Technique

Championnat du monde de labour

Thomas Debes vice-champion mondial en planche

Publié le 07/09/2018

Pour sa troisième participation à une finale mondiale de labour, Thomas Debes s’est hissé sur la deuxième marche du podium dans la catégorie du labour en planche le week-end dernier à Tübingen, près de Stuttgart. La consécration d’années de travail et de persévérance.

Mardi matin à Jetterswiller, Thomas Debes avait retrouvé sa cote, ses bottes et ses vaches. Mais sur la table de sa salle à manger trône sa récolte du week-end : trois médailles, une coupe et sa caisse de transport en bois, toutes deux patinées par le temps. Il raconte : « Cette coupe passe de laboureur en laboureur depuis 65 ans. » Tous ceux qui l’ont remportée doivent faire graver leur nom sur le socle qui compte désormais trois étages, et se débrouiller pour qu’elle arrive à bon port pour la finale de labour suivante, afin d’être remise au prochain champion. » Un sol difficile « C’était une finale très bien organisée, dans une grande ferme isolée, sans doute un vestige d’une ferme royale, avec 300 ha d’un seul tenant », raconte Thomas Debes. Après s’être entraîné en Alsace dans le sec, il a traversé le Rhin le 20 août pour aller user ses socs dans le sol du secteur de la compétition, toujours dans le sec. « Il s’agissait d’une terre qui n’avait pas été labourée depuis dix ans et qui se caractérisait par un sol dur sous une surface très meuble. » S’agissant d’une grosse ferme avec une surface importante, les engins utilisés sont à l’avenant, et ils ont laissé des zones de tassement qui pouvaient faire sauter la charrue de plusieurs centimètres. « Les bons réglages étaient donc très difficiles à trouver, notamment pour procéder aux dérayures. Nous avons d’abord dû chercher des solutions, ne serait-ce que pour que la charrue reste droite. » Une météo pas plus clémente Le lundi suivant, Thomas Debes a tiré au sort ses parcelles d’essais, situées sur le site de la compétition. Des parcelles de 25 m de large sur 50 m de long. « À ce stade, ce n’est plus de la répétition, c’est du fignolage. C’est pour ça que c’est important de pouvoir s’entraîner avant, pour régler le plus gros des problèmes », décrit Thomas Debes. Sauf que cette année, la météo a joué avec les nerfs des laboureurs : « Deux jours avant la première épreuve sur chaume, il a plu 25 litres, et cette eau est descendue assez profondément dans le sol. » Autant dire que les concurrents ne pouvaient plus se fonder sur les réglages préalablement établis ! « Ça a été de l’improvisation. Et là, l’expérience joue beaucoup. J’ai effectué un mélange entre des réglages de conditions sèches et humides pour ne pas trop me tromper », raconte-t-il en ouvrant une pochette renfermant cinq années de notes collectées au fil de ses entraînements. « Le soir même de l’épreuve sur chaume, nous sommes allés voir l’état du sol sur prairie. L’eau était moins descendue, sur les 10-12 premiers centimètres, mais ça n’a pas été plus facile pour autant. C’est pour ça qu’il y a de tels écarts de notes entre les concurrents. » Laboureur et solidaire Participer à une finale mondiale de labour représente un budget. Le principal poste de dépenses correspondant généralement au transport du matériel. Aussi Thomas Debes a-t-il monté un dossier de demande de subventions dès le mois de février. Le concours ayant lieu en Allemagne, « il y a à la fois plus de retombées pour les sponsors, et moins de frais pour moi ». Aussi Thomas Debes a-t-il décidé de reverser les fonds qu’il n’aura pas utilisés à l’association Les Enfants de Marthe. Retour sur cette aventure en images :    

Réfection des chemins agricoles et forestiers

De nouvelles solutions émergent

Publié le 05/09/2018

En partenariat avec Hen Technologie, la société Hantsch propose une gamme de matériels innovants permettant de remettre en état des chemins agricoles et forestiers à moindres coûts par rapport aux procédés classiques.

Ces outils étaient récemment en démonstration dans le secteur de La Petite Pierre, à Erckartswiller, sur une piste forestière. Une démonstration organisée conjointement par l’entrepreneur Pascal Helmlinger, la Chambre d'agriculture et la société Hantsch. Agriculteur, Pascal Helmlinger gère également une entreprise de débardage, une activité qui requiert d’investir dans des équipements spécifiques. Pour l’instant, la réfection de chemins ne fait pas partie de son champ d’action, mais il s’agit d’une opportunité de développement qu’il envisage : « Je pourrais travailler sous contrat avec certains clients. Et c’est du matériel qui peut aussi être utilisé pour créer des plateformes, préparer l’intérieur de futurs bâtiments… C’est donc potentiellement un bon moyen d’élargir mon activité et d’amortir mon parc matériel », constate Pascal Helmlinger. Mais avant d’investir, il va laisser passer l’hiver sur le chemin rénové lors de cette démonstration, et observer son évolution dans le temps. Pour la Chambre d'agriculture, l’entretien des chemins forestiers constitue un enjeu important puisqu’il s’agit d’assurer l’accès au massif. Pour sortir du bois, certes, mais pas seulement. Il convient aussi de pouvoir observer l’évolution de la forêt, notamment la dynamique des maladies et ravageurs, ou encore de faciliter l’accès des secours. « Depuis 2008, 132 km de routes forestières ont été rénovés, ce qui représente l’accès à 2 800 ha et concerne 1 826 propriétaires forestiers », illustre Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Ces travaux ont en général été effectués via des Associations syndicales autorisées (ASA). Ces dernières années la fédération d’associations forestières et syndicales Forestiers d’Alsace et le Centre national de la propriété forestière (CNPF) ont encouragé la construction d’un réseau de déserte forestière. Mais, estime Claude Hoh, une soixantaine de kilomètres affichent entre 20 et 30 ans et devront être rénovés dans les prochaines années. D’où l’intérêt des forestiers pour le développement d’outils de réfection des chemins agricoles et forestiers économiques et innovants. « L’ennemi numéro 1 des chemins, c’est l’eau » La gamme d’outils conçus par la société Hen Technologie était présentée par Gautier Petitjean, responsable forestier nord pour la société Hantsch : « Nous proposons des outils réalisant la réfection de chemins sans apport de matière, contrairement aux engins de travaux publics classiques, ce qui permet de gagner en compétitivité ». Trois outils étaient présentés. Comme son nom le suggère, le combiné malaxeur dameuse WPF 200 mélange la matière et la tasse en une seule opération. « Les éléments sont piochés et, par force centrifuge, les plus gros se retrouvent sous les plus fins. Deux plaques vibrantes viennent compacter le tout. » Résultat, en un passage, le chemin est rectifié : les trous sont bouchés, et il est possible de créer une pente favorisant le bon écoulement de l’eau. « L’ennemi numéro 1 des chemins, c’est l’eau », constate Gautier Petitjean. Or lorsque les accotements des chemins sont trop hauts, l’eau s’écoule mal, stagne sur le chemin, ce qui contribue à la formation de nids-de-poule, donc à accélérer leur dégradation. L’araseuse d’accotement SP61 permet d’enlever la terre sur 5 à 15 cm, avec un angle qui assure une légère pente favorisant l’écoulement de l’eau. La terre est ensuite projetée sur le terrain adjacent. « C’est une solution rapide et économique par rapport au procédé traditionnel qui consiste à faire intervenir une pelleteuse et des remorques… », souligne Gautier Petitjean. Le broyeur de pierres RBM travaille sur 2 m de large et jusque 30 cm de profondeur. « Il est capable de broyer pierres et cailloux plus ou moins finement selon les réglages qui sont appliqués au rotor - qui tourne à 340 tours par minute, et qui est équipé de 160 pointes - et au contre-peigne. » Ce broyeur de pierre est un bon préalable à l’action du combiné malaxeur dameuse lorsque la granulométrie des éléments est trop importante. Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

Publié le 30/08/2018

Dix unités de méthanisation utilisant des effluents et des coproduits agricoles sont en fonctionnement en Alsace. De nouveaux projets sont en cours de réalisation ou de réflexion.

Si l’on s’en tient aux installations utilisant essentiellement des effluents agricoles et pilotés par des agriculteurs, l’Alsace compte dix unités de méthanisation en cours de fonctionnement, indique Christophe Gintz, chargé de ce dossier à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Celles-ci sont majoritairement localisées dans le Bas-Rhin, ce département disposant d’un réseau de gaz bien maillé permettant facilement l’injection de biométhane. La situation pourrait changer avec la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim : sur le modèle du plan de développement de la filière solaire imaginé pour accompagner la fermeture de la centrale, un plan de développement de la méthanisation et de valorisation de la biomasse est en cours. « On espère un regain de dynamisme sur le Haut-Rhin suite à ce plan, indique Christophe Gintz. La Chambre d’agriculture a d’ailleurs été mandatée pour identifier les sites agricoles potentiellement concernés par ce développement. Nous en avons recensé huit. » Tout projet repose sur une étude de faisabilité, soutenue par la Région Grand Est dans le cadre du programme Climaxion. Si l’étude est concluante, c’est l’Ademe qui prend le relais avec des aides à l’investissement. Ces aides, qui proviennent de deux fonds distincts, ne sont pas illimitées : avec une cinquantaine de dossiers déposés dans le Grand Est, l’enveloppe 2017-2018 est déjà en grande partie consommée, indique Christophe Gintz. À ce jour, ne peuvent donc être aidés que les projets prêts à démarrer. Les moyens disponibles pour 2019 n’étant pas connus, l’on ne sait pas si le rythme de deux appels à projets annuels pourra être maintenu. Le Grand Est en tête Toujours est-il qu’avec dix unités de méthanisation en fonctionnement et deux en cours de construction, l’Alsace tient sa place au sein de la région Grand Est, elle-même en tête des régions françaises par le nombre de projets. Parmi ces dix unités, la majorité utilise le principe de la cogénération, c’est-à-dire qu’elles produisent de l’électricité et de la chaleur à partir du biogaz. Ce sont les premières installations, celles qui bénéficient de la politique tarifaire la plus ancienne. Les autres produisent du biométhane qui est directement injecté dans le réseau. Dotées d’un meilleur rendement, ces dernières bénéficient aussi d’un meilleur tarif de rachat. Cette meilleure valorisation, ajoutée à la possibilité de stocker le gaz, explique que les projets actuels soient plutôt orientés vers l’injection par les politiques publiques. La cogénération générant aussi de la chaleur, les agriculteurs méthaniseurs ont intérêt à la valoriser, ce qui n’est pas évident toute l’année. Le tarif de rachat, qui incluait au départ une prime basée sur le pourcentage d’effluents d’élevage incorporé et une autre liée à la valorisation de la chaleur, a été simplifié. L’incitation à la valorisation de la chaleur est toutefois maintenue puisque les aides à l’investissement de l’Ademe sont conditionnées à ce critère. Elle peut prendre différentes formes : séchage de fourrage, de plaquettes, production d’eau chaude pour l’élevage ou alimentation de petits réseaux de chaleur. L’injection a aussi ses contraintes : « Il faut être proches d’un réseau de gaz. Or, certains secteurs géographiques, comme l’Alsace Bossue ou la zone du Ried et de la Hardt, sont un peu délaissés de ce point de vue, reconnaît Christophe Gintz. De plus, on ne peut pas injecter sur de gros tuyaux si l’installation est trop petite. » Des revenus plus stables Comme l’installation de panneaux photovoltaïques en son temps, la construction et l’exploitation d’unités de méthanisation apparaissent comme une source de diversification des revenus dans les exploitations. Les contrats pour la fourniture d’électricité ou de gaz se faisant sur 15 ou 20 ans, les agriculteurs qui investissent peuvent espérer des revenus moins fluctuants que le cours des céréales, du lait ou de la viande. D’où l’intérêt suscité dans les campagnes. La prochaine évolution à attendre est l’élargissement du gisement de matière organique, estimé actuellement à 120 000 tonnes pour les 10 unités en fonctionnement, dont 70 % sont d’origine agricole. Depuis le 1er janvier 2017, l’introduction de cultures principales dans les méthaniseurs est autorisée, dans la limite de 15 %. Et, après les effluents d’élevage et les sous-produits issus de la transformation, les agriculteurs méthaniseurs s’intéressent maintenant aux déchets des collectivités. L’une des deux unités haut-rhinoises collecte ainsi les déchets des restaurants scolaires. Enfin, on observe une tendance à la mise en place de cultures dédiées.

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