oenologie

Jean-Baptiste Klein, jeune sommelier de l’année 2017

« Le lien paysan »

Publié le 06/11/2016

D’après le guide Gault & Millau, le jeune sommelier de l’année 2017 est alsacien. Jean-Baptiste Klein, 29 ans, est depuis juillet dernier sommelier du « 64° Le restaurant », la table du Chambard à Kaysersberg.

Originaire du Sundgau, d’un père éleveur de vaches laitières à Froeningen, Jean-Baptiste Klein a d’abord choisi la cuisine comme métier. C’est alors seulement qu’il fait la découverte du vin. « Mon travail est étroitement lié à la cuisine et ma formation de cuisinier me donne une sensibilité supplémentaire pour l’accord entre les mets et les vins », indique Jean-Baptiste Klein. Le guide Gault & Millau vient de le désigner jeune sommelier de l’année 2017. En juillet dernier, il a succédé à Emmanuel Nasti dans l’équipe du chef doublement étoilé Olivier Nasti. Il gère les 800 références et 20 000 bouteilles de la cave du Chambard à Kaysersberg. « J’ai pris ce poste avec une petite appréhension, mais avec la confiance du chef et ma connaissance d’une partie des vignerons proposés à la carte, j’ai trouvé ma place ». C’est aussi ce que relève le guide gastronomique dans son commentaire : « Certes, il n’est pas facile de reprendre la cave derrière Emmanuel, le frère qui n’est jamais trop loin, mais en salle, Jean-Baptiste Klein se débrouille superbement ». Jean-Baptiste Klein est sensible aux méthodes biologiques et biodynamiques, même s’il ne se fie pas forcément aux certifications, à l’image de son père, qui s’inscrit dans une démarche d'agriculture raisonnée, qui tend vers l’autosuffisance dans la nutrition de ses bêtes. Un héritage qui constitue un « lien paysan » utile lorsqu’il va à la rencontre des viticulteurs. « Je passe une bonne partie de mon temps et de mes congés à aller voir les vignerons, leurs vignes et la manière dont ils travaillent. Ce sont tous ces éléments que je prends en compte pour choisir de mettre une bouteille à la carte ». « Tout le monde peut trouver un vin à son goût en Alsace » Lors de ses différentes expériences dans des maisons prestigieuses en France, il s'est fixé le challenge de proposer des vins d’Alsace : « Leur image reste malheureusement mauvaise dans les autres régions de France : celle d’un vin sucré, qui donne mal à la tête, une idée reçue qui subsiste suite aux apports excessifs de soufre pratiqués il y a 30 ans. D’après la demande des clients, la tendance n’est pas aux vins moelleux. Des efforts sont d'ailleurs à relever dans ce domaine, tout comme dans la qualité des pinots noirs. Nous avons désormais de beaux vins rouge en Alsace. Les changements dans la pratique et dans les esprits s’opèrent lentement. Pour autant, j’aime à dire qu’en Alsace, tout le monde peut trouver un vin à son goût grâce à la diversité des cépages et des modes de vinification ». Depuis 2011, Jean-Baptiste Klein se mesure à ses confrères dans des concours nationaux. « Le concours est un moteur pour avancer, voir jusqu’où je peux aller et repousser mes limites. Il nécessite du temps pour se préparer. Et, finalement, l’entraînement ne s’arrête jamais. Il commence lors du travail dans la salle, au quotidien. Et puis je déguste régulièrement à l’aveugle, je lis de nombreux ouvrages consacrés au vin et à l’œnologie. Comme pour une épreuve sportive, il faut être bon le jour même, et aussi avoir un peu de chance ». Le prochain match sera le concours du meilleur sommelier de France, les 6 et 7 novembre à Toulouse.

Publié le 04/11/2016

Depuis le 1er septembre, Christophe Botté a pris la succession de Bernard Schaal à la direction de la cave du Roi Dagobert, ce dernier ayant fait valoir ses droits à la retraite. Le nouveau directeur connaît bien la cave puisqu’il en a été le directeur adjoint de 2005 à 2008.

Avant de présenter le successeur, dressons le bilan de son prédécesseur. Issu du monde agricole, Bernard Schaal est arrivé à la cave du Roi Dagobert en 2003, avec pour mission de développer la vente de vin en bouteilles au sein d’une coopérative jusqu’alors axée sur la vente en vrac. Bernard Schaal prend alors son bâton de pèlerin pour faire la promotion des vins de la coopérative auprès de la grande distribution. En 2004, il est la cheville ouvrière d’une vaste opération de communication : dans 45 Super U d’Alsace a lieu en simultané une animation sur l’accord asperges et vins d’Alsace, animée par 45 viticulteurs adhérant à la cave. « Depuis, nous nous sommes pris au jeu et nous en faisons trois à quatre par an », indique Claude Jung, vice-président de la cave du Roi Dagobert et président de l’Union Alliance Alsace. À l’issue de sa 14e année passée à la direction de la cave du Roi Dagobert, il n’est donc pas exagéré de dire que Bernard Schaal a brillamment rempli la principale mission qui lui avait été confiée puisque les ventes en vrac et en bouteille sont rééquilibrées. Une évolution qui est passée par un travail mené avec les viticulteurs pour élaborer des vins de qualité, et par un travail sur l’image, quasiment inexistant jusqu’alors, et qui s’est notamment traduit par un renouvellement du packaging des vins de la cave. L’union fait la force - de vente Bernard Schaal a aussi été l’homme des investissements : dans un nouveau vendangeoir en 2006, dans un nouveau caveau en 2010, dans une nouvelle unité dédiée à l’élaboration des crémants : « Nous produisions 1,5 million de cols de crémant, désormais nous en produisons 2 millions. La nouvelle unité de production de crémant est donc déjà saturée. En effet, cet objectif, que nous nous étions fixé à cinq ans, nous l’avons atteint en un an et demi », commente Lionel Lécuyer, directeur de l’Union Alliance Alsace. Transition toute trouvée pour évoquer une autre facette de la carrière de Bernard Schaal : celle de rassembleur. En cherchant à développer la vente de vins en bouteilles, il s’aperçoit rapidement qu’il entre en concurrence avec des partenaires et clients, notamment la cave de Turckheim, qu’elle approvisionne en vrac. En 2006 débute une période de fiançailles entre les deux entités qui s’achève en 2012 par la création du GIE Union Alliance Alsace. L’objectif : « Vendre ensemble au lieu de nous concurrencer, profiter d’une force de frappe commune pour placer les bons vins aux bons endroits », résume Claude Jung. Le GIE consiste donc en une mise en commun de moyens, les deux coopératives restant indépendantes : les investissements sur chaque site sont financés par chaque coopérative. C’est l’outil de production qui est financé par l’Union, à raison de 5 M€ et 3 M€ injectés dernièrement respectivement à Traenheim et à Turckheim. Désormais, l’Union Alliance Alsace est le plus gros metteur en marché de vins d’Alsace à avoir le statut de récoltant, ce qui lui interdit d’acheter du raisin de l’extérieur pour combler un éventuel manque de volume. D’ailleurs, l’Union est labellisée AgriConfiance, les coopérateurs sont donc également engagés dans la démarche, ce qui est vérifié par des audits internes et externes. Développer les marques, conquérir Strasbourg Après avoir été le bras droit de Bernard Schaal et après un interlude jurassien de huit années, Christophe Botté (lire notre portrait en page 2) retrouve donc une cave du Roi Dagobert métamorphosée : « En huit ans, les équipes n’ont pas chômé. Je découvre une entité qui a changé de dimension, avec un nouveau caveau, une spécialisation des sites de production, grâce à des investissements significatifs de près de 15 M€. Ce que je retrouve, ce sont les valeurs humaines, tant au niveau des sociétaires que des salariés de la cave, où règne une véritable culture d’entreprise », commente Christophe Botté. Ce dernier inscrit ses orientations dans la continuité de celles de son prédécesseur : faire tourner les outils de production, que ce soit en crémant ou en vin tranquille, le caveau, travailler les marques qui sont « l’avenir de l’entreprise ». Et puis la cave du Roi Dagobert ambitionne de se saisir d’un « marché d’envergure qui nous tend les bras », c’est-à-dire celui de Strasbourg. Certes, l’Union Alliance Alsace y est déjà représentée puisque les vins de la cave du Roi Dagobert sont référencés à la Nouvelle Douane. Mais d’autres canaux sont envisageables et envisagés, comme l’ouverture d’un magasin.

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