, l’utilisation d’épandeurs portés au lieu d’épandeurs traînés assure une « meilleure maîtrise » du process dans les coteaux. Encore trois ans d’essais Mais au fait, c’est quoi comme compost qui est épandu dans ces vignes ? Agrivalor propose trois types de « viticompost » : celui de base composé à 100 % de matières végétales compostées ; le « complémenté » constitué de 70 % de matières végétales et 30 % de fumier de cheval ; et le « premium » composé de 50 % de matières végétales, 30 % de fumier de cheval et 20 % de fumier de bovin. Les doses d’apport sont calculées en fonction de l’estimation des pertes humiques annuelles, et de l’humus issu des bois de taille et des bandes enherbées. « On apporte entre 40 et 50 m3 par hectare de viticompost avant la plantation, puis 20 m3 par hectare tous les un à deux ans en guise d’entretien, et des doubles apports tous les quatre ans », détaille Guy Meinrad. Mais dans le sol, qu’est ce que cela apporte concrètement ? Après trois ans d’expérimentation dans les sols sablonneux de la Hardt de Colmar et les sols plus lourds du secteur de Bennwihr Mittelwihr, Agrivalor et les services de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) ont déjà pu constater le maintien de la vigueur de la vigne. Frédéric Schwaerzler, qui s’occupe de ce dossier à la CAA, remarque aussi que la fertilisation du sol induite par le compostage se fait sans à-coups, ce qui est « très positif ». Les essais doivent encore durer trois ans. À l’issue de cette période, les techniciens de la CAA disposeront de résultats précis sur l’utilisation de compost en viticulture et ses conséquences. « On fait des analyses assez régulières. On pèse le bois de taille pour évaluer la différence de vigueur en fonction des modalités, on fait un suivi du botrytis, du poids de récolte et des différentes maladies. Une année sur trois, on mesure l’activité biologique des sols. Et on mesure aussi les risques éventuels de pertes de nitrates. C’est pour cela qu’on utilise des parcelles jeunes qui réagissent rapidement », ajoute Frédéric Schwaerzler.

Publié le 10/12/2018

Lors de l’assemblée générale de l’Apco, Étienne de Saint Laumer, du service marketing de Horsch, a présenté les dernières innovations techniques du constructeur allemand, capables d’améliorer le semis de maïs et, in fine, les rendements.

Avant de penser au rendement, il faut (bien) penser au semis. Il y a la variété choisie bien sûr, la période à laquelle on le fait, mais il y a aussi la pression qu’exerce le semoir à prendre en compte. C’est en tout cas cette conviction qui a poussé le constructeur allemand Horsch à développer le système AutoForce pour ses semoirs. Grâce à un capteur au niveau des deux roues de jauge d’un élément, ce dispositif régule la pression sur l’élément semeur en fonction des conditions de sol. « Cette innovation est née suite à plusieurs essais que nous avons effectués sur différents types de sols », explique Étienne de Saint Laumer, responsable des essais maïs France au sein du service marketing de Horsch. Concrètement, lorsque les disques de semis pénètrent facilement le sol, la pression sur les roues de jauge augmente. L’AutoForce réduit alors la pression sur l’élément. Et inversement, quand les disques ont plus de mal à pénétrer (sols durs ou caillouteux), la pression sur les roues de jauge diminue et le dispositif augmente la pression sur l’élément. L’ajustement de la pression s’effectue par un vérin monté sur le parallélogramme de chaque élément. Le réglage de l’automatisme s’effectue depuis le terminal en indiquant une valeur cible pour la pression sur les roues de jauge. Chaque mètre, la pression est ajustée automatiquement par le système. Tous les grains à la même profondeur Chiffres à l’appui, Étienne de Saint Laumer a détaillé les observations faites sur le terrain avec ce système AutoForce lors de l’assemblée générale de l’Apco. Dans le premier cas, en mettant 350 kg de pression sur un sol caillouteux, on obtient 10 % de pieds en plus et 1,5 tonne de rendement supplémentaire. Sur un sol argileux en revanche, c’est le contraire : la forte pression donne les moins bons résultats. « Avec 150 kg de pression, on constate que toutes les petites racines sont mieux développées qu’à 350 kg, indique Étienne de Saint Laumer. Le rendement est également meilleur, le sol est moins stressé et il y a plus de rangs. » Aussi, lorsque la pression est « optimale » et que le tassement est évité, les racines descendent-elles tout droit et vont-elles plus vite chercher les nutriments. « On le remarque encore davantage dans les années très sèches où le maïs est un peu limite. Ça permet d’être plus performant pour aller chercher les ressources du sol. » Lors de ses essais, Horsch a aussi pu mesurer l’importance d’avoir tous les grains semés à la même profondeur. « On a constaté qu’on avait 1,5 t de rendement en plus, juste parce que tous les grains sont à la bonne profondeur. Donc, l’objectif numéro deux, après la régulation de pression, est de placer tous les grains à la même profondeur de manière à ce qu’il y ait une levée homogène. Si ce n’est pas le cas, un pied sera sous l’ombre de son voisin et recevra moins d’énergie du soleil. Il y aura donc un retard de développement. » À partir de cette observation, les techniciens de Horsch se sont demandé s’il fallait forcément que tous les pieds de maïs soient espacés de la même distance, ou s’il fallait plutôt qu’ils soient en priorité à la même profondeur. « Et clairement, même si la régularité de la distance des semis est importante, la profondeur régulière l’est encore plus », poursuit-il. Casser la compaction du sol avec des roulettes « spéciales » Étienne de Saint Laumer et ses collègues ont ensuite creusé le sillon sur environ 2 kilomètres pour voir comment les graines avaient été semées. Ils y ont découvert des tunnels sous le lit de semences, des sillons non refermés et des racines qui suivaient le sillon au lieu de pénétrer le sol. « On s’est demandé pourquoi ? Du coup, on a décidé de tester différentes roulettes de fermeture pour évaluer leur impact sur le semis. » Lors d’un essai effectué chez un maïsiculteur dans le secteur d’Angoulême, il est vite apparu que les rangs ayant tendance à jaunir avaient été semés avec des roulettes standards, tandis que les rangs les plus verts avaient systématiquement été semés avec au moins deux roulettes à pics ou à doigts. « En fait, l’explication est simple : les doigts de la roulette cassent la compaction du sol, la racine a plus de libertés pour sortir du sillon. » Ces résultats visuels ont été confirmés par les chiffres au moment de la récolte : 13,5 t pour le rang semé uniquement avec des roulettes standards, environ 14 t avec deux roulettes à doigts, et plus de 15 t avec une roulette à doigts associée à une roulette standard. « Le problème avec deux roulettes à doigts à l’arrière est que vous n’avez aucun moyen de contrôler à quelle profondeur le semis est effectué. C’est pour ça qu’il faut toujours conserver une roulette en plastique à côté d’une roulette à doigts de manière à toujours bien déplacer le sol », note Étienne de Saint Laumer. Horsch a effectué le même type d’essais dans d’autres régions productrices de maïs comme la Beauce ou l’Ukraine. À chaque fois, les résultats observés en Charente se confirment dans les sols argileux, moins dans les sols limoneux. Au final, ces essais effectués sur plusieurs années ont permis à Horsch de développer deux types de roulettes « spéciales » : l’une à doigts incurvés, plus agressive, pour les sols argileux ; l’autre à piques, moins agressive, pour les sols limoneux. Le dernier facteur à prendre en compte au moment du semis, et capable d’influencer positivement le rendement final, c’est l’écartement entre les rangs. Réduire l’écartement Horsch s’est ainsi demandé pourquoi le maïs est la seule culture semée avec un écartement de 75 ou 80 cm. « Du coup, on a essayé avec des écartements plus réduits pour voir si cela avait un effet ou non. » Pour tester ce cas de figure, les ingénieurs de Horsch ont construit un semoir adapté. Là encore, des résultats tangibles n’ont pas tardé à apparaître. Sur trois essais effectués dans le sud-ouest de la France, avec des écartements allant de 80 à 45 cm, la moyenne des rendements obtenue était en hausse de 6 %. En revanche, plus ces essais étaient effectués dans le nord du pays avec des variétés à indices courts, et moins le gain de rendement se faisait sentir. Ce qui reste tout de même positif aux yeux d’Étienne de Saint Laumer, qui constate qu’aucune perte de rendement n’a été observée et ce, quelle que soit la situation. Alors, réduire l’écartement de ses rangs de maïs, c’est bien. Mais jusqu’où peut-on aller sans que cela devienne contraignant ? « Il faut rester pragmatique. Il faut encore pouvoir passer les roues et les équipements », souligne-t-il. Mais réduire l’écartement de son semis a aussi des conséquences sur son parc matériel. Outre le semoir à changer, il y a les roues du tracteur, la bineuse pour celui qui bine, ainsi que le matériel de récolte. « C’est vrai, c’est un saut important. Mais il faut avoir à l’esprit qu’un tel semoir peut être utilisé aussi bien pour le maïs, que pour le colza, la betterave, le soja ou le sorgho. Du coup, on peut utiliser le semoir sur des périodes plus longues et ainsi mieux le rentabiliser. »

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