oenologie

Le speed tasting des œnologues

Un millésime qui s’en tire bien !

Publié le 12/02/2017

Sur les 80 œnologues adhérents que compte la région Alsace, ils étaient une trentaine le 1er février à la Maison des vins d’Alsace à avoir répondu à l’invitation de la présidente, Carole Lefebvre, pour déguster en commun toute la gamme des cépages de l’appellation, soit un peu moins d’une centaine de vins.

Plusieurs objectifs : bien cerner les caractéristiques du millésime dans les différentes gammes des AOC cépage, avoir une dégustation et une discussion par rapport aux choix de techniques de vinification entrepris lors du millésime. « Après les matières riches de 2015, nous avons des vins plus légers, moins alcooleux, plus aériens », a introduit Carole Lefebvre. Un « millésime d’assembleur » pour reconstruire des cuvées harmonieuses, observe Nicolas Secondé, l’œnologue de la maison Arthur Metz. « Un grand millésime en sylvaner », souligne Jean-Nicolas Haeffelin, œnologue du domaine viticole de la ville de Colmar. Des pinots blancs globalement équilibrés, vifs, selon Francis Klee. Des rieslings parfois fluets, d’autres puissants, liés aux terroirs et aux rendements plus ou moins maîtrisés, mais des vins vifs et citronnés, remarque Stéphane Grappe. Concernant les gewurztraminers, « on tire bien notre épingle du jeu », a résumé Laurence Schatz, œnologue de la maison Ehrhart. Et, « un état sanitaire parfait et une maturité phénolique atteinte pour les pinots noirs », estime Alain Schmitt, œnologue de la maison de bouchons Diam.

Publié le 16/01/2017

Si certains éditeurs de guides du vin déclarent sélectionner les vins à l’aveugle, le Guide Hachette est le seul à démontrer que ses dégustations se font véritablement dans un anonymat absolu. Ce qui explique au moins en partie sa réussite à 85 000 exemplaires, loin devant ses concurrents.

Il reste de loin, le guide de référence de la France du vin, avec ses 85 000 exemplaires imprimés. Une véritable institution. Le Guide Hachette se maintient, très loin devant les autres guides, en tête des ventes. Une raison à cela : les dégustations se déroulent à l’aveugle, mais en toute transparence. Quand d’autres éditeurs de guides déclarent effectuer aussi les dégustations de notation à l’aveugle, le Guide Hachette du vin, lui, permet aux amateurs de constater que les dégustations dans les différents vignobles de France, se font véritablement à l’aveugle. Un choix de la transparence qui explique cette réussite. Sur les différences sessions de sélection et de notation : pas de buveur d’étiquette, chacun est confronté à sa propre objectivité, et impossible pour lui de voir qui se cache derrière la bouteille. Les sessions de dégustation se déroulaient la semaine dernière à la Maison des vins d’Alsace, toujours animées par Stéphane Rosa. Lequel devait ensuite se rendre en Champagne, au lycée d’Avize, pour passer en revue pas moins de 4 500 champagnes… Si le caractère « à l’aveugle » reste le fondement de la sélection de ce guide, il n’en est pas moins exposé aux imperfections et aux aléas de la dégustation. Avec entre 20 et 30 vins par jury, chaque juré doit déployer des efforts de concentration en fin de dégustation. Une quantité de vins à déguster qui affecte la qualité des jugements.

Publié le 03/01/2017

Le 24 décembre à Blienschwiller, on a vendangé du sylvaner que le vigneron Pierre Meyer a laissé surmûrir dans le but d’en faire une cuvée exceptionnelle.

« Qui reprend un peu de vin chaud ? Et des bredeles de Noël ? » Jocelyne, la maman de Pierre Meyer, est affairée devant une grande marmite de vin chaud fumant dans la cuisine extérieure, d’où proviennent des effluves généreux. Dans la cour, la petite équipe familiale et d’amis proches déguste avec plaisir ce remontant de saison et les bredeles faits maison. Pendant ce temps, Pierre distribue les sécateurs devant la caméra de France3 Alsace, venue filmer cette récolte un peu particulière. Parce qu’on n’est pas là que pour s’amuser ! Il est prévu d’aller vendanger trois petites parcelles dans lesquelles Pierre Meyer a laissé surmûrir du sylvaner, comme en 2014, où il a remporté le prix d’excellence du meilleur sylvaner du monde à Strasbourg avec la cuvée Éclat d’ambre. Depuis 2014, après Hubert, le papa, c’est Pierre qui a repris la destinée du domaine familial de 11 hectares, existant depuis dix générations. Voilà, c’est parti pour la première parcelle située près de l’église, en plein cœur du secteur estampillé Appellation communale sylvaner de Blienschwiller. Et là, stupeur ! Dans les rangs à vendanger, sur des secteurs entiers, il ne reste que des rafles : les étourneaux ont précédé les vendangeurs et ont picoré toutes les baies ! Du travail propre, comme à la machine à vendanger… Pierre prend la voiture pour aller à la seconde parcelle, d’où il revient rapidement avec une mine déconfite… « Là-bas c’est encore pire ! Pas besoin d’y aller. Ils ont tout pris. » Du coup, la petite équipe cueille consciencieusement ce qui reste et en une demi-heure le tour est joué. Retour à la parcelle dans le jardin, d’où est réalisé le passage en direct pour le journal de la mi-journée de la chaîne régionale. Une fois le tout vendangé, ce sont près de 350 kg de sylvaner bien juteux qui ont été récoltés, au lieu des 800 à 1 000 kg escomptés. Philosophes, Pierre et Hubert ne se plaignent pas trop : « Cette année nous avons fait une belle récolte, en qualité et en quantité, après plusieurs années très moyennes. Cette cuvée spéciale, ç’aurait été la cerise sur le gâteau ! » Tout est rapidement chargé dans le pressoir d’où commence à couler un nectar foncé bien sucré. En mesurant avec le réfractomètre la teneur en sucre des premiers litres, Pierre annonce fièrement l’équivalent de 14,8 ° d’alcool ! Pendant que le pressoir tourne, une choucroute royale servie par Jocelyne redonne du baume au cœur des vendangeurs et du vigneron. À présent, il faudra attendre quatre à cinq mois pour goûter ce délicieux nectar qui sera la seconde cuvée Éclat d’ambre, que Pierre espère aussi aboutie que la première.

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