Technique

Publié le 19/10/2016

La maison Baehrel présentait à Ittenheim, la nouvelle gamme de matériels de fenaison Kuhn attelés à des Massey-Ferguson. Le constructeur savernois propose toujours plus de robustesse, de confort et de finition.

La nouvelle génération de faucheuses, faneuses, andaineuses Kuhn se veut plus robuste et plus aboutie. Les ingénieurs Kuhn ont également souhaité optimiser les commandes depuis la cabine pour plus de confort et de sécurité. Enfin, « et c’est la signature Kuhn », souligne l’inspecteur commercial régional Denis Delcey, le matériel présente de nombreuses pièces de fonderie moulée, appréciable tant pour le design que la robustesse des machines. Les modèles ont été présentés sur des Massey Ferguson, de dernière génération, à Ittenheim le 6 octobre dernier, par Jean-Baptiste Andréas et Nicolas Walter, commerciaux de la maison Baehrel, et par Denis Delcey. Sur la faucheuse GMD 310, un grand classique chez Kuhn, la robustesse a été améliorée au niveau de la tête d’attelage et des pieds de lamier. Le repliage arrière est à commande hydraulique depuis la cabine, avec un positionnement spécial pensé pour le transport. La FC 314 est une faucheuse à disques disposant d’un châssis de conception nouvelle, avec une poutre secondaire, permettant de n’avoir aucun besoin de réglage sur le bras de relevage ; le lamier est renforcé pour des usages plus intensifs. Le design a été soigné avec, dans le carénage, un boîtier de stockage des clés et couteaux. En option sur cette machine, un conditionneur à fouets en polyéthylène ou le conditionneur en acier Digidry pour les fourrages lourds. À noter que la gestion de la suspension LiftControl est indépendante de la gestion de la machine. Au look futuriste, la faucheuse GMD 3120 F (comme frontale) dispose d’un débattement vertical important de 700 mm et angulaire de 30 °. La cinématique a été pensée pour une plus grande adaptabilité au terrain. Cette faucheuse frontale gère sa pression au sol au moyen d’une boule d’azote. Le lamier est équipé de deux tambours de recentrage de l’andain pour passer entre les roues du tracteur. Derrière l’unité frontale était attelée une GMD 9530, nouvelle faucheuse composée de deux unités à repliage vertical et à sécurité indépendante gauche droite. Elle est très aboutie dans sa conception industrielle, l’effort d’innovation porte sur le repli automatique en phase de transport, sur l’attelage facilité, et sur la suspension verticale LiftControl, grâce à un ensemble vérin-embiellage-boule d’azote qui allège le groupe de fauche et assure une garde au sol régulière et sécurisée face aux obstacles en mode non-stop. Stables et modulaires Côté faneuse, deux GF portées et traînées étaient présentées, dont une 8,70 m avec de petits diamètres de rotor, deux matériels bien dans la « culture Kuhn » et ses pièces de fonderie moulée. Du côté des andaineurs, un GA 6620 B semi-porté en 6,50 m, à andain central, ainsi qu’un 8030 à 8,30 m de largeur de travail, étaient en démonstration. Doté d’un rotor Masterdrive G3 à carter breveté, cet andaineur dispose d’un puissant couple rotatif pour les usages intensifs et fourrages en vert. Son attelage Stabidrive répartit le centre de gravité de l’engin pour une plus grande stabilité tout terrain. Quant au Stabilift, il stabilise le rotor et permet un débattement de 510 mm en un andain ou de 760 mm en deux andains. Réglage de la largeur de travail et repliage se font depuis la cabine. Les rotors de 12 bras à 4 fourches ont un diamètre de 3,40 m. Enfin était présenté un andaineur GA 6632, très modulaire, en 1 ou 2 andains, avec 2 rotors de 2,90 m et 4 fourches, mus par le carter Masterdrive, dont le brevet revendique un effort de couple conique et de couple cylindrique soulagés. Taillés pour l’agriculture alsacienne Cette journée herbe Baehrel était l’occasion de présenter quelques Massey Ferguson taillés pour l’agriculture alsacienne. Un 4709 de 95 ch, sorti à Agritechnica, conçu et fabriqué à Beauvais, compact et bas, dernier né de la gamme en 3 cylindres, idéal pour la polyculture-élevage. Avec le 4707 et le 4708, ce tracteur est doté d’une boîte mécanique avec un doubleur inverseur sous charge. En plus puissant, le 7716 Dyna 6 de 160 ch est monté sur châssis intégré monobloc. Il était présenté avec un 7718 Dyna 6, lui aussi avec un pont avant suspendu autorisant 140 mm de débattement, et un embiellage de pont prenant sur le milieu du châssis, pour plus de confort de conduite.

AgriPro-Center

L’atelier à domicile

Publié le 16/10/2016

La société AgriPro-Center développe un concept original et novateur : l’entretien et la réparation de tracteurs et machines agricoles toutes marques à domicile.

Le concept est simple : venir chez les clients pour effectuer tous les travaux de révision, de dépannage, de réparation ou encore de diagnostic électronique. Ce sont des ateliers mobiles comme dans les travaux publics. Les camionnettes atelier mobile sont entièrement meublées comme un atelier normal avec entre autres un poste à souder, une sertisseuse hydraulique, une valise diagnostique multimarques dernière génération, mais également des produits commerciaux proposant du consommable et produits de saison (graisse, huile, Adblue, fourche, balais, filtres).  « Nos camionnettes sont toutes équipées d’un modem internet 4G +, afin de pouvoir consulter nos catalogues électroniques devant la machine défectueuse, ce qui permet d’avoir toutes les informations nécessaires sur place, pour passer commande chez nos fournisseurs », explique David Tony, président fondateur d’AgriPro-Center. La société propose autant de familles de produits et au même tarif qu’un site e-commerce ou un concessionnaire, mais en plus elle accompagne le client. Cela lui évite de se déplacer et lui permet d’avoir ainsi un service pro à domicile. « Nos accords avec nos fournisseurs, nous permettent de passer commande jusqu’à 17 h 30 - 18 h et d’être livré la nuit pour intervenir dès le lendemain matin en cas de panne en pleine saison. Cela pour plus de 80 % des pièces d’origine ou adaptables », ajoute David Tony. Les camionnettes interviennent sur l’ensemble de l’Alsace, mais également en Lorraine. Parallèlement à l’ouverture de la société, le 2 juin dernier, le site e-commerce « Agriprocenter.com » est en cours de création pour développer la société sur le territoire national. « Notre force sera, lors des commandes pièces passées par les clients, de proposer le montage à domicile. Ce service sera proposé par nos franchisés et mis en place sur différentes régions », conclut David Tony. L’entreprise se veut à l’écoute des clients et de plus en plus de professionnels lui font confiance. Des céréaliers n’hésitent pas à l’appeler pour des dépannages sur leur moissonneuse-batteuse, mais également des éleveurs pour compléter leurs équipements avec, par exemple, des logettes et des abreuvoirs. AgriPro-Center bénéficie également de la confiance de nombreuses communes et collectivités et de paysagistes. Elle leur propose par exemple des micro-tracteurs et des tondeuses et tous les équipements de la motoculture. L’entreprise compte deux salariés mécaniciens et un commercial qui ont la capacité de s’adapter rapidement à toutes les demandes quelle que soit la zone géographique.

Festival de non-labour et semis direct à Courcelles-Chaussy (57)

Objectif : déplafonner les rendements

Publié le 04/10/2016

Le lycée agricole de Courcelles-Chaussy accueillait le 21 septembre dernier le festival de non-labour et semis direct. Avec une belle concentration de semoirs de semis direct et six conférences d’agriculteurs praticiens ou de conseillers techniques.

Les Techniques culturales simplifiées (TCS) évoluent désormais dans un contexte où les marges de rentabilité des productions céréalières ne permettent plus d’autoriser des échecs. Et de se risquer à des essais de semis direct sans être certain d’obtenir des rendements qui couvrent les charges et les investissements en terre. Et même, « en agriculture de conservation, l’objectif n’est pas de perdre mais de gagner des quintaux », souligne Jean-Luc Forrler, conseiller agriculture de conservation (AC) chez Vivescia. Le rapport des agriculteurs aux TCS a donc considérablement évolué. Ils sont de plus en plus nombreux à introduire ici ou là quelques principes agronomiques des TCS sans pour autant convertir totalement l’exploitation au non-labour. L’idée de l’AC reste la même : produire de l’humus et de l’azote pour transformer le carbone. « Il faut trois à quatre ans pour remettre en route la vie biologique du sol et multiplier par quatre les vers de terre, champignons, insectes, soit passer de 3 à 12 tonnes de vie biologique. » La première idée est de prendre en compte la gestion du tassement, « de pratiquer des récoltes d’été et donc d’éviter dans les rotations du maïs ensilage ou de la betterave, les premières années de transition vers les TCS », prévient le conseiller. En Lorraine, « nous disposons d’une culture de printemps pour trois d’hiver soit colza-blé-orge d’hiver- pois ou blé. Les intercultures qui marchent ici sur le plateau lorrain, ce sont les couverts semi-permanents. Les couverts permanents présentent trop de risques ici, on a du mal à les réguler, ils deviennent des nids à campagnols. » La technique du couvert semi-permanent consiste à semer par exemple du trèfle blanc nain, à 4 kg/ha, en même temps que le colza, puis à le laisser en place après la récolte du colza. Il devient alors très agressif et explose, puis on le régule au glyphosate. Le blé est semé en direct dessus. Puis le couvert est détruit avec un herbicide avant la montaison du blé. « Avec cette technique, on déplafonne les rendements et on gagne en protéines. » Autre technique validée en Lorraine, les colzas associés aux féveroles, semées précisément à 5 cm. Quant aux mélanges multi-espèces, ils doivent être réfléchis en fonction d’objectifs précis, par exemple faire pâturer des moutons, ou produire du carbone ou de l’azote et faire de l’humus, ou produire du fourrage. La clé de la réussite en terres argileuses est le bon ressuyage, d’où une destruction des couverts avant semis plus précoce qu’ailleurs. « Une superbe machine pour nettoyer les parcelles » « L’agriculture de conservation est une superbe machine pour nettoyer les parcelles des dicotylédones ou des graminées. » Pour Jean-Luc Forrler, la féverole est un superbe outil, rustique pour les cultures associées, qui « n’a jamais fait perdre de rendement en association avec le colza », on gagne en moyenne 2 à 3 q et on réduit de 30 unités l’azote. On peut par exemple la semer au semoir EasyDrill à 5 cm de profondeur, un rang sur deux avec le colza à 0,5 cm. Et en outre, on évite de dépasser le seuil de nuisibilité des insectes. Le couvert aéré est une technique permettant par exemple de venir à bout des vulpins résistants, le seul produit efficace étant le glyphosate. Le principe consiste à faire un couvert long dans une interculture courte. Dans une rotation blé sur blé, ou blé sur orge d’hiver, on sème une interculture courte, comme de la féverole (15 à 18 pieds/m2), dès la moisson, puis le blé (ou l’orge) est semé en direct au disque ou avec un outil à dents « sans problème ». Le couvert de féverole gèle durant l’hiver ou est détruit à l’herbicide Atlantis. « Ce qui est important, c’est de désolidariser la période de travail du sol, qui doit être la plus éloignée possible de la date de semis. Donc si on n’est pas à l’aise avec les TCS et si on veut travailler le sol pour semer la féverole, on le fait tout de suite après la moisson », souligne Jean-Luc Forrler, ceci afin d’éviter qu’au semis du blé suivant, le remuage de terre occasionné par le semis ne fasse germer aussi les graines d’adventices. D’où la nécessité de préparer la terre au moins un mois avant le semis de la céréale d’hiver. Au final, avec cette technique, on déplafonne les rendements de blé de 5 q, avec un gain protéique de 0,8 à 1,2.

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