formation

Journée de l’installation au lycée agricole d’Obernai

Être acteur de son installation

Publié le 20/01/2017

Moment fort dans la vie du lycée agricole d’Obernai, la journée de l’installation s’est déroulée le mardi 17 janvier. Les étudiants de seconde année des différentes filières agricoles ont eu l’occasion de saisir les différentes composantes d’un projet d’installation, sur le plan des démarches administratives, de la viabilité économique et de la formation.

« C’est la première fois, dans mon parcours professionnel, que je vois ce type de journée se mettre en place », souligne Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai. Il a fait le lien avec la bonne dynamique d’installation que connaît le Bas-Rhin. « Le but de cette journée est multiple : démystifier le parcours de l’installation, échanger avec des jeunes agriculteurs qui étaient sur les bancs de l’école il y a encore quatre ou cinq ans, obtenir des réponses à vos questions. » Pour le proviseur, il y a quelques messages importants à retenir : « Bien que vous sortiez de l’école, vous allez devoir vous former. Cela peut vous paraître bizarre ! Au-delà du stage 21 h, on peut vous demander de faire plusieurs mois de stages supplémentaires, dans le cadre du plan de professionnalisation personnalisé. » Et ce besoin de formation peut ressurgir tout au long d’une carrière. Autre message important, il est vital de maîtriser à la fois la technique et la gestion de l’entreprise. « Dans un monde en pleine mouvance, qui est en mesure, de nos jours, d’avoir une visibilité à cinq ou dix ans ? Vous devez être capable de démonter que l’investissement que vous projetez est viable. » Viable, vivable et transmissible « Une exploitation viable, vivable et transmissible. C’est dans cette optique que nous incitons les jeunes à s’installer », renchérit Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. « Dans notre département, nous arrivons à maintenir un rythme intéressant d’installations », ajoute-t-il avant de remercier tous les protagonistes de cette journée, le lycée agricole d’Obernai, la Chambre d'agriculture d’Alsace, le Centre de formation et de gestion du Bas-Rhin, sans oublier l’équipe des JA du Bas-Rhin. « Quand j’étais étudiant, j’étais comme vous, affirme Marcel Bauer, président de la commission agricole du Conseil départemental du Bas-Rhin. Une fois mon diplôme en poche, je pensais pouvoir commencer à travailler. Mais tout au long de sa vie, il faut continuer à se former. Et ce quelle que soit l’orientation choisie. » Marcel Bauer souligne que, malgré la réforme territoriale qui entraîne des modifications de compétences, le Conseil départemental du Bas-Rhin entend rester proche de l’agriculture. Julien Koegler, secrétaire général de JA67, explique le parcours de l’installation. « L’idéal, c’est de préparer son installation deux ans à l’avance. » Prendre son temps permet de mûrir son projet, mais aussi d’acquérir les connaissances nécessaires pour garantir la pérennité de l’exploitation, ajoute Thomas Gillig. « Il faut avoir une vision à long terme, se fixer une ligne de conduite tout en conservant une certaine flexibilité. » Julien Koegler poursuit : « La première démarche consiste à entrer en contact avec le point accueil installation, où l’on vous remet un document appelé autodiagnostic. Une fois que vous aurez rempli ce document, un deuxième entretien a lieu avec une conseillère « formation » et une conseillère « projet » qui identifiera les savoirs et les savoirs faire pour élaborer le PPP (plan de professionnalisation personnalisé). » Le PPP détaille les formations et les stages que le jeune devra suivre pour obtenir la capacité professionnelle, mais aussi les formations préconisées tout au long de sa carrière, les stages obligatoires devant être effectués avant l’installation. Reste ensuite à établir le plan d’entreprise, une étude qui permet de vérifier la viabilité du projet d’installation. Le PE analyse l’ensemble du projet sur le plan économique et calcule le revenu que l’installant est en mesure d’atteindre durant les quatre premières années de l’installation. Pour bénéficier des aides à l’installation, le plafond bas doit être équivalent au minimum au Smic, le plafond haut égal au maximum à trois fois le Smic. C’est le diplôme agricole de niveau IV minimum, le PPP validé et le PE qui donnent la capacité professionnelle pour s’installer. Pour Thomas Gillig, l’accompagnement du candidat à l’installation est essentiel. « Pour le jeune qui veut se lancer dans l’agriculture, nous avons mis en place un suivi pour lui permettre de s’installer dans les meilleures conditions. De nombreux acteurs interviennent sur le dossier pour que l’installation se passe le mieux possible et dans des délais raisonnables. » Prendre en compte la volatilité des prix Le président des JA insiste sur deux points : « Aujourd’hui, il faut tenir compte des fluctuations des prix, car elles peuvent compromettre la viabilité du projet. Aussi la maîtrise des charges et la technicité sont-elles primordiales, car c’est grâce à elles que vous pourrez encaisser ces fluctuations. » La diversification est un autre atout. « Notre force est d’avoir des débouchés organisés, des filières fortes dans le département. » Il cite l’exemple du lait, des céréales, des betteraves à sucre et des fruits et légumes. Certaines d’entre elles sont à la recherche de nouveaux producteurs, comme le houblon ou le tabac, ajoute-t-il. Les aides à l’installation sont appelées à évoluer, indique Thomas Gillig. Avec la baisse des taux d’intérêt, les prêts bonifiés ont perdu toute attractivité. Aussi le dispositif des prêts bonifiés à l’installation des jeunes agriculteurs devrait-il être supprimé pour être remplacé par une nouvelle modulation de la dotation jeune agriculteur intégrant l’équivalent de l’actuelle subvention.

Moniteurs arboricoles

La relève est assurée

Publié le 16/01/2017

Les moniteurs arboricoles de la promotion Maurice Marx ont reçu leur diplôme lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le samedi 17 décembre à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim.

À l’issue d’une formation qui s’est étalée sur deux ans, 25 passionnés d’arboriculture ont obtenu le diplôme de moniteur arboricole, indique Didier Charton, responsable de la formation de cette promotion. Durant quarante samedis, ils ont suivi des cours théoriques le matin, dans les salles du CFA d’Obernai et de la mairie de Brumath, puis une formation pratique l’après-midi, dans différents vergers du secteur. Au menu de la partie théorique, l’arboriculture générale et spéciale : plantation, tailles, greffage, éclaircissage, récolte et conditionnement ; la science du sol : étude des sols, amendements analyse des sols et modes d’intervention ; la biologie végétale : la racine, le tronc, les bourgeons, la cellule ; la protection des végétaux : étude variétale, principaux ravageurs et maladies, auxiliaires et types d’intervention ; la sécurité. En pratique, la taille haute tige et demi-tige, la taille pillar et les formes savantes de taille, la reconnaissance des maladies, les parasites et auxiliaires, l’écussonnage, le greffage, la pomologie, etc. Des visites de producteurs ont complété cette formation : un producteur de fruits en Allemagne, le verger bio Hermann, la Cuma Alsa Pomme à Brumath. Didier Charton a remercié pour leur soutien Laurent Wendlinger, président, et André Jacob, directeur de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai, Sylvie Pagliano, directrice du CFA du Bas-Rhin, et Didier Helmstetter, son prédécesseur, qui ont mis les salles de classe à la disposition des élèves, de même que la mairie de Brumath, Verexal, support incontournable de cette formation, Freddy Zimmermann, président de l’Union des fédérations arboricoles et apicoles d’Alsace et de Moselle (UFAM). Et bien sûr les formateurs théoriques et pratiques, tous bénévoles. Mais quel est le rôle d’un moniteur arboricole ? « Il participe à l’agencement du paysage, explique Didier Charton, il veille au maintien et au développement des ceintures vertes autour des agglomérations alsaciennes, crée des vergers écoles, des îlots témoins de démonstration. Il sensibilise le grand public, les scolaires, par des expositions de fruits. Il lutte contre l’arasement des talus, la suppression des haies et la sauvegarde des vergers. » Citant saint Fiacre, patron des jardiniers, Didier Charton conclut : « Manus fortis divitias parat » (la main diligente apporte la fortune). Alors, à vos sécateurs !

Publié le 02/01/2017

Né le 6 janvier 1976, le Centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) d’Obernai a connu une histoire riche et mouvementée. Elle a été mise en relief lors de la cérémonie anniversaire, qui s’est tenue le 16 décembre au gymnase du lycée agricole, superbement décoré pour l’occasion.

Créé à l’origine afin d’assurer le stage 200 heures obligatoire pour obtenir les prêts à l’installation des jeunes agriculteurs, le CFPPA d’Obernai s’est progressivement ouvert à d’autres publics, les adultes demandeurs d’emploi, les actifs en reconversion professionnelle, les personnes en situation de handicap, les chefs d’entreprise, les techniciens, et même les détenus. Le centre forme chaque année 130 à 150 stagiaires, les formations pouvant aller du niveau V (BPA) au niveau II (licence professionnelle), auxquels s’ajoutent les stagiaires en formations courtes et en formations qualifiantes. « Nous dispensons 100 000 à 150 000 heures/stagiaires par an », indique Joëlle Clouchoux, qui dirige le CFPPA d’Obernai depuis dix ans. Le CFPPA, c’est aussi une équipe d’hommes et de femmes (formateurs, personnel administratif), ainsi que de nombreux partenaires (État, Région Grand Est, Chambre d'agriculture d’Alsace, Organisation professionnelle pour l’agriculture biologique en Alsace, Mutualité sociale agricole, CFPPA de Rouffach, Fongecif, Pôle Emploi, Vivea, Fafsea, etc.). Son credo ? « L’accompagnement, l’égalité des chances, les partenariats, l’adaptabilité ». Sa force ? « Nous avons fait face à de nombreux bouleversements et nous avons toujours su rebondir ». Heureusement, car de nouveaux défis attendent le CFPPA, avec l’évolution de la réglementation sur la formation professionnelle continue et l’adaptation aux modalités de fonctionnement de la Région Grand Est. « Merci pour votre diversité, pour vos projets qui nous enrichissent, s’exclame Joëlle Clouchoux, en s’adressant aux stagiaires, actuels et anciens, présents à cette cérémonie. Merci aux partenaires, aux financeurs, qui permettent aux stagiaires de concrétiser leurs vœux. Merci enfin à toutes les personnes qui contribuent à la réussite de ces formations. » La directrice a eu une petite pensée pour ses prédécesseurs, Claude Holl et Bernard Wentz, qui n’ont pas pu assister à cette cérémonie. « Bien sûr, nous eûmes des orages », rappelle-t-elle, parodiant une chanson de Jacques Brel. Mais l’équipe se caractérise par sa capacité à faire face : « Ces dix dernières années, nous avons surmonté des difficultés financières, des travaux, des mouvements de personnel ». Faire émerger de nouvelles formations Le CFPPA d’Obernai a été créé il y a quarante ans sous l’impulsion de Paul Schiellein pour organiser le stage 200 h, rappelle l’actuel président du CFPPA, Laurent Fischer. Depuis lors, il s’est ouvert à une multitude de formations, biodynamie, maraîchage bio, licence professionnelle. « Il faut faire émerger de nouvelles formations dans un monde qui bouge avec les nouvelles technologies. Nous avons des locaux qui permettent d’assurer une formation de qualité. Merci à Paul Schiellein, qui a présidé le CFPPA durant 29 ans, avec deux directeurs emblématiques, Claude Holl et Bernard Wentz. » Laurent Fischer a lui aussi remercié l’équipe du CFPPA « qui a toujours envie d’aller de l’avant », et sa directrice, Joëlle Clouchoux. « Ancien de Château Salins, mon élection à la présidence du CFPPA a d’abord été très contestée, rappelle Paul Schiellein. Mais j’ai eu la chance d’accompagner l’évolution de cet établissement durant près de trente ans, de suivre la construction des nouveaux locaux. La capacité d’adaptation du CFPPA est incroyable. Il est à la fois accompagnateur et précurseur. Il a formé de nombreux chefs d’exploitation, mais aussi de nombreux cadre de l’agriculture. » Reprenant la métaphore de Joëlle Clouchoux, il ajoute : « Après chaque orage, le ciel est à nouveau devenu bleu ».      

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