2e salon Agriculture de demain
Des « clés » pour l'avenir
2e salon Agriculture de demain
Publié le 11/06/2016
Avec près de 1 000 visiteurs, la deuxième édition du salon Agriculture de demain a atteint ses objectifs de fréquentation malgré une météo capricieuse. Deux journées où les innovations technologiques présentées ont donné un aperçu du futur de l'agriculture, qu'elle soit « biologique » ou « conventionnelle ».
Regarder vers l'avenir et faire fi des « divergences ». Pour le directeur d'Alsace Bio (qui a organisé la manifestation aux côtés d'Arvalis-Institut du végétal et de la Chambre d'agriculture d'Alsace), Maurice Meyer, le deuxième salon Agriculture de demain qui s'est déroulé la semaine dernière à la ferme de la Judenmatt, à Rouffach, démontre que les innovations technologiques appliquées à l'agriculture vont au-delà des « clivages » classiques entre le bio et le conventionnel. « Nous avons la chance dans notre région d'avoir des gens qui savent travailler ensemble. Nous avons 90 % de points communs. Il faut en tirer parti pour dessiner les contours de l'agriculture que nous voulons pour les prochaines années. » Que ce soit au cours des démonstrations de matériels innovants, des conférences ou des tables rondes, ces deux journées ont fait l'étalage de ce à quoi pourrait ressembler les agricultures grâce à l'apport des technologies, qu'elles soient robotiques, mécaniques ou informatiques. Des techniques qui ne sont « pas réservées » à l'agriculture biologique, considère le président de l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (Opaba), Julien Scharsch. « Il est indispensable de les faire découvrir à tous », estime-t-il. Des technologies qui permettront, selon lui, à l'agriculture de demain de devenir une agriculture qui saura préserver les ressources naturelles, quelle que soit l'étiquette que l'on met sur cette agriculture. Une évolution qui passera nécessairement par la « technicité » et « l'investissement humain ». « Ce sera une agriculture de la collaboration, une agriculture solidaire qui fera avancer tout le monde dans le même sens », annonce Julien Scharsch. Des propos appuyés par le président de la CAA, Laurent Wendlinger. « Ces nouvelles technologies doivent être accessibles au plus grand nombre. Notre agriculture n'a en effet plus le choix de devoir s'adapter et se moderniser. » Mais ces nouveautés, ces technologies ont un coût encore assez élevé pour certaines d'entre elles. Dans le contexte actuel, c'est un critère qui pourrait refroidir bon nombre d'exploitants d'expérimenter ces nouvelles solutions. Lucide sur cette réalité, Laurent Wendlinger invite les agriculteurs à se tourner vers les Cuma ou les GIE pour mutualiser les moyens de production. Des structures qui « assurent l'accès aux nouveautés et aux performances. » Une « vision du futur » pour les lycéens agricoles Le président de la CAA voit également dans ce salon la possibilité de « trouver des clés » pour « ouvrir » de nouvelles possibilités de développement. « Cela doit nous permettre, entre autres, de nous adapter aux enjeux de demain. » Mais aussi aux variabilités de plus en plus importantes du climat. Si l'année 2016 se caractérise pour l'instant par une accumulation des précipitations, il ne faut pas oublier la météo sèche et chaude de 2015 qui a mis en exergue l'importance de l'irrigation en Alsace. Une thématique placée au cœur de ce deuxième salon Agriculture de demain qui a su trouver son public, vu le taux de fréquentation enregistré. « Nous avons accueilli 987 visiteurs, dont une belle majorité d'agriculteurs. Malgré la météo capricieuse, les gens se sont déplacés », souligne Maurice Meyer à l'issue de la manifestation. Cela reste tout de même inférieur à la fréquentation enregistrée en 2014, au cours de la première édition. « On avait accueilli 1 200 visiteurs. Mais nous avions un programme spécial viticulture qui avait intéressé de nombreux professionnels spécialisés, ce qui n'était pas le cas cette année », relativise-t-il. À noter en revanche cette année la forte présence des lycées agricoles, dont celui de Rouffach qui a participé à l'organisation logistique. « Ces jeunes, c'est la relève de demain. Leur présence est capitale. Nous devons leur permettre d'accéder à une information concrète sur les évolutions du monde agricole et leur donner une vision de leur futur professionnel », ajoute-t-il.












