Élections Chambre d’agriculture
Revendiquer les bonnes pratiques environnementales
Élections Chambre d’agriculture
Publié le 10/01/2019
La liste commune FDSEA-AVA-JA « Ensemble, relevons les défis » organisait une réunion dédiée à la viticulture, ce mardi 8 janvier, à la cave du Roi Dagobert à Traenheim.
Désormais une charte cosignée entre les trois syndicats régit « la manière et la méthode de travail » pour les années à venir (lire encadré), de façon à traiter les dossiers « efficacement » dans une action « complémentaire » entre la viticulture et l’agriculture, introduit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. « Dans une action cohérente, un équilibre des représentativités et le respect des spécificités », ajoute Maximilien Zaepffel. C’est ce jeune et dynamique vigneron négociant bio de Dambach-la-Ville qui a été pressenti dans le département pour porter les intérêts de la viticulture à la Chambre d’agriculture au côté de Denis Ramspacher. Il reprend ainsi les fonctions de représentation professionnelle anciennement dédiées à Pierre Becht puis à Didier Pettermann. Face aux enjeux et pressions sociétales qui s’exercent sur la profession viticole en particulier et agricole, Maximilien Zaepffel préconise la communication avec les populations « sans agressivité ». Son souhait est de disposer d’outils de communication plus efficaces pour préparer ces discussions parfois difficiles avec les riverains des vignes par exemple. La question des PLU a ainsi été abordée : « Nous demandons que des bandes vertes ceinturant les lotissements soient propriété de la commune », a indiqué Christian Kohser. Bien évidemment, la question des phytosanitaires a occupé une bonne part des débats. Si à moyen terme, les produits de biocontrôle qui arrivent en substitution vont atténuer les craintes sociétales, Maximilien Zaepffel et Franck Sander reconnaissent qu’à plus court terme, « il va falloir passer le cap ». « Notre ligne est d’éviter d’interdire les usages tant qu’on n’a pas de solutions de substitution », insistent-ils. Un cap d’autant plus difficile que nous importons des denrées alimentaires de pays qui autorisent des produits phytosanitaires interdits chez nous : situation de distorsion que les futurs mandataires s’engagent à dénoncer fermement. Retrouver la confiance en soi Mais de l’avis général lors de cette soirée, la profession est trop timorée à ne pas revendiquer ou afficher fièrement ses progrès et ses avances en matière de pratiques environnementales. Bref « la confiance en soi », résume Franck Sander. Il propose d’assumer le lobbying, au même titre que toute autre organisation, d’accentuer les moyens dédiés à la communication positive. Et de donner à la profession des moyens de communication « pour mieux maîtriser son image », ajoute Maximilien Zaepffel. La soirée était également l’occasion de rappeler tous les acquis obtenus de haute lutte en matière d’allégement de charges : le TODE, le CICE, la loi de finances 2019 qui devraient singulièrement alléger la charge fiscale des exploitations. Ou encore l’exonération des charges foncières en raison de la sécheresse. Par ailleurs, « une enveloppe régionale de 10 M€ d’aides directes aux éleveurs du Grand Est », a confirmé Patrick Bastian, est le type d’avancée syndicale, que les représentants défendent en guise de bilan. En attendant plus spécifiquement une enveloppe significative de la grande région pour ses viticultures, qui devrait accompagner l’export et l’œnotourisme. Quant aux services de la Chambre, demande a été exprimée et entendue s’agissant de l’Adar du vignoble, de renforcer l’équipe du laboratoire, afin que les œnologues se consacrent pleinement à leur tâche de conseil technique de terrain. S’il y a des aspects administratifs qui peuvent être régionalisés, l’ensemble de la profession souligne l’importance du conseil de terrain « personnalisé et avec du bon sens paysan », insiste Jean-Philippe Haag, vigneron à Scherwiller. « N’oubliez pas que les chambres sont financées par un impôt. À ce titre, vous êtes en droit d’attendre un service de qualité. Mais il faut le faire savoir », a convenu Patrick Bastian, conseiller régional. Le mot de la fin lui était donné : il a insisté sur la nécessité « de mobiliser la base » pour ces élections, et de s’engager, « ce qui manque peut-être un peu parce que c’est devenu difficile, c’est vrai ». Il en va du poids politique qui sera donné à la filière quand il sera question de négocier face aux administrations ou autres, fait observer Luc Anstotz, vigneron et président de la cave du Roi Dagobert. « Notre poids politique dépendra de notre score et de notre unité », a résumé Patrick Bastian.












