FDSEA

FDSEA-JA. Canton de Strasbourg-Campagne

Renouveler les générations et répondre aux nouveaux projets

Publié le 25/01/2019

Les membres du canton de Strasbourg-Campagne se sont réunis à l’occasion de leur assemblée générale au cours de laquelle les élus sont revenus sur les faits marquants de 2018. Les élections Chambre d'agriculture ont évidemment été au cœur du débat.

Philippe Buchmann, président cantonal de la FDSEA, a ouvert l’assemblée générale en évoquant les difficultés liées à l’image dégradée de l’agriculture auprès du grand public et la question de l’impact de ce climat de dénigrement de la profession sur le renouvellement des générations. Justement, « cette thématique est importante dans notre département, qui compte aujourd’hui environ 900 exploitations gérées par un agriculteur ayant plus de 55 ans », souligne Philippe Wolff, vice-président du Syndicat des anciens exploitants agricoles (SDAE). Après avoir remercié les membres du canton pour leur mobilisation lors de la manifestation du 3 décembre, Laurent Fischer est revenu sur le caractère contradictoire de l’annonce de l’augmentation du revenu agricole de 18 %, avant même que l’année soit terminée ! Il a par ailleurs ajouté qu’une troisième année de baisse du fermage dans le département n’arrive pas par hasard. La problématique chasse, notamment en ce qui concerne la réserve d’Illkirch, a également été évoquée : le travail entrepris par la FDSEA porte ses fruits. En effet, même si les efforts concernant la problématique prairie doivent se poursuivre, le Bas-Rhin s’en tire plutôt bien avec 2,5 fois moins de dégâts que chez nos voisins mosellans. Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a rebondi sur la thématique du renouvellement des générations évoquée en introduction. Il a salué les efforts fournis par le réseau pour remplacer le dispositif des prêts bonifiés, inapproprié au contexte bancaire actuel, par l’augmentation de la Dotation jeune agriculteur (DJA). « Il y a trois ans le montant moyen de la DJA avoisinait 15 000 €, aujourd’hui il approche 27 000 € », se félicite-t-il. Denis Ramspacher est revenu sur la stratégie engagée dans le cadre du Grand contournement Ouest (GCO), qui a notamment permis de limiter la perte de terres et l’impact des compensations environnementales tout en améliorant l’outil de travail en remembrant 11 000 hectares. Il a ensuite évoqué la volonté de créer un pôle défis énergétiques et climatiques pour faire face à l’impact de plus en plus important des aléas sur nos exploitations et répondre à la croissance des projets à vocation énergétique à l’image de la méthanisation.

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin.

Que de défis à relever !

Publié le 24/01/2019

Lors de l'assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin.Une table ronde a permis de dresser la liste des défis que les agriculteurs ont à relever. Et les moyens qu’ils envisagent de mettre en œuvre pour y parvenir.

Le premier défi, c’est d’être agriculteur. C’est-à-dire à la fois un technicien, un administratif, un commercial, un chef d’entreprise, parfois un employeur… Bref, le fameux mouton à cinq pattes que cherchent les chasseurs de têtes. Tout en sachant qu’il n’existe pas : « Les agriculteurs ne peuvent pas tout faire, constate Franck Sander. Ils doivent donc être entourés de techniciens compétents, dont le recrutement doit émaner des compétences nécessaires aux agriculteurs. Et ces techniciens doivent être proches du terrain, d’où l’intérêt de maintenir les Adar. » Le deuxième défi, c’est de rester agriculteur, ce qui passe par la préservation de l’outil de travail des agriculteurs. Or dans une région densément peuplée comme l’Alsace, il est menacé de toutes parts. C’est pourquoi il est crucial de défendre les intérêts agricoles dans la construction des PLUI. « La Chambre d'agriculture est en capacité de donner son avis, de demander une étude d’impact, un diagnostic agricole afin que les PLUI permettent le développement des exploitations. Il s’agit aussi de trouver des solutions pour concilier agriculture et environnement dans le cadre des compensations des infrastructures », décrit Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Pour que les agriculteurs le restent, ils doivent aussi vivre de leur travail. « Dégager de la valeur ajoutée, c’est indispensable, pose Joseph Behr, directeur de la FDSEA, mais comment fait-on ? » Élément de réponse avec Didier Pettermann, président du Civa, qui décrit : « Le vignoble alsacien est bio à 20 %, nous sommes leader européen en matière de vins biodynamiques. Nous produisons des vins qui sont complémentaires sur différents types de marché, ce qui nous permet d’être présents aussi bien en GMS que sur les tables étoilées. Pour réussir cette stratégie, il faut connaître à la fois les entreprises et les marchés, c’est pourquoi le service économie de la Chambre d'agriculture est un outil important. » Renouveler les générations Et pour qu’il y ait encore des agriculteurs pour les siècles à venir, il faut que de jeunes agriculteurs remplacent ceux qui partent à la retraite. Or actuellement, la balance est dangereusement déficitaire. Julien Koegler, président des JA du Bas-Rhin, donne des chiffres : « Pour 200 départs à la retraite, on recense 40 installations aidées et 30 non aidées. » Les Jeunes Agriculteurs ont mené un travail de revalorisation de la DJA en Grand Est, afin de rendre le parcours à l’installation plus attractif. Le défi du renouvellement des générations est aussi humain : « Nous aidons les futurs installés dans le parcours administratif, et nous les accompagnons vers la formation continue », poursuit Julien Koegler. Le métier d’agriculteur aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’hier. Et de nombreuses évolutions s’annoncent. Le climat change. Les agriculteurs sont aux premières lignes des accidents climatiques qui se succèdent. Ils s’organisent pour améliorer la résilience de leurs systèmes de production. « Face aux excès d’eau, nous élaborons avec la Chambre d'agriculture des assolements concertés afin de limiter l’ampleur des coulées d’eau boueuse », illustre Denis Ramspacher. Il faudrait encore pouvoir mieux stocker l’eau lorsqu’elle tombe en excès. Et, lorsqu’elle vient à manquer, la réponse sera d’abord agronomique, « avec de nouvelles variétés, des techniques d’irrigation innovantes, un aménagement foncier adapté, une meilleure autonomie fourragère… », détaille Denis Ramspacher. Face au changement climatique, l’agriculture a d’ailleurs des solutions à faire valoir. C’est pourquoi la Chambre d'agriculture s’est emparée des dpssiers énergétiques. « Cela a permis un fort développement des installations photovoltaïques », souligne Franck Sander. Il en va de même pour la méthanisation : « Les agriculteurs doivent garder le pouvoir sur l’approvisionnement des outils et la valorisation des digestats car cela constitue une source de diversification des revenus », indique Franck Sander. Les agriculteurs ont aussi des solutions à mettre en avant pour capter du carbone : « Il existe un marché du carbone et si le monde agricole peut accéder à ce marché, il saura le faire. » Soutenir plutôt qu’interdire L’agriculture est donc une solution au principal défi que l’humanité aura à relever à moyen terme ! Ce n’est pas l’impression que donnent les contraintes qui sont imposées aux agriculteurs, toujours plus nombreuses. Donc, plutôt que d’interdire, la FNSEA prône le « contrat de solutions » pour aller vers moins de produits phytosanitaires. Franck Sander décrit : « Il s’agit d’une charte qui a été signée par 40 acteurs pour mettre en avant les solutions alternatives aux produits phytosanitaires. Car il en existe déjà, mais elles ne sont pas assez mises en avant. Ce contrat dit que s’il y a des solutions il faut les appliquer, mais que s’il n’y en a pas, il faut se laisser le temps d’en trouver, et injecter davantage de moyens. » Le dernier défi à relever évoqué au cours de cette table ronde, et non des moindres, est celui de l’agribashing, qui plombe le moral des agriculteurs : « Il faut prendre ce défi à bras-le-corps, en valorisant ce que nous faisons, en prenant en main les outils de communication. Mais nous devons rester mesurés. Il s’agit d’apporter des réponses chiffrées et scientifiques. Et de le faire collectivement. Nous allons donc créer un réseau d’agriculteurs qui fera de la veille sur les réseaux sociaux. Et c’est la Chambre d'agriculture qui coordonnera la communication. »

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin. Franck Sander, président

Pour une Chambre d’agriculture « en mouvement et efficace »

Publié le 24/01/2019

À quelques jours de la clôture du scrutin, fixée au 31 janvier, les élections à la Chambre d’agriculture étaient au menu de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin. Pour Franck Sander, son président, l’ambition de la liste d’union FDSEA-AVA-JA est celle d’une Chambre d’agriculture « proche des agriculteurs ».

Une Chambre d’agriculture « en mouvement et efficace ». Tel est le vœu de Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Les élections en cours vont permettre de désigner des représentants pour une durée de six ans. Elles permettront de mesurer le degré de représentativité de chaque syndicat et pour Franck Sander, pas de doute, « un bon résultat est indispensable pour peser efficacement dans les négociations à venir ». L’agriculture source de solutions Le projet porté par les trois syndicats procède d’une réflexion par filière. Il s’articule autour de trois axes : être plus performant et plus proche des agriculteurs, les accompagner dans la recherche de valeur ajoutée et répondre aux nouveaux défis. Face à un métier qui devient « de plus en plus pointu », il est nécessaire de proposer des conseils individuels et des conseils de groupe, estime le président de la FDSEA du Bas-Rhin. La conquête de la valeur ajoutée passe par le maintien de la diversité des productions et par la recherche de nouvelles références techniques. « De nouvelles opportunités de production existent, des techniques alternatives apparaissent, encore faut-il avoir suffisamment de références et bien les maîtriser pour les mettre en œuvre », souligne-t-il. Mais ce ne sont pas les seuls défis qui attendent la future Chambre d’agriculture : l’augmentation démographique à l’échelle planétaire, l’épuisement des ressources et les changements climatiques imposent des adaptations. « L’agriculture sera impactée par ces évolutions mais elle sera aussi source de solutions grâce au développement de systèmes consommant moins d’intrants, grâce à la production d’énergie renouvelable et même grâce au piégeage du carbone », prévoit le président de la FDSEA. La liste FDSEA-AVA-JA propose de créer un pôle Défis énergétique et climatique à la Chambre d’agriculture. Enfin, elle se fixe pour objectif de reprendre en main la communication, grâce à un pôle communication aux moyens renforcés et à une présence accrue sur les réseaux sociaux. Une façon de répondre aux détracteurs de l’agriculture.

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