Technique

Sauerburger FXS, Firmin Hoffner et le tracteur Grip4

Quand l’inventivité française rencontre la technicité allemande

Publié le 09/08/2016

Huit ans après la présentation de son premier prototype de tracteur porte-outils de montagne à la foire aux vins d’Alsace, Firmin Hoffner, fils d’agriculteur de Fellering (68), présente le Grip4. C’est avec le constructeur Sauerburger FXS à Wasenweiler près de Breisach, qu’il a trouvé le partenaire industriel pour développer son concept.

Sorti en 2013, le Grip4 fait aujourd’hui la fierté du constructeur Sauerburger FXS : un tracteur porte-outils de montagne de haute technicité, de conception originale pour des performances de stabilité exceptionnelles. Près d’une cinquantaine d’unités cultivent les montagnes et entretiennent les bordures d’autoroute à ce jour. Ce qui fait déjà du Grip4 un succès commercial. Le Grip4 est une histoire rhénane, il est le fruit de l’inventivité d’un fils d’agriculteur, Firmin Hoffner de Fellering (68), concepteur en mécanique de métier, et qui a longtemps cherché un partenaire industriel avant de trouver l’âme sœur en l’entreprise Sauerburger FXS à Wasenweiler, non loin de Colmar. Firmin Hoffner avait présenté en 2007 un premier prototype de tracteur à la foire aux vins d’Alsace. Et c’est en 2009, au cours du salon Agritechnica que la famille Sauerburger le rencontre. Le constructeur de machines agricoles était alors à un tournant. Soit il renouvelait son tracteur vigneron, soit il se tournait vers un autre projet. Le secteur vigneron, très concurrentiel, la taille de l’entreprise - 70 salariés - plutôt mieux positionnée pour performer dans les engins spécifiques, font que l’industriel a opté pour investir dans ce projet de tracteur de montagne. Outre une gamme de matériels déjà bien fournie avec un valet de ferme, et des broyeurs à canes de maïs. Tenue en pentes améliorée « Mais il a fallu repartir d’une feuille blanche », indique Firmin Hoffner tout en reprenant son idée de base, complètement novatrice. En quoi consiste-t-elle ? Le Grip4, c’est un tracteur dont le châssis est en deux parties, et dont la partie avant est une sorte de berceau pendulaire monté sur pivot surélevé au-dessus du centre de gravité (voir photo ci-contre à gauche). D’où une tenue dans la pente améliorée. Quand d’autres tracteurs de ce type utilisent un châssis classique intégré dans le tube central de transmissions. La stabilité en pentes du Grip4 fait qu’il peut être attelé à des outils plus lourds. Le Grip4 est le plus puissant dans la catégorie des tracteurs à barycentre surbaissé : jusqu’à 113 ch. Si le châssis est construit à Wasenweiler, et si l’assemblage est bien sûr effectué dans les ateliers Sauerburger, plusieurs organes proviennent de différents fournisseurs, comme les essieux, les refroidisseurs, roues, pompes de transmission hydrostatique, moteurs hydrauliques, boîtes de vitesses, boîte de prise de force. Certains ont été conçus par Sauerburger spécifiquement pour le Grip4, mais sont fabriqués à l’extérieur. « Le travail de recherche pour trouver les bons fournisseurs a été long. » Voyons en détail les composants de ce tracteur. La cabine est entièrement isolée du châssis, montée sur silentblocs, ce qui donne un niveau de confort sonore à 72 dB, nettement supérieur à la concurrence. La conduite et les manœuvres sont rendues intuitives grâce à une centralisation des commandes sur un seul joystic. Il n’y a aucune liaison mécanique entre la cabine et la machine. Motorisé par des Perkins Tier3B, le Grip4 dispose de quatre roues directrices, dont l’essieu arrière peut être commandé indépendamment. Le tracteur peut donc avancer en crabe notamment pour compenser les dérapages en dévers. Ajoutez à cela un déport latéral de l’attelage, et le Grip4 peut cultiver quel que soit le sens de la pente. La transmission hydrostatique couplée à la boîte mécanique à dentures hélicoïdales permettent au Grip4 d’obtenir une variation de vitesse sur 100 % de la plage d’avancement, comme un système Vario. L’embrayage à commande électrohydraulique permet d’embrayer sous charge. Côté hydraulique, le Grip4 dispose d’une pompe à débit variable jusqu’à 105 litres/min, en load sensing. Elle ne débite pas s’il n’y a pas d’utilisation. L’hydraulique alimente quatre prises double effet avant et arrière. Les concepteurs Sauerburger ont opté pour deux ponts avec freinage intégré, multidisques à bain d’huile, et blocage différentiel par commande électrohydraulique. De l’idée géniale de base, à la conception, puis la réalisation, le Grip4 représente un modèle de technologie qui agrège l’inventivité française et la technicité allemande.

Publié le 04/08/2016

Lors de l’événement Comptoir Agrosphère - Les rencontres, la société Weenat présentait ses capteurs éponymes ainsi que l’application spécifique WeenApp qui permet d’en tirer le meilleur parti.

La technologie Weenat fonctionne sur le mode du « plug and play », indique Léa Thiebaut, chef de projet de la société pour le nord de la France et de l’Europe. C’est-à-dire qu’une fois qu’on a acquis les capteurs, il suffit de les installer dans les champs, d’installer l’application dédiée WeenApp sur son smartphone ou de se connecter à la plateforme de gestion des données dédiée, et c’est parti. La gamme de Weenat est variée : pluviomètre, tensiomètre, thermomètres, hygromètres, du sol, de l’air, à différentes profondeurs ou hauteurs, mais tous connectés et sans fils. L’idée, c’est que les agriculteurs puissent bénéficier de données météorologiques à la fois plus précises et personnalisées. « C’est particulièrement utile pour les ETA, ou pour les agriculteurs qui ont un parcellaire éclaté. Cela leur permet de savoir qu’il a plu 40 mm à un endroit, contre 10 mm à un autre puisque les capteurs sont géolocalisés », illustre Léa Thiebaut. Dans l’application, les données sont présentées sous forme de graphiques que l’utilisateur peut simplifier ou enrichir selon ses besoins et qui constituent autant d’outils d’aide à la décision. En outre les données sont enregistrées dans un historique et l’utilisateur bénéficie aussi de prévisions météorologiques, en open source ou géolocalisée et expertisée selon l’offre choisie. Autant d’informations qui permettent d’ajuster les interventions du semis à la récole et de mieux les organiser, de mieux anticiper les risques climatiques, de mieux gérer l’irrigation et la ressource en eau.

Publié le 01/08/2016

Lors de l’événement Comptoir Agrosphère - Les rencontres, la société Axe environnement présentait la solution de traçabilité des produits phytosanitaires Keyfield. Le cahier de culture se remplit automatiquement, les stocks sont gérés en temps réel…

Titre : Keyfield. Sous-titre : Cahier de culture automatique. Tout est dit, ou presque, sur la nouvelle solution de gestion des produits phytosanitaires proposée par la société Axe environnement et développée par la société Nexxtep. Celle-ci se présente sous forme d’un kit comprenant trois balises : « Une boxe qui recueille les informations ; une balise mobile, fixée sur le pulvérisateur ; et une balise fixe, positionnée au niveau de la sache de collecte des Emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP) », décrit François Rivalland, responsable commercial Nord-Est chez Axe environnement. Objectif : tracer les bidons de produits phytosanitaires de leur arrivée à leur destruction. Traçabilité totale et infaillible Pour que Keyfield soit opérationnelle, l’agriculteur enregistre son parcellaire dans un logiciel dédié, et communique la liste de ses produits phytosanitaires à Axe environnement qui lui envoie en retour des tags, soit des étiquettes mentionnant le nom du produit et le volume du contenant. Charge à l’agriculteur de coller les étiquettes sur les bidons correspondants avant de les ranger dans son local phyto. Les étiquettes sont équipées de puces RFID et les balises de lecteurs RFID, ce qui permet de détecter les bidons qui sont versés dans le pulvérisateur et ceux qui sont placés dans la sache de collecte des EVPP. En outre, la balise mobile fixée sur le pulvérisateur permet de le suivre par satellite et donc de savoir quel traitement a été effectué sur quelle parcelle avec quel produit et à quelle quantité. Grâce à une application dédiée, tout cela est enregistré sur le smartphone de l’agriculteur, qui n’a plus qu’à transférer les données vers son logiciel d’enregistrement des pratiques. Paul Subtil, chef de produit objets connectés, liste les avantages de Keyfield : « Les erreurs de saisie sont écartées, la traçabilité est totale, jusqu’à la destruction de l’EVPP ». Déjà, de nouvelles applications sont en cours d’élaboration : la balise fixée sur le pulvérisateur pourrait être équipée d’un peson qui permettrait de déterminer la quantité de produit qui reste dans un bidon qui ne serait pas vidé. Une amélioration qui devrait permettre d’avoir une image précise de l’état des stocks. Autres progrès en vue : les balises pourraient envoyer des alertes, par exemple si l’agriculteur s’apprête à utiliser un Produit phytopharmaceutique non utilisable (PPNU) ou un produit phytotoxique pour la culture qu’il va traiter. À terme, la balise pourrait aussi envoyer des alertes lorsque le mélange effectué n’est pas conforme à la réglementation. Mais celle-ci est tellement changeante que la mise en œuvre de cette fonctionnalité risque d’être compliquée !

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