Le lycée agricole d’Obernai et les Jeunes Agriculteurs ont organisé une journée dédiée à l’installation des futurs exploitants, mardi 8 janvier. Les lycéens ont touché du doigt une étape capitale de leur projet professionnel.
Après-midi animée dans l’amphithéâtre du lycée agricole d’Obernai. Soixante jeunes en dernière année de bac pro ou de BTS sont réunis pour parler installation avec des professionnels et des experts. « Nous sommes là pour vous donner toutes les réponses dont vous avez besoin », a assuré Julien Koegler, président des JA, à l’origine de l’événement. Le responsable a mis sa casquette de professeur.
Cinq groupes d’élèves se succèdent sur scène pendant deux heures. Plus timides les uns que les autres. Les étudiants restituent les travaux effectués durant la matinée. « Ça les entraîne à parler en public, c’est important », estime Simone Hentz, prof de gestion et organisatrice de la journée. Ils présentent d’abord le parcours académique et professionnel de jeunes agriculteurs rencontrés quelques heures plus tôt.
Apprendre des expériences passées
Bac pro ou BTS ? Stages en entreprise ou journées de formation spécialisées ? Période en tant que salarié agricole ou installation directe ? Le cursus de chaque intervenant est passé au peigne fin. Avec ses forces et faiblesses. « Notre témoin regrette de ne pas avoir suivi de formation en comptabilité », lance une jeune fille assise sur un fauteuil sous les projecteurs. Tirer les leçons de parcours d’installation vécus par d’autres. Voilà l’intérêt de l’exercice. Les jeunes apprennent de leurs aînés et tentent de ne pas répéter leurs erreurs.
Ensuite, les groupes livrent leurs réponses à différents exercices théoriques effectués en classe. Étude de viabilité économique d’un projet d’installation fictif et son plan professionnel personnalisé (PPP). Il s’agit en fait d’établir un programme de formations et de stages adaptés à la situation et aux objectifs du jeune en passe de s’installer. « Nous préconisons des formations courtes en pilotage économique d’une entreprise et biosécurité avicole, puis un stage d’un mois dans un élevage », sanctionne un jeune homme.
Des experts corrigent. « Vous prévoyez de très bons PPP, mais ils sont difficilement réalisables », note Stéphanie Jehl, conseillère à la Chambre d'agriculture. Comme ce menu de formations et stages sur deux ans censés préparer un père de famille au chômage à reprendre une exploitation maraîchère. « Vous pensez qu’il pourra passer deux ans en stage avec une famille à charge ? », titille le professeur Koegler. Certaines réalités échappent encore aux jeunes.
« Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus »
Voilà l’avantage d’inviter des agriculteurs à animer la journée. « Là c’est du concret, explique Marie-Laure Couvet, enseignante de zootechnie. Si on avait fait ces exercices en classe, ils les auraient pris comme une énième activité théorique. » Cette après-midi, les élèves restent concentrés jusqu’au bout.
« Cette journée leur permet de se poser les bonnes questions », estime Simone Hentz. Ces jeunes sont encore très détachés du sujet. « Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus », confirme la prof. Normal. À 17 ans, difficile de se projeter sur du moyen terme. « J’ai plein d’idées, mais rien de précis, témoigne Théo Wollenburger, en terminale bac pro. Je veux juste me lancer dans la vie active au plus vite. » Un sentiment partagé par de nombreux camarades.
En témoigne cet échange en fin de session. « Alors, après cette journée, qui est encore motivé pour s’installer ? », demande Julien Koegler. Dans les gradins, presque tous les jeunes lèvent la main.