Publié le 11/11/2016
Début septembre, Bertrand Rott a une nouvelle fois tenté sa chance à la finale mondiale de labour. Il termine 9e au classement général. Récit.
Cette année, la finale mondiale de labour se déroulait à York, en Angleterre, pays où l’art du labour fait figure de religion. Une finale qui s’annonçait donc de très haut niveau. Et pour laquelle l'Alsacien Bertrand Rott avait été sélectionné afin d'y représenter les couleurs de la France avec le Manchot Samuel Capell. Les compétiteurs étaient attendus du 8 au 11 septembre sur le site, le temps de procéder à des entraînements officiels avant d’entrer dans le vif du sujet. Mais, comme à son habitude, et comme tout champion qui se respecte, Bertrand Rott a peaufiné sa préparation. En tout, il est resté deux semaines sur place, histoire de bien s’imprégner de la terre d’York : « Je suis parti le 25 août. Avec les compétiteurs allemands, nous avons rejoint Rotterdam en voiture, de là nous avons pris le ferry jusqu’à Hull et il ne nous restait plus qu’une heure de voiture jusqu’à York. » Là, Bertrand Rott a récupéré son tracteur et sa charrue qui avaient emprunté un autre itinéraire : par camion jusque dans le Pas-de-Calais où Samuel Capell les a chargés avec son propre matériel, et a assuré le convoyage jusqu’en Angleterre. Une fois les laboureurs et leur matériel réunis, ils sont partis en quête de terres à labourer pour démarrer leur entraînement « non officiel » : « Les premiers jours, nous avons travaillé du sable noir, c’était vraiment autre chose que chez nous. Puis nous sommes allés dans un secteur où la terre était plus solide, moins sableuse. » Une terre assez similaire à celle à laquelle les compétiteurs ont eu affaire durant les deux jours de compétition, « une terre qui permet de faire du très beau labour, mais qui ne laisse passer aucune erreur car toutes les fautes se voient ». Bertrand Rott illustre son propos avec le cas de la dérayure finale : « Si on devait s’arrêter, le bord arrière du versoir laissait une trace qui se voyait ». Après cette phase d’entraînement « non officiel », Bertrand Rott est passé à la phase des entraînements officiels, mais « les réglages auxquels j’étais parvenu précédemment n’ont plus beaucoup bougé ».
Un bel ensemble, mais pas suffisant
Et puis le jour J est arrivé. Bertrand Rott, qui concourait dans la catégorie labour en planche, estime avoir « bien labouré » sur chaumes. Par contre, le jury a estimé qu’il ne respectait pas la bonne cote de profondeur, ce qui lui a valu huit points de pénalité, sans lesquels il aurait pu se placer 3e ou 4e en lieu et place de sa 7e position. Bertrand Rott explique : « Il fallait labourer entre 20 et 24 cm de profondeur. J’ai labouré à 20 cm de profondeur pour ne pas trop creuser, pour faire un beau labour, c’est vrai que j’ai joué avec le feu, mais j’ai préféré misé sur un bel aspect général ». Et si lui estimait être à 20 cm de profondeur, le jury a considéré le contraire. Le lendemain, sur prairie, Bertrand Rott estime aussi s’être « bien défendu » avec « une bonne ouverture, de bons ados, un bel ensemble… J’étais content de moi, c’était un labour régulier. Le sans-faute n’existe pas, mais il n’y avait pas de défaut majeur. Simplement, par rapport à ceux qui ont terminé avant moi, il aurait fallu que je fasse un peu mieux sur tous les aspects », concède Bertrand Rott, qui termine 10e, et qui ne peut s’empêcher de relever un podium exclusivement britannique, comme s’il était impossible de battre ces laboureurs sur leurs terres.
« Pourquoi j’arrêterai ? »
Classé 7e lors de la précédente édition en Nouvelle-Zélande, Bertrand Rott finit donc cette fois 9e au classement général. Mais il ne se laisse pas abattre, loin de là : « Pourquoi j’arrêterai, tant que je suis sélectionné ? Grâce à ma passion pour le labour, j’ai découvert des régions de France, des pays, que je n’aurais sans doute jamais visités sinon, je me suis fait des amis que je n’aurais pas rencontrés, et puis j’ai amélioré mon anglais ! » Aussi Bertrand Rott se présentera-t-il aux prochaines sélections pour la finale mondiale de labour qui auront lieu l’année prochaine dans l’Oise. S’il est à nouveau sélectionné, il pourra participer à la prochaine finale mondiale de labour, qui aura lieu… à Stuttgart, soit à moins de 130 km de chez Bertrand Rott. Une perspective qui le réjouit : « Je pourrai y aller en tracteur, il y aura moins de frais, je pourrai bien m’entraîner… ». Des conditions qui lui permettront de se hisser sur le podium ? Seul l’avenir nous le dira !