formation

Concours prairies temporaires du Gnis

Le lycée agricole d’Obernai se distingue

Publié le 30/11/2016

Cette année encore le lycée agricole d’Obernai s’est distingué lors du concours des prairies temporaires organisé par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis). Deux binômes d’étudiants se classent deuxièmes ex aequo sur quelque 736 participants.

« Dans les exploitations d’élevage, la maîtrise des prairies est le premier moyen pour les éleveurs de sécuriser le système fourrager tout en améliorant le revenu. Choisir des espèces et des variétés adaptées aux conditions de l’exploitation et aux contraintes de production, c’est incontestablement améliorer son système fourrager tant au niveau de la qualité et de la productivité de la prairie, que de l’organisation du travail et de la rentabilité de l’exploitation. Il est important que les futurs techniciens et techniciennes y soient sensibilisés », explique le Gnis sur la page internet dédiée au concours des prairies temporaires qu’il organise. Regroupés en binômes, les étudiants doivent choisir une exploitation support comportant un atelier d’élevage et des surfaces fourragères. Dans une première partie de leur dossier, ils sont invités à décrire cette exploitation avec des éléments techniques et économiques. Dans une seconde partie, ils doivent poser un diagnostic sur la situation existante, l’analyser et proposer des améliorations : introduction d’une nouvelle prairie, rénovation d’une prairie existante, choix et conduite d’espèces prairiales adaptées. Les conséquences technico-économiques de l’évolution proposée doivent également être présentées et chiffrées. Un capital de connaissances Pour la 31e édition de ce concours, tous les étudiants de BTS Acse du lycée agricole d’Obernai ont participé, guidés par Caren Bulte, professeur de zootechnie, et Guillaume Bapst, professeur d’agronomie, qui a présélectionné les dossiers les plus aboutis pour les présenter au concours. « Je suis content du travail que vous avez fourni. Nous nous étions fixé des objectifs, vous les avez tenus, notamment en termes de respect des délais de remise de vos travaux », constate Guillaume Bapst qui souligne que « les connaissances acquises en participant à ce concours pourront être réinvesties sur vos exploitations ». Thierry Girodot, proviseur du Legta d’Obernai, a quant à lui décrit ce concours comme « une situation interactive et professionnalisante ». Le lycée agricole d’Obernai concourait avec les autres établissements agricoles des régions Nord et Est, soit environ 450 participants, le plus gros des 736 participants au niveau national. Les travaux ont été jugés par des professionnels issus d’instituts techniques, de Chambre d'agriculture… Ils ont particulièrement apprécié le travail fourni par les étudiants d’Obernai puisque deux binômes constitués d’une part de Stéphane Hoenen et Audrey Lossel et d’autre part de Stéphanie Reeb et Nicolas Richert se classent parmi les dix premiers. Et que deux autres binômes constitués d’une part de Léo Brandt et Xavier Thuet et d’autre part de Jonathan Risch et Jérémy Herr terminent deuxièmes ex aequo. Venu récompenser les étudiants, Jonathan Pétry, inspecteur semences fourragères au Gnis, a souligné la qualité des dossiers présentés par le lycée : « Ils étaient tous d’un très bon niveau ». Tous les étudiants primés ont d’ailleurs été récompensés d’un diplôme et d’une revue technique sur la luzerne. Les quatre finalistes ont en plus reçu une caméra GoPro. « Prochaine étape : 100 % de réussite au BTS », a lancé Gilles Cadieu, proviseur adjoint, pas peu fier des résultats obtenus par les étudiants.

L’accompagnement des exploitants agricoles en période de crise

Humanité, humilité, confidentialité, concertation et anticipation

Publié le 23/11/2016

Les organisations agricoles et leurs salariés s’interrogent sur la manière de mieux accompagner les agriculteurs dans cette période de crise structurelle, doublée d’une crise conjoncturelle. Un colloque à Obernai visait à mieux connaître et concerter les actions pour anticiper ou faire face aux difficultés.

La situation conjoncturelle et structurelle de l’agriculture n’est pas bonne. « 2016 est la pire année que nous ayons connue », indique Yves Jauss, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), avec plus de la moitié des entreprises affiliées à la Mutualité sociale agricole, qui ont déclaré un revenu net inférieur à 4 200 €. Sur 8 600 affiliés à la MSA, 400 agriculteurs ont demandé des échelonnements de paiement, annonce Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA d’Alsace. Si la situation est difficile à vivre pour de nombreux agriculteurs, l’agriculture alsacienne recèle toujours du potentiel : « Il y a une grande variabilité et variation de cas d’exploitation dans une même zone, une même filière de production, pour une même taille d’exploitation. Un conseiller peut rencontrer le même jour des entreprises dynamiques, porteuses de projet, et à l’opposé, un agriculteur au bout du rouleau », constate Yves Jauss. De l’endettement à trop court terme Toute la difficulté initiale réside dans le repérage des cas de détresse. « Nous ressentons la détresse par le biais de la facture des cotisations qui pèse lourd dans les comptabilités », soulève Sylviane Fargeon. Mais l’indicateur du paiement des cotisations MSA n’est pas pertinent pour détecter des signes avant-coureurs de détresse : « Souvent les exploitants sont à jour avec la MSA et la banque, mais pas avec les fournisseurs », observe Pierre-Paul Ritleng, référent de la cellule Réagir pour le Bas-Rhin. « L’endettement à trop court terme est un état de fait, confirme Yves Jauss. On a pourtant une chance : nos entreprises disposent d’un capital important, parce que nécessaire pour produire. C’est un axe de travail dans les tout prochains mois. » Repérer, comprendre et agir « Repérer, comprendre et agir », résume en introduction Thomas Blum, vigneron, élu Vivea et MSA. Il insiste auprès des organisations agricoles sur l’extrême nécessité de « mettre l’homme au centre du débat ». Car face à la détresse de l’agriculteur, un salarié d’organisation agricole pourrait avoir le réflexe de « se protéger derrière sa mission institutionnelle », explique Marie-Irène Glé, responsable de l’accompagnement des adhérents à la MSA d’Alsace. La situation requiert plusieurs exigences de la part des salariés des OPA : « Il faut bien connaître le terrain, bien connaître l’exploitation. Il faut rester humble, faire preuve d’empathie et de modestie. C’est excessivement difficile pour un agriculteur d’exposer sa situation face à quatre ou cinq organisations agricoles », souligne Pierre-Paul Ritleng. « Nous devons prendre conscience que l’agriculteur est une personne qui ose prendre des risques, une posture que nous, les salariés, n’avons pas », ajoute Marie-Irène Glé. « Et attention à notre terminologie qui peut être vécue comme dégradante », prévient la conseillère de la MSA. Confidentialité absolue Alors comment lutter contre cet isolement, ce repli social qui anime l’exploitant confronté à la crise ? En sa qualité d’exploitant, et donc d’entrepreneur, « il est important que l’agriculteur retrouve confiance en lui », et qu’il ne focalise pas le problème sur l’argent, ajoute Marie-Irène Glé. Une des clés de la médiation d’accompagnement réside dans la confidentialité. « Un agriculteur a droit à la confidentialité absolue, et à l’oubli », face aux difficultés qu’il a pu connaître dans son parcours, rappelle Sylviane Fargeon. Pour rompre l’isolement, le préalable consiste d’abord à établir un bilan des droits sociaux auxquels à droit l’agriculteur, car « il est important pour lui de prendre du recul sur son exploitation ». « Nous disons déjà : pensez à vous. N’hésitez pas à exprimer votre mal-être », indique Sylviane Fargeon. Et, il y a sur ce point des dispositifs - service de remplacement, arrêt de travail - que l’agriculteur ne sollicite pas assez… Dans ces circonstances de mobilisations de dispositifs, la MSA insiste « sur le fait que l’exploitant garde la main sur sa vie, sur son entreprise ». Des dispositifs de formation ciblés et financés Ce sont souvent les proches, plutôt que l’agriculteur lui-même, qui prennent l’initiative de se rendre à l’antenne locale MSA. Ce premier contact permet ensuite d’actionner d’autres leviers d’accompagnement, et en particulier celui de la formation. C’est l’un des sujets importants de ce colloque, pour anticiper les crises, ou les résoudre. Catherine Carry, déléguée Est pour Vivea, énumère quelques dispositifs : la gratuité des bilans de compétences, les prestations rattachables qui permettent de mixer la formation individuelle et collective, le congé formation qui s’adresse aux personnes en cessation d’activités, et pour les reconversions, la prise en charge par Vivea, jusqu’à 2 500 €, d’une formation a minima de 35 heures. Mais il existe également des dispositifs plus anticipatifs, co-construits avec les OPA et bien ciblés, comme pour les céréaliers, une formation concernant la gestion de la trésorerie, ou du financement à moyen terme. Les formations initiales (scolaire) et permanentes apparaissent aujourd’hui comme inéluctables pour anticiper ou faire face aux crises. « Nos demandeurs ont de nouvelles exigences, des demandes précises en technicité, en management », explique Jean-François Maréchal, directeur du CFPPA du Haut-Rhin. Mais c’est souvent un public « d’anticipateurs ». « Notre difficulté est de convaincre les personnes que la formation peut contribuer à la solution », admet Joëlle Clouchoux, directrice du CFPPA du Bas-Rhin. L’offre de formation peut répondre à des demandes en vue de diversification ou de reconversion, avec des formations montées ad hoc, précise Jean-François Maréchal. Le management en agriculture, nouveau paradigme Et en particulier dans le domaine du management, où de nouveaux besoins se font sentir : « Les agriculteurs vont plus facilement sur des formations techniques ou économiques. Mais l’accompagnement humain, sensibiliser les agriculteurs à la problématique du fonctionnement relationnel, est un nouveau paradigme de l’agriculture », souligne Marianne Subra, formatrice « Bien réussir ensemble », en médiation sur le fonctionnement relationnel entre associés, souvent à l’origine d’exploitations en difficultés. Il s’agit pour elle de détecter les premiers symptômes de tension, de poser un diagnostic de fonctionnement, de redéfinir des objectifs de chacun des associés, et de revoir l’organisation pour mieux fonctionner ensemble. C’est un accompagnement au long cours, pour régulièrement renouer les liens entre associés, prévenir les rechutes. Sur ces problématiques relationnelles, Yves Jauss insiste sur le rôle des comptables, qui exposent une fois par an les comptes, « en présence normalement de tous les associés. C’est un impératif ! » Plus de solidarité entre les organisations agricoles Outre la formation, les organisations agricoles souhaitent améliorer la concertation entre elles pour anticiper et déceler les situations de crise. Qu’une forme de solidarité s’installe dans l’accompagnement des exploitants, d’où la « nécessité de centraliser, de communiquer, et d’échanger ». « On sera de toute façon de plus en plus amené à avoir des raisonnements transversaux. La cellule Réagir va impulser une dynamique pour une meilleure identification », estime Yves Jauss. Si les comptables ont un rôle important, « comme fil conducteur puisqu’ils se retrouvent chez l’exploitant », d’autres OPA ont également des moyens d’alerter sur des situations fragilisées. L’exemple est soulevé par Joëlle Clouchoux où des visites de stage d’apprentissage permettent de relayer des problématiques. On a aujourd’hui un référent cellule Réagir « qui sera le fil conducteur pour mieux coordonner les diagnostics, l’audit, l’accompagnement et les préconisations » élaborées conjointement avec l’exploitant.

Comment débourrer un cheval sans danger ?

De quelle manière aborder un cheval, attirer et retenir son attention, le mettre en confiance... telles étaient les thématiques abordées par Pierre Blin, entraîneur-comportementaliste, les jeudi et vendredi 19 et 20 mai. Ces deux journées mi-théoriques, mi-pratiques, étaient organisées par la CAAA au sein du lycée agricole et du centre équestre d'Obernai et visaient un public d’étudiants et de professionnels.

Pages

Les vidéos