Technique

Publié le 04/08/2016

Lors de l’événement Comptoir Agrosphère - Les rencontres, la société Weenat présentait ses capteurs éponymes ainsi que l’application spécifique WeenApp qui permet d’en tirer le meilleur parti.

La technologie Weenat fonctionne sur le mode du « plug and play », indique Léa Thiebaut, chef de projet de la société pour le nord de la France et de l’Europe. C’est-à-dire qu’une fois qu’on a acquis les capteurs, il suffit de les installer dans les champs, d’installer l’application dédiée WeenApp sur son smartphone ou de se connecter à la plateforme de gestion des données dédiée, et c’est parti. La gamme de Weenat est variée : pluviomètre, tensiomètre, thermomètres, hygromètres, du sol, de l’air, à différentes profondeurs ou hauteurs, mais tous connectés et sans fils. L’idée, c’est que les agriculteurs puissent bénéficier de données météorologiques à la fois plus précises et personnalisées. « C’est particulièrement utile pour les ETA, ou pour les agriculteurs qui ont un parcellaire éclaté. Cela leur permet de savoir qu’il a plu 40 mm à un endroit, contre 10 mm à un autre puisque les capteurs sont géolocalisés », illustre Léa Thiebaut. Dans l’application, les données sont présentées sous forme de graphiques que l’utilisateur peut simplifier ou enrichir selon ses besoins et qui constituent autant d’outils d’aide à la décision. En outre les données sont enregistrées dans un historique et l’utilisateur bénéficie aussi de prévisions météorologiques, en open source ou géolocalisée et expertisée selon l’offre choisie. Autant d’informations qui permettent d’ajuster les interventions du semis à la récole et de mieux les organiser, de mieux anticiper les risques climatiques, de mieux gérer l’irrigation et la ressource en eau.

Publié le 01/08/2016

Lors de l’événement Comptoir Agrosphère - Les rencontres, la société Axe environnement présentait la solution de traçabilité des produits phytosanitaires Keyfield. Le cahier de culture se remplit automatiquement, les stocks sont gérés en temps réel…

Titre : Keyfield. Sous-titre : Cahier de culture automatique. Tout est dit, ou presque, sur la nouvelle solution de gestion des produits phytosanitaires proposée par la société Axe environnement et développée par la société Nexxtep. Celle-ci se présente sous forme d’un kit comprenant trois balises : « Une boxe qui recueille les informations ; une balise mobile, fixée sur le pulvérisateur ; et une balise fixe, positionnée au niveau de la sache de collecte des Emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP) », décrit François Rivalland, responsable commercial Nord-Est chez Axe environnement. Objectif : tracer les bidons de produits phytosanitaires de leur arrivée à leur destruction. Traçabilité totale et infaillible Pour que Keyfield soit opérationnelle, l’agriculteur enregistre son parcellaire dans un logiciel dédié, et communique la liste de ses produits phytosanitaires à Axe environnement qui lui envoie en retour des tags, soit des étiquettes mentionnant le nom du produit et le volume du contenant. Charge à l’agriculteur de coller les étiquettes sur les bidons correspondants avant de les ranger dans son local phyto. Les étiquettes sont équipées de puces RFID et les balises de lecteurs RFID, ce qui permet de détecter les bidons qui sont versés dans le pulvérisateur et ceux qui sont placés dans la sache de collecte des EVPP. En outre, la balise mobile fixée sur le pulvérisateur permet de le suivre par satellite et donc de savoir quel traitement a été effectué sur quelle parcelle avec quel produit et à quelle quantité. Grâce à une application dédiée, tout cela est enregistré sur le smartphone de l’agriculteur, qui n’a plus qu’à transférer les données vers son logiciel d’enregistrement des pratiques. Paul Subtil, chef de produit objets connectés, liste les avantages de Keyfield : « Les erreurs de saisie sont écartées, la traçabilité est totale, jusqu’à la destruction de l’EVPP ». Déjà, de nouvelles applications sont en cours d’élaboration : la balise fixée sur le pulvérisateur pourrait être équipée d’un peson qui permettrait de déterminer la quantité de produit qui reste dans un bidon qui ne serait pas vidé. Une amélioration qui devrait permettre d’avoir une image précise de l’état des stocks. Autres progrès en vue : les balises pourraient envoyer des alertes, par exemple si l’agriculteur s’apprête à utiliser un Produit phytopharmaceutique non utilisable (PPNU) ou un produit phytotoxique pour la culture qu’il va traiter. À terme, la balise pourrait aussi envoyer des alertes lorsque le mélange effectué n’est pas conforme à la réglementation. Mais celle-ci est tellement changeante que la mise en œuvre de cette fonctionnalité risque d’être compliquée !

Récoltes

Mornes granges

Publié le 21/07/2016

Ça y est, les foins sont engrangés ! Leur qualité laisse cependant à désirer et devra être surveillée. La moisson des blés a débuté. Comme prévu, des quintaux manquent à l’appel.

La fenaison s’achève, enfin, après des semaines à attendre une période anticyclonique suffisamment longue pour pouvoir faucher l’herbe, la faner, l’andainer, la presser… Mais la patience forcée dont les éleveurs ont fait preuve ne sera pas forcément récompensée… Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, dépeint en effet une situation contrastée, entre ceux qui ont démarré la fenaison il y a une quinzaine de jours, sur des sols encore mouillés, avec de l’herbe couchée dessus, donc avec une couche inférieure d’herbe très humide. Et la seconde vague de fenaison, qui a bénéficié de meilleures conditions de récolte, avec des températures élevées et peu, voire pas, de précipitations, donc une herbe qui a pu bien sécher. Le spécialiste des fourrages note aussi des différences entre les parcelles : « L’herbe a mieux séché dans les parcelles en pente que dans les fonds de vallée ». Mais une caractéristique commune à tous les foins de 2016 se dégage : « C’est du vieux foin, les stades de récolte optimaux sont largement dépassés et la valeur alimentaire s’en trouve inévitablement dégradée. » C’est encore plus vrai pour les foins issus de la première vague de récolte : « Certains agriculteurs ont dû ressortir des balles de foin des granges parce qu’elles commençaient à chauffer. La qualité de ce fourrage-là sera encore plus mauvaise, avec une diminution de l’appétence, des protéines et des sucres brûlés selon la température atteinte… » Les foins issus de la seconde vague sont moins concernés par ce phénomène : « En ce moment, l’herbe sèche très bien », indiquait Laurent Fritzinger mardi 19 juillet, alors que le thermostat frisait les 40 °C et que, aussi paradoxal que cela puisse paraître après tant d’eau, quelques parcelles de maïs commençaient à exprimer des symptômes de stress hydrique. Laurent Fritzinger estime donc que « si les foins ont été bien séchés, ce ne sera pas si catastrophique que cela, le fourrage obtenu suffira à remplir la panse. » D’autant que si la qualité pêche, la quantité est là : le double de l’année précédente, marquée par la sécheresse, et quelque 20 % de plus qu’une année moyenne. Une hausse de la production qui s’explique par la fenaison tardive, « tous les foins ont été faits en juillet, avec près de quatre semaines de retard », soit autant de semaines de pousse supplémentaires. Mais aussi par des prairies très denses, conséquence des conditions poussantes du mois de mai, de la bonne valorisation des apports d’engrais grâce aux précipitations… Une densité qui a probablement contribué à la verse de certaines prairies sous l’effet des précipitations. Des fourrages à manipuler avec précaution Maintenant que le foin est engrangé, que faut-il attendre de la suite des événements ? Du côté des prairies, Laurent Fritzinger ne s’aventure pas à un pronostic. Il constate : « Les prairies reverdissent vite après cette coupe, car il y a encore du potentiel dans le sol. Mais il suffit de quinze jours de canicule pour stopper la pousse » Et tout dépend des pratiques des agriculteurs : « Ceux qui ont ensilé début mai et qui ont pu faire une deuxième coupe mi-juin peuvent déjà envisager une troisième coupe. D’autres ont déjà du regain, avec de belles deuxièmes coupes, équivalentes à la première… » Du côté des auges, Laurent Fritzinger conseille vivement de faire analyser le fourrage, afin de déterminer sa valeur alimentaire, et notamment son taux de contamination par les spores butyriques. En effet, les fourrages les plus contaminés ne seront pas adaptés aux vaches laitières : « Si on ne cherche que la fibre, il vaudra mieux leur donner de la bonne paille, propre, qui fait autant ruminer. » Pour les vaches allaitantes, les génisses, si la qualité de séchage est bonne, ce fourrage fera l’affaire. « Il faudra peut-être ajouter un peu d’énergie, de céréales, car les animaux risquent de manquer d’énergie et de protéines. » Enfin, plus que le foin, c’est l’ensilage d’herbe qui préoccupe Laurent Fritzinger : « La récolte s’est effectuée dans des conditions exécrables. Il risque d’y avoir beaucoup de contaminations par la terre, des problèmes de conservation. Or c’est un fourrage jeune, riche, traditionnellement réservé aux animaux à besoins élevés, comme les laitières, mais s’il y a trop de butyriques, il vaut mieux ne pas leur en donner. » Blé : les craintes se confirment « Catastrophique », « pire que ce que l’on pensait »… Tous les commentaires sur la moisson de blé 2016 vont dans le même sens. Visuellement pourtant, la plupart des parcelles font bonne figure. Mais entre les doigts, les épis s’effritent et il ne reste quasiment rien. « Dans un épi, il y a deux ou trois grains à l’aspect normal, les autres sont rabougris, fusariés, ne contiennent quasiment pas d’amidon, ne pèsent rien », rapporte Laurent Fritzinger. Les premiers échos des moissonneuses-batteuses confirment les impressions : les 40-50 q/ha et les PS à 60-70 ne sont pas rares. L’essentiel des dégâts serait lié à la fusariose, qui a provoqué des avortements. Mais la septoriose a aussi pu impacter la taille des grains. Ceux-ci sont parfois si légers que les conducteurs de moissonneuses-batteuses ont du mal à régler correctement les souffleries : trop fort et les grains s'envolent avec les impuretés. Du coup, il y a pas mal de débris qui passent dans les bennes. Les blés versés ne facilitent pas non plus la récolte, puisqu'il faut réduire la vitesse d'avancement pour bien les relever et les ramasser. Mais d'un autre côté, en l'absence de verse, la rareté des grains permet d'accélérer les débits de chantier. Orge et colza : des grains, mais petits et légers En orge, on a « du grain, mais du petit grain », constate Laurent Fritzinger : leur nombre est équivalent à celui de l’année dernière, mais le PMG est réduit de 25 %, et le rendement d’autant. Le PMG du colza semble aussi avoir été affecté par les conditions particulièrement pluvieuses du printemps : « Le PMG est plus proche de 4 g que de 5 g, ce qui joue beaucoup sur le rendement », indique Laurent Fritzinger. Les échos sont très variés : « On entend de tout, du bon comme du moins bon, mais le colza est sans doute une des cultures qui s’en sort le mieux cette année », rapporte Laurent Fritzinger.

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