Technique

Publié le 16/09/2016

Beiser Environnement vient d’être primé pour ses innovations dans la gamme élevage, le couloir de contention automatisé et la niche à porcs isolée.

Depuis 1995, les prix Innov’Space récompensent l’ingéniosité des pionniers de l’équipement agricole. C’est ainsi que Beiser Environnement a été retenu deux fois cette année, par le jury d’experts, pour la grande qualité de ses produits. Un couloir de contention automatisé et une niche à porcs isolée figurent parmi les 50 lauréats du concours. Le couloir de contention de 12 m automatisé a été entièrement conçu par les ingénieurs de Beiser Environnement, en accord avec les besoins des éleveurs bovins. Il allie la performance des couloirs de contention déjà existants, avec la praticité du système pneumatique qui permet une manipulation à distance des différents modules. Grâce à la télécommande, l’agriculteur peut ainsi gérer seul son troupeau et manœuvrer le couloir. Les quatre modules (stockage, pesée, tri et contention) permettent de faire entrer quatre bêtes simultanément, assurant ainsi un rendement significatif. Le module de pesage, véritable cage dans la cage, garantit une pesée optimale et ce, même dans le cas d’un animal agité. La partie avant offre toutes les fonctionnalités nécessaires pour une contention optimale (sangles ventrales, barre anti-recul, treuil pour le levage des pattes). Enfin, le couloir est doté d’un réducteur de largeur actionné automatiquement, ce qui rend le produit adapté pour tous types de bétail. La niche à porcs isolée : une innovation en élevage porcin Dédiée à l’élevage en plein air, la niche à porcs isolée allie robustesse et flexibilité. En effet, sa structure en fibre de verre renforcée avec un toit en polyester renfermant une mousse en polyuréthane, réussit le tour de force d’être à la fois légère, robuste et très performante. On peut ainsi la déplacer très facilement pour le nettoyage. Elle supporte les intempéries, les UV, protège du chaud et isole du froid. L’ouverture et la trappe arrière permettent une ventilation optimale. Tout concorde donc pour donner aux porcs un abri durable et hygiénique. Le couloir de contention automatisé réduit la charge de travail, puisqu’on peut, seul, diriger le troupeau et manœuvrer le couloir. La niche à porcs isolée, quant à elle, simplifie la gestion des bandes et rend l’élevage de porcs moins coûteux en main d’œuvre et en temps.

Publié le 25/08/2016

L’expérimentation démarrée en 2015 sur le site de l’établissement d’enseignement agricole de Wintzenheim se poursuit cette année et s’étend avec une seconde parcelle d’essai. Une dizaine de professionnels ont pu constater les évolutions de deux pratiques innovantes au fil des mois et des rotations.

Sur des parcelles du lycée du Pflixbourg à Wintzenheim, une expérimentation vise à améliorer la fertilité du sol, tout en développant des pratiques respectueuses de la qualité de l’eau. En effet, cette expérimentation, dirigée par Guillaume Delaunay, est soutenue notamment par l’Agence de l’eau : « Nous sommes dans une logique d’expérimentation permanente », explique-t-il. Débutée l’an dernier sur une parcelle sablo-limoneuse, elle vise à comparer les résultats obtenus grâce à des techniques agronomiques nouvelles. La parcelle de référence étant à l’image de ce qui est communément pratiqué en maraîchage biologique : travail du sol répété, avec notamment un enfouisseur de pierre (40 % de la terre étant constituée de cailloux), fertilisation à l’aide de compost et d’engrais organiques, désherbage à l’aide d’outils mécaniques et manuels. Radis, épinards, salades et choux Le premier système innovant s’intitule « engrais verts max ». Il consiste en une culture en planches permanentes, un travail du sol avec des outils non animés et du compost d’origine locale. Le deuxième système innovant, «conservation du sol», s'affranchit du travail du sol ou du moins il reste superficiel. Les planches permanentes y sont amendées avec du compost local et des engrais organiques si nécessaire. La couverture permanente du sol se fait grâce à des couverts végétaux ou des bâches tissées dans certains cas. Dans les trois systèmes, la rotation des plantes cultivées est la même : pomme de terre la première année, radis et épinards sur une partie des parcelles et salades et choux à inflorescence sur l’autre partie, lors de la deuxième année. Pour la troisième année, la plantation de courges est prévue. Une deuxième parcelle a été intégrée à l’expérimentation cette année, avec ces trois mêmes systèmes. Ce sont donc des pommes de terre qui ont été plantées. Le fait de recommencer la même expérimentation un an plus tard, présente un intérêt particulier, selon Guillaume Delaunay : « L’idée est d’estomper les particularités liées à la météo et aux attaques de ravageurs, propres à chaque année, et ainsi permettre une analyse globale des systèmes testés. Ainsi, en fonction des événements climatiques et de l’évolution de nos connaissances, acquises au fur et à mesure, nous pouvons faire évoluer les itinéraires techniques ». Guillaume Delaunay est soutenu dans ces tâches par Lucas Fiedler, étudiant en agronomie à l’université d’Avignon. Dans le cadre d’un stage, il s’intéresse au système « conservation du sol ». Dans ce dernier, l’an dernier, après la récolte des pommes de terre, le paillage a été mis en place, puis le couvert végétal, à base de sorgho, millet, légumineuses…, a été implanté mi-septembre. Comme toute autre culture, l’expérimentation subit des aléas : « Les plantes ne se sont pas développées comme nous l’aurions souhaité. Après un passage de strip-till, nous avons installé une bâche tissée durant février et mars ». Cette opération a nécessité la mobilisation de quatre personnes durant une heure. « Après débâchage, les salades ont été plantées début avril. Mais la pression de l’enherbement a tout de même été supérieure aux autres systèmes, ce qui a concurrencé la pousse des salades ». Suite à la récolte, un autre couvert végétal, à base de tournesol, millet, trèfle d’Alexandrie, précède la plantation des choux. Un prototype de strip-till en trois rangs Lors de la visite, ce couvert a été roulé au Roloflex pour plier les tiges du couvert sans les couper. Puis, le passage du prototype de strip-till en trois rangs a tracé la future ligne de plantation. Le couvert sera ensuite occulté pendant une semaine par une bâche avant d’implanter les choux. Dans la seconde parcelle comportant le système « conservation du sol », où poussent des pommes de terre, un couvert de 10 cm de bois raméal fragmenté (BRF), concédé gracieusement par un industriel, est testé. Et dans le système « engrais vert max », un mélange d’un semencier allemand a été semé à la volée. Cette année, deux traitements au spinosad, une spécialité tolérée en agriculture biologique, ont été nécessaires pour maîtriser les doryphores. « Le bilan se fait culture par culture, il est impossible de le faire de manière globale, constate Guillaume Delaunay. Nous aurons plus de résultats chiffrés en octobre lors de la prochaine visite. Globalement, tous les systèmes sont assez satisfaisants, même s’il est difficile d’estimer leurs rentabilités économiques et s’il y a une amélioration de la qualité du sol après ces deux premières années d’expérimentation ».

Sauerburger FXS, Firmin Hoffner et le tracteur Grip4

Quand l’inventivité française rencontre la technicité allemande

Publié le 09/08/2016

Huit ans après la présentation de son premier prototype de tracteur porte-outils de montagne à la foire aux vins d’Alsace, Firmin Hoffner, fils d’agriculteur de Fellering (68), présente le Grip4. C’est avec le constructeur Sauerburger FXS à Wasenweiler près de Breisach, qu’il a trouvé le partenaire industriel pour développer son concept.

Sorti en 2013, le Grip4 fait aujourd’hui la fierté du constructeur Sauerburger FXS : un tracteur porte-outils de montagne de haute technicité, de conception originale pour des performances de stabilité exceptionnelles. Près d’une cinquantaine d’unités cultivent les montagnes et entretiennent les bordures d’autoroute à ce jour. Ce qui fait déjà du Grip4 un succès commercial. Le Grip4 est une histoire rhénane, il est le fruit de l’inventivité d’un fils d’agriculteur, Firmin Hoffner de Fellering (68), concepteur en mécanique de métier, et qui a longtemps cherché un partenaire industriel avant de trouver l’âme sœur en l’entreprise Sauerburger FXS à Wasenweiler, non loin de Colmar. Firmin Hoffner avait présenté en 2007 un premier prototype de tracteur à la foire aux vins d’Alsace. Et c’est en 2009, au cours du salon Agritechnica que la famille Sauerburger le rencontre. Le constructeur de machines agricoles était alors à un tournant. Soit il renouvelait son tracteur vigneron, soit il se tournait vers un autre projet. Le secteur vigneron, très concurrentiel, la taille de l’entreprise - 70 salariés - plutôt mieux positionnée pour performer dans les engins spécifiques, font que l’industriel a opté pour investir dans ce projet de tracteur de montagne. Outre une gamme de matériels déjà bien fournie avec un valet de ferme, et des broyeurs à canes de maïs. Tenue en pentes améliorée « Mais il a fallu repartir d’une feuille blanche », indique Firmin Hoffner tout en reprenant son idée de base, complètement novatrice. En quoi consiste-t-elle ? Le Grip4, c’est un tracteur dont le châssis est en deux parties, et dont la partie avant est une sorte de berceau pendulaire monté sur pivot surélevé au-dessus du centre de gravité (voir photo ci-contre à gauche). D’où une tenue dans la pente améliorée. Quand d’autres tracteurs de ce type utilisent un châssis classique intégré dans le tube central de transmissions. La stabilité en pentes du Grip4 fait qu’il peut être attelé à des outils plus lourds. Le Grip4 est le plus puissant dans la catégorie des tracteurs à barycentre surbaissé : jusqu’à 113 ch. Si le châssis est construit à Wasenweiler, et si l’assemblage est bien sûr effectué dans les ateliers Sauerburger, plusieurs organes proviennent de différents fournisseurs, comme les essieux, les refroidisseurs, roues, pompes de transmission hydrostatique, moteurs hydrauliques, boîtes de vitesses, boîte de prise de force. Certains ont été conçus par Sauerburger spécifiquement pour le Grip4, mais sont fabriqués à l’extérieur. « Le travail de recherche pour trouver les bons fournisseurs a été long. » Voyons en détail les composants de ce tracteur. La cabine est entièrement isolée du châssis, montée sur silentblocs, ce qui donne un niveau de confort sonore à 72 dB, nettement supérieur à la concurrence. La conduite et les manœuvres sont rendues intuitives grâce à une centralisation des commandes sur un seul joystic. Il n’y a aucune liaison mécanique entre la cabine et la machine. Motorisé par des Perkins Tier3B, le Grip4 dispose de quatre roues directrices, dont l’essieu arrière peut être commandé indépendamment. Le tracteur peut donc avancer en crabe notamment pour compenser les dérapages en dévers. Ajoutez à cela un déport latéral de l’attelage, et le Grip4 peut cultiver quel que soit le sens de la pente. La transmission hydrostatique couplée à la boîte mécanique à dentures hélicoïdales permettent au Grip4 d’obtenir une variation de vitesse sur 100 % de la plage d’avancement, comme un système Vario. L’embrayage à commande électrohydraulique permet d’embrayer sous charge. Côté hydraulique, le Grip4 dispose d’une pompe à débit variable jusqu’à 105 litres/min, en load sensing. Elle ne débite pas s’il n’y a pas d’utilisation. L’hydraulique alimente quatre prises double effet avant et arrière. Les concepteurs Sauerburger ont opté pour deux ponts avec freinage intégré, multidisques à bain d’huile, et blocage différentiel par commande électrohydraulique. De l’idée géniale de base, à la conception, puis la réalisation, le Grip4 représente un modèle de technologie qui agrège l’inventivité française et la technicité allemande.

Pages

Les vidéos