Couronne d’Or
Saison des vendanges, en ville aussi !
Couronne d’Or
Publié le 06/11/2017
Les vignerons de la Couronne d’Or, en partenariat avec les boulangers du Bas-Rhin, ont animé la place Gutenberg à Strasbourg du 13 au 15 octobre, pour la 16e édition de la fête des vendanges et du goût qui a réjoui des milliers amateurs.
En automne, la ville de Strasbourg participe à la vie du vignoble en fêtant les vendanges, place Gutenberg. Les vignerons de la Couronne d’Or, les boulangers du Bas-Rhin et les fromages du restaurant la Cloche à fromage ont envahi la place du 13 au 15 octobre. Organisée par l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, cette manifestation a été inaugurée le 13 octobre par un tour de pressoir à main donné par le maire, Roland Ries, notamment, Gwen Bauer, président des Vitrines de Strasbourg, et son directeur, Pierre Bardet. Cette 16e édition était animée par l’orchestre Perle. « Le vignoble de Strasbourg, c’est chose faite », a déclaré Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, avec l’entrée de la commune viticole d’Ostoffen. Roland Ries a souligné, quant à lui, que cette fête des vendanges et du goût, soutenue par la ville, est désormais très attendue par les Strasbourgeois et les touristes. Millésime 2017, les petites phrases des vignerons… Les vignerons ont chaleureusement accueilli les amateurs, nombreux à cette fête, toujours conviviale. Les commentaires sur les vendanges 2017, quasiment achevées pour la plupart, sont allés bon train sur le stand de la Couronne d’Or. Les vins sont en fermentation, et les vignerons sont pour une fois unanimes sur les qualificatifs de ce millésime : « Phénoménal, grand, très très grand, un vrai potentiel de garde pour les pinots noirs, le meilleur depuis dix ans » ! Côté volume, Marc Anstotz de Balbronn a résumé avec humour la situation : « Les fûts sont trop grands cette année ». Une situation disparate selon les secteurs, certains ayant été touchés par le gel et les orages de grêles, comme le domaine Fritsch à Marlenheim, qui enregistre une diminution de 30 % de la récolte, précise Jérémie Fritsch. Le domaine a laissé quelques parcelles en attente, pour « ses cuvées plus rondes » de gewurztraminer et de riesling. Xavier Léon Muller, à Marlenheim, a également patienté au vu des perspectives de journées bien ensoleillées, espérant des Vendanges tardives sur le muscat notamment. Une patience récompensée avec les 16,3° atteints ! Il se dit soulagé « d’avoir du vin dans les tonneaux, après tous ces aléas. Et quel vin ! Irréprochable sur la qualité, très mûr. » Christophe Botté, directeur de la cave du Roi Dagobert à Traenheim, souligne « la bonne surprise des vignerons pour ces vendanges ». Charles Brand, à Ergersheim, a attendu que « les noix tombent des arbres pour vendanger » aux alentours du 20 septembre, trois semaines d’affilée. Il confirme la qualité, avec « une belle minéralité », soulignant que son fils, Philippe, ne fait plus que des vins nature de macération sur le domaine. Maxime Brand note le côté « goûteux du fruit », un millésime qui donnera « des vins de garde sans problème ». Des fermentations bien avancées, très prometteuses Comme sur l’ensemble du vignoble alsacien, le volume est réduit notamment sur le gewurztraminer, mais le secteur a été plutôt épargné par les épisodes météorologiques, précise Jean-Marie Bechtold à Kirchheim. Les vins atteignent un degré d’alcool peu élevé, entre 11° et 13,2°. Ce qui a le plus surpris ce vigneron, c’est « l’état sanitaire quasi parfait des raisins. Une année somme toute plutôt simple dans les vignes, contrairement au millésime 2016. » Selon lui, ce millésime se situe entre le 2011 et le 2015, « solaire certes, mais moins qu’en 2015 », avec un bon équilibre entre concentration et fraîcheur et « un côté aérien pour l’ensemble des cépages, très étonnant. » Après les derniers gewurztraminers rentrés en VT, avec une belle concentration, Jean-Marie Bechtold va laisser fermenter doucement cet « intéressant millésime, pas porté sur l’alcool ». Son fils, Théo, tout récemment installé sur le domaine souligne « de bonnes surprises » sur le gewurztraminer, notamment. Jean-Jacques Muller à Traenheim « n’a jamais vu de raisins aussi sains ». Il n’a fait que deux traitements anti-mildiou, « un record » si l’on peut dire. À l’initiative de son fils, Nathan, le domaine a utilisé 50 moutons sur 2 hectares, qui ont été très bien effeuillés. « Il n’y a pas eu un grain de pourri sur ces vignes ». Malgré la sécheresse, « il n’y a pas eu de raisins cramés, même si les baies sont restées petites ». Comme d’autres vignerons, il a attendu pour vendanger le riesling, qui titre finalement 15°, 16° après le week-end très chaud des 14 au 15 octobre. Le pinot gris a atteint les 21°, une très belle fin de vendanges. « Il n’y a pratiquement pas eu de tri, c’est incroyable », note sa fille, Marjorie. « Une année cool dans les vignes. » Les vendanges manuelles se sont déroulées « tranquillement » d’autant plus qu’ils ont inauguré leur nouveau pressoir, qui fonctionne avec des palox. La famille est enthousiaste sur les résultats « déjà prometteurs en cave ». Tous les cépages montrent « un bel équilibre, des arômes déjà perceptibles, de la matière qui devraient donner de l’excellent, avec une acidité bien présente », souligne Nathan. Dans le millésime 2017 « tout est bon » s’exclame Jean-Jacques. Le gewurztraminer est très parfumé, le pinot noir très coloré, « le pinot gris sera très bon ». Un avis qui a été largement partagé sur le stand de la Couronne d’Or.












