Grandes cultures

Filière maïs semences

Pourvoyeuse d’emplois

Publié le 24/10/2016

La filière maïs semences prend de l’ampleur et crée de plus en plus d’emplois dans son sillage. De 15 en période creuse, le personnel de l’usine de Marlenheim passe à 70 personnes pendant les quelque huit semaines que dure la réception à l’usine. Pour répondre à cet appel d’air, le Comptoir agricole a fait confiance à Germa Alsace, une entreprise de travail temporaire d’insertion.

Ils sont 50, de tous âges et de tous horizons. Ils, ce sont les 50 salariés intérimaires que Germa Alsace a recrutés pour le compte du Comptoir agricole. Parmi eux, il y a 25 % de femmes : « J’y tenais, elles apportent une certaine dynamique au groupe », confie Élizabeth Pracht, conseillère emploi chez Germa Alsace, qui a participé au recrutement de ce vivier de main-d’œuvre. En les regardant travailler, elle désigne un jeune homme, qui ne ménage pas ses efforts pour trier le maïs semences sur la table d’effeuillage : « Le travail l’a transformé, sourit-elle. Cela lui a permis de reprendre confiance en lui. » Une belle victoire pour Germa Alsace, pour qui en plus du souci de rendre un service de qualité à ses clients, s’ajoute celui d’accompagner ses intérimaires vers l’insertion professionnelle. C’est pourquoi, tous les vendredis à 13 h, l’heure à laquelle l’équipe du matin cède la place à celle du soir, Élizabeth Pracht est venue à la rencontre des intérimaires, pour maintenir leur motivation et leur implication. Et c’est aussi pourquoi, à l’issue de leur mission, chaque salarié intérimaire en dressera le bilan avec une conseillère emploi de Germa Alsace, qui démarchera d’autres entreprises afin de leur trouver d’autres missions. Un recrutement pointilleux Mais arrêtons-nous sur celle-ci. Le partenariat entre Germa Alsace et le Comptoir agricole n’est pas une nouveauté : en 2014, Germa Alsace avait été missionnée par le Comptoir agricole pour recruter 12 personnes, puis 23 en 2015, et 50 cette année, dont 46 opérateurs de tri, deux caristes et deux opérateurs aux séchoirs. La nouveauté c’est que cette fois le Comptoir agricole a délégué à Germa la gestion des ressources humaines (fiches de paie, gestion des absences, des remplacements...). Sa proximité avec la Mutualité sociale agricole (MSA), dont elle émane, a facilité certains aspects. Ainsi, tout le personnel a passé une visite médicale sur site. Le recrutement a débuté cet été. Pour trouver les personnes les plus adaptées aux tâches à effectuer, Germa Alsace a effectué des études de postes, a pioché dans son vivier d’intérimaires, et a procédé au recrutement de nouvelles personnes. Tous les canaux ont été utilisés : le bouche-à-oreille ; la mobilisation des partenaires de Germa Alsace comme Pôle emploi, les missions locales, les Conseils départementaux ; la diffusion d’offres d’emploi ; l’organisation de réunions d’information collectives, où les postes et les missions ont été présentés, et à l’issue desquelles des entretiens individuels ont été passés par les personnes intéressées. Des valeurs au travail Une fois que l’effectif de personnel requis a été atteint, les salarié intérimaires ont été formés : présentation du Comptoir agricole, de l’usine, des aspects de sécurité au travail… Et Germa Alsace est resté en contact avec eux jusqu’à ce que la mission démarre. Avant cela, toutes les personnes ont été vues et validées par le personnel encadrant de Germa Alsace et du Comptoir agricole. Pour pourvoir chaque poste de travail il y a donc eu un regard croisé afin d’y missionner la bonne personne. Grâce à cette phase préparatoire, les responsables de Germa Alsace et du Comptoir agricole connaissent chaque salarié intérimaire individuellement, que ce soit d’un point de vue social ou professionnel, ce qu’apprécie particulièrement Matthieu Hamm, responsable de l’usine : « J’ai pu repérer les personnes les plus sérieuses. Je sais à qui je peux confier des responsabilités. Je peux leur dire que si je le fais, c’est parce qu’elles le méritent. Et ça les valorise. » Élizabeth Pracht confirme : « Au Comptoir agricole, il y a des valeurs, du respect et de la considération pour les salariés. Ils le ressentent et du coup ils sont parfois restés un peu plus longtemps à leur poste lorsque la cadence l’imposait. » Une assistance à la gestion des ressources humaines Marc Moser, président du Comptoir agricole, est également satisfait de la collaboration avec Germa Alsace : « Grâce au professionnalisme de Germa Alsace, nous avons bénéficié d’un recrutement ciblé, d’une formation des salarié intérimaires, qui a permis de leur mettre rapidement le pied à l’étrier. Le poste de tri et d’effeuillage est essentiel dans le processus de fabrication des semences. C’est un travail noble et, cette année encore, ça a très bien fonctionné. » Déjà, Marc Moser voit plus loin : lui-même producteur de maïs semences, il sait à quel point cette culture est exigeante en main-d’œuvre. En outre, cette campagne a montré qu’en fonction des conditions météorologiques, les volumes horaires peuvent rapidement exploser : « Germa Alsace pourrait répondre à ces besoins en main-d’œuvre, à condition qu’ils soient préparés et anticipés. Et le Comptoir agricole pourrait faire le relais entre les producteurs et Germa Alsace. » À noter aussi que Germa Alsace peut s’occuper de toute la gestion administrative des ressources humaines (contrats de travail, versement des salaires, visites médicales, gestion des EPI) pour le compte des agriculteurs employeurs de main-d’œuvre. Cette année, Germa Alsace a par exemple organisé une réunion d’information collective à destination des saisonniers pour le compte de la Cuma de Marckolsheim.

Publié le 21/10/2016

Cette année, les variétés cornées ont fait de bons rendements, qui ont quasiment gommé leur écart avec les variétés dentées, aux performances plus hétérogènes selon la date de semis, le type de sol, et la réserve utile. En moyenne, une baisse de rendement de 10 % est attendue.

Officiellement, la collecte a démarré le 26 septembre. Mais dès le 22-23 septembre, quelques chargements de variétés cornées à surmaturité en raison des conditions séchantes sont arrivés dans les sites de collecte du Comptoir agricole. Aujourd’hui, 50 % de la surface en maïs grain est engrangée. L’heure de tirer quelques enseignements. Le premier, c’est que la fin de cycle sèche a gommé l’écart de rendement qui prévaut généralement entre les variétés cornées et dentées. Christian Lux, responsable du service agronomique du Comptoir agricole, explique : « Les variétés dentées ont un cycle plus long, elles ont donc manqué d’eau en fin de cycle pour optimiser leur PMG, ce qui a moins été le cas pour les variétés cornées. » Autrement dit : les conditions sèches de la fin du moins d’août ont moins pénalisé la phase de remplissage des variétés cornées que des variétés dentées. Leur niveau de rendement est donc très honorable. « On entend souvent du 115-120 q/ha, du 95 q/ha aussi. Ils auraient donc pu être meilleurs, mais ce sont de bons rendements pour les variétés cornées », estime Christian Lux. Pour l’organisme stockeur, les conditions de collecte, qui ont permis de rentrer rapidement des variétés cornées « à pleine maturité » ont été idéales pour bien séparer les maïs cornés des maïs dentés. Rendement départemental moyen estimé à 105 q/ha Suivent désormais les variétés dentées. En fonction des situations, les rendements sont très variables. « On entend beaucoup de 120 - 125 q/ha. C’est bien, mais c’est moyen pour le type de matériel génétique dont on dispose », déclare Christian Lux. Pourquoi ? En partie à cause des séquelles du printemps humide, avec des tournières, des fonds de parcelle, où il manque des pieds, ce qui fait chuter le rendement moyen de la parcelle. Et puis tout le département n’a pas été affecté de la même manière par le printemps humide, les dégâts sont souvent plus importants en Alsace Bossue, dans l’arrière-Kochersberg, le Piémont. Là, on trouve aussi des rendements à 70 q/ha. « Ce qui a permis, ou pas, de faire un rendement honorable, c’est la combinaison de trois facteurs », analyse Christian Lux. Le premier, c’était la date de semis, le deuxième la capacité de ressuyage de la parcelle, et le troisième sa réserve utile. Au final, le rendement départemental moyen est estimé à 105-108 q/ha, soit 10 % de moins qu’une année « normale ». Mais pour Christian Lux, 2016 reste une année « normale » en termes de rendements, « ni bonne, ni pas bonne, en tout cas meilleure que 2015 ». Mycotoxines : inférieures aux seuils Désormais, il reste à poursuivre les chantiers de collecte. Et il y a peu d’intérêt à laisser les variétés tardives au champ. « Il vaut mieux ne plus trop attendre pour les rentrer car il n’y a plus grand-chose à espérer des conditions météorologiques pour perdre en humidité », estime Christian Lux, qui rappelle que, pour certaines variétés, le stress hydrique de fin de cycle a pu se traduire par une vidange de la plante, un phénomène de tiges creuses, qui rend les pieds plus sensibles à la verse. Pour l’instant, la fin de cycle séchante n’a pas été favorable au développement de champignons et la qualité sanitaire de la collecte est donc bonne : « On détecte des mycotoxines, mais à des valeurs inférieures aux seuils réglementaires », précise Christian Lux.

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