FDSEA

Anciens exploitants du Bas-Rhin

La vieillesse, ça se prépare !

Publié le 13/11/2018

Anticiper les besoins spécifiques des seniors, c’est possible. Mais cela demande un sérieux remue-méninges.

Le maintien à domicile des personnes âgées est l’une des priorités du schéma départemental d’autonomie, mis en place par le Conseil départemental du Bas-Rhin. « Nous voulons participer à ce débat », déclare Paul Schiellein, président de la Section départementale des anciens exploitants (SDAE) du Bas-Rhin, lors de la récente réunion des délégués cantonaux. Pour ce faire, les membres du bureau de la SDAE ont rencontré la directrice de la Maison de l’autonomie, Bénédicte Autier. Un dialogue constructif qui a débouché sur la décision de constituer un groupe de travail spécifique pour les agriculteurs et les ruraux. Cette rencontre s’est poursuivie par la visite du Cep-Sicat à Eckbolsheim. Un espace ouvert qui, sur plus de 1 000 m2, présente une gamme complète de matériels nécessaires pour réaménager le logement afin de préserver l’autonomie de la personne âgée ou en situation de handicap. Trois priorités ont émergé des réflexions menées jusqu’ici, explique Christiane Bernard, membre du bureau de la SDAE, en charge de ce dossier. Tout d’abord, la prévention et l’adaptation du logement au handicap. « La question qu’il faut se poser est : comment ma maison vieillira-t-elle avec moi ? ». Ensuite, l’aide au répit des aidants : « Comment accompagner ceux qui s’occupent de parents dépendants ? ». Et enfin, la nécessité de mener des actions de sensibilisation et d’information. Du pain sur la planche, donc… Christiane Bernard s’est également attaquée au dossier veuvage, présenté lors d’une précédente réunion des anciens exploitants. À charge pour les différentes organisations professionnelles agricoles (Mutualité sociale agricole d’Alsace, Crédit Agricole Alsace Vosges, Groupama Grand Est, etc.) d’apporter leur contribution à ce dossier, sous forme de fiche synthétique. Autre sujet abordé lors de cette réunion, les directives anticipées. Un sujet dont on entendra souvent parler dans les prochains temps. Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite appelée directives anticipées pour préciser ses souhaits concernant sa fin de vie. Elle peut en particulier demander de limiter ou arrêter les traitements en cours, d’être mise sous respiration artificielle, de subir une intervention chirurgicale, ou bien d’être soulagé de ses souffrances même si cela a pour effet de mener au décès. Ce document aidera les médecins, le moment venu, à prendre leurs décisions sur les soins à donner, si la personne ne peut plus exprimer ses volontés. Ces directives ont une durée illimitée. Elles peuvent cependant être modifiées ou annulées à tout moment. Les anciens exploitants y consacreront une réunion pour en débattre, en présence du professeur Marc Berthel. Elle aura lieu le lundi 10 décembre à 14 h à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim.

Publié le 02/11/2018

La réforme de la retraite est à la une de l’actualité. Les anciens exploitants du Bas-Rhin l’ont placée au cœur de leurs débats. Réunis le lundi 22 octobre à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim, ils ont présenté leurs revendications.

Saluant la présence de Jean-Paul Obrecht, président de la SDAE 68, qui était accompagné de Gabrielle Rolli et de René Quintlé, Paul Schiellein, président de la Section départementale des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE 67), souligne que ces revendications concernent aussi bien les futures retraites que les retraites en cours. Une proposition de loi en date du 21 décembre 2016 visait à porter de 75 % à 85 % du Smic le niveau minimum des retraites agricoles, rappelle le secrétaire de la section départementale, Philippe Wolff. Quand elle a été examinée par les sénateurs, le 7 mars 2018, le gouvernement a reporté cette augmentation à 2020, arguant que « l’amélioration des petites pensions agricoles ne peut être envisagée indépendamment des autres évolutions qui affectent notre système de retraite ». Le 16 mai 2018, les sénateurs ont repris la discussion, en dénonçant la dure réalité du montant des retraites agricoles. Une fois encore, cette proposition de loi, qui bénéficiait pourtant d’un large consensus, n’a pas pu aboutir, le gouvernement ayant demandé un « vote bloqué », comme l’y autorise la loi. En dessous du seuil de pauvreté Devant le blocage persistant du gouvernement, la problématique des faibles retraites agricoles n’a toujours pas trouvé de solution viable, déplorent les anciens exploitants. C’est un mauvais signe envoyé à l’agriculture, estiment-ils. « Qui, aujourd’hui, peut trouver normal après une vie de travail, d’avoir une si faible pension de retraite, dont le niveau moyen est le plus bas de tous les régimes (730 €/mois en moyenne) pour une carrière complète, montant inférieur au niveau vieillesse (803 €/mois) et au seuil de pauvreté (1 015 €/mois) ? » Autre sujet qui fâche : jusqu’à 2019, les pensions versées aux retraités étaient en principe revalorisées tous les ans sur la base de l’inflation, afin qu’ils puissent conserver leur pouvoir d’achat au fil des ans. Ce principe a été remis en cause par le gouvernement : en 2019 et 2020, le taux de revalorisation sera de 0,3 %. Un indice bien inférieur à l’inflation, estimée entre 1,5 % et 2 %. Pour couronner le tout, la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2018 a décalé la date annuelle de révision des retraites du 1er octobre 2018 au 1er janvier 2019. Il n’y a donc pas de revalorisation prévue en 2018… Les anciens exploitants du Bas-Rhin exigent que les retraites inférieures à 1 300 € par mois (moyenne des retraites incluant les complémentaires en France) soient revalorisées du montant de l’inflation et non du taux fixe de 0,3 %. À l’unanimité, ils ont adopté la motion proposée par leurs homologues du Grand Est. « Pour les retraites futures, nous sommes en parfaite harmonie avec la FDSEA et la FNSEA, souligne Paul Schiellein. Nous demandons que toutes les retraites agricoles atteignent au moins 85 % du Smic, une augmentation qui doit être financée par la collectivité, pas par les actifs actuels. Et qu’elles soient calculées sur les 25 meilleures années de la carrière professionnelle, pour une plus grande équité avec les autres régimes de retraite. » Paul Schiellein espère que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, prendra en compte ces revendications, qu’il juge d’ailleurs très pertinentes. La réforme portée par Emmanuel Macron prévoit l’instauration d’un régime de cotisation par points. Philippe Wolff se veut prudent. « Il faudra juguler les effets de revenu : prévoir une assiette minimum de cotisation pour se garantir un minimum de points et de trimestres durant les années difficiles et un accès à une retraite par capitalisation pour les meilleures années. » On le voit, le débat est loin d’être clos…

Publié le 26/10/2018

Pour aider les éleveurs du Doubs en manque de fourrage à cause de la sécheresse, des céréaliers alsaciens ont accepté de donner gracieusement près de 1 200 tonnes de paille de maïs qui serviront au confort des animaux. Une action de solidarité déjà expérimentée avec succès dans le courant de l’été avec des éleveurs du Sundgau, de l’Alsace Bossue et de la montagne vosgienne.

« Quand il le faut, l’agriculture sait répondre présente. Elle le démontre aujourd’hui. » Face à la presse, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, résume en quelques mots l’action de solidarité réalisée aux côtés de la FDSEA du Bas-Rhin pour venir en aide à des éleveurs du Doubs victimes d’une sécheresse qui n’en finit plus. Tout part d’une discussion il y a quinze jours, à Paris, entre le vice-président de la FDSEA du Doubs, Christophe Chambon, et le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber. « Il m’a fait part des difficultés extrêmes que rencontraient leurs éleveurs, liées au manque de fourrage. De là est née l’idée de monter une action pour leur venir en aide », explique le responsable syndical bas-rhinois. En à peine dix jours, tout se met en place, le temps d’identifier les fermes les plus en détresse et de prendre contact avec des céréaliers alsaciens prêts à mettre à disposition gracieusement leurs cannes de maïs. « Ce n’est pas facile de demander aux gens de donner gratuitement leur matière organique. Pourtant, ils l’ont fait », se félicite Denis Nass. Au total, près de 1 200 tonnes de paille de maïs ont été pressées, mises en meule et chargées par 150 céréaliers alsaciens à destination d’une soixantaine d’éleveurs doubistes. Ces ballotins de paille de maïs serviront au confort des animaux et remplaceront la paille de blé qui sera recyclée dans l'alimentation après avoir été mélangée avec de la mélasse. L’inquiétante décapitalisation des éleveurs La situation est d’autant plus critique dans le Doubs que 97 % des agriculteurs de ce département sont des éleveurs, dont 70 % en AOP Comté où les pâturages sont obligatoires et le maïs ensilage proscrit pour l’alimentation des animaux. « Ce qui dingue, c’est que, habituellement, il y a des secteurs de notre département où l’on doit gérer les problèmes liés aux excès d’eau. Cette année, on n’a pas eu une goutte de pluie depuis début juillet. Et ça continue. C’est du jamais vu », souligne le vice-président de la FDSEA du Doubs, Éric Morel. En effet, même en 1976 et 2013, deux années de grande sécheresse, les précipitations avaient fini par arriver à l’automne. Cette année, toujours rien, alors que le mois de novembre approche à grands pas. Une situation qui inquiète grandement les responsables des FDSEA bas-rhinoises et haut-rhinoises, l’Alsace étant elle aussi touchée de plein fouet par ces problèmes de sécheresse. « Il y a des éleveurs qui décapitalisent. Mais pour vendre les animaux à qui ? Les autres éleveurs rencontrent les mêmes difficultés. Les vendre à l’abattoir ? Le marché de la viande commence à être saturé, sans compter qu’on vend là des animaux qui ne sont pas finis », déplore Denis Nass. Il fait également remarquer « qu’on parle tout le temps de bien-être animal. Encore faut-il pouvoir l’assurer. Aujourd’hui, ce sont les éleveurs en système herbager qui souffrent le plus. Il n’est pas normal que notre ministère de l’Agriculture n’apporte aucune réponse face à cette situation. On ne demande pas l’aumône, on souhaite juste que l’État soit là dans les moments difficiles. » Gérard Lorber enfonce le clou. « Le commissaire européen a mis en place un certain nombre de mesures pour permettre aux États membres de venir en aide aux agriculteurs les plus touchés par la sécheresse. En Allemagne, cela a été fait au début du mois d’août. En France, ça traîne. C’est inadmissible. » 400 tonnes pour les éleveurs d’Alsace Bossue Mais le monde agricole alsacien n’a pas attendu le réveil des autorités pour faire face à cette situation inédite. Même si elles n’ont pas été médiatisées comme l’opération de solidarité avec le Doubs, des actions ont déjà été réalisées à destination d’éleveurs du Sundgau et de la montagne dans le Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, les éleveurs d’Alsace Bossue, dont un tiers est en mode de production biologique, ont déjà pu récupérer des pailles de maïs venant de céréaliers du secteur de Brumath. « Ceux qui n’en ont pas eu assez vont pouvoir bénéficier de cette nouvelle action de solidarité », indique Véronique Klein, agricultrice bio à Ottwiller et vice-présidente de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Ainsi, 400 tonnes supplémentaires de cannes de maïs vont être données gracieusement à plusieurs éleveurs de ce secteur. Aussi efficaces soient-elles, ces actions de solidarité paysannes ne règlent pas la situation à long terme. Les dérèglements climatiques étant de plus en plus fréquents, il est probable qu’une telle situation de déficit hydrique se reproduise dans les années à venir. « Avec un prix de paille qu’on nous annonce à plus de 100 euros la tonne, cela ne va pas être possible. Il va falloir réfléchir à des solutions plus pérennes », estime Véronique Klein. L’une d’elles passera par une politique d’investissement « plus adaptée à la situation actuelle », considère Denis Nass. « Il faut permettre un stockage plus long de fourrage sans fiscalité. Ce serait déjà un bon début. »

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