Créée en 1999, la société Travaux paille commerce et service, de la famille Weiss à Sainte-Croix-en-Plaine, s’est spécialisée dans l’achat et la revente de paille. Une activité qui constitue une diversification agricole et qui répond, au niveau local, national voire international, à des difficultés d'approvisionnement.
Historiquement, la famille Weiss a toujours vécu de l’agriculture. Aujourd’hui encore, l’exploitation cultive le maïs, le blé, l’orge ou encore le soja. C’est en 1999, suite à un sinistre, que Bernard Weiss décide de diversifier ses activités. Il crée la SARL Travaux paille commerce et service. L’activité consiste à faire de la prestation de service en pressage de paille et de l’achat-revente de paille sur champ. « Nous répondons aux demandes de nos clients qui manquent de paille. Localement, mais également à l’export. Là, un camion vient de partir pour livrer en Suisse et en Allemagne. Parfois, des sociétés servent d’intermédiaires entre nous et les agriculteurs », explique Sophie Weiss qui gère l’entreprise familiale avec son frère, Vincent, et son époux, Emmanuel Kohler. Les clients de l’entreprise sont des éleveurs et des céréaliers. « Nous produisons une partie de la paille sur l’exploitation, mais c’est un tout petit pourcentage de l’activité. Le reste vient de tout le grand est de la France. Cette année, c’est difficile, à cause des inondations et de la faible quantité de paille que l’on trouve en Côte d’Or ou en Champagne-Ardenne », indique Sophie Weiss. Elle ajoute que la paille est convoyée par un transporteur.
Le frein, c’est le prix
Cependant, malgré ces événements climatiques, les stocks sont encore suffisants. Le problème, pour de nombreux agriculteurs, ce n’est pas le manque de paille, mais plutôt de foin, à cause de la sécheresse et du maigre regain. Pour l’activité de la paille, la famille Weiss travaille sur une année calendaire qui va de juin à mai. « Nous traitons 4 000 à 5 000 t de paille à Sainte-Croix-en-Plaine. Environ 1 200 t de paille proviennent chaque année du secteur. Il s’agit principalement de paille de blé, d’orge de printemps ou d’hiver. Mais nous achetons de tout. Suite à un manque de paille de blé, en mai dernier, nous avons acheté de la paille de riz. Une première pour nous. Notre fournisseur est situé en Camargue. La seule difficulté, c’est le prix, forcément plus élevé à cause du coût du transport. Mais cela a été une solution de repli intéressante », rapporte Sophie Weiss. « Nous envisageons également de nous fournir en paille de miscanthus. Là aussi, le frein, c’est le prix », complète Vincent. Un frein économique d’autant plus important que de nouveaux concurrents ont fait leur apparition, des professionnels belges et hollandais qui viennent en France et qui cassent les prix. Le marché est de plus en plus difficile. Et quand la paille se fait rare, son prix augmente rapidement. « Nous avons connu cette difficulté l’année passée, où les stocks étaient à zéro. La paille se vend au poids. En moyenne, la tonne de paille vaut 90 €, à l’heure actuelle », précise Sophie Weiss.
Pas plus de 15 % d’humidité
La société Travaux paille commerce et service revend sa paille localement, dans le Haut-Rhin, pour 30 % de son activité, et à l’export, notamment en Suisse, en Allemagne et en Autriche, pour les 70 % restants. « Nous achetons la paille sans la voir au préalable, et inversement. C’est une relation de confiance nécessaire entre nous et nos clients. Après toutes ces années, nous sommes connus, et nous sommes l’une des plus grosses entreprises du secteur du commerce de paille », précise Emmanuel Kohler.
Avant d’être vendue, la paille est stockée sous un hangar dédié de l’exploitation de Sainte-Croix-en-Plaine. La capacité de stockage est de 1 000 t. La priorité des priorités est de maintenir la paille au sec. Les bottes ne doivent pas dépasser les 15 % d’humidité pour pouvoir être vendues. « Au-delà, la paille colle, sent le moisi, a un goût de champignon. Cela peut générer des problèmes sanitaires et abîmer les machines. Nous utilisons des capteurs d’humidité pour vérifier ce taux d’humidité à tout moment », note Emmanuel Kohler. La paille qui est pressée est rentrée le jour même pour préserver sa qualité. En revanche, et contrairement à d’autres, la famille Weiss n’est pas favorable au broyage. Ce sérieux dans le travail permet à l’entreprise de pouvoir compter sur la fidélité de ses clients, qui sont un grand nombre à lui faire confiance depuis les débuts de l’activité. C’est aussi pour cela que la SARL utilise du matériel performant. Sophie Weiss était présente à Rumersheim-le-Haut pour tester la première presse à balles carrées produite par Fendt et présentée par le concessionnaire Euro-Agrar. « La machine est effectivement performante. Elle offre un gros débit de chantier, tout en alliant simplicité et fiabilité. La densité des bottes est très intéressante. Nous avons d’autres matériels de la marque. Ils font tous leurs preuves », conclut Sophie Weiss.