formation

Portes ouvertes des lycées agricoles d’Obernai et Erstein

Une vaste palette de filières et formations

Publié le 16/03/2018

Faire découvrir toute la palette des filières et formations proposées par l’enseignement agricole à travers des échanges, des expositions et animations, tel est l’objectif des portes ouvertes de l’Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles et du lycée professionnel agricole d’Erstein, qui ont lieu ce samedi 17 mars, de 9 h à 17 h.

L’ensemble des responsables, des membres de l’équipe pédagogique et des élèves et étudiants des établissements d’Obernai et Erstein seront mobilisés ce samedi 17 mars pour faire découvrir aux familles et futurs élèves le panel, relativement vaste, des filières et formations qu’ils proposent. Production agricole, travaux paysagers, horticulture, maraîchage, filière cheval, agroéquipement, vente en agrofourniture, sans oublier le pôle eau et son récent bâtiment : autant de filières que l’on peut suivre, soit en formation initiale, soit par apprentissage ou encore en formation continue à Obernai. L’établissement d’Erstein, lui, offre des formations dans les domaines des services à la personne, de l’animation et du développement du territoire, et de la vente de produits alimentaires. Tout au long de la journée, des entretiens d’orientation seront proposés aux jeunes qui souhaitent rejoindre l’enseignement agricole. « L’objectif est de conforter leur choix, indique Gilles Cadieu, proviseur adjoint du lycée d’Obernai. Leur motivation vient souvent de leur attrait pour la nature et les animaux. Et certains ne se sont jamais renseignés sur les parcours de formation. Ces entretiens ont pour but de s’assurer que le projet est plus fouillé, qu’il est en phase avec les enseignements que nous proposons. Et aussi de baliser les parcours, afin que les jeunes ne se fassent pas de fausses représentations de la formation et de leur futur métier. » Ces entretiens s’ajoutent à l’appréciation des résultats scolaires dans le dossier de candidature. « Un élément spécifique et fort de l’établissement que les familles apprécient. » Cette journée portes ouvertes sera aussi l’occasion de faire la promotion de l’exploitation agricole qui sert de support pédagogique pour les productions animales et végétales. Les visites seront l’occasion de montrer ses spécificités, comme le houblon, ou encore l’atelier méthanisation. De 9 h à 17 h, les visiteurs pourront parcourir les nombreuses expositions et travaux d’élèves et participer à des ateliers. Ils pourront également découvrir les aménagements paysagers et jardins réalisés par les apprentis dans le cadre de la sélection régionale des Olympiades des métiers travaux paysagers et horticulture, qui se tenait la veille, soutenue par la profession et le Conseil régional. Tombolas, tartes flambées et petite restauration assurées.

Concours européen des jeunes professionnels du vin

Des vins au féminin

Publié le 22/02/2018

Deux étudiantes en BTSA Viticulture-Œnologie, Thérésa Moran et Mathilde Wisselmann, ont été sélectionnées pour participer à la 20e session du Concours européen des jeunes professionnels du vin, qui se déroulera dans le cadre du Salon international de l’agriculture à Paris en mars prochain.

Thérésa Moran et Mathilde Wisselmann font partie des 45 jeunes sélectionnés au niveau national, après la présélection qui a eu lieu en décembre dernier à Colmar. Au cours de la finale parisienne, trois épreuves départageront les candidats : caractérisation sur cinq échantillons, notation sur quatre échantillons et dégustation commentée réservée aux trois meilleurs Français et aux trois meilleurs Européens à l’issue des deux premières épreuves. Enfin, une épreuve facultative de communication permettra de récolter des points au-dessus de la moyenne. Une passion tardive, mais tenace Formées par leurs enseignantes, Roxane Nibaudeau et Liza Munch, les deux jeunes candidates sont très motivées par ce défi qui valorise leurs aptitudes à la dégustation des vins, mais qui constitue aussi un enjeu professionnel pour leurs projets à venir. Même si Thérésa Moran, de Wuenheim, a vu sa passion des vins se révéler tardivement, elle a toujours été attirée par l’analyse sensorielle, développée en famille, par la dégustation de plats et d’épices d’autres contrées. « Au lycée, c’est le thé qui me passionnait, et finalement c’est un produit assez similaire. J’ai suivi le chemin du thé pour arriver à une autre destination, celle du vin », explique-t-elle maniant la métaphore avec habileté. Émue lors de l’annonce de sa sélection, elle ne pensait pas accéder à ce niveau, même si elle avait travaillé intensivement la dégustation de monocépages. Trois semaines ne seront pas de trop pour poursuivre son entraînement en puisant notamment dans la cave familiale avant d’affronter les meilleurs candidats français et européens. Participer à ce concours est également pour elle un tremplin puisqu’elle a une attirance pour l’événementiel, les accords mets et vins qu’elle souhaiterait approfondir dans un master à l’Inseec de Bordeaux. Un bel héritage familial Native de Wintzfelden, Mathilde Wisselmann a grandi dans le vignoble où ses grands-parents exploitaient 1 hectare de vignes. Vendangeant depuis l’enfance, les rangs de vignes sont devenus une passion qui lui a donné envie de suivre une formation en Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant au lycée de Rouffach, puis un BTSA Viticulture Œnologie pour s’inscrire dans la continuité de son plaisir à travailler les vins. « Lors de la sélection, j’ai suivi une logique qui a fonctionné, en m’appuyant sur les appellations. J’ai hâte d’aller à Paris. Je vais encore relire des livres sur les vins et m’entraîner avec Thérésa », indique-t-elle. Son projet est de poursuivre sa formation avec une licence des Sciences de la vigne à Dijon ou une classe préparatoire pour obtenir le diplôme national d’œnologie. Née dans les vignes, elle y a puisé et dessiné son avenir professionnel. Quelle que soit l’issue de ce concours destiné à mettre en évidence les aptitudes à la dégustation des futurs professionnels de la filière viticole, le destin de ces deux étudiantes est d’ores et déjà scellé aux pieds de vignes…

L’Académie internationale du vin en Alsace à Landersheim

Une chance pour l’Alsace et son vignoble

Publié le 16/02/2018

C’est la conjonction de quatre intérêts qui sera à l’origine de la réussite de l’Académie internationale des vins en Alsace (AIVA). La nécessité de former des professionnels de l’exportation et de l’importation, des cavistes prescripteurs et gestionnaires pour la grande distribution, des vignerons sachant gérer et calculer des prix de revient de leurs bouteilles, et des sommeliers également gestionnaires pour la restauration. Bref, des formations très professionnelles avec une forte dose de compétences tertiaires qui débouchera avant tout « sur un métier », insistent Dominique Destouches et Marc Rinaldi.

Ils sont trois protagonistes en réalité à porter ce projet, très soutenu par les collectivités territoriales. Le premier, Dominique Destouches a, par sa discrétion et son pragmatisme, su s’attirer la confiance de la grande distribution, pour laquelle il vend 7,5 millions de cols bon an mal an avec son entreprise VPCF fondée il y a plus de 25 ans. Le deuxième, l’homme d’affaires Marc Rinaldi investit dans le vignoble alsacien, et a jusqu’à présent réalisé tous ses projets annoncés : il a fondé le domaine Kirrenbourg, il a catalysé le groupe de vignerons d’excellence Alsace crus et terroirs, et il a initié le salon Millésimes Alsace… Et le troisième, Chengqing Sun est actionnaire dans plusieurs universités en Corée, à Londres, en Chine, et « a constitué un réseau qui se pique pour les vins français, il faut donc aller très vite avant qu’ils n’aillent vers d’autres horizons », observe Dominique Destouches… Une centaine d’étudiants dès septembre À sept mois de son ouverture, le projet d’Académie internationale du vin (AIVA) à Landersheim en Alsace, sur l’ancien site du siège d’Adidas, est donc bien sur les rails. Depuis le départ effectif d’Adidas de son siège de Landersheim, il est désormais acté que le site accueillera dès la prochaine rentrée une première promotion d’une centaine d’étudiants, auxquels s’ajouteront en février une trentaine de Chinois, dans cette école d’envergure internationale, dédiée aux métiers du vin. Six formations diplômantes, de niveaux bac + 1 à bac + 5, y seront dispensées en cycles annuels de 400 à 800 heures et autant d’heures de stages en entreprise. Certaines en un an : deux licences pro « GD vins & spiritueux », « Commercialisation hors domicile », un diplôme « Production, gestion et reprise de domaine viticole », et un diplôme universitaire de sommellerie conduit en partenariat avec l’association des chefs étoilés d’Alsace. Une formation en deux ans : un master de commerce international. Et des cours d’initiation à la dégustation et accords gastronomiques. Les cours seront assurés à 50 % par des universitaires et à 50 % par des professionnels. Même si les diplômes obtenus seront reconnus par l’État, Dominique Destouches et Marc Rinaldi insistent sur le caractère professionnalisant des formations : « C’est une fabrique de métiers dans les différentes strates de la filière, ce n’est pas une fabrique de diplômes ». « L’œnologie c’est bien, mais ça ne suffit pas » Des métiers, dont les protagonistes entrevoient d’importants changements dans les années à venir. « VPCF travaille avec 200 paysans vignerons des régions de France. 30 % d’entre eux sont âgés et sans repreneur. Le métier est devenu réellement plus compliqué », soulève Dominique Destouches. « S’agissant des connaissances techniques, on n’a rien à leur apprendre, ajoute Marc Rinaldi. Par contre, l’enseignement sur la manière de vendre, la manière de gérer l’entreprise et de déterminer un tarif par rapport aux coûts de production réels est une nécessité. » « L’œnologie c’est bien, mais ça ne suffit pas car le vin, c’est devenu beaucoup plus… On le voit sur les salons, tout est plus beau par exemple chez les Espagnols ou les Portugais parce qu’ils y mettent les moyens », observe Dominique Destouches. « Mais pour réussir, il faut avoir les moyens, donc il faut que le vin soit rentable, et donc il faut un prix de revient, donc dégager une marge », complète Marc Rinaldi. Et c’est là que le bât blesse : en amont comme en aval de la filière vinicole aussi, il y a une nécessité impérieuse d’apporter les compétences tertiaires aux métiers du vin face à « des consommateurs de plus en plus exigeants et avertis », souligne Dominique Destouches. Investir dans l’humain Ça tombe bien, le secteur de la grande distribution est lui aussi en profonds questionnements face à l’arrivée des géants de l’e-commerce. Face à la digitalisation galopante type Amazon, une des stratégies pourrait bien être d’investir dans l’humain, d’humaniser davantage encore le commerce en grande surface. Conséquence directe, explique Dominique Destouches, les grandes enseignes investissent massivement dans l’humain, pour transformer leur rayon boisson en caveau, avec un sommelier caviste. Un créneau vins et spiritueux stratégique pour les enseignes. Elles doivent recruter ou former leurs chefs de rayon afin qu’ils acquièrent le profil d’un véritable caviste, sachant donc conseiller, gérer, constituer une offre, bref un homme, une femme, du vin doté donc d’une véritable culture vinique complète, doublée d’une certaine motivation. « On va au-delà du rayon boisson, c’est carrément un caveau. Il faut un manager formé à la gestion du personnel, la rentabilité, la gestion des stocks, la constitution des gammes… Observez chez Leclerc Rivétoile, Leclerc Geispolsheim, Cora Mundolsheim, Intermarché Oberhausbergen ou Super U Wolfisheim, Super U Brunstatt, Leclerc Montbéliard, Intermarché Volgelsheim. Des magasins étaient avant-gardistes comme Super U Truchtersheim, avec un sommelier. De même dans le Doubs. On va donc apporter des formations en collaboration avec ces magasins, qui prendront des apprentis. Aujourd’hui, ces magasins sont prêts à investir dans l’humain, sa formation. » Des retours pour l’Alsace et son vignoble Une telle école dédiée aux métiers du vin aurait pu voir le jour n’importe où, mais c’est à Landersheim qu’elle verra le jour, peut-être un peu trop à l’écart du vignoble, objectent certains. D’une part, les stages en entreprise prendront une part importante des cursus, rappelle Dominique Destouches. D’autre part, « c’est peut-être bien de se situer un peu à la périphérie du vignoble », souligne l’entrepreneur qui apprécie d’agir dans la discrétion, comme d’ailleurs ses partenaires de la grande distribution. Les entrepreneurs espèrent et s’attendent néanmoins à des retombées positives aussi pour l’ensemble du terroir alsacien et des vins d’Alsace, avec ces étudiants qui deviendront autant d’ambassadeurs des vins d’Alsace.

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