Technique

ExpoBiogaz, conférence Freddy Merkling

Le digesteur est un animal vivant

Publié le 16/07/2016

Beau succès des conférences au salon ExpoBiogaz en juin dernier, dont celle sur le retour d’expérience de deux années de gestion de méthaniseur à la ferme du lycée agricole d’Obernai, par Freddy Merkling, qui a éveillé les consciences. Et qui résume sa vision de la façon suivante : « Le digesteur se gère comme un animal dont on respecte le vivant ».

Le matériel allemand est globalement inadapté à la problématique des digestats français, plus fibreux et contenant plus d’indésirables. Ce qui entraîne des révisions à la baisse des schémas prévisionnels d’exploitation des installations françaises. La question posée à ExpoBiogaz consistait donc à faire témoigner des exploitants, dont Freddy Merkling, responsable de la ferme du lycée agricole d’Obernai, qui gère l’unité de méthanisation du lycée. L’objectif étant de donner quelques clés de gestion pour qu’au final, un moteur de cogénération ne s’arrête pratiquement jamais. « Je préfère le terme matières organiques à celui de déchets » « L’objectif de l’unité de méthanisation consistait pour nous, à valoriser la chaîne carbonée, explique Freddy Merkling. Nous avons des partenaires qui fournissent de la matière organique. Je préfère ce terme à celui de déchets. » Initialement, l’unité de méthanisation du lycée était dimensionnée pour 8 000 tonnes et 180 kWe. Mais très rapidement, il a fallu revoir la puissance à la hausse, le rendement méthanogène étant plus élevé que prévu avec notamment les graisses de l’usine voisine Stoeffler, et une bonne gestion de la ration. « Chez nous, c’est du fumier, du lisier, des cultures intermédiaires, des marcs de raisins, des bacs à graisse et restes de cantines. » « Il faut tenir compte de son bien-être » Cette diversité de matières peut présenter un inconvénient en période de transition alimentaire, prévient Freddy Merkling. « Le digesteur est un animal vivant. Il faut tenir compte de son bien-être, veiller à la régularité et l’équilibre de l’alimentation, souligne-t-il. Nous appliquons finalement les mêmes raisonnements qu’à nos jeunes bovins. » Et nous nous posons la question : « Jusqu’où faut-il ne pas aller dans la volonté d’extraire le dernier pourcentage de méthane de la MO ? Et quelles conséquences cela a sur l’équilibre bactérien et général du digesteur ? » Une question prolongée jusqu’à la qualité agronomique des digestats épandus sur les sols : « S’ils sont complètement vidés de leur MO, quelles conséquences cela a sur les sols ? Et sur la valeur fertilisante des sols ? » Alors Freddy Merkling délivre quelques conseils : « On doit bien connaître sa matière organique, respecter le rapport C/N, et faire des transitions alimentaires longues entre les rations estivales et hivernales. » « L’unité a atteint 98 % de taux de cogénération » Autre aspect, tout aussi essentiel dans l’objectif d’avoir des taux de cogénération performants supérieurs à 96 %, c’est-à-dire que le moteur ne s’arrête pas plus de 4 % du temps : l’entretien. « Attention à ne pas trop mégoter sur les investissements », prévient Freddy Merkling. « Quand un moteur s’arrête, le revenu s’arrête, mais les charges explosent. Donc chaque minute d’arrêt compte ! C’est la base du raisonnement. » D’où l’importance de l’entretien, « l’objectif étant zéro panne ». En la matière, il vaut donc mieux prévenir plutôt que subir. Et disposer d’un stock de pièces de rechange vitales, comme des pompes. « C’est un coût à relativiser au regard de ce que reviendrait un arrêt du moteur » et des pertes sèches en production d’électricité, irrécupérables. L’entretien, « c’est le nerf de la guerre. Attention à la qualité des matériaux », prévient encore Freddy Merkling qui donne l’exemple d’une hélice d’agitateur érodée en 14 mois d’usage : « Au lieu de l’inox, nous aurions dû choisir des pales en hardox (acier anti-abrasion). L’extraction de l’agitateur n’est pas anodine. On a fait appel à des professionnels car on travaille en milieu gazeux sous réglementation Atex (gaz explosif). » Aussi Freddy Merkling souligne-t-il que la conception des méthaniseurs doit « s’entourer de précautions » et par exemple intégrer ces opérations d’entretien, avec des regards d’accès bien dimensionnés pour les interventions rapides… De même, l’entretien du groupe de cogénération est fondamental : « Il faut avoir de bons contacts avec son fournisseur, avoir si possible toujours le même, qui connaît bien l’installation, pour ne pas avoir à tout réexpliquer ». Attention donc au contrat d’entretien tenant compte des heures du moteur. En près de trois années, l’installation d’Obernai a connu deux pannes réelles qui ont entraîné un arrêt du moteur. L’unité a atteint 98 % de taux de cogénération. Une belle performance, dit-on dans le milieu des méthaniseurs.

Press camp Lemken - Krone 2016 en Hongrie

L’innovation Lemken et Krone au banc d’essai hongrois

Publié le 10/07/2016

Le constructeur Lemken s’est associé cette année à Krone pour organiser son « press camp 2016 ». L’événement, qui consiste à permettre à la presse agricole du monde entier d’assister aux démonstrations des nouveautés en plein champ, se tenait cette année à Bück en Hongrie.

À 50 km de la frontière austro-hongroise, la région très céréalière de Bück fait preuve d’un dynamisme économique qui n’a rien à envier aux campagnes reculées et désertées abandonnées de l’État français. De plus, les récoltes de maïs et de blé sont extrêmement belles cette année. Les Hongrois démontrent par ailleurs que la platitude céréalière n’est pas un frein au tourisme, puisque Bück admet, et qui plus est, un important complexe hôtelier touristique, particulièrement réputé. C’est donc en ce lieu que les équipes de Nicola Lemken et Anthony Van der Ley, d’une part, et de Bernard Krone d’autre part, ont accueilli les 177 journalistes de 27 nations des 5 continents. Afin de découvrir concrètement les nombreuses nouveautés des deux constructeurs, présentées au dernier salon Agritechnica. Nous remercions particulièrement en Alsace Nicolas Soehnlen, responsable commercial Lemken de la région Alsace, qui a assuré le voyage. Et que l’on peut découvrir sur notre page Facebook dans une vidéo présentant les charrues Juwel 8. L’histoire de la maison Lemken débute il y a 236 ans, avec une entreprise typiquement fondée sur le modèle capitalistique familial rhénan, comme chez Krone d’ailleurs. Un modèle permettant de voir et d’investir sur le long terme, étant préservé des aléas financiers et des investisseurs boursiers volages. Lemken, c’est 1 300 salariés. Le chiffre d’affaires (CA) a été multiplié quasiment par dix depuis 1999, à 327 millions d’euros en 2015, dont 33 % réalisés en charrues, 32 % en matériels de préparation du sol, 13 % en semoirs. Et 7 % en pulvérisateurs, une toute nouvelle activité prometteuse du groupe, avec Véga, sa fameuse rampe alu mono-poutre et sa coupure buse à buse pour une précision extrême. De Krone, l’on connaissait surtout les remorques de camion. Il en sort 150 par jour de ses usines. Quand la famille Krone décide d’investir, elle ne le fait pas à la légère et pas sur le court terme, que ce soit d’ailleurs sur un secteur d’activité donné ou sur un marché, avec la création de Krone France SAS le 1er juillet. Le groupe vise en 2016, 1,7 milliard d’euros de CA, dont 550 M€ en agriculture. Un exemple édifiant est celui des presses : la première sort en 1977, Krone propose aujourd’hui 43 modèles en balles cylindriques ou carrées. Avec des innovations marquantes telles que le hachoir Varicut des BigPack, ou encore des presses qui pèsent et même envoient directement la facture de prestation, et dernièrement le prototype Premos, première presse à pellets, dont la démonstration publique en Hongrie a fait crépiter les flashs…

Haag - Semoir ExactEmerge de John Deere

La précision à grande vitesse

Publié le 06/07/2016

Capable de travailler jusqu’à 20 km/h tout en conservant un grand degré de précision, le nouveau semoir ExactEmerge de John Deere a été présenté par la concession Haag au cours d’une démonstration organisée à Ottmarsheim.

La concession Haag a organisé la semaine dernière une démonstration du dernier semoir de John Deere : l’ExactEmerge. Récompensée par une médaille d’or au dernier Sima et une médaille d’argent au dernier salon Agritechnica, cette évolution du MaxEmerge se caractérise par une cadence et une précision de travail plus élevées que la moyenne. « On peut aller jusqu’à 20 km/h quand on sème avec cette machine », explique le directeur commercial de Haag, Philippe Parmentier. Comment ? À la différence des semoirs « classiques », la graine est déposée directement au fond du sillon par un balai. Exit donc la gravité pour effectuer cette tâche, et bonjour la rapidité, tout en augmentant la précision du semis. Si la productivité est doublée, l’intérêt pour l’agriculteur réside aussi dans un meilleur respect des fenêtres de semis. « Dans une année comme celle que nous vivons en ce moment, cela représente un réel avantage », ajoute Philippe Parmentier. Ce nouveau semoir ExactEmerge est commercialisé depuis cette année. Cinq ont déjà été vendus en France, dont un en Alsace.

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