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Diplôme « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle »

L’Université de Strasbourg s’engage sans retenue et affiche des ambitions

Publié le 05/04/2018

L’Université de Strasbourg (Unistra) s’engage résolument dans le nouveau diplôme universitaire (DU) « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle ». Son président, Michel Deneken, a annoncé que l’Unistra y consacrera les moyens et le temps nécessaires pour asseoir ce DU ambitieux pour une viticulture ambitieuse.

Il a fallu à Frédéric Créplet, l’un des artisans, et à l’Université de Strasbourg beaucoup d’huile à mettre dans les rouages, à défaut d’eau dans le vin, pour rassembler autour d’un même projet de formation des « porteurs de savoirs académiques et de savoirs empiriques et intuitifs ». Ils seront au cœur de la formation de ce nouveau diplôme universitaire (DU) « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle ». Au cœur de l’expérience et de la critique académique Cette formation dispensée à la faculté de géographie de Strasbourg débutera le 11 juin 2018. Elle est parrainée par le célèbre vigneron bourguignon Aubert de Villaine et par Dominique Loiseau, présidente du groupe d’hostellerie et restauration Bernard Loiseau. De cette dialectique entre « les exigences académiques et le prophétisme viticole, naîtra une connaissance », se persuade Michel Deneken. Et de cette « conjuration de gens qui ne sont pas d’accord », une sorte de « mélange d’intuition, d’empirisme et de sciences académiques ». Le président de l’Université de Strasbourg (Unistra) en espère une « tension féconde qui permettra aux étudiants qui vont se lancer d’être au cœur de l’expérience et de la critique académique ». Un enjeu de civilisation Une méthode dialectique qui a fait ses preuves et réussit finalement très bien à l’Unistra, car c’est sur ce terreau universel, « sur cet humus », que grandissent les talents : « Nous avons actuellement quatre prix Nobel en état de marche », rappelle le président. Qui entend bien, s’agissant de la vigne, du vin et de la table, « ne pas céder aux injonctions de la bien-pensance. C’est un enjeu de civilisation où la vigne est aux avant-postes. » À l’origine de ce DU, il y a l’initiative des deux vignerons, Jean-Michel Deiss et Étienne Sipp, qui cherchaient à faire en sorte qu’une formation diplômante « puisse tirer la viticulture vers le haut ». Et à « sortir de cette impasse » où les vignerons, jeunes et moins jeunes, ne se sentent pas concernés par « la grande viticulture car elle ne s’adresse qu’à un tout petit nombre d’amateurs éclairés qui parlent un langage obscur, hermétique, abscons ». Le corpus d’une viticulture de terroir « n’est pas une recette de cuisine », explique Jean-Michel Deiss, mais « si au moins cela mettait l’étudiant sur le chemin du doute avec un peu de lumière au bout… » Et en ce sens, « l’université est un endroit ouvert où chacun va grandir ». Par son autorité, « l’université donne quelques perspectives dans la durée » à ce diplôme universitaire qui « s’inscrit dans l’histoire », conformément aux engagements pris par Michel Deneken. Grâce à ses compétences, c’est finalement la faculté de géographie et d’aménagement de Strasbourg qui a été jugée la plus légitime pour dispenser les cours de ce DU, « car un terroir, c’est un espace, un objet géographique, qui se différencie des autres espaces par des caractères et des limites, explique Dominique Schwartz, enseignant en pédologie. Et parmi les caractères qui individualisent le terroir - le climat, les roches, l’exposition, la topographie - on est typiquement dans la géographie, et à Strasbourg nous avons toutes les compétences. » Dimension physique et métaphysique du lieu Mais au-delà de ces facteurs physiques, il y a la dimension métaphysique du lieu, ajoute Jean-Michel Deiss : « Notre siècle est impacté par l’idée de performance. Comment un vigneron peut-il faire en sorte que ses raisins plaident en faveur du lieu ? Dans quel cadre peut-il agir pour que la plante raconte son lieu dans sa dimension physique ? », interroge le vigneron de Bergheim. Et sa dimension métaphysique également ? « On demande aussi à la vigne de transmettre tout ce que son vigneron porte en lui, sa langue, sa culture, ses envies, ses révoltes, son investissement humain et son appartenance à un espace. » Transmettre et restituer par la dégustation : « Comment décrypter le signal du lieu ? » Sur ce point, Jean-Michel Deiss, Jacky Rigaux, enseignant de l’Université de Bourgogne, et le neurophysiologiste Gabriel Lepousez comptent bien s’appuyer sur la dégustation géo-sensorielle, dont les bases n’en sont qu’aux balbutiements. Plutôt que d’identifier des arômes et autres perceptions sensorielles chimiques (goût, odorat) pour lesquels il ne peut y avoir de consensus, la dégustation géo-sensorielle s’appuie sur la description des perceptions physiques en bouche, et sur lesquelles il y a des perceptions et un langage communs.

Lycée agricole d’Obernai

Des formations et une foule de projets

Publié le 23/03/2018

Le lycée agricole, le Centre de formation des apprentis et le CFPPA d’Obernai ouvraient leurs portes au public samedi 17 mars. Pour présenter leurs formations et leurs projets, qui sont nombreux.

Des moutons sur la pelouse, des poules et des lapins dans les couloirs, des jeunes et leurs parents dans les salles de classe et dans les allées de l’exploitation agricole… Samedi 17 mars, pour sa journée portes ouvertes, le lycée agricole d’Obernai a accueilli un public vraiment très large… Aussi large que l’éventail des formations proposées sur le site : entre le lycée, le CFA (Centre de formation des apprentis) et le CFPPA (Centre de formation et de promotion pour adultes), plus d’une soixantaine de formations différentes s’offrent aux éventuels candidats. Alors que les futurs lycéens étaient reçus en entretiens personnalisés par l’équipe enseignante, Thierry Girodot, directeur de l’EPL, Sylvie Pagliano, directrice du CFA et du CFPPA, et Gilles Cadieu, proviseur-adjoint du lycée agricole, accompagnés du président de l’EPL, Franck Sander, faisaient le tour de l’établissement, en compagnie d’une poignée d’officiels. Dans la salle des bac pro CGEA, Simone Hentz, professeur d’économie et de gestion, présente cette filière professionnelle, accessible après la 3e, très prisée par les enfants d’agriculteurs qui ne souhaitent pas s’engager dans un cursus long. « Nous proposons deux spécialités : grandes cultures et polyculture-élevage. Il y a un an, on risquait fort de voir disparaître l’une des deux spécialités. Grâce à un appui fort de la profession agricole, nous avons réussi à la maintenir », se réjouit Thierry Girodot. Ce faisant, le directeur de l’EPL attire l’attention sur l’une des spécificités du lycée agricole d’Obernai, dont le quart des effectifs est constitué d’enfants d’agriculteurs. « Au niveau national, c’est 12 à 13 % seulement. » Des enquêtes aux maquettes La salle suivante est celle qui accueille les élèves de 3e visant une seconde générale et technologique. Ceux qui choisissent cette filière se voient proposer un « enseignement exploratoire » qu’ils n’ont aucune chance de trouver dans un lycée d’enseignement général, précise Thierry Girodot. « C’est ce qui va leur permettre de mieux comprendre les problématiques du vivant. » Des situations d’apprentissage leur sont proposées en dehors de l’établissement. Ils mènent des enquêtes, réalisent des lectures de paysages et rendent compte de leurs découvertes de diverses manières, comme en témoignent les maquettes présentes dans la salle de classe. Juste à côté se trouve la salle réservée aux élèves de bac technologique STAV, une filière qui n’existe qu’en lycée agricole. Deux options sont possibles : aménagement et productions agricoles. Le bac technologique est destiné à une poursuite d’études en cycle court, précise le professeur d’aménagement, M. Romanus. Ceux qui choisissent l’option Aménagement et valorisation des paysages sont initiés, à raison de 2 à 3 h de cours par semaine, aux métiers liés à la protection de la nature, de l’eau et de la forêt. « Je fais travailler les élèves sur des projets, des cas concrets », précise l’enseignant en citant l’exemple du sentier pieds nus en projet à Oberhaslach. Pour la première fois, l’établissement propose un stand d’information pour le CFPPA. Les adultes intéressés par les secteurs de l’agriculture, du paysage, les activités équestres, et l’eau ont le choix entre des formations diplômantes ou des stages courts, précise Sylvie Pagliano. La directrice du CFPPA souhaite également développer les formations sur l’agroécologie et la culture de houblon bio. Et un Certificat de spécialisation (CS) agroéquipement est en préparation, en lien avec le lycée Paul-Émile Victor, avec lequel le lycée agricole d’Obernai entretient plusieurs partenariats. Le groupe s’engage ensuite dans les locaux du CFA : 400 apprentis y sont accueillis cette année. L’augmentation des effectifs est particulièrement sensible dans les formations de niveau 5, en paysage comme en agriculture, souligne la directrice. L’agriculture, l’agroéquipement, le paysage et les activités équestres sont les principales filières dans lesquelles se forment les apprentis. Le CFA d’Obernai propose notamment un BTS technico-commercial en agrofourniture, un bac pro en agroéquipement « qui fonctionne très bien » et un BTS Gestion de l’eau, accessibles en alternance. Dans le couloir, des banderoles rédigées en français et en allemand témoignent de l’engagement de l’établissement dans la coopération transfrontalière. Les responsables espèrent bien développer le nombre des apprentis transfrontaliers pour qu’il atteigne 10 % des effectifs du CFA. Une nouvelle serre de 150 m2 Direction le P3E, le pôle d’excellence éducative sur l’eau, inauguré à la rentrée 2016. Dans ce bâtiment flambant neuf sont accueillis aussi bien les étudiants du BTS Gemeau que ceux de l’Engees, l’école d’ingénieurs strasbourgeoise. Philippe Westphal coordonne les activités pédagogiques du site et assure leur développement. Bien que le secteur de l’eau présente une grande variété de métiers, les candidats ne se bousculent pas pour les formations de niveau 3 et 4, constate le coordonnateur. La visite s’achève sous la nouvelle serre de l’EPL : d’une surface de 150 m2, elle a été pavée par des apprentis du CFA. Elle servira aux stagiaires du CFA et du CFPPA pour des travaux pratiques. « C’est important d’être à la pointe au niveau des installations », souligne Sylvie Pagliano. La serre est équipée d’un système d’arrosage, d’une rempoteuse, auxquels s’ajouteront prochainement des tables de multiplication et de rempotage. Toujours parmi les projets, celui de la chauffer avec de l’eau chaude issue de la station de méthanisation du lycée, pour optimiser les moyens. Une pépinière hors-sol sera également créée dans le but de pouvoir montrer aux stagiaires et aux apprentis l’ensemble des tâches, qu’ils ne peuvent pas toujours découvrir en entreprise.

Publié le 22/03/2018

La quarantaine d’étudiants en BTSA technico-commercial Vins et Spiritueux et Viticulture-Œnologie ont rencontré, lundi 12 mars, treize professionnels au cours d’un job dating afin de se préparer à l’entretien d’embauche.

Voici maintenant cinq ans que des professionnels de la commercialisation du vin (cavistes, grande distribution) et de la filière viticole (récoltants, œnologues) partagent leurs expériences de recruteur avec des jeunes qui ne tarderont pas à entrer dans la vie active. Certains sont quelquefois eux-mêmes issus de ces formations, comme Pierre Holtz, Victor Roth et Frédéric Kirch, ayant depuis intégré divers postes en France, en Allemagne ou ayant repris un domaine familial. Ils ont été ravis de pouvoir aider ces jeunes à se préparer à cet exercice difficile qui consiste à convaincre un employeur de ses compétences. D’autres professionnels, plus expérimentés, ont apporté un regard bienveillant mais objectif aux CV et lettres de motivation, analysés en détail. De la posture pendant l’entretien à la pertinence des réponses, chaque candidat a pu se rendre compte de l’intérêt de vivre ce type de situation pour savoir valoriser ses compétences au moment opportun. Aimé Ehrhart de Wettolsheim ou Philippe Vogt de Rodern ont fait part de leurs expériences de vignerons à certains de ces jeunes, futurs repreneurs d’exploitation familiale, tandis que Stephan Grappe ou Mireille Thibaut d’AEB ont partagé leurs expériences en œnologie. Jérôme Fontaine, proviseur de l’établissement, a chaleureusement remercié l’ensemble des participants. Au terme de cette rencontre, une dégustation a été proposée par trois étudiants - deux d’entre eux ayant participé au concours de jeunes dégustateurs du vin au Salon international de l’agriculture à Paris - afin de faire connaître les produits du domaine de l’École. La rencontre a été satisfaisante à la fois pour les étudiants et pour les professionnels qui ont partagé savoir-faire et passion du vin.

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